La fin de l'année approche, la neige commence à faire son apparition et le sapin décore beaucoup de nos salons. Ce temps de rencontre et de réjouissance est le temps idéal pour s'arrêter un peu et prendre le temps de faire le point. Ce qu'on souhaite c'est de regarder derrière nous afin d'avoir une idée de ce qu'il y a devant nous. Il faudra pour ce faire regarder de quoi avait l'air le soccer au Canada avant le 1er janvier dernier, regarder ce que 2012 nous a apporté pour finalement tenter de voir ce que 2013 nous promet. Ce bilan se fera donc en trois parties distinctes. Dans la première partie ( http://tinyurl.com/bw8rg5w), on a abordé en détail le portrait qu'on avait devant nous il y a un an. Dans la seconde ( http://tinyurl.com/d6k4ebv) on a regardé ce que l'année 2012 nous a amené. Dans celle d'aujourd'hui, on tentera de voir vers où 2013 peut nous amener. On commence encore une fois avec la sélection nationale. Avec l'élimination des seniors pour la Coupe du Monde de 2014 toute l'attention sera portée vers la génération de jeune qui s’est qualifié pour la dernière Coupe du Monde U17. Le même noyau de jeune commence 2013 avec un moment crucial, le tournoi de qualification pour la Coupe du Monde U20 qui sera disputé en Turquie cet été. On connaît déjà les modalités de qualifications. Le Canada est dans un groupe avec le Nicaragua et Cuba. Les deux premiers de chaque groupe iront en quart de finale. Si le Canada termine premier de son groupe, il jouera contre le deuxième du groupe A qui est composé des États-Unis, du Costa Rica et de Haïti. S'il termine second, il jouera contre le premier du groupe A. Les matchs de groupes auront lieu les 18 et 22 février pour le Canada. Peu importe qui il affrontera s'il se rend en quart de finale, le Canada ne l'aura pas facile. La troupe de Nick Dasovic a battu le Costa Rica et les États-Unis lors de ses camps automnaux, mais en compétition officielle pour une place en Coupe du Monde c'est différent. Les jeunes devront composer avec beaucoup de pression. Surtout si on ajoute que cette génération de joueurs est celle sur laquelle tous les espoirs du pays reposent. Déjà des observateurs du soccer canadien proposent de faire de ces jeunes des membres de l'équipe nationale, de les couver et de les préparer pour qu'ils soient le noyau de la sélection senior lors des qualifications pour la Coupe du Monde de 2018. Je crois qu'ils réussiront à se qualifier pour le tournoi. Je crois même qu'ils auront la chance de jouer la finale. Si c'est le cas, ce sera une première depuis 2007. Maintenant pour ce qui est de la Coupe du Monde en tant que telle mieux vaut ne pas se faire trop d'idées. Les rouges ont rarement pu se démarquer dans ce genre de tournoi. Pour moi le simple fait d'y retourner après avoir raté les éditions 2009 et 2011 serait déjà tout un exploit. Même éliminé des qualifications pour la Coupe du Monde les seniors seront tout de même occupé cette année. Malgré l'absence d'entraîneur, l'ACS a organisé un camp hivernal en Arizona. En plus le Canada en profitera pour jouer deux matchs amicaux, le premier contre le Danemark et le second contre les États-Unis. Par la suite les Rouges devront aussi se réunir pour participer à la Gold Cup au mois de juillet. On est en droit d'être sceptique quand on regarde la situation canadienne. Le club n'a même pas d'entraîneur, pas même par intérim. De plus bien des gens seraient surpris de revoir les joueurs qui se sont écrasés au Honduras l'automne dernier. Avec l'échéance pour la Coupe du Monde repoussé a dans 6 ans tous les joueurs de plus de 28 ans sont des candidats suspects pour la suite des choses. Le problème c'est qu'avec le gros manque de profondeur de l'équipe canadienne il sera difficile de former un club dont le noyau est au début de la vingtaine. Pour cette raison et parce que la génération montante du Canada sera déjà occupée en Turquie pour la Coupe du Monde U20, je ne serais pas surpris de voir le retour de plusieurs joueurs qui ont joué cet automne, et ce même s'ils ne seront plus dans le portrait pour 2018. D'habitude les Gold Cups qui se déroulent en même temps que la phase finale de qualification pour la Coupe du Monde sont un peu moins compétitives. Dans cette optique ça serait la dernière chance de cette génération qu'on croyait très bonne de laisser une bonne impression. Malheureusement je n'y crois pas trop. Peu importe qui sera l'entraîneur et qui portera le maillot, il faudra un miracle pour que les rouges sortent de leur groupe cette année. Il y a trop de négatifs autour de ce club pour qu'il en soit autrement. Du côté des clubs professionnel, le portrait est plus intéressant. Si on commence avec Vancouver, on a déjà vu le club se pourvoir de quelques joueurs pour amener de la profondeur. De plus le retour de YP Lee en défense leur enlève une grosse épine du pied. Deux défis se trouvent devant Martin Rennie pour 2013. Le premier se trouve au niveau des gardiens. Autant le vétéran Joe Cannon que l'ancien des Railhawks de la Caroline Brad Knighton espèrent avoir le poste de numéro 1. Les deux ont fait savoir qu'ils préféreraient partir plutôt que de jouer les seconds violons. Rennie devra trancher et faire un malheureux. L'autre défi sera de rentabiliser l'investissement que représentent les joueurs désignés Barry Robson et Kenny Miller. Les deux Écossais n'ont pas montré