Avec la montée de l'Impact en MLS on assiste en quelque sorte à un nouveau départ. C'est dans cette optique que je crois qu'il est important de ne pas oublier que ce club à un passé et que j'ai décidé de vous présenter d'ici le début de la prochaine saison des entrevues avec quelques anciens du club. Pour continuer la série, j'ai échangé avec Josué Mayard.

Josué a joué comme défenseur central entre 200o et 2008. Il est le grand frère d'Elkana et de Pierre Rudoplh Mayard. Il a porté les couleurs de l'Impact en 2000, avant de tenter sa chance en MLS. Il a par la suite joué avec les Whitecaps et les Lynx, puis il a terminé sa carrière en Norvège avec Pors Grenland et Nottoden FK. Il a aussi représenté Haïti au niveau internationnal une vingtaine de fois.

Optimum-Soccer: Tu as commencé ta carrière professionnelle avec l'Impact de Montréal à l'âge de 19 ans, quel cheminement t'as amené a réussir cela?

Josue Mayard: Ça a commencé alors que j'étais dans une université Américaine, puis suite à de mauvaises expériences avec l'équipe Canadienne j'ai été invité par l'équipe d'Haïti. J'ai fait un camp avec eux puis ils m'ont intégré à l'équipe qui tentait de se qualifier pour la Coupe du Monde 2002. Dans ce temps-là à Montréal il y avait chaque été un tournoi qui impliquait des équipes internationales. Cette année-là Haïti faisait partie des invités, j'ai bien joué, on s’est rendu en finale et j'ai été sélectionné sur l'équipe d'étoiles du tournoi.

Je connaissais des gens à l'Impact, entre autres Valerio Gazzola qui entrainait au centre national de haute performance en même temps que j'y jouais à 15 ans. Depuis ce temps-là, j'avais un peu disparu. À la fin du tournoi, Valerio m'a approché, il m'a dit qu'il voulait me parler, mais je ne l'ai pas trop pris au sérieux. J'étais pas mal occupé a tout rencontré le monde que je n’avais pas vu depuis longtemps à Montréal alors je l'ai un peu oublié. 

Un peu plus tard il s’est pointé dans notre vestiaire alors que j'étais dans la douche puis il m'a dit: "Je t'ai dit que je voulais te parler alors je t'attends ici". Il a attendu puis il m'a dit qu'il voulait que je me joigne à Montréal. De mon côté j'avais quelqu'un qui m'avait pris sous son aile et qui me conseillait, on a regardé le contrat qu'ils m'ont offert et j'ai accepté. J'ai fini la saison avec l'Impact.

O-S: La saison s’était déroulée comment cette année-là?

J M: Pour moi personnellement ça avait bien été, pour le club ça avait été pas mal plus difficile. Quand je suis arrivé, il y avait aussi eu d'autres signatures, entre autres Ali Gerba. On nous avait donné des postes de titulaires directement en nous disant que c'était à nous de ne pas les perdre.

On avait raté les séries éliminatoires de pas grand-chose. Je pense qu'on dépendait des résultats des autres équipes, parce que nous on avait gagné pas mal tous les matchs qu'on pouvait. Malgré tout ça n'avait pas été assez. Mais de mon coté ma performance avez été assez bonne pour que je sois repêché en MLS.

O-S: La saison suivante tu as rejoint le Dallas Burn en MLS, comment est-ce arrivé?

J M: Ce qui est arrivé c'est que j'avais signé pour seulement un an avec l'Impact, alors j'ai joué mon année. Par la suite ils ont contacté mon agent et m'ont fait une offre pour l'année suivante, disons que ce n’était rien d'extravagant comme contrat. On essayait de négocier, mais mon agent n'aimait pas trop ce qu'on m'offrait alors on a décidé de voir ailleurs. Tout ça c'était avant que j'apprenne que des clubs de la MLS étaient intéressés à mes services. 

Ce qui se passait c'est que pendant que je négociais, des clubs de la MLS contactaient Montréal pour avoir des infos sur moi, mais on ne me le faisait pas savoir. Malgré tout mon agent a réussi à m'organiser un essai avec Tampa Bay, du temps où ils étaient en MLS. Alors avant le repêchage je suis allé faire un camp là-bas et ça s’est bien passé. À la suite du camp, ils m'ont dit que je ferais partie de leurs choix au repêchage. Le seul problème c'est qu'à la fin du camp je me suis blessé.

