La MLS a annoncé plus tôt cette semaine qu'il y aurait un vingtième club dans la ligue pour la saison 2015. Cette nouvelle franchise évoluera dans le difficile marché de New York. Les propriétaires du club seront les richissimes proprios de Manchester City en Angleterre ainsi que ceux des Yankees de New York. Selon plusieurs la date d'entrée et l'identité du club n'ont pas été choisies au hasard. La MLS doit renégocier son contrat télé pour la saison 2015 et le marché de New York est le plus gros des États-Unis. Avec une seconde franchise dans la Grosse Pomme la MLS espère pouvoir aller chercher plus de sous chez les télédiffuseurs.

Tout ça m'a amené a me questionner sur la place du soccer a la télé. Si la MLS a choisi de faire cette expansion en fonction du marché télévisuel c'est que celui-ci est vital. L'argent injecté dans le sport professionnel par les réseaux de télédiffusion est faramineux. En retour ceux-ci renflouent leurs coffres avec l'argent des commandites et des publicités. Dans tout ça il reste le sport, dans le cas qui nous intéresse, le soccer. Quelle place ce sport occupe-t'il dans notre petit marché bien distinct?

Si on regarde le portrait global du soccer à la télé francophone au Québec, on peut se dire choyé. Les deux chaînes sportives, RDS et TVA Sports ont fait du soccer une propriété importante. Les premiers avec la MLS, donc par la bande l'Impact de Montréal, et la Premier League d'Angleterre. Les seconds avec L'Impact de Montréal et le Championnat Canadien Amway, la Ligue des Champions et la Ligue Europa (UEFA) en plus de la Coupe des Confédérations et de la prochaine Coupe du Monde. À cela il faut ajouter Radio-Canada qui présentera la prochaine Coupe du Monde avec TVA Sports et TV5 qui continue de présenter les matchs du championnat de France.

Le problème du soccer québécois a la télé n'est pas nécessairement dans la présentation des matchs. Pour moi là où le bat blesse c'est au niveau du contexte. Ici on présente souvent les matchs comme s'ils étaient des événements individuels reliés à rien. On a bien de temps à autre quelques faits saillants, mais peu, par exemple, du reste de la MLS, puis il y a des reportages relativement fréquents à propos de l'Impact et les experts des différents réseaux interviennent dans les émissions plus généralistes, mais la plupart du temps on se contente de regarder ce qui se fait dans notre cour. 

En plus une bonne part de ce contenu se perd dans une programmation où le hockey prend toute la place, été comme hiver. Ce qui fait que bien des gens évitent tout simplement ces émissions pour ne pas avoir a se taper 28 minutes de choses qui ne les intéressent pas contre 2 qui les intéressent. Comme tout ce contenu soccer est éparpillé à gauche et à droite c'est très difficile de fidéliser l'audience qui a bien souvent l'habitude de trouver ce qu'elle cherche sur internet.

Le problème il est là, l'habitude. Mon habitude a moi en tant qu'amateur de soccer ce n'est surtout pas de regarder RDS ou TVA Sports le dimanche matin pour savoir ce qu'ont fait les adversaires de l'Impact, pas plus si je veux voir des images de la Ligue des Champions les mercredis et jeudis soir. Mon habitude c'est d'aller voir ailleurs, généralement sur internet. Pour moi un des plus gros manque dans le portrait télévisuel c'est un rendez-vous hebdomadaire qui rassemblerait à la fois les amateurs du soccer d'ici et ceux d'ailleurs.

TVA Sports à bien tenté de créer une émission hebdomadaire l'an passé à propos de l'Impact. Par contre on ne sentait pas vraiment une grande volonté du diffuseur. On aurait plus dit un segment soccer dans une autre émission qu'une émission à part entière. On ne pouvait pas reconnaître, si on tombait dessus par hasard, qu'on était dans l'émission à propos du onze montréalais.

De plus le diffuseur a mal compris comment ce genre d'émission peut avoir du succès auprès de la clientèle de l'Impact. En partant, il faut savoir que la clientèle principalement visée par la MLS ce sont les jeunes hommes entre 18 et 35 ans. Bien sûr la clientèle réelle est plus large, mais il reste que c'est là où tous les clubs de la ligue mettent le plus d'effort. Déjà en partant TVA Sports ne s’est pas occupé de cette clientèle en mettant son émission le vendredi à l'heure du souper. Pour moi cette clientèle là fait autre chose le vendredi soir que de regarder la télé.

À ça il faut ajouter que de moins en moins de gens regardent les émissions en direct. En mettant le vendredi soir une émission qui devient périmée le samedi suivant une fois que le match est entamé on donne peu de chance aux gens d'enregistrer pour visionner plus tard. Il aurait été beaucoup plus payant de faire une émission le lundi qui revient sur le week-end d'avant. Sa durée de vie aurait été bien plus étendue.

Pour que ce genre de chose fonctionne, il faut aussi sortir du cadre un peu. Il faut une émission qui se décline sur plusieurs plateformes, avec une bonne présence sur le web en plus de la télé. Il faut aussi comprendre que le produit qu'on vend ce n'est pas l'Impact ou la Ligue des Champions, le produit c'est le soccer. Il faut étendre ses horizons en dehors des seules propriétés des réseaux, s’il y a eu lors du week-end un match intéressant en Hollande je veux voir les faits saillants. Il faut aussi regarder plus profondément ce qui se fait ici, que ce soit au niveau plus amateur ou au niveau du semi-pro par exemple. Il faut aussi regarder de plus près le soccer féminin. 