grand-chose durant les quatre mois ou ils ont joué l'an passé et les deux ont une lourde pente à remonter. Personnellement je crois que cette année ils feront mentir leur détracteur. De se retrouver jeté dans la mêlée au milieu de la saison alors que tu dois normalement te retrouver en vacance n'est pas une chose facile à gérer. Très peu de joueurs en provenance d'Europe réussit a avoir un impact immédiat. Avec leur aide je vois bien les Caps remporter le championnat canadien cette saison et retourner en série en MLS. En deuxième division le FC Edmonton a fait le ménage à la fin de 2012 et changé de stratégie en vue de la saison 2013. Pour la première fois, le club a décidé de se tourner vers des joueurs qui ont fait leurs preuves dans la ligue pour le recrutement. Les signatures de Neil Hlavaty, Edson Edwards et Lance Laing vont les aider en défense. La troupe de Colin Miller devra par contre s'occuper d'éliminer ses faiblesses du côté offensif. Je ne crois pas que ça va arriver cette année, mais un joueur comme Ali Gerba aurait été idéal pour eux l'an passé. L'autre facteur qui pourrait handicaper le FC Edmonton c'est la tangente que prendra l'équipe nationale canadienne. Si la sélection nationale décide de faire table rase du passé tout en épargnant ses U20 qui ont une année chargé, alors le FC Edmonton pourrait bien perdre quelques joueurs importants au cours de l'été. Des joueurs comme Shaun Saiko et Paul Hamilton sont relativement jeunes et ont du talent. Ils pourraient bien se retrouver en équipe nationale si l'ACS décide de faire une équipe de transition pour la Gold Cup. En dehors de ça s'ils réussissent à trouver un marqueur le FC Edmonton sera un excellent club. Par contre s'ils se contentent des renforts qu'ils ont eus en défense et au milieu la troupe de Colin Miller réussira à faire les séries, mais dans le bas du tableau seulement. Du côté du Toronto FC je peux tout de suite vous prédire qu'ils seront meilleurs que l'an passé. De toute façon pourraient ils réellement faite pire qu'en 2012? Le club semble quand même parti dans la bonne direction. La venue de Danny Califf en défense devrait beaucoup aider le club. Puis s'ils sont aussi chanceux au repêchage que l'an dernier alors qu'ils ont signé un excellent joueur en Luis Silva et qu'ils mettent la main avec leurs deux choix en première ronde sur des joueurs qui peuvent les aider tout de suite, ils peuvent s'améliorer. La vraie question c'est a quel point ils peuvent le faire. Parce qu'il y a quelques points d'interrogation dans ce club. On peut se demander ce que donneront les retours de blessures de Stefan Frei et de Danny Koevermans. On peut aussi se demander si Éric Hassli est réellement l'homme de la situation pour le TFC. Il est spectaculaire, mais il est peu constant. Ensuite il ne faut pas oublier que le milieu de terrain repose sur les épaules de Torsten Frings qui, à 36 ans, n'est plus aussi en forme qu'a son arrivée avec le club. Finalement il faut se demander si Paul Mariner est réellement l'homme de la situation chez le TFC. Avec une fin de saison quasiment pire que le début qui a coûté son poste à Aron Winter, on peut penser que sa marge de manoeuvre sera très courte. Alors le TFC, mieux que l'an passé? Oui, mais jamais en série. C'est au tour de l'Impact de Montréal maintenant. Je dois avouer que le club dirigé par Nick DeSantis me laisse perplexe. Autant on ne peut que louer le bon travail effectué l'an passé, autant depuis le départ de Jesse Marsch, pour des raisons de philosophie discordante, je ne sais plus trop quoi penser. Pour le moment, sans entraîneur, l'Impact semble amputé de la capacité d'avancer. Pendant que dans les autres clubs canadiens on semble savoir où on s'en va, autant chez l'Impact rien ne transparaît. L'impression que ça laisse pour les observateurs extérieurs est franchement désagréable. Au moins on nous a dit que le processus était en marche, mais il reste que pour le moment on attend. Pour ces raisons je ne serais pas surpris, si la situation ne change pas un peu, de voir l'Impact faire du surplace. On aura une bonne idée de ce que l'équipe veut faire au début de 2013. Comme De Santis et Joey Saputo semblent vouloir miser sur les joueurs européens, on est en droit de s'attendre a un peu d'action une fois la période de transfert international ouvert. Déjà on dirait bien que le club compte mettre sous contrat l'italien Andrea Pisanu qui a fait un essai avec le club lors du camp en Italie. Pour moi si l'Impact signe un joueur étranger avant de signer un nouvel entraîneur ça viendra confirmer que le patron de ce club c'est bel et bien Nick DeSantis et que toutes les belles paroles à propos de décision prises en collégialité ne sont que ça, des paroles. Sur le terrain je crois que cette année sera une année charnière pour Montréal. Étant donné l'âge des cadres du club il faudra gagner et gagner tout de suite. Avec les Alessandro Nesta, Marco DiVaio, Patrice Bernier, Matteo Ferrari, Davy Arnaud qui ont tous au-dessus de 30 ans, on ne peut pas dire que ce club est bâti en pensant à long terme. Si la saison commence du mauvais pied, on parlera rapidement de reconstruction. Sauf qu'à l'Impact la philosophie c'est le recyclage. On reconstruit avec les pièces usagées des autres. Ça vaut ce que ça vaut. Si on tourne maintenant notre attention du côté de l'Europe, on doit regarder