Juste avant le repêchage la MLS organise toujours un genre de tournoi avec les jeunes joueurs qui sont éligibles. Tous les entraineurs de la ligue sont là et il y a aussi bien des clubs de USL qui sont présent. Moi j'ai décidé d'y aller même si je savais que je ne pourrais pas jouer, ça mon permis de rencontrer les médecins de la ligue qui m'ont évalue. Ils voulaient me renvoyer chez moi, mais j'ai insisté pour rester, je voulais voir comment ça marchait. J'ai regardé les matchs et les pratiques, mais je n'ai jamais touché un ballon.

Arrivée à la journée du repêchage je m'attendais à être choisi par Tampa Bay. D'ailleurs ils étaient contents que je n'aie pas joué comme ça, personne ne m'avait vu. Ils m'avaient dit qu'ils me repêcheraient un peu plus tard.

Finalement j'ai eu droit à une surprise. C'est le Dallas Burn qui m'a choisi. C'était un club que je ne connaissais pas, alors je suis allé les voir à leur table. On a jasé un peu puis fait des photos et tout. À un moment donne je leur aie demandé comment ils avaient entendus parler de moi. Ils m'ont dit qu'ils avaient suivi un peu la USL et qu'ils avaient parlé a tous les entraineurs des clubs contre qui j'avais joué. Ils avaient eu de bons commentaires. Le seul problème c'est qu'ils ont contacté l'Impact pour avoir des informations, mais le club ne les a jamais rappelés. J'imagine qu'ils ne voulaient pas donner d'informations.

O-S: Est-ce que la différence entre la MLS et la deuxième division était grande à ce moment-là?

J M: Oui, j'ai toujours trouvé qu'il y en avait une. Maintenant c'est sûr que le foot c'est le foot et que le ballon est rond pour tout le monde, il va toujours y avoir des surprises. Des fois sur papier un club est plus fort et sur un match il peut arriver n'importe quoi, mais si tu mettais ce club-là dans la ligue plus forte à chaque match tu verrais surement une différence. D'après moi la MLS était plus forte dans le temps et elle l'est encore aujourd'hui

O-S: Tu as par la suite été échangé au Wizard de KC où tu n'as pas joué. Comment est-ce qu'on se sent quand on n'a pas l'opportunité de fouler le terrain pendant une aussi longue période?

J M: Ouais, ça n’a pas été simple. Pour commencer quand je suis arrivé à Dallas j'étais encore blessé. J'ai fini par rater le camp d'entraînement et quand j'ai recommencé à m'entrainer les autres joueurs étaient déjà prêts. J'ai trouvé ça très difficile de me remettre en forme. Au départ l'entraineur m'avait dit que je faisais partie des plans sauf qu'en attendant ils sont allés chercher un défenseur d'expérience à New York. Puis on sait comment ça marche, le foot c'est une business, je n’étais pas prêt et ils ont trouvé quelqu'un pour me remplacer. Il a bien joué alors il a pris ma place. Malgré tout le club avait aimé ce qu'il avait vu et m'a offert un autre contrat. Au bout du compte j'ai raté ma chance avec eux. Ils m'ont envoyé à Kansas City puis là-bas aussi ça a mal tourné, je ne sais pas trop pourquoi. À un moment donne le coach a simplement dit qu'il n'avait plus besoin de mes services.

O-S: Par la suite tu es allé joué à Toronto avec les Lynx, c'est un club qui a vu plusieurs de ses joueurs aller tenter leur chance en Europe (Stalteri, Serioux,Hurchinson???) est-ce qu'il y avait quelque chose là-bas qui aidait a avoir ces opportunités?

J M: Dans ce temps la 75% de l'équipe canadienne c'était des produits de l'Ontario, maintenant ça a changé un peu. Tous ces joueurs-là se retrouvaient tout le temps à Toronto. C'est un peu pour ça que les Lynx finissaient par envoyer en Europe plus de joueurs que les autres clubs.

O-S: Tu as réussi à t'établir, là-bas assez longtemps, qu'est-ce qui a fait que ça a été un succès pour toi?

J M: De mon côté quand je suis revenu au Canada je cherchais un contrat. Montréal ne m'a pas accueilli à bras ouverts alors je suis allé à Toronto. Depuis que je suis tout jeune mon objectif c'est de jouer au soccer, quand j'étais tout jeune mon père regardait le AC Milan. Mon rêve, ça a toujours été d'aller en Europe, mais j'avais peu joué dans les deux dernières années et je visais de trouver un endroit ou j'allais jouer, question de retrouver le rythme et de refaire circuler mon nom. Je voulais me créer des opportunités. C'est exactement la chance qu'on me donnait là bas alors j'en ai profité.

O-S: En même temps le club avait un peu la réputation d'être cheap (radin) est-ce que c'était mérité?

