Mardi matin au camp d’entraînement de l’Impact le milieu Patrice Bernier n’a pas voulu se mouiller à prédire le score du match entre les USA et le Canada, il a toutefois souhaité espérer ne pas voir son pays se faire humilier. Parce qu’une humiliation était vraiment possible, d’un coté les USA qui sont , résultats à l’appui, bien meilleur que nous, de l’autre une formation canadienne qui ne ressemble à rien de ce qu’on a vu auparavant. Sauf que des fois la logique prend simplement une tangente qu’on n’avait pas prévu. C’est comme ça que le Canada a réussi à contenir les efforts maladroits des USA pour récolter un autre match nul de 0-0 face à nos voisins du sud.

Honnêtement j’espère que vous n’avez pas regardé ce match. Il y avait là de quoi vous faire haïr le soccer. C’était le match typique du mois de janvier entre deux équipes qui sont hors saison. On n’a pas vu de construction, pas vu de beau jeu, on a vu beaucoup d’approximations. Au final les vertes recrues canadiennes n’ont pas en trop de misères devant des Américains qui ont fait une parfaite démonstration de ce qu’est la possession stérile. Être un citoyen américain je me poserais de sérieuses questions sur mon club.

Du coté canadien la paire de Dejan Jakovic et Nana Attakora Gyan a bien fait. Ils ont été comme le bambou, ils ont plié un peu, mais n’ont pas cassé. Le seul québécois du club, Jonathan Beaulieu Bourgault a été correct lui aussi. Il évoluait à la position de milieu défensif et je ne me rappelle pas avoir entendu son nom de la soirée. Ça doit vouloir dire qu’il n’a pas fait d’erreur. Par contre du côté offensif on n’a rien vu, ni de sa part ni de la part des autres. De Rosario a bien eu une chance en début de partie, mais c’est à peu près tout.

Ce qui sera réellement intéressant à suivre c’est de voir quelle trajectoire prendront les joueurs canadiens suite à ce camp. D’un côté il y a les joueurs qui sont sans club, Beaulieu Bourgault, le gardien Simon Thomas, et le milieu Evan James. Ont-ils réussi, avec ce camp, à attirer l’attention d’un club? Puis il faudra aussi surveiller Mason Trafford qui a un essai avec les Sounders de prévu à son horaire et Nana Attakora Gyan qui est aussi en négociation avec la MLS pour la saison 2013. Il sera aussi intéressant de voir si certains des joueurs présents la semaine dernière sont du match contre le Japon en mars prochain et avec quel entraîneur ils se retrouveront. En attendant, le Canada peut maintenant se tourner vers les choses plus sérieuses telles les qualifications pour la coupe du monde U20 de cet été.

Mon haïku pour le match d’hier parce qu’il faut bien rester zen:

Les moutons? c’est terminé,
À l’avenir pour m’endormir,
Je compte les Américains et les Canadiens

 
 


Il y a eu beaucoup de mouvement de personnel chez l’Impact récemment. Il y a eu quatre joueurs qui sont partis, Justin Braun, Tyson Wahl, Bryan Arguez et Miguel Montano. Il y a aussi eu des arrivées, Marco DiVaio, Alessandro Nesta et Dennis Iapichino. On peut voir un pattern dans ces mouvements. Les départs sont, pour la plupart Américains et les arrivées sont européennes. D’un certain côté, ça ne m’étonne pas du tout. Je dirais même que ça s’inscrit dans un retour à l’identité de l’Impact de Montréal que je connais depuis longtemps.

Juste comme ça pouvez-vous me nommer dans les joueurs qui ont marqués l’histoire de l’Impact deux qui étaient américains? En nommer un c’est assez simple, Matt Jordan est exactement ce genre de joueur. Par contre en 19 ans pouvez-vous en nommer un deuxième qui a marqué l’équipe, qui a été bon, et pas juste une année? Personnellement je ne peux pas. On a bien des candidats dans les années récentes, des gars comme David Testo, Jœy Gjertsen ou Tony Donatelli, mais dans tous les cas ils ont été bons une saison ou deux mais ne se sont pas vraiment imposés comme étant des joueurs vraiment marquants.