vers l'Allemagne. C'est là qu'évolue l'attaquant Olivier Occéan. Auteur d'un seul but lors de la première moitié de saison on peut croire qu'il sera plus efficace en 2013. Il n'aura pas la distraction de jouer avec l'équipe nationale et il aura eu le temps de guérir ses petits bobos avec la pause. Toujours en Allemagne il faudra surveiller attentivement le développement des jeunes Québécois qui évoluent là bas. Julien Latendresse Lévesque devrait terminer son contrat avec Cottbus et il serait étonnant qu'il signe un autre pacte. Les plus jeunes tels Samuel Piette, Marco Lapenna, Shadrack Mmunga et Ismæl Benomar tenteront de faire leur preuve et de trouver du temps de jeu dans un environnement très compétitif. Deux dossiers seront intéressants à suivre du côté des joueurs québécois en 2013. Il faudra d'abord surveiller où ira André Hainault. Annoncé l'an passé à Bordeaux, il serait maintenant étonnant qu'il joigne un club de ce niveau. Si j'avais à deviner, je regarderais du côté du Danemark. Les joueurs nord-américains y ont très bonne réputation. L’autre dossier a surveiller sera de voir si le nom de Jonathan Beaulieu Bourgault ressortira quelque part. J'ose espérer que oui. Après un 6 mois loin des terrains on est en droit de croire que s'il ne trouve rien en janvier l'Amérique du Nord puisse être une destination pour lui. En Amérique du Nord, il faudra surveiller où iront l'attaquant Ali Gerba et le milieu de terrain Philippe Davies. Dans le cas de ce dernier, après avoir joué une demi-saison à Richmond en USL Pro, je ne serais pas surpris de le voir en NASL pour 2013. Il faut dire qu'il avait bien fait dans ce circuit avec les Whitecaps en 2010. Deux destinations pourraient s'offrir à lui. Tout d'abord San Antonio où plusieurs de ses anciens coéquipiers lors de la saison inaugurale des Caps en MLS se sont établis après avoir été libérés. Ensuite il serait aussi possible de le voir à Edmonton, il pourrait y rejoindre Colin Miller pour qui il a joué à Vancouver. Du côté d'Ali Gerba la situation est beaucoup plus trouble. Quand un jeune au début de la vingtaine rate une saison, il y a toujours moyen pour lui de reprendre le collier. Par contre dans le cas d'un joueur comme Gerba, qui est dans la trentaine, c'est plus complexe. S'entraîner en solitaire c'est une chose, jouer un match à un haut niveau d'intensité c'en est une autre. Dans son cas j'espère qu'il pourra reprendre du service quelque part, mais je n'ai pas trop d'attentes. Pour les autres québécois qui pourraient aboutir quelque part en Amérique du Nord il faudra regarder du côté de Reda Agouram. Après avoir échoué dans sa tentative de signer en Europe le jeune attaquant devrait être capable de se faire une place sur le continent nord-américain. Après lui tout québécois qui se retrouvera chez les pros sera une belle surprise. Finalement il reste à voir ce qui adviendra de la PLSQ. Lors du dernier Podcast Soccer Plus Philippe Germain mentionnait que des clubs pourraient quitter la ligue et que rien n'était certain pour 2013. Je crois sincèrement qu'il faut que cette ligue continue. D'ailleurs j'aurais bien aimé voir l'Impact appuyer le projet en y mettant son Académie. Ça serait selon moi préférable de les faites jouer au Québec plutôt qu'en Ontario. J'ai bien de la misère a comprendre ce que cette ligue a de si bon pour que sa vaille la peine de faire voyager des jeunes pendant une quinzaine d'heures pour qu'ils puissent jouer deux matchs dans le même week-end. Voilà qui conclut mon tour d’horizon du soccer québécois et canadien en cette fin de 2012. L’année qui vient de se terminer a connu des hauts et des bas. S’il y a une chose que je peux prédire absolument pour 2013 c’est que cette année sera aussi faite de haut et de bas. Il faut juste souhaiter que les bas restent à Toronto…
La fin de l'année approche, la neige commence à faire son apparition et le sapin décore beaucoup de nos salons. Ce temps de rencontre et de réjouissance est le temps idéal pour s'arrêter un peu et prendre le temps de faire le point. Ce qu'on souhaite c'est de regarder derrière nous afin d'avoir une idée de ce qu'il y a devant nous. Il faudra pour ce faire regarder de quoi avait l'air le soccer au Canada avant le 1er janvier dernier, regarder ce que 2012 nous a apporté pour finalement tenter de voir ce que 2013 nous promet. Ce bilan se fera donc en trois parties distinctes. Dans la première http://tinyurl.com/bw8rg5w on a regardé de plus près le portrait qu'on avait devant nous il y a un an. Dans la seconde partie, on regardera aujourd'hui ce que l'année 2012 nous a amené. Puis dans la dernière on tentera de voir vers où 2013 peut nous amener. Côté sélection nationale il faut commencer par regarder du côté de l'équipe U23 qui jouait dans le tournoi de qualification pour les Jeux olympiques de Londres. Menés par celui qui allait plus tard devenir directeur technique de l'ACS, Tony Fonseca, nos jeunes ont échoué à la dernière étape en perdant en demi-finale contre le Mexique. Leur parcours avait pourtant été bon, réussissant même à prendre la mesure des É.