J M: Disons que ce n’était pas aussi bien au niveau organisationnel qu'à Montréal. En plus le budget était moindre, et puis ce n’était pas vraiment des têtes de soccer qui dirigeaient le club. Tu te retrouvais avec moins de qualité partout. D'un autre côté, je faisais plus d'argent là-bas que j'en aurais fait à Montréal et probablement plus que bien des joueurs là-bas. Ça venait un peu de mon statut de joueur international et d'ancien de la MLS. Mais quand c'était le temps de voyager tu voyais que tu n'étais pas avec Montréal. 

O-S: Tu as aussi joué quelques matchs à Vancouver, ce qui fait que tu as joué pour les trois principaux clubs canadiens de l'époque, est-ce qu'il y a un club ou c'était mieux pour les joueurs à cette époque?

J M: Si tu étais un jeune joueur qui voulait du temps de jeu alors Toronto c'était mieux. Si tu voulais gagner un championnat alors tu avais plus de chance à Montréal. De mon côté je suis allé à Vancouver parce que je voulais partir de Toronto. J'ai tâté le terrain du côté de Montréal, mais encore une fois il n'y avait pas d'intérêt. J'ai regardé du côté de Vancouver question d'essayer quelque chose de nouveau sans quitter le Canada. De leur côté ils étaient intéressés et ils avaient un joueur à échanger. Ils ont fini par arranger un deal avec Toronto.

O-S: Après ton séjour a Vancouver tu as été joué en Norvège, pourquoi as tu quitté Vancouver et comment est-ce arrivé?

J M: Pendant que j'étais à Vancouver j'ai contacté un agent américain qui m'a eu un essai en première division au Danemark. Je suis allé là-bas, l'essai s’est bien passé et à la fin on m'a offert un contrat pour jouer comme défenseur gauche. Ce n’était pas vraiment ma meilleure position, mais c'était intéressant quand même. Sauf que le lendemain ils ont changé d'avis et ont retiré leur offre. Mais au même moment Ali Gerba était en Suède, son coach cherchait un défenseur. J'ai toujours été en contact avec Ali et il lui avait parlé de moi en bien. Pendant que j'étais dans ma chambre d'hôtel au Danemark mon téléphone a sonné et c'était le coach en question. Il venait d'être congédié et s'était retrouvé un emploi en Norvège avec Nottoden.

Au téléphone il m'a simplement dit que si ça ne fonctionnait pas au Danemark il serait intéressé que j'aille m'entrainer avec son club. Après la semaine que j'ai fait là-bas, il m'a pris à part et il m'a dit qu'il voulait me signer. Il n'y avait qu'un problème, le club était en 3e division et en Norvège à ce niveau-là tu n'as pas le droit aux joueurs étrangers. Comme moi je n'ai pas de passeport européen, je n'ai pas pu jouer avec eux. Le coach a contacté un de ses amis qui entrainaient en seconde division avec Pors Grenland et j'ai signé là-bas. Il m'avait dit de ne signer que pour un an parce qu'il voulait me signer quand son club allait être promu.

O-S: Finalement c’est bien ça qui est arrivé? Parce que si je me rappelle bien après ta première saison là-bas tu as changé de club?

J M: Oui, c'est ça qui est arrivé. Je ne sais pas comment il a fait pour deviner qu'il allait gagner le championnat. Mais au bout du compte ils ont bel et bien gagné le championnat de la 3e division.

O-S: Est-ce que l'adaptation a été difficile pour toi là-bas?

J M: Non, pas tant que ça. C'est un peu différent de ce que j'étais habitué de jouer, c'est un style qui était comparable à ce qui se jouait en Angleterre dans les années 80, un jeu plus direct, vite et physique. Malgré tout ça ne ma pas pris trop de temps à m'ajuster.

O-S: Il y avait pas mal de Canadiens dans le soccer norvégien à cette époque, est-ce que les joueurs du Canada ont bonne réputation là-bas?

J M: Oui, ils aiment notre éthique de travail. Une des raisons qui faisait que les joueurs québécois n'étaient pas appréciés sur l'équipe canadienne avant c'était que notre style de jeu ici était différent. Ici on jouait plus au ballon alors que les autres provinces jouaient plus direct, à l'anglaise. C'était des gars qui étaient plus gros qui jouaient plus physiques aussi. Alors quand tu vois que des Québécois ont bien fait en Norvège ça a ouvert des portes pour les autres. Ça a été bon pour le soccer québécois.

O-S: Après trois saisons là-bas tu as pris ta retraite, comment en es tu venu a prendre cette décision?