Pour les réseaux il faut d'abord et avant tout comprendre et accepter que le soccer ce n'est pas le hockey. Au hockey tu mets un animateur, un ancien joueur grande-gueule et un coach un peu cérébral et voilà tu as un show avec comme sujet une ligue de 30 clubs. Le soccer c'est plus complexe, plus large. Il y a une part d'éducation et de défrichage à faire. Il faut trouver le moyen de parler à la fois aux initiés et aux néophytes. Il faut changer les habitudes et les préjugés des gens. Il faut de la volonté et une vision. Mais surtout il faut des moyens et du temps pour aller avec. Rome ne s’est pas bâti en un jour. 

 
 


On va revenir aujourd'hui sur le dernier match face au Whitecaps de Vancouver. À part le fait que la rencontre c'est terminé 0-0, la plus grosse histoire de cette partie est sans contredit celle de Jeb Brovsky. Sortit du match le visage en sang, le joueur originaire du Colorado s'est dépêché de revenir sur le terrain. Après le match et une partie de la nuit à l'hôpital, le verdict est tombé, un nez cassé à six endroits et une chirurgie pour le rendre présentable.

Dans les journaux, à la télé et sur le net on a noté son courage et sa détermination. On a dit de lui qu'il était un vrai guerrier. Ce qu'il a fait mercredi passé est aligné avec les valeurs sportives que la plupart des Montréalais, des Québécois et des Canadiens soutiennent, c'est-à-dire le fait d'être un dur, de n'avoir peur de rien et de tout sacrifier pour son club. Dans cette optique son geste a eu beaucoup de résonance.

Sur le coup j'ai aussi eu cette réaction. Difficile de ne pas admirer un tel dévouement. Son seuil de résistance à la douleur doit être assez élevé pour qu'il ait pu retourner sur le terrain. Puis le lendemain dans un communiqué de presse le club dit ceci: "L’équipe médicale observera de nouveau Brovsky au cours des prochains jours pour voir s’il a subi une commotion cérébrale".

Avec le recul je me suis posé quelques questions. Est-ce que de revenir au jeu dans ces circonstances c'était vraiment courageux ou bien si ce n'était pas plutôt extrêmement téméraire? On parle quand même d'une blessure sérieuse à la tête. Est-ce que ce n'était pas de prendre un risque beaucoup trop gros pour ce qu'il restait à jouer?

Puis cette histoire de regarder un ou deux jours plus tard si le blessé ne souffrirait pas d'une commotion cérébrale, est-ce que c'est moi ou bien c'est extrêmement choquant? J'ose espérer qu'une fois que le saignement a été arrêté la première chose qu'ils ont fait c'est de vérifier tout de suite s'il n'avait pas le cerveau en bouillie. Au vu du temps qu'il a passé sur la ligne de touche je ne suis pas certain, mais je vais leur laisser le bénéfice du doute. Après tout c'est peut-être juste un communiqué de presse avec une mauvaise tournure de phrase et une mauvaise interprétation de ma part.

Mais même s'ils ont vérifié s'il était correct, est-ce que c'est vraiment sage de risquer une seconde commotion cérébrale dans une telle situation? On sait bien qu'une commotion cérébrale c'est très problématique, est-ce qu'on veut vraiment prendre le risque de le renvoyer sur le terrain? Puis on fait quoi s'il est victime d'un autre contact à la tête? De toute façon est-ce qu'un examen sommaire sur le bord d'un terrain de soccer c'est vraiment une bonne façon de détecter une commotion cérébrale?

On doit aussi se poser des questions en tant qu'amateur. Est-ce vraiment une bonne idée de glorifier cette situation? Il ne serait pas plus sage de dire que suite à une blessure à la tête tout risque est stupide? On parle quand même ici du cerveau. On peut s'entendre pour dire que c'est important chez un être humain. On sait aussi qu'on connaît encore bien mal comment cet organe vital fonctionne et quelles sont les répercussions d'un tel choc.

Plus j'y pense et plus je me dis qu'il y a eu suite à cette blessure une cascade de mauvaises réactions. La chose intelligente à faire aurait été d'envoyer Brovsky à l'hôpital immédiatement. Il serait peut-être sage chez l'Impact qu'on revoie nos procédures. Puis autant les journalistes que les amateurs, il faudrait que nous soyons plus conscients du risque que de telles blessures représentent et qu'on y pense un peu avant de glorifier de tels comportements. On est quand même rendu en 2013, on sait très bien que les commotions cérébrales sont graves, à nous d'agir en conséquence.

 
 
Montréal et Vancouver n’ont pu faire de maître mercredi dernier lors du premier match de la finale du Championnat canadien Amway. L’Impact n’a jamais pu passer à travers le dispositif défensif des Whitecaps et ceux-ci peuvent être satisfaits alors qu’ils retournent à la maison avec un score encore vierge entre les deux clubs. Malgré les deux tiers de la possession, la troupe de Marco Schallibaum n’a jamais vraiment testé le gardien des Caps. C’est plutôt Evan Bush qui a été le plus occupé des deux gardiens alors qu’il a dû sortir quelques beaux arrêts, sans compter que Justin Mapp a aussi arrêté un ballon sur la ligne en première mi-temps.

Si on regarde de près les statistiques du match, on ne peut qu’être étonné du niveau de la domination de l’Impact sur ce match. Au niveau de la possession Montréal a eu le ballon 66% du temps contre 33 pour Vancouver. Au niveau des passes Montréal en a réussi 527 avec un pourcentage de réussite de 81% alors que Vancouver en a réussi 263 avec un pourcentage de réussite de 64%. Montréal a réussi à centrer le ballon 17 fois contre 9 pour Vancouver. Pourtant toute cette domination fut stérile puisqu’au niveau des tirs au but c’est Vancouver qui a eu le dessus avec 10, dont 3 cadrés pour 9 tirs dont 2 cadrés pour Montréal.