Si on regarde plus loin en arrière j’ai beau chercher, je ne vois pas vraiment personne qui entre dans ce moule. On a bien eu deux internationaux américains en Jean Harbor et Steve Trittschuh mais dans les deux cas ils n’ont été ici qu’une saison. Après ça il faut se tourner vers Bill Sedgewick qui a joué 50 matchs à Montréal, mais c’était un joueur fiable et utile, sans plus. La réalité c’est que depuis le tout début de son histoire l’Impact a toujours été un melting pot de joueurs locaux avec des sud américains et des Européens. Puis le joueur américain dominant, Matt Jordan est une exception, d’ailleurs ce n’est pas un hasard de constater qu'il s'agit d'un gardien de but.

Alors aujourd’hui qu’est-ce qu’on a à Montréal? Dans les joueurs d’Impact, je parle. Il y a un local, Patrice Bernier, des Européens, que ça soit Matteo Ferrari, DiVaio ou Nesta, puis un sud américain, Felipe. Le reste, les Camaras, Ricketts, Brovsky, Thomas, Nyassi, Mapp Arnaud… Des joueurs de soutiens surtout., des Américains en bonne quantité aussi. Puis si on regarde comme il faut même nos Américains ne sont pas vraiment des Américains. Tu as Thomas et Ricketts qui sont d’abord Jamaicain, Nyassi qui est Gambien, Ubiparipovic qui est de Bosnie puis Callum Mallace qui est Écossais.

Au bout du compte qu’est ce que ça veut dire tout ça? On pourrait parler de style de jeu, de philosophie sur le terrain, mais pour moi c’est plus que ça. C’est une question d’identité du club. Ça ne s’est pas nécessairement fait de façon intentionnelle, mais tout au long des années avec l’Impact les joueurs américains ont joué le second rôle. Cette saison avec le repêchage d’expansion et le fait qu’on se joignait à la meilleure ligue des USA nous nous sommes retrouvés avec un paquet de joueurs du sud de la frontière, mais à l’image des Kirk Wilson, Lars Lyssand et Andrew Weber, le résultat est en demi-teinte. Il y a bien des joueurs utiles comme Brovsky ou avec du potentiel comme Valentin ou Wenger, mais ceux qui auraient dû être nos leaders, tels Arnauds ou Mapp me laissent sur mon appétit.

Normalement je n’aurais rien à redire sur cette situation, je n’ai pas nécessairement beaucoup de confiance vis-à-vis les joueurs des États Unis. Trop souvent j’ai été déçu par ceux qui mettaient l’uniforme de l’Impact. Par contre dans le contexte où on a peu de joueurs locaux et où on ne peut pas habiller 20 étrangers, nous n’aurons pas le choix. Il nous faudra de bons joueurs américains pour pouvoir avoir du succès. Pour moi le réel défi de l’Impact pour les prochaines années c’est là qu’il est.

 
 


J’adore le soccer, autant que la plupart d’entre vous, j’en suis sur. Par contre pour moi une bonne partie de cet amour (et c’est la même chose pour tous les sports) vient du fait qu’émotionnellement je suis impliqué. C’est pour ça que pendant que tous les médias vont vous parler des super matchs de l’Euro dans les deux prochaines semaines je vais plutôt vous parler du début des qualifications pour la prochaine Coupe du Mond pour le Canada.

Pour commencer, laissez-moi vous présenter le Canada. Si vous suivez l’Impact un peu vous avez vu certains de ces joueurs en MLS, dont Dwayne DeRosario, Will Johnson et Julian De Guzman. Si vous êtes plutôt un admirateur de football anglais, vous avez probablement déjà vu Simeon Jackson. Si vous me lisez régulièrement vous avez certainement entendu parler l’Olivier Occéan qui joue en seconde division allemande. Tout ça pour dire qu’une bonne partie de nos joueurs jouent à un niveau assez compétitif.