-U.. Par contre des points perdus en fin de match contre Cuba leur a compliqué la tâche en les envoyant au second rang du groupe. En terminant premiers, les Rouges auraient eu sur leur chemin le Honduras qui semblait un adversaire plus accessible que le Mexique. Chez les U20 l'automne a été très occupé. L'ACS a organisé plusieurs camps en vue des qualifications pour la coupe du monde de 2015. Lors de ces qualifications, le Canada fera partie d'un des huit groupes de trois pays. Le gagnant de chacun de ces groupes participera aux quarts de finale et les 4 gagnants de cette étape seront qualifiés pour la phase finale. On attend beaucoup de ces jeunes qui formaient le noyau du groupe qui s’est qualifié pour la dernière coupe du monde U17. Chez les seniors l'année a commencé par une défaite. En match amical sur l'île de Chypre, dans des conditions exécrables, l'Arménie a défait le Canada 3-1 au mois de février dernier. En juin les Rouges jouaient un autre match amical. Cette fois ils affrontaient à Toronto les États-Unis pour commémorer les 100 ans de l'ACS. Ce match servait aussi de préparation pour les premiers matchs de la 3e étape de qualification pour le mondial de 2014 au Brésil. Le Canada en a profité pour jouer un excellent match au niveau défensif et s'en tirer avec un match nul de 0-0. Les résultats récents du Canada permettaient chez les supporters de la sélection un certain optimisme. Par le passé un des principaux problèmes de l'équipe était la préparation. Cette fois cet élément n'entrait pas en compte. Les Rouges allaient aussi rassurer en remportant leur premier match sur un terrain affreux à Cuba par le score de 1-0. Malheureusement quelques jours plus tard un nul de 0-0 sur le terrain du BMO Field allait gâcher quelque peu la fête. Après une victoire en match amical contre Trinidad et Tobago au mois d'août, le Canada reprenait le processus de qualification en septembre en jouant deux matchs clés contre le Panama. Lors de la première rencontre jouée à Toronto, la troupe de Stephen Hart continua son bon travail défensif en battant la nation de l'Amérique Centrale 1-0. Lors de la seconde partie, le Canada montra ses limites suite à la perte de Dwayne DeRosario en s'inclinant par le score de 2-0. Avec deux matchs à jouer en octobre le Canada était en bonne position pour se qualifier pour la ronde finale. La clé était de gagner le match restant à la maison contre Cuba et d'aller chercher un point sur le terrain du Honduras. La première partie ne fut qu'une formalité avec une formation réduite à cause de défections et de blessures les Cubains ne furent pas de taille et le Canada gagna le match 3-0. Ce fut une tout autre histoire au Honduras. Dans un stade hostile, les joueurs canadiens se sont écrasés comme un soufflé sortit du four beaucoup trop tôt, perdant le match par le score humiliant de 8-1. Ce résultat qui a choqué le milieu du soccer canadien a mené à la démission de Stephen Hart. Toutes sortes de raisons ont été évoquées pour expliquer cet échec, que ce soit au niveau des joueurs ou de la structure du soccer canadien. Il reste que ce moment qui nous amène à remettre en question aurait pu être évité si les joueurs canadiens avaient marqué un but le 12 juin dernier face au Honduras à Toronto. Du côté des clubs on a pu voir de bons et de moins bons moments. Si on regarde à Vancouver, on pouvait voir un visage familier derrière le banc, l'ex-entraîneur des Railhawks de la Caroline, Martin Rennie. Les Caps commençaient la saison 2012 avec de belles additions en défense, soit l'Argentin Martin Bonjour et le coréen YP Lee. Ces deux joueurs aidèrent les Caps à commencer la saison en alignant quatre jeux blancs. Par la suite les Caps prirent la mesure du Fc Edmonton en première ronde du championnat canadien avant de s'incliner en finale contre le Toronto FC. Avec un club qui faisait bien, la direction de Vancouver décida tout de même de faire des changements à la mi-saison. Sébastien LeToux, Davude Chiumiento et Éric Hassli furent envoyés sous d'autres cieux pour faire de la place à Dane Richards et à deux joueurs désignés écossais, Kenny Miller et Barry Robson. C'est à partir de ce moment que les choses commencèrent à aller moins bien. Une série de six défaites en sept matchs de la fin juillet au mois de septembre faillit faire dérailler la saison des Whitecaps. Malgré tout ils réussirent à se ressaisir en récoltant une fiche d’une victoire, une défaite et trois nulles en fin de saison. Ce fut assez pour terminer au 5e rang dans l'ouest. Ce fut surtout suffisant pour devenir la toute première équipe canadienne a se qualifier pour les séries d'après saison. Malheureusement ces séries ne durèrent qu'un match, les Caps s'inclinant par le score de 2-1 face aux éventuels champions, le Galaxy de Los Angeles. Un peu plus à l'est, le Fc Edmonton entamait sa seconde saison en NASL. D'entrée de jeu la troupe du néerlandais Harry Sinkgraven était éliminée du championnat canadien par Vancouver. En NASL la saison prit une tournure similaire. Malgré la signature de plusieurs joueurs qui avaient de l'expérience en Europe le club albertain termina dernier de la ligue. Le club connu des problèmes de discipline, le meilleur joueur Shaun Saiko fut suspendu au milieu de la saison alors qu'un autre joueur, Matt Lam fut tout simplement congédié. À la fin de l'année, le propriétaire du club décida de faire le ménage. Les joueurs européens furent libérés et le staff d'entraîneur congédié. Le club mit la main sur quelques joueurs qui étaient des valeurs sûres dans la ligue et embaucha Colin Miller comme entraîneur. En Ontario le Toronto FC commença son année de belle