Si on continue de regarder les statistiques du match, on peut voir aussi une autre tendance. Les deux défenseurs latéraux, Jeb Brovsky et Denis Iapichino ont été beaucoup plus utilisés. Hier notre défenseur gauche, Iapichino a réussi 67 passes, soit le second total du club pour ce match. De son côté Brovsky en a réussi 54. Pour comparer, lors du match contre Chicago qui a eu un profil similaire au niveau de la domination montréalaise, nos défenseurs latéraux ont fait respectivement 55 et 46 passes. On peut donc conclure que Montréal a fait l’effort de passer par les côtés un peu plus qu’à l’habitude. Le problème c’est que devant eux Justin Mapp et Andres Romero n’ont pas eu un grand match.

En même temps il y a une autre tendance qu’on peut noter. Sur les quatre joueurs qui ont tenté plus de 50 passes, il y a nos quatre défenseurs. Comme quoi oui, Vancouver nous a laissé le ballon, mais l’Impact en a profité surtout derrière. Difficile de marquer quand on s’échange surtout le ballon dans notre zone. Jamais l’Impact n’a réussi à se défaire de ce casse-tête.

Si on lâche les chiffres un peu, je trouve que sans être parfait Iapichino a tout de même connu un bien meilleur match que celui contre les Red Bull. Évidemment on ne parle pas du même calibre d’équipe, mais il reste qu’il a bien mieux fait ce mercredi. C’était probablement de son meilleur match depuis sa venue avec l’équipe. Défensivement il était très impliqué et il était rapide pour amener le ballon en attaque. Ça aurait été encore mieux si Romero devant lui avait eu un match décent.

Romero a eu un match plus qu’ordinaire de son côté. Il avait l’air crevé après cinq minutes. Il faut dire qu’il a beaucoup couru récemment. Mercredi, il a payé le prix pour le fait que la rotation sur les ailes a été infréquentée. La blessure de Pisanu et les performances en dents de scie de Sanna Nyassi ont fait qu’il a débuté tous les matchs depuis le 16 mars à l’exception du match aller contre Toronto. Pour un gars qui avait peu joué lors des deux dernières saisons au Brésil, c’est beaucoup. Le congé du week-end lui fera le plus grand bien.

Après cette semaine sans match, Montréal aura une autre séquence bien occupée. Sur une période de 8 jours, l’Impact jouera trois fois. Les deux parties en MLS sont d’abord contre Philly à la maison et ensuite contre Kansas City sur la route. Au milieu de tout ça, il y aura le déplacement à Vancouver pour le match retour du championnat canadien. Ce sont trois rencontres importantes. Philadelphie nous suit et voudra nous enlever trois points pour pouvoir avoir une meilleure chance de faire les séries tandis que l’Impact doit être capable d’accrocher le Sporting KC s’ils veulent être un candidat sérieux dans l’est. Sans compter que je n’ai pas besoin de parler de l’importance du match à Vancouver. Ce sera une semaine pas mal occupé pour l’Impact au retour de la pause. En espérant que le club aura du renfort des joueurs présentement à l’infirmerie.

Mon haïku du match parce qu’il faut bien rester zen:

6 buts contre Toronto,
6 fractures pour Brovsky
Ne manque que 6 hors jeu pour DiVaio

 
 


C'est ce mercredi que commence la finale du championnat canadien Amway. Le gagnant de cette série en deux matchs aura le privilège de soulever la Coupe des Voyageurs, l'emblématique trophée remis au meilleur club canadien au terme de la compétition. Surtout le gagnant aura la tâche de représenter le pays en Ligue des Champions de la CONCACAF.

On clame souvent à Montréal que le grand rival de l'Impact c'est le TFC. La géographie fait que ces confrontations Québec Ontario sont souvent bien piquantes. Par contre sur le terrain ça manque encore de matchs où il y avait vraiment un enjeu important. Mercredi contre les Caps il y aura indéniablement un enjeu et ce ne sera pas la première fois que les deux clubs se disputeront une série sans lendemain.

La dernière fois que les deux clubs se sont rencontrés dans un tel contexte, c'est en 2011 dans le cadre de la demi-finale du championnat canadien. Les Caps étaient à leur première saison en MLS et l'Impact a leur dernière en D2. Les deux clubs avaient des débuts de saison difficile, mais voulaient se servir de cette compétition pour montrer qu'ils pouvaient être compétitifs. Montréal en particulier voulait montrer qu'ils n'étaient pas lions du niveau de la MLS.

Au final c'est Vancouver qui avait eu le meilleur. Ils avaient remporté le premier match sur le terrain du Stade Saputo par la marque de 1-0 grâce à un filet de Terry Dunfield. Lors du match retour Montréal montra qu'il avait ce qu'il fallait pour lutter grâce à un but d'Ali Gerba sur un tir de pénalité. À égalité parfaite après 180 minutes la série se retrouva en prolongation. Vancouver prit les devants grâce à un but de Mouloud Akloul. Montréal tenta tant bien que mal de répliquer. Ali Gerba passa à quelques millimètres de marquer son second but d'une tête qui effleura l'extérieur du poteau. Vancouver remporta la série 2-1.

Deux ans auparavant c'est alors que les deux clubs étaient en seconde division qu'il y eut affrontement au sommet. Pour la finale des séries éliminatoires de la saison 2009 l'Impact commença en gagnant le match aller sur la pelouse des Whitecaps. Remporté par la marque de 3-2 cette rencontre obligea les Whitecaps à rattraper un gros retard pour le match retour. Finalement la défensive de Vancouver ne put pas résister. Le défenseur des Caps Dan Pejic reçut un carton rouge et Montréal menait déjà 3-1, 6-3 au total, après les premières 45 minutes de jeu. L'Impact remportait ainsi son troisième et dernier championnat de D2.