J M: Pendant ma deuxième saison là bas j'ai été joué à la Coupe des Caraïbes avec Haïti, le tournoi se jouait à Trinidad et il faisait 32 degrés, puis en retournant en Norvège je me retrouve dans des températures dans le négatif. J'ai attrapé une grippe, c'était le début du camp là-bas et on commence toujours avec des tests médicaux. J'étais déjà sous médication, question d'être capable de m'entrainer un peu. En plus je suis asthmatique depuis que je suis tout jeune. Finalement après les tests le médecin du club m'a rappelé après quelques jours puis il m'a dit que mes résultats étaient anormaux, selon lui j'avais les poumons de quelqu'un de 70 ans.

Je mettais ça sur le dos de la grippe. J'ai continué à me soigner et la grippe est partie sauf que les résultats ne changeaient pas. Le médecin ne trouvait pas normal qu'un athlète ait des résultats comme ça. Ils m'ont envoyé voir 3 spécialistes différents et j'ai fini par tomber sur un médecin à Oslo qui m'a fait prendre un paquet de médicaments. Je devais en plus aller à Oslo aux deux semaines pour me faire donner des injections. Le traitement devait durer pendant plusieurs mois. J'ai continué à jouer quand même pendant tout ça, jusqu'à ce que les médecins me forcent à l'arrêt pour huit semaines. Encore une fois comme je n'étais plus disponible le club a acheté un autre défenseur pour me remplacer. Le club a bien terminé la saison. Moi aussi j'avais bien fait, mais tout le monde savait que j'avais des problèmes de santé.

Je suis quand même retourné là-bas la saison suivante, j'ai fait tous les tests physiques, j'ai fait le camp, j'ai participé aux matchs amicaux. J'ai bien commencé la saison et après quelques matchs  j'ai reçu un carton rouge. Après ça le coach m'a écarté du club, probablement pas pour mon jeu parce que j'avais bien fait sur le terrain. C'est ça qui a amené à ma retraite. À ce moment-là, j'ai essayé de trouver autre chose. L'entraineur qui m'avait écarté m'a même trouvé un essai en Angleterre en 2008, dans un club de League one (3e division), à Hereford. Il m'a pris à part après un entrainement pour m'offrir ça, je ne comprends toujours pas pourquoi d'ailleurs. Il ne me faisait plus jouer dans son club en deuxième division en Norvège, mais il me donnait une chance dans un championnat qui était plus performant.

J'ai joué le jeu, je lui ai dit que j'irais sans problème. Dans ma situation aucun footballeur n’aurait refusé. J'ai été là-bas, je me suis entrainé avec Hereford pendant trois ou quatre jours puis ils m'ont offert un contrat. Je devais attendre quelques heures et retourner en Norvège, mais eux ils m'ont demandé de rester sur place, ils m'ont fait signer les papiers et m'ont dit que je jouerais la semaine suivante avec le club.

OS: En Angleterre c'est quand même complexe pour les joueurs étrangers si je me souviens bien?

JM: Exactement, c'est ce que j'ai appris quelques heures plus tard. Les autres joueurs et les coachs avaient quitté le stade, moi j'étais encore là avec les dirigeants. J'en ai profité pour appeler mon monde pour leur apprendre la bonne nouvelle. J'ai appelé mon agent, j'ai appelé mon épouse, j'ai appelé mes parents, mon entraineur en Norvège... Je faisais mes coups de fil de mon côté puis les gens du club sont venus me voir pour me dire que j'avais été refusé pour le permis de travail qui était nécessaire pour un étranger. Alors j'ai pris mes choses et je suis retourné en Norvège. J'ai terminé la saison là bas.

Je n'avais plus de contrat, puis je devais m'occuper de ma famille. J'ai eu des contacts avec un club en Écosse qui était intéressé à m'avoir, j'avais un ami qui jouait là bas. J'ai finalement su que ça n'avait pas marché parce qu'on leur avait dit que j'avais des problèmes de santé. Ils ne voulaient pas aller plus loin après ça. Les clubs qui voulaient des informations sur moi appelaient mon ancien club, ils recevaient tous les mêmes nouvelles, apparemment ils mettaient beaucoup d'emphase sur les problèmes aux poumons que j'avais eus. Ça devenait vraiment difficile pour moi. Je suis allé faire un tour en Asie, entre autre en Chine et ça n'a pas marché. C'est là que j'ai commencé à regarder pour autre chose. 

O-S: Tu as aussi joué pour Haïti près d'une vingtaine de fois, est-ce que c'était un but pour toi?