façon. En quart de finale de la ligue des champions de la CONCACAF la troupe d'Aron Winter affrontait le LA Galaxy. En gagnant le match retour 2-1 le TFC remporta la série et obtint le privilège d'affronter le club mexicain Santos Laguna en demi-finale. Comme on pouvait s'y attendre, le club de la MLS ne fit pas le poids et se fit éliminer suite à une défaite de 7-3 au total des buts. En MLS le début de saison était beaucoup plus difficile. Le club de la ville reine encaissa neuf défaites consécutives pour débuter la saison. Malgré tout le TFC réussit à remporter le championnat canadien en défaisant Montréal et Vancouver. Avec la pire défense de la ligue et une des pires offensives Aron Winter fut relevée de ses fonctions et fut remplacée par Paul Mariner. Avec la saison perdue en MLS, les supporters torontois avaient l'occasion de se reprendre en ligue des champions. Le sort leur joua un mauvais tour en les mettant dans le même groupe que Santos Laguna. Toronto termina la compétition au second rang sur trois avec une fiche de deux victoires et deux défaites. En MLS le club termina bon dernier avec seulement 23 points. Après la saison le club décida de ramener le prix des billets de saison au niveau de la première année. En plus le club nomma un président. L'ancien de DC United, Kevin Payne, fut nommé avec comme mission de remettre le train sur les rails. À Montréal les partisans avaient enfin droit à du soccer de première division. La saison commença à Vancouver par une défaite de 2-0. La semaine suivante plus de 58000 spectateurs s'entassaient dans le Stade Olympique pour assister à un match nul de 1-1 contre le Fire de Chicago. La première victoire vint au 6e match de la saison face au Toronto FC. Après avoir joué ses 5 premiers matchs locaux au Stade Olympique et battu le vieux record d'assistance du Manic lors de la visite du Galaxy de Los Angeles, l'Impact retrouva finalement le Stade Saputo au milieu du mois de juin. Au départ les foules étaient décevantes. À deux occasions le nombre de spectateurs était en bas de 13000. Le club dut modifier sa structure de prix pour redresser une situation qui devenait embarrassante. Sur le terrain l'Impact se débrouillait bien. Malgré tout la direction décida de se renforcer en faisant de l'attaquant italien Marco DiVaio son premier joueur désigné. Il fut rapidement rejoint par un autre ancien de la squadra azzura, Alessandro Nesta. L'Impact réussit aussi un coup de génie en refilant le très inconstant gardien Donovan Ricketts pour un portier plus efficace, Troy Perkins. Ces changements permirent à l'Impact de remporter 5 matchs consécutifs en août. Cette performance leur permit même de rêver aux séries éliminatoires. Le mois d'août fut aussi celui de Patrice Bernier. Il fut choisi joueur du mois par la ligue. Malgré un calendrier allégé en fin de saison l'Impact ne put continuer sur sa lancée. L'incapacité du club montréalais à s'imposer sur la route sonna le glas des espérances de séries éliminatoires. Au terme d'une saison de 12 victoires 16 défaites et 6 nulles, l'entraîneur Jesse Marsch quitta le club à cause d'un différent au niveau de la philosophie. Deux anciens joueurs marquants du club annoncèrent leur départ à la retraite, l'attaquant Eddy Sebrango et le gardien Greg Sutton. Au niveau des joueurs québécois qui évoluent à l'étranger, l'année 2012 fut celle de l'attaquant Olivier Occéan. Il commença l'année avec Furth en Bundesliga 2 où il poursuivit le bon travail entamé à l'automne. Il termina la saison 2011-12 avec 17 buts et Furth fut promu en Bundesliga. Occéan changea tout de même de club, son 3e depuis son départ de Norvège, et se retrouva avec un autre club promu, l'Eintracht Frankfurt, pour un montant de transfert de plus d’un million d’Euros. En 3e division le milieu de terrain Jonathan Beaulieu Bourgault termina en milieu de peloton avec Munster. Il fut libéré en juin et ne se retrouva pas de club. De son côté le gardien Julien Latendresse Lévesque ne joue pas a Energie Cottbus. En Amérique du Nord, le défenseur André Hainault aida le Dynamo de Houston à retourner en finale de la coupe de la MLS. Contrairement à la saison précédente, il ne participa pas au match. Son contrat est venu à échéance et il est maintenant libre. En NASL le défenseur Fabrice Lassonde commença la saison avec le FC Edmonton. Ralenti par une blessure il fut libéré en cours de saison. Finalement l'ancien milieu de terrain des Whitecaps de Vancouver, Philippe Davies, signa en juillet un contrat avec les Kickers de Richmond de la USL Pro. Il joua là-bas un peu moins qu'une dizaine de matchs. Au niveau local la PLSQ se mît en branle avec seulement cinq clubs, Brossard, St-Léonard, Boisbriand, Blainville et L'Assomption. Plusieurs noms connus se sont joints à la ligue, surtout des anciens de l'Impact tels Simon Gatti ou Antonio Ribeiro. St-Léonard a remporté les grands honneurs lors de cette première année qui doit être considérée comme un succès par le simple fait qu'elle ait eu lieu. Pour l'an prochain, on parle déjà d'expansion, entre autres dans l'Outaouais où un club s’est désisté à la dernière minute. Voilà pour le récapitulatif de l'année 2012. On peut dire que ce fut une année chargé durant laquelle le soccer canadien, malgré tout ses troubles et ses défauts a continué d'avancer lentement mais sûrement. Il reste à voir vers où il avance.