En 2008 c'était les Whitecaps qui allaient dominer l'Impact. En plein milieu de son aventure en Ligue des Champions de la CONCACAF, l'Impact jouait la demi-finale de la seconde division contre son rival canadien. Montréal avait bien réussi a prendre les devants dans la série en gagnant le match aller 1-0 suite à un but d'Antonio Ribeiro mais la fatigue des semaines précédentes était sur le point de les rattraper. Au match retour joué quelques jours plus tard les Montréalais donnèrent deux buts en première mi-temps et ne furent jamais en mesure de réellement menacer les Caps par la suite. Vancouver remporta la série et la Coupe une semaine plus tard.

Les deux clubs s’étaient aussi rencontrés lors des séries de 2006. Ce qu'il y avait de particulier pour cette série c'est qu'elle mettait aux prises du côté de Vancouver l'ancien entraîneur de l'Impact Bob Lilley et du coté de Montréal son remplaçant, ancien capitaine et assistant entraîneur Nick DeSantis. Le premier match de la demi-finale se jouait à Montréal. Pour l'occasion personne ne put s'imposer. Lors du match retour Montréal continua d'avoir des problèmes avec l'offensive et ne pût s'inscrire au pointage. Par chance Vancouver ne put faire mieux et après 180 minutes de jeu c'était toujours 0-0. La prolongation allait finalement profiter à Vancouver alors qu'Eddy Sebrango et Tony Donatelli allaient donner la victoire à Vancouver qui allait ensuite remporter la finale.

Quand je regarde ces matchs, il y a deux choses que je remarque. Tout d'abord, à part le match retour de la finale de 2009, on parle de parties qui sont très serrés. Les deux clubs ont longtemps été très compétitifs et chaque match entre les deux était chaudement disputé. Souvent les parties Montréal Vancouver étaient importantes pour le classement et on ne se faisait pas de quartier. 

La seconde chose que je remarque c'est le nombre très élevé de joueurs qui ont porté les deux uniformes. En plus de Lilley qui a entraîné les deux clubs, il y a les deux buteurs de 2006, Sebrango et Donatelli. À eux, on peut entre autres ajouter les noms de Martin Nash, de David Testo, de Charles Gbeke et de Joey Gjertsen. Ces échanges fréquents ajoutaient une autre dimension aux matchs entre les Caps et l'Impact. Tout le monde connaissait très bien au moins deux ou trois joueurs de l'équipe adverse. Souvent ces joueurs voulaient prouver des choses à leur ancienne équipe. Ça ajoutait un degré d'implication supplémentaire qui haussait le niveau des matchs. 

Aujourd'hui les choses ont changé. On ne rencontre presque plus les Caps, la faute au calendrier de la MLS. Puis il n'y a qu'un seul joueur qui a joué pour les deux clubs, Jeb Brovsky. Ces rencontres ne sont plus les mêmes, elles n'ont plus la même saveur. Il reste que pour les deux clubs c'est important. Autant l'Impact que les Whitecaps ont fait un pas de géant en accédant à la MLS. Les deux clubs auront l'occasion à partir de ce soir de remporter un titre important, de donner une raison de célébrer à leurs partisans. Pour les deux équipes, ce n'est pas arrivé depuis l'entrée en MLS, ça serait donc bienvenu. Les deux rencontres devraient être bien intéressantes. En espérant que ce duel au sommet se répétera plus souvent.

 
 
L’Impact a finalement réussi à rebondir, après sa défaite à New York l’Impact a profité des largesses des arbitres et de la défensive du Real Salt Lake pour inscrire deux buts dans les 15 dernières minutes de jeu et se sauver avec trois points. Ce match en était un où l’Impact a démontré toute sa force mentale. Alors que l’Impact a donné un but à Salt Lake en début de match sur un ballon dévié par Matteo Ferrari derrière le gardien Troy Perkins, ils ont aussi été capables de revenir au pointage. Non seulement ils l’ont fait une fois, mais ils l’ont aussi fait une seconde fois. Ce n’est vraiment plus le club de 2012 que nous avons devant nous.

Non seulement ce match était une preuve du caractère guerrier de l’Impact, mais toute la récente séquence aussi. Que ce soit la remontée face au Toronto FC ou la façon dont le club s’est comporté vis-à-vis les nombreuses blessures qu’il y a eu lors des dernières semaines. On sent que l’Impact joue avec une grande confiance qui frôle l’arrogance. Ils sont bons et ils le savent. On l’a aussi vue de la façon dont les joueurs ont réagi après le 2-2 contre San Jose, l’an passé on aurait probablement vu des mines déconfites et un entraîneur découragé. On l’a aussi vu de la façon dont le club a réagi après avoir donné un but à la 89e minute face à New York, il ne manquait pas grand-chose pour qu’ils évitent la défaite. Cette équipe a vraiment changé du tout au tout et ce match contre Salt Lake n’est que le résultat de tout ça, au grand plaisir des amateurs.

Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de points qui inquiètent du côté de l’Impact. La blessure de Davy Arnaud pourrait devenir un réel problème pour Montréal. Il était un des meilleurs joueurs du club en ce début de saison avant qu’il ne soit arrêté par ce ballon au visage reçu lors du match retour du championnat canadien face au TFC. Sur le site Internet du club, on parle en anglais de «concussion like symptoms» (symptômes s’apparentant à une commotion cérébrale). D’un coté je suis content de voir le club prendre son temps avec Arnaud et ne pas tenter de précipiter son retour, de l’autre je suis inquiet pour notre capitaine. Les blessures à la tête sont difficiles à gérer, car il y a souvent peu de choses concrètes à faire pour les régler sinon d’attendre, j’imagine très bien notre vaillant et bouillant capitaine s’impatienter et tenter de revenir au jeu même si ses problèmes ne sont pas tout à fait réglés. J’ai hâte de le revoir sur un terrain moi aussi, mais seulement s’il est remis, il n’y a aucune raison de se précipiter dans cette situation.