C'est un peu arrivé par accident, j'avais toujours été invité par l'équipe canadienne à partir de l'âge de quinze ans. Je me suis toujours fait relâcher dans les dernières coupures. Malgré tout on me rappelait toujours l'année d'après. Puis l'année où j'étais éligible pour les moins de 23 ans, les entraineurs sont venus me voir et m'ont dit que j'avais fait l'équipe. À cette époque-là, il y avait Antonio Ribeiro et Patrice Bernier comme québécois avec moi. Je suis retourné à Montréal m'entrainer avec le centre de haute performance. Je devais prendre part aux Jeux panaméricains.

Antonio a reçu son invitation, Patrice aussi, mais moi je n’ai jamais reçu le mien. Je suis allé voir le directeur du centre de haute performance. Il a essayé d'avoir un peu d'information en se servant de ses contacts. Lui aussi était déçu, l'entraineur lui avait parlé de moi personnellement, il lui avait dit que je l'avais impressionné et qu'il voulait m'emmener. Il a finalement entendu dire que je faisais partie des réservistes du club maintenant. Chaque pays devait soumettre une liste de 22 noms, mais ne pouvait amener que 18 joueurs. J'étais dans les 4 laissé de côté. Il y avait quelques joueurs qui ne devaient pas être là parce qu'ils étaient en Europe, mais ils sont revenus et j'ai été un de ceux qui ont écopé.

Pour moi ça a été la goutte qui a fait déborder le vase. Puis juste après ça j'étais à l'université et Haïti m'a  contacté et je suis allé voir ce qu'ils avaient à m'offrir. Ça a bien été et j'ai intégré directement l'équipe senior. Ils ne m'ont même pas fait passer par les U23.

O-S: De jouer au niveau international ça t'amène à voyager beaucoup, est-ce que tu crois que ça nuit à tes performances en club?

J M: Non, pas pour moi. À l'époque où j'ai le plus joué avec Haïti, j'étais dans la USL, on ne jouait pas plus que 6 mois dans l'année. Alors ça ne m'a pas dérangé tant que ça à part peut-être une année à Toronto où j'avais raté plusieurs semaines. Puis quand je suis revenu, l'entraineur m'en a un peu parlé. Mais en même temps tu ne peux pas vraiment empêcher ton joueur d'aller jouer en Équipe nationale s’il est appelé. Dans les autres championnats en Europe quand il y a des matchs internationaux les ligues sont suspendues, mais pas en Amérique du Nord. Ça marche différemment ici et ça rend ça un peu plus compliqué. Il faut souvent que tu te battes pour reprendre ta place après.

O-S: Maintenant les trois villes Canadiennes où tu as joué ont toutes un club en MLS, à quel endroit crois tu qu'il y a eu la plus grosse évolution?

J M: Je dirais Vancouver, ils ont, depuis quelques années déjà, établi un système dans leur club qui est pratiquement comme ceux en Europe. C'est ce que l'Impact essaie de le faire maintenant avec son Académie sauf qu'à Vancouver ils ont une longueur d'avance parce que ça fait longtemps que c'est fait. Pour moi c'est la meilleure façon d'être au courant de ce qui se passe u niveau du talent local. Ils ont compris la game il y a longtemps eux autres.

O-S: Il y a tes frères Elkana et Pierre Rudolphe qui ont aussi joué avec l'Impact, j'imagine que ça doit te faire un petit velours de voir qu'ils ont suivi tes traces?

J M: Oui, ça me fait quelque chose. Il n'y probablement rien d'écrit n’a ce sujet nulle part, mais je pense que c'était une première et je ne pense pas que ça va arriver encore avant longtemps. C'est pas nécessairement mes conseils qui les ont amenés à réussir eux aussi à jouer au soccer même si j'ai aidé un peu Rudolph à l'époque où je travaillais comme consultant avec une firme d'agent. Elkana quand il a signé avec Montréal il étais un peu plus vieux, il avait déjà sa vie à Montréal et il n'était pas intéressé à aller ailleurs. Il faut dire aussi que comme j'ai été joué avec Haïti on a un peu arrêté de me mentionner comme étant un joueur québécois ce qui a peut-être enlevé un peu d'impact au fait que trois frères ont joué avec le club.

O-S: Maintenant que ta carrière de joueur de soccer est terminée est-ce que tu es toujours impliqué au niveau sportif:

J M: Pas depuis un an, maintenant je travaille comme fonctionnaire pour le gouvernement fédéral en Colombie-Britannique.

O-S: Merci d'avoir pris le temps de me parler

J M: Y'a pas de quoi, merci à toi
 


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