Malgré tout on entend peu parler du Canada. La dernière fois qu’on a gagné notre place en Coupe du Monde c’est en 1986. Depuis ce temps-là, le Canada a bien gagné sa version de l’Euro en 2000 (la Gold Cup), mais comme le soccer est extrêmement négligé par les médias d’ici vous n’avez probablement jamais entendu parler de ce tournoi. À ça il faut ajouter que notre équipe joue pu de matchs. En dehors des qualifications pour la Coupe du Monde, il y a habituellement 2 ou 3 matchs amicaux par année, sans plus. Puis l’autre facteur c’est que l’association canadienne de soccer est incapable de vendre son produit.

Je vous dis tout ça, mais il y a une raison bien simple. Le Canada jouait un match amical hier. Un match bien spécial puisque c’était son match pour souligner le centenaire de l’ACS. Le rival pour l’occasion était les États-Unis. Pour mettre la table, il faut commencer par dire que le Canada n’a pas participé à la coupe du monde depuis 1986 et que les É-U de leur côté ont participé à toutes les coupes du monde depuis. On peut donc dire qu’ils sont meilleurs que nous.

Pourtant si on regarde le match qui s’est terminé sur un score de 0-0 on peut être relativement optimiste pour la suite des choses. Bien que les Américains en étaient à leur 3e match en 9 jours et qu’ils avaient l’air un peu fatigué, les joueurs canadiens n’avaient pas l’air déclassé du tout. Après avoir subi le jeu américain qui dominait les 10 premières minutes les rouges (qui jouaient en bleu), on réussit à contrôler le reste du match de belle manière. La défense en particulier a bien répondu au défi qu’elle avait devant elle. Dans les buts Lars Hirchfeld a répondu à l’appel en particulier durant les arrêts de jeu ou il a fait un arrêt spectaculaire sur un coup franc. Le milieu de terrain a aussi répondu présent en empêchant les Américains de construire leur attaque. Par contre les Canadiens ont montré exactement les mêmes difficultés à construire le jeu qu’a l’automne dernier alors qu’ils participaient à la première étape de qualification pour le Brésil en jouant contre Ste-Lucie, St-Kitts et Nevis ainsi que Porto Rico.

Tout ça pour dire que rien n’est simple pour le Canada et si les joueurs en rouges veulent réussir à se qualifier pour le tournoi au Brésil ils devront éviter les choses qui font que d’habitude ils échouent. Le premier piège auquel front face les Canadiens est l’arbitrage douteux. On a vu ça à la Gold Cup 2007 alors que le Canada a été éliminé en demi-finale contre les USA sur une défaite de 2-1. Le problème c’est qu’un des juges de lignes a refusé le but égalisateur aux Canadiens sur un hors-jeu imaginaire alors qu’ils avaient l’avantage d’un homme. Si on ajoute a ça que les joueurs d’Amérique centrale ont la réputation de se laisser choir facilement t que les Canadiens ont aussi la réputation de jouer un jeu physique on se retrouve avec bien des opportunités de se faire jouer des tours suite à des décisions douteuses.

Un autre piège se trouve sur le chemin du Canada, les erreurs de concentrations. On parle de quelque chose qu’on a vu souvent récemment. De petites erreurs qui coûtent cher au Canada. La dernière en date est celle de l’équipe U23 du Canada qui a gaspillé une bonne chance de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Londres en donnant un but à Cuba en toute fin de leur dernier match de la phase de groupe du tournoi qualificatif. Les Cubains n’avaient pas marqué en 270 minutes de jeu avant de marquer dans les arrêts de jeu de la seconde mi-temps de ce match. Ce but a fait qu’en demi-finale le Canada a de l’affronter le Mexique, meilleure équipe de la confédération plutôt que le Honduras qui était un adversaire à notre portée.