Une chose que j’ai aimé de ce match, mais aussi des plus récents, c’est la façon dont les jeunes sont intégrés dans l’alignement. Marco Schällibaum n’a pas peur de leur faire confiance et pour la plupart ils le lui rendent bien. Samedi Maxim Tissot a bien fait. Il n’a pas été parfait, mais n’a pas commis de grosse bourde non plus. Le premier choix du dernier repêchage, l’ailier Blake Smith, fait lui aussi sa place tranquillement avec le groupe. J’aime bien comment le coach entoure ses jeunes avec des vétérans de façon à leur donner moins de pression et à leur permettre d’apprendre dans un bon climat.

Maintenant le défi de Schällibaum au niveau des jeunes c’est de renverser la tendance générale du club. Normalement on l’Impact jette assez vite les jeunes joueurs qui font des bourdes. Notre coach devra trouver le moyen de ramener Karl Ouimette et Callum Mallace dans de meilleures dispositions. Ils ont tous deux eux quelques difficultés, mais ça n’est pas une raison pour jeter l’éponge tout de suite dans leur cas. Ils sont bien jeunes et ils ont encore le temps de se développer et de se faire une bonne place avec le club.

Maintenant l’Impact voit la lumière au bout du tunnel. Il ne reste qu’un match avant un petit repos d’une dizaine de jours. Un match important par contre. La première manche de la finale du championnat canadien contre les Whitecaps de Vancouver est cruciale. Idéalement l’Impact voudra y aller d’une bonne performance pour se donner une bonne marge de manœuvre lors du match retour joué deux semaines plus tard. Vancouver n’a pas nécessairement une bonne fiche en MLS, mais vient tout juste de jouer un tour au LA Galaxy en les battant 3-1. Comme quoi il ne faut pas les prendre à la légère.


 
 


Montréal reçoit ce samedi le Real Salt Lake. Avec 17 points en 11 matchs, le Real régale ses fans. Par contre il reste que la fiche offensive du club n’est pas très impressionnante. En 11 matchs ils ont inscrit 11 buts. Leur fiche défensive par contre est potable, menée par le gardien Nick Rimando, ils ont accordé 10 buts en 11 matchs. Il reste qu’avec le club de l’Utah on est loin du Real Madrid et beaucoup plus proche du Real Valladolid.

Pour Montréal le défi sera de rebondir après une première défaite en quatre matchs. D’ailleurs c’est un des problèmes de l’Impact depuis la mi-saison l’an passé, on a de la misère à se regrouper quand une séquence positive prend fin. La dernière fois que Montréal a réussi à gagner un match alors que le précédent était une première défaite remonte au 28 juillet dernier. À ce moment-là, Montréal avait gagné le 18 juillet, perdu le 21 et avait rebondi le 28 pour débuter sa séquence de cinq victoires consécutives.

Du côté de l’effectif montréalais, on aura encore droit aux changements auxquels on est habitué depuis trois semaines. Cette fois Marco DiVaio devrait être partant. Par contre il serait surprenant que ce soit dans un 4-1-4-1 puisque la clé de cette formation est Patrice Bernier et qu’à chaque fois qu’il a joué un match le mercredi il n’était pas partant le samedi suivant. Avec Davy Arnaud blessé, il faut donc s’attendre à voir Felipe et Collen Warner au centre du dispositif.

Devant il sera intéressant de voir si Andrew Wenger réussira à inscrire son premier but en MLS cette année. Il a marqué lors du match retour du championnat canadien face au TFC, mais en MLS il n’en a aucun en presque 200 minutes. D’ailleurs une chance qu’il est jeune, car avec ses trois départs consécutifs il est un de ceux qui ont joué beaucoup lors de la dernière séquence de match.

Du côté du Real Salt Lake, la fatigue est aussi un facteur, bien que ça soit moins pire que pour l’Impact. Le match de samedi est leur troisième en huit jours. Lors de la première rencontre, disputée sur la côte ouest, le RSL a vaincu les Whitecaps de Vancouver par la marque de 2-0 sur la pelouse artificielle du BC Place. Luis Gil et Javier Morales avaient trouvé le fond du filet ce jour-là. Le mercredi suivant la troupe de Jason Kreis jouait cette fois sur la côte est, à Boston, où ils ont battu le Revolution 2-1 sur des buts de Devon Sandoval et d’Olmes Garcia.

Le match contre Montréal sera un peu plus complexe pour eux, avec ses cinq victoires l’impact a plus de victoire à sa fiche que les deux derniers adversaires du RSL combiné. Il reste que le talent est tout de même là du côté de Salt Lake. Bien que le club aie perdu beaucoup de joueurs à l’entre-saison (Will Johnson et Fabian Espindola entre autres) le noyau du club reste solide avec Rimando dans les buts, Alvaro Saborio devant et Kyle Beckerman au milieu. Si on ajoute à ça quelques joueurs plus jeunes qui font leur place, à l’image de Luis Gil et de Joao Plata, le Real Salt Lake représente une belle équipe bien équilibrée. Pas le genre de club qui va faire des flammèches à tout coup, mais les étincelles vont quand même être là régulièrement. À l’Impact de s’assurer que le feu ne prend pas.

 
 


L’Impact se déplaçait en ce milieu de semaine au New Jersey pour y affronter les Red Bulls de New York, un club qui a eu un début difficile, mais qui s’est replacé et qui est maintenant parmi les prétendants dans l’est de la MLS. Montréal n’a pas pu profiter de ces quelques chances de marquer en première demie qu’il a eues en première demie et New York a fini par prendre les devants par le pied de Tierry Henry. Par la suite le manque d’opportunisme a continué de couler l’Impact, puis Henry a montré toute sa classe en inscrivant un superbe but pour doubler l’avance des siens. Marco DiVaio a réduit l’écart dans les arrêts de jeu, mais il était trop tard.