La fin de l'année approche, la neige commence à faire son apparition et le sapin décore beaucoup de nos salons. Ce temps de rencontre et de réjouissance est le temps idéal pour s'arrêter un peu et prendre le temps de faire le point. Ce qu'on souhaite c'est de regarder derrière nous afin d'avoir une idée de ce qu'il y a devant nous. Il faudra pour ce faire regarder de quoi avait l'air le soccer au Canada avant le 1er janvier dernier, regarder ce que 2012 nous a apporté pour finalement tenter de voir ce que 2013 nous promet.
Ce bilan se fera donc en trois parties distinctes. Dans la première, celle d'aujourd'hui, on abordera en détail le portrait qu'on avait devant nous il y a un an. Dans la seconde on regardera ce que l'année 2012 nous a amené. Puis dans la dernière on tentera de voir vers où 2013 peut nous amener.
Si on commence au niveau de l'équipe nationale on constate qu'au début de l'année 2012 l'optimisme était de mise. Après une année 2010 marquée par une élimination hâtive et crève-coeur du tournoi de la Gold Cup, l'équipe senior masculine semblait aller mieux. Malgré un classement qui l'obligeait à jouer une ronde de qualification supplémentaire en vue de la Coupe du Monde de 2014, des jours meilleurs semblaient venir. D'abord l'ACS prenait au sérieux son programme masculin. Puis ces matchs de qualification en surplus contre Porto Rico, Sainte-Lucie et St-Kitts et Nevis semblaient être idéaux pour permettre à nos internationaux de combler un des problèmes récurrents auxquels ils étaient confrontés, le manque de matchs en sélection. Au final les Rouges, avec Stephen Hart aux commandes, sans être dominants ont passé cette étape sans trop de problèmes et étaient prêts à affronter le Honduras, le Panama et Cuba dans la ronde suivante en 2012.
Au niveau des clubs on avait droit en 2011 en plus du Toronto FC, à la première saison des Whitecaps en MLS, à la première saison du FC Edmonton et à la dernière saison en seconde division pour l'Impact de Montréal. Du côté des Caps, le club semblait bien bâti sur papier et jouait en début de saison un soccer intéressant à regarder. Pourtant la direction du club n'était pas satisfaite et congédia rapidement l'entraîneur Teitur Thordarson. La spirale descendante continua et Vancouver termina tout en bas du classement de la ligue.
Au Fc Edmonton la saison inaugurale semblait bien partie. L'équipe formée principalement de jeunes joueurs locaux commença de belle manière avant de ralentir au point de quasiment rater les séries à la fin de la saison. La troupe du néerlandais Harry Sinkgraven semblait tout de même sur la bonne voie pour permettre à plusieurs jeunes joueurs de vivre l'expérience de jouer professionnellement.
À Toronto l'année 2011 fut une autre année difficile. Malgré une énième victoire en championnat canadien, les choses étaient plus dures en MLS. Toutefois le club de la ville reine réussit à convaincre en fin de saison avec une belle série de matchs autant en ligue des champions où ils réussirent à se qualifier pour les quarts de finale en 2012, qu'en MLS où la troupe d'Aron Winter semblait tranquillement en mesure de faire sa place.
Finalement à Montréal la saison 2011 devait en être une de transition. L'année fut marquée par un certain renouveau de l'effectif où le club tentait de trouver du côté de la France des joueurs à faire graduer en MLS. Sur le terrain cette recette ne fonctionna pas du tout. Tellement qu'à la mi-saison deux des joueurs recrutés de cette façon étaient partis et le club avait de la difficulté à s'imposer. L'entraîneur Marc Dos Santos qui ne croyait pas avoir la confiance de la direction décida lui aussi de partir et fut remplacé de façon intérimaire par Nick De Santis. Fort d'une nouvelle vague de recrutement l'Impact se replaça un peu, mais ce fut trop peu trop tard et le club rata les séries éliminatoires.