Finalement le dernier problème qui nous occupe est les erreurs de gardiens. Hier Lars Hirchfeld a été parfait, mais il n’en a pas toujours été ainsi pour les gardiens canadiens. On dirait qu’à chaque fois il y a un gardien qui fait une bourde à un moment inopportun. Pat Onstad lors des qualifications pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud en a fait une bonne. Lors du premier match contre la Jamaïque à Toronto il a donné un but en échappant un coup de pied arrêté alors que le Canada menait 1-0. Le match c’est terminé 1-1, mais après ça l’équipe n’a jamais réussi a relever son jeu d’un cran et n’a finalement récolté que 2 points en 6 matchs.

Au bout du compte beaucoup de boulot attend les joueurs canadiens pour ce deuxième tour de qualification. Ils auront devant eux deux clubs mieux classés qu’eux, le Panama et le Honduras, ainsi que Cuba. Ça commence vendredi à La Havane avant de se poursuivre le mardi suivant à Toronto contre le Honduras. Surveillez le réseau Sportsnet qui diffuse tous les matchs.Surveillez aussi mon blogue parce que je vais vous en parler, c’est sur.

 
 
Cette année l'Impact compte dans ses rangs 7 Américains. C'est le plus haut total de ces dernières années. J'espère sincèrement que ça vous dérange pas trop parce que je peux vous assurer que l'an prochain il y en aura plus encore.

Regardons ensemble comment est constitué l'effectif d'un club de la MLS. Pour faire ça rapidement on va dire que sur les trente joueurs il y en a un maximum de neuf qui sont des étrangers. Le reste est des joueurs locaux. Pour l'Impact il devra y avoir un minimum de trois de ceux-ci qui devront être canadien. Ça devrait nous laisser avec quelque chose comme 19 joueurs originaire du sud de la frontière.

Mais les USA au soccer ça représente quoi? On parle de seize clubs en MLS pour à peu près 320 Américains. On parle aussi du 28ieme rang au classement de la FIFA et de 6 participation de suite à la phase finale de la Coupe du Monde. On parle aussi, pour terminer, d'un bon nombre de joueurs dans des clubs sérieux en Europe.

Pour nous le repêchage d'expansion sera le premier endroit où on pigera nos joueurs. Selon Matt Jordan chaque club pourra protéger un total de 11 joueurs. Montréal pourra en sélectionner onze. Évidemment il est un peu tôt pour vraiment avoir un portrait fidèle des joueurs qui seront disponibles mais il y aura surement des joueurs Américains de qualité.

Par la suite nous aurons l'occasion de faire le plein de joueurs prometteurs lors du repêchage des joueurs universitaire. Encore une fois les joueurs repêchent en cette occasion seront majoritairement des Américains.

Finalement il faut aussi regarder du côté des transferts internationaux. Avec la nomination d'un ancien assistant de l'équipe nationale américaine comme entraineur du club on peut être une fois de plus assuré que des Américains seront candidats.

Il y a d'ailleurs quelques joueurs originaires du sud de la frontière qui pourraient être prêt à venir ( où a revenir) en MLS. Plutôt ce mois-ci le site internet de la MLS présentait dans un article 5 joueurs qui selon eux étaient susceptibles d'être intéressés par la ligue. Il s'agissait de Michael Parkhurst, Jonathan Bornstein, Kamani Hill, Marcus Hahnemann et Lee Nguyen. (http://www.mlssoccer.com/news/article/2011/08/19/american-exports-5-players-who-could-be-homeward-bound)

Il faut comprendre que nous ne serions pas la première équipe d'expansion a soudainement attiré un joueur américain a faire un retour sur le continent. Les Whitcaps ont attiré Jay DeMerit, les Timbers Kenny Cooper et les Sounders Kasey Keller. Le timing des qualifications pour la prochaine Coupe du Monde est aussi un atout pour les joueurs américains qui veulent revenir pour faire leur place sur l'équipe Nationale des USA. Un joueur bénéficie de plus de visibilité s'il est près de la maison, surtout s'il a peu l'occasion de jouer dans son club en Europe (ou ailleurs). Tous ses facteurs mis ensemble font en sorte que j'ai bien confiance de voir notre coach Jesse Marsch nous présenter un de ses compatriotes comme étant une signature importante pour nous.