Depuis le début de cette série où on joue deux matchs par semaine, on parle beaucoup de rotation et de profondeur. Qu'en est-il réellement de cette profondeur. Est-ce que les joueurs, en dehors du onze optimal du club, ont vraiment réussi a aider l'équipe?

La première chose à faire c'est de déterminer quel est le onze de base qui est notre meilleur. Pour moi c'est à peu près évident à tous les postes. En 4-4-2, les deux attaquants sont Paponi et DiVaio. Les quatre milieux sont Pisanu, Arnaud, Bernier et Romero. Les quatre défenseurs sont Brovsky, Nesta, Ferrari et Camara. Le gardien est Perkins.

Quand on regarde le reste des joueurs de l'Impact, il me semble que la contribution est bien mince. Devant, Andrew Wenger commence tout juste a avoir l'air d'être capable de jouer a ce niveau. Il a besoin de gagner de l'expérience, mais on voit que le potentiel est là.

Au milieu il y a Felipe de qui on s'attend à beaucoup plus. Il y a aussi Collen Warner qui n'a pas brillé les quelques fois où il a été utilisé. Après ça il y a Sanna Nyassi qui apporte beaucoup d'énergie si tu le fais rentrer à l'heure de jeu, mais qui serait incapable de frapper un éléphant dans un corridor tant il est imprécis dans ses dernières balles. Il y a aussi Callum Mallace, il semble payer cash son très mauvais match sur le terrain du TFC. Du côté de Blake Smith c'est un peu différent. En tant que choix au repêchage de cette année, on a moins d'attente envers lui. Le simple fait qu'il prenne de l'expérience est intéressant.

En défense Denis Iapichino s'attire beaucoup de critiques. Du coté des jeunes académiciens on a vu de bons et de moins bons moments pour Tissot et Ouimette, même si dans leur cas il est encore tôt pour juger. Lefèvre a un peu mieux fait, mais le nombre de minutes qu'il a joué est limité.

Tout ce qui reste dans les performances plus décentes c'est Evan Bush, qui a montré qu'il peut faire le boulot si on fait appel à lui et Justin Mapp qui a vraiment éclôt lors du match retour contre Toronto et qui fait bien depuis. Il me semble que finalement c'est bien faible comme contribution de nos joueurs 12 à 20.

En amassant une fiche de deux victoires, deux défaites et une nulle lors des cinq derniers matchs, l'Impact semble tout de même négocier de façon adéquate cette portion un peu folle de son calendrier. Pour moi la vraie raison ce n'est pas notre soi-disant profondeur. La vraie raison c'est que notre onze de base a joué au maximum de ses capacités. C'est que des joueurs tels DiVaio, Bernier et Camara ont élevé leur jeu d'un cran. Ça me fait croire que l'Impact a réellement les outils pour vraiment compétitionner pour atteindre une place en série.

Pour l'Impact il ne faut pas trop s'en faire avec cette défaite. Elle est inopportune, mais sans plus.La clé c'est de se relever les manches et de se remettre au travail. Pour paraphraser l'ancien gérant des Expos, Felipe Alou, l'important ce n'est pas de gagner les matchs individuels, mais de gagner les séries. C'est pareil pour Montréal. On joue une série de 9 matchs contre les clubs de l'ouest et l'Impact avec le tiers de ces matchs de joué est en bonne voie de remporter cette série. Par la suite contre chaque club de l'est, sauf la Nouvelle Angleterre, on joue trois matchs. Si dans chacune de ces séries l'Impact va chercher entre quatre et six points au minimum, il sera en bonne position pour participer au tournoi d'après saison.

C'est pourquoi avec une victoire et une défaite contre New York, alors qu'il reste un match à jouer entre les deux clubs, il est beaucoup trop tôt pour parler de match de six points. L'Impact a peut-être perdu cette bataille, mais la guerre est loin d'être terminée.

Mon haïku du match parce qu'il faut bien rester zen:

Marco DiVaio en marque un
Thierry Henry en marque deux
Normal vu que son salaire est plus du double


 
 


Montréal continue d'aligner les matchs avec la régularité d'un métronome. Pour la cinquième fois en 15 jours, la troupe de Marco Schällibaum se prépare à disputer une partie. Avec une quadruple égalité en tête de l'association de l'est, l'Impact a une belle occasion de se démarquer en affrontant ce mercredi les Red Bull de New York dans la métropole américaine.

Lors du premier affrontement entre les deux clubs plus tôt cette saison l'Impact avait gagné 1-0 sur un but de Marco DiVaio. Le match avait été marqué par les nombreuses chances de marque de l'attaquant italien, par le carton rouge de Brandon Barklage et par l'absence des joueurs désignés Thierry Henry et Tim Cahill. Cette fois la situation sera différente.

Avec un nouvel entraîneur sans expérience nommé à la dernière minute, l'équipe de New York a mal commencé la saison. Les hommes de Mike Petke ont débuté en ne récoltant que deux points sur douze lors de leurs quatre premiers matchs. Par la suite ils ont corrigé le tir avec une récolte de 15 points sur une possibilité de 21. Ils sont présentement sur une séquence de trois victoires consécutives.

Ce match constitue un beau test pour l'Impact, mais aussi pour New York. Le Red Bull a beau avoir cinq victoires, on ne peut pas dire qu'ils ont battu de grands clubs. Leurs victimes sont le TFC, DC United, la Nouvelle-Angleterre, Philadelphie et Columbus. Du lot seul le Crew a un club vraiment décent. Malgré tout l'Impact devra être prudent. D'abord New York joue à la maison. Puis tranquillement les joueurs de New York commencent à prendre leurs responsabilités.