L'Impact profita aussi de la saison 2011 pour entamer sa montée vers la MLS. Dès le mois d'août, le nouveau logo fut présenté. Un peu plus tard l'ancien assistant de l'équipe nationale américaine, Jesse Marsch, fut nommé premier entraîneur du club. Puis l'ancien défenseur de l'Inter Milan, Nelson Rivas fut le premier recrutement de l'Impact. Il fut rejoint par quelques transfuges du club de seconde division, entre autres Evan Bush et Hassoun Camara. Par contre quelques figures populaires du club de D2 furent mises de côté par le staff technique. Ce fut le cas de Philippe Billy, d'Antonio Ribeiro et d'Ali Gerba.
Au mois de novembre, l'Impact prit réellement forme en sélectionnant 10 joueurs lors du repêchage d'expansion. Parmi ces choix celui de Brian Ching attira particulièrement l'attention. L'attaquant hawaïen était une figure importante du Dynamo de Houston et avait clairement laissé entendre qu'il préférait prendre sa retraite plutôt que de changer de club. Après avoir présenté son nouveau maillot, l'Impact annonça deux autres signatures, la première fut beaucoup de bruit puisqu'elle permit au milieu de terrain Patrice Bernier de rentrer au bercail après presque dix ans en Europe. La seconde passa quasiment inaperçue, il s'agissait d'un jeune milieu de terrain brésilien issu de la D2 Suisse, Felipe Martins.
Au niveau des Québécois à l'extérieur de la province en 2011 on voyait déjà que c'était plus difficile. Olivier Occéan complétait au début de l'année sa première saison avec Offenbach Kickers en 3e division. Ses performances furent remarquées et il fut transféré au club de Greuther Furth en Bundesliga 2 en vue de la saison 2011-12. Dès l'automne il s'imposa comme étant un des meilleurs de son club en inscrivant plusieurs buts importants et en aidant le club dans sa lutte pour la promotion.
En Allemagne on pouvait aussi voir le jeune gardien Julien Latendresse Lévesque qui continuait sa progression avec Energie Cottbus. Une blessure sérieuse à un poignet vint contrecarrer ses plans au milieu de l'année et il dut être opéré ce qui le laissa sur la touche pour pratiquement toute la saison 2011-12. Toujours en Allemagne le milieu Jonathan Beaulieu Bourgault continuait sa progression avec Preussen Munster en 3e division.
Au Danemark le milieu de terrain Patrice Bernier continuait de donner un solide coup de main à Nordsjaelland avant de subir une blessure au genou. Comme il était en fin de contrat, cette embûche tombait bien mal. Avec l'Impact qui lui faisait les yeux doux, Bernier signa avec Lyngby un contrat peu contraignant pour retrouver la forme en Europe avant de décider s'il reviendrait à la maison.
En Amérique du Nord, l'année 2011 fut excellente pour le défenseur André Hainault du Dynamo de Houston. Il était un titulaire indiscutable pour un club qui termina son beau parcours en série éliminatoire en finale de la Coupe de la MLS. À Vancouver on retrouvait aussi un québécois, le milieu de terrain Philippe Davies. Malheureusement il n'eut jamais l'occasion de se faire valoir sur le terrain et il fut libéré à la fin de la saison. Le jeune Alex Surprenant connut un sort similaire après une fin de saison difficile avec le Fc Edmonton.
Finalement au niveau local la Fédération de soccer du Québec annonça ses plans pour une toute nouvelle ligue semi-pro. Le but était d'avoir, dans ce qui devait être la fierté du soccer québécois, autour de 8 clubs. Plusieurs tractations eurent lieu en coulisse à ce niveau et pour beaucoup de gens le scepticisme était de mise à l'aube de l'année 2012.
Voilà pour le portrait avant l'année 2012. Ce qu'on voit à la grandeur du Canada c'est un soccer en pleine période d'adolescence. Un soccer qui lorgne la cour des grands, mais qui n'est pas encore prêt à passer à l'âge adulte. Un soccer qui tente de grandir, mais qui n'est pas encore complètement développé.
Pour la suite de ma série d’entrevues, je me suis entretenu avec le gardien canadien d’origine israélienne Tomer Chencinski. Tomer est un ancien du Toronto FC qui a roulé sa bosse en Amérique du Nord avant de s’établir en Scandinavie. Il vient tout juste de terminer sa première saison en Suède.
Optimum-Soccer: Tu as commencé ta carrière professionnelle en 2007 avec le Toronto FC quand le club était vu comme étant le divertissement sportif le plus en vogue de la ville. Depuis ce temps l'engouement pour le club a ralenti suite à 6 mauvaises saisons consécutives. Est-ce que tu croyais que quelque chose comme ça pouvait se produire?
Tomer Chencinski: Tout d'abord je dois dire que ce fut un plaisir pour moi de commencer ma carrière avec Toronto. Bien sûr je ne croyais pas que la situation prendrait un tel tournant. Je crois que le TFC a tous les outils pour devenir un club dominant en MLS. Ils doivent d'abord trouver la façon pour y arriver et bien appliquer le tout. Pour le moment il y a eu beaucoup trop de changements, pour que les choses avancent il faut d'abord s'assurer d'un certain degré de stabilité. Quand j'ai commencé en 2007, je croyais que Toronto était un excellent marché pour le soccer et même si tout n'est pas rose je crois qu'éventuellement les choses s'amélioreront.