Tim Cahill sera le joueur à surveiller du côté New Yorkais. Après avoir été réduit au silence pendant 17 matchs, il vient d'inscrire trois buts lors des deux dernières rencontres. Les défenseurs centraux montréalais devront l'avoir à l'œil. L'autre qui a répondu présent récemment c'est le gardien Luis Robles. L'ancien du FC Kaiserslautern en Allemagne a connu un excellent match ce week-end avec...

Côté montréalais le sujet de l'heure est encore celui de la rotation dans l'effectif. Encore une fois on a beaucoup de questions, mais peu de réponses. Est-ce que Marco DiVaio pourra débuter un autre match? Est-ce que Davy Arnaud sera prêt à reprendre le boulot? Est-ce qu'on donnera un congé à Jeb Brovsky ou à Hassoun Camara? Est-ce que Matteo Ferrari pourra jouer un second match en quatre jours alors qu'il revient de blessure? Est-ce que Denis Iapichino sera préféré à Maxim Tissot? La liste est quasiment sans fin. Depuis le début de la séquence occupé de l'Impact, Marco Schällibaum nous a surpris à tous les coups alors c'est difficile de dire comment il abordera ce match.

La seule chose qui est certaine c'est que ce duel est important. D'un côté comme de l'autre, ce match servira d'étalon pour juger de la qualité de l'équipe. Chacun des deux clubs aspirent aux grands honneurs mais pour ce faire il faut être capable de battre ses compétiteurs directs. Les deux clubs ont échoué de ce côté en perdant contre Kansas City. Par contre l'Impact l'a fait plus tôt cette saison en gagnant cotre le Red Bull et doit le refaire afin de conserver son avantage. New York cherchera de son côté à montrer qu'ils sont vraiment dans la course en battant un club compétitif pour la première fois. Dans ces circonstances on est en droit de s'attendre a un match chaudement disputé où les deux clubs lutteront pour avoir le dessus. Voilà un match qui devrait être plutôt palpitant.

 
 
Après avoir démoli le TFC en milieu de semaine l'Impact n'a pas pu répéter l'exploit sur la côte ouest. Pourtant avec un avantage de 2-0 les hommes de Marco Schällibaum auraient pu l'emporter. Malheureusement ils n'ont jamais pu porter le coup de grâce à leur victime qui, comme Lazarre dans la bible s'est relevé et s'est sauvé avec le point de la nulle.

Dès le départ San Jose est sorti en dominant les échanges. Il a fallu plusieurs belles parades de Troy Perkins pour garder le score vierge. Puis à la 24e minute Justin Mapp, encore lui, est monté dans le centre du terrain et a battu le gardien des Quakes d'un tir précis. Dès le début de la seconde demie, Mapp en a remis une couche en poussant facilement un centre d'Andrew Wenger dans un filet pratiquement désert. Après ce but l'Impact a eu quelques occasions de tuer le match, mais n'a jamais pu les concrétiser. San Jose a continué de contrôler le match et a fini par revenir au score par la recrue Adam Jahn et par Sam Cronin dans les arrêts de jeu.

Même s'il a pris l'avance on peut dire que l'Impact a été second tout au long du match. Jamais Montréal n'a réellement été en mesure de s'imposer sur le terrain et les deux buts marqués sont beaucoup plus une illustration de l'opportunisme montréalais que d'une quelconque domination. Pour vous donner une idée du match, il y a quelques chiffres qui disent tout. San Jose a tiré au but 16 fois, a centré 36 fois, a eu 14 coups de pied de coin et a réussi 76% de ses passes. Pour Montréal on compte 6 tirs au but, 1 coup de pied de coin, 7 centres et 69% de passes réussies. En gros San Jose a eu le gros des actions importantes tout au long du match.

La première différence avec la partie précédent c'est bien sur l'adversaire. Les Earthquakes ont beaux ne pas être au meilleur de leur forme il reste qu'ils dont un adversaire plus coriace que le TFC. Mais la vraie différence entre mercredi et samedi se retrouvait au centre du dispositif des milieux de terrains. Ni Patrice Bernier, ni Davy Arnaud n'étaient partants. Felipe et Collen Warner ont pris leur place. Sans être mauvais, les deux n'ont pas tout à fait accompli le travail.

Mine de rien avec cette joute derrière eux les Montréalais sont maintenant rendus à dix matchs toutes compétitions confondues. Avec une fiche de six victoires deux défaites et deux nulles on peut dire mission accomplie et même plus. La saison commençait par deux matchs pièges à Seattle et Portland et l'Impact a bien négocié cette difficulté. Même si tout n'est pas parfait il y a plusieurs points positifs à souligner.

Tout commence avec l'entraîneur Marco Schällibaum. Sa performance fait passer Nick DeSantis et Joey Saputo pour des visionnaires. Ça prenait des couilles pour se débarrasser de son entraîneur après une première saison potable et de le remplacer par quelqu'un, dont le profil, était aussi différent. Le pari semble fonctionner à tous les niveaux. Finis les buts en fin de match (à part samedi), fini les difficultés à l'étranger. L'équipe joue mieux et a exorcisé ses démons. Une bonne part du crédit lui revient.

On doit aussi lancer des fleurs à Patrice Bernier, Davy Arnaud et Marco DiVaio. Le québécois a connu un mois de mars époustouflant et il continue d'aligner les bons matchs. Arnaud, de son côté, a retrouvé ses moyens depuis que Schällibaum l'a déplacé dans l'axe du terrain. Son côté grande-gueule qui déplaisait alors qu'il avait des performances en dents de scie est maintenant vu d'un meilleur œil. Finalement Marco DiVaio joue comme un des meilleurs finisseurs en MLS. De bénéficier d'un repos de quelques mois lui a vraiment fait le plus grand bien.

Malgré tout ça il y a aussi des déceptions. La principale étant le milieu de terrain brésilien Felipe. Après une première saison exceptionnelle, son jeu est beaucoup moins bon cette année. Est-ce à cause du schéma de jeu différent, des demandes de l'entraîneur ou de l'opération qu'il a subie à l'entre-saison? Probablement un peu tout ça. Toujours est-il qu'il ne répond pas aux attentes. Il faudra être patient avec lui, il est encore très jeune et a le temps de retrouver l'éclair de génie qu'il avait en 2012. Par contre avec le club qui joue en 4-4-2 il passera un peu plus de temps sur le banc. L'autre déception c'est l'état de santé de nos défenseurs centraux. Matteo Ferrari, Alessandro Nesta et Nelson Rivas sont tous très talentueux, mais ils n'apportent pas grand-chose au club quand ils sont à l'infirmerie.

L'Impact cette année est une des surprises de la ligue. Avec ce point amassé sur la pelouse de San Jose, le onze Montréalais a maintenant accumulé 17 points, soit le même nombre que New York et que Kansas City, mais en ayant joué deux matchs en moins. Houston a aussi 17 points, mais avec un match de plus que l'Impact. Ce début de saison donne une grande marge de manœuvre à l'Impact et c'est tant mieux parce que le mois d'octobre est loin et faire les séries ce n'est pas si simple.

Mon haïku du match parce qu’il fat bien rester zen:

Plus de 8000 km aller-retour
2 points de perdus
Beaucoup de milles Aéroplan de gagné


 
 


Une victoire à Seattle, une autre à Portland, l'Impact est invaincu contre les clubs de l'ouest. Tout ça après deux matchs à l'étranger. Bien sûr pour la joute de samedi les circonstances sont bien différentes. Après un match rempli d'émotions, Marco Schällibaum devra ramener ses hommes sur terre et préparer sa troupe en pensant aux blessures, à la fatigue et aux matchs suivants. Portrait d'un casse-tête qui compte bien des pièces.

La première pièce c'est le calendrier. Avec la victoire contre le TFC, Montréal doit enchaîner quatre matchs en deux semaines. Les deux premiers sur la route, à San Jose et à New York et les deux autres à la maison, contre Salt Lake et Vancouver. Ce n'est plus comme lors du match aller contre Toronto où l'équipe revenait d'une pause dans le calendrier. Maintenant le concept de faire tourner l'effectif doit jouer à fond.

Il ne faut pas se leurrer, tous ces matchs n'ont pas la même valeur. Celui contre New York, un club de notre conférence a un peu plus d'importance que ceux contre les deux clubs de l'Ouest américain. En plus l'équipe de San Jose sera privée de deux pièces importantes, Steven Lenhart et Alan Gordon. L'occasion est belle d'en profiter pour donner des minutes de repos soit à Hassoun Camara ou à Jeb Brovsky en défense.

Au milieu on sait déjà que Davy Arnaud n'y sera pas, mais il serait aussi surprenant que Patrice Bernier soit partant. Felipe devrait donc avoir une autre chance de se ressaisir, à lui de la prendre. Après ça il faut aussi se demander quelle formation l'Impact utilisera. Est-ce qu'on retournera au 4-1-4-1 pour le match à l'étranger ou est-ce qu'on confirmera nos fiançailles avec le 4-4-2.

Jouer avec deux attaquants c'est bien, mais pour ça il faut des joueurs capables de le faire. Après Marco DiVaio et Andrew Wenger c'est faible de ce côté. Il y a toujours la possibilité d'y mettre un Sanna Nyassi, ou à la limite un Andres Romero ou un Davy Arnaud, mais ça ne fait que déplacer le problème. Pour un gars qui n'avait pas encore signé avec le club il y a deux semaines, Daniele Paponi est rapidement devenu une pièce importante du casse-tête. Sa blessure cause beaucoup de problèmes.

De l'autre côté, l'attaque sera amputée de deux joueurs importants et d'autres devront prendre la relève. Le coach des Earthquakes, Frank Yallop, devrait se tourner vers le jeune Adam Jahn pour épauler un Chris Wondolowski qui fonctionne un peu au ralenti. Jahn est une recrue qui a été choisie au 15e choix de la 1ere ronde du dernier supplemental draft (Il fut donc le 53e joueur collégial choisi). Son impact dans le club fut quasi-instantané. Il a joué sept des neuf matchs des Quakes cette saison, dont trois comme partant. En un peu moins de 300 minutes de jeu, il a inscrit deux buts. Avec ses six pieds et trois pouces, Jahn est une menace constante dans la surface. Il peut jouer de la tête et il n'a pas peur du jeu physique. Il a ce qu'il faut pour occuper les défenseurs et créer de l'espace pour Wondolowski.

Cette sélection d'Adam Jahn démontre qu'en MLS on peut trouver du talent partout. Ici on aime bien dire que le repêchage ne sert à rien, mais c'est faux. C'est une façon comme une autre de s'améliorer. C'est ce qu'a fait San Jose. Du côté de Montréal on a préféré ignorer les quatre joueurs qui ont été sélectionnés au supplemental draft. Pas d'essai, rien, un peu comme si on était trop bon pour ça. Pourtant ça a bien servi San Jose qui était le meilleur club de la ligue l'an passé.

Pour en revenir au match, il ne serait pas étonnant que les Quakes tentent d'user les joueurs de Montréal en utilisant leur côté physique et rugueux, question de profiter du facteur fatigue. Dans ce domaine l'absence de Steven Lenhart est un plus pour l'Impact. De l'autre côté, Montréal devra bien faire circuler la balle pour mettre les joueurs des Quakes sur les talons. Une chose est certaine, ce ne sera pas un match facile pour personne et on peut s'attendre à une belle bataille. En espérant que tous les Montréalais en sortiront sans blessure et avec au moins un point en banque.