O-S: Après un séjour en PDL tu t'es trouvé un club de l'autre côté de l'Atlantique, en Moldavie, où tu as joué quelques matchs avec Nustru Otaci. Comment était l'expérience de jouer au soccer là bas et qu'en retiens-tu?
T C: Ce n'était pas le meilleur niveau de soccer qui soit. Je suis allé là n'as après qu'on m'ait vendu l'idée d'un bon niveau sportif avec une participation à l'Europa League et un club bien organisé. Quand je suis arrivé là bas c'était tout le contraire. J'étais sous le choc. J'adore jouer au soccer, donc les deux heures par jour où je me retrouvais sur le terrain étaient parfaites. Le problème c'est qu'est ce que tu fais pour les autres heures de la journée? Pour être capable d'apprécier le sport, il faut être capable d'apprécier tout ce qu'il y a autour et c'était très difficile là bas. En même temps, au niveau individuel, ça m'a permis de grandir. J'ai eu le temps de réfléchir sur moi ce qui m'a aidé a grandir en tant que personne et en tant que joueur.
O-S: Après ça tu es revenu en Amérique du nord avant de retourner en Europe, cette fois en Finlande. Est-ce que tu crois que c'est un bon endroit pour un joueur canadien pour commencer sa carrière?
T C: Je crois effectivement que la Finlande est un excellent endroit pour un jeune canadien qui commence sa carrière. Le soccer là-bas est assez technique et se joue à un bon rythme. Tout ça sans être aussi physique qu'en MLS, en Angleterre ou dans les autres pays scandinaves. C'est un bon endroit pour s'acclimater à l'Europe.
O-S: Tu as à nouveau changé de club après un an en Finlande en signant avec Örebro en première division suédoise. Après avoir perdu ton poste de gardien débutant après une dizaine de matchs et avoir vu le club relégué en seconde division est-ce que tu as vécu des moments de frustration et est ce que tu as regretté ton choix de changer de club?
T C: Si j'ai changé d'équipe c'est surtout parce que Örebro a fait une très bonne offre a mon ancien club. J'étais très content qu'après une bonne saison en Finlande un club suédois avec un bon calibre soit prêt a racheter mon contrat. C'était le résultat tangible de tout le travail que j'avais accompli dans ma carrière.
Pour ce qui est du fait d'avoir perdu ma place de gardien titulaire, c'est des choses qui arrivent dans le sport. En tant qu'équipe on avait beaucoup de difficulté. L'entraîneur m'a dit que je n'avais pas perdu mon poste à cause de mon jeu individuel. Il cherchait plutôt à changer la dynamique. D'ailleurs à la fin de la saison j'ai repris mon poste et ça a très bien été. J'ai terminé l'année avec le 4e rang au niveau du pourcentage d'arrêt et parmi les meneurs pour le nombre d'arrêts par match.
Pour ce qui est de la frustration, je crois que comme athlète, si tu n'es pas frustré ou si tu t'accommodes de ne pas jouer tu devrais changer de carrière. Pour moi c'est certain que j'étais frustré parce que je veux toujours jouer. Ce qui est important dans ces cas-là c'est de gérer cette frustration. Tu peux laisser ta frustration te détruire ou bien tu peux la laisser te porter et t'énergiser. Je m'en suis servi comme motivation a devenir meilleur et tout au long de la saison je crois que je me suis amélioré.
Finalement je n'ai aucun regret d'avoir quitté la Finlande même si le club est relégué. Le soccer en Suède est bien supérieur et ça m'a permis de m'ouvrir des portes. Je suis satisfait parce que j'ai fait avancer ma carrière.
O-S: Après avoir changé de club pratiquement tous les ans depuis le début de ta carrière, est-ce que tu prévois quitter Örebro maintenant que le club a été relégué ou vas-tu rester avec l'équipe pour essayer de remonter en première division?
T C: C'est sur que de regarder mon cv et de voir un nouveau club a chaque année ça ne donne pas nécessairement une bonne image. J'ai toujours adoré jouer pour chacun des clubs où j'ai évolué. Je crois aussi qu'à chaque fois que j'ai changé de club c'était pour faire avancer ma carrière. Si j'ai quitté la Finlande après une seule saison, c'est parce que j'avais bien fait et dans ce temps là c'est normal d'attirer l'attention des autres clubs.
Par contre je ne quitterais pas un club à cause d'une seule mauvaise saison. Mon but c'est de continuer à progresser et de m'améliorer. Alors pour l'instant mon but est de revenir avec Örebro et de me battre pour que l'on retourne en première division. En même temps si une opportunité se présente et qu'un autre club désire m'engager, je me dois d'étudier cette possibilité et voir comment ça s'inscrit dans mon cheminement. J'essaie toujours de regarder quelle est la meilleure option pour moi parce que je veux toujours jouer au meilleur de mes capacités et au plus haut niveau possible.
J’aimerais remercier Tomer d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et lui souhaiter bonne chance dans la suite de sa carrière.
Avec le dernier match de l'Impact maintenant derrière nous la saison régulière de la MLS est maintenant terminée. C'est le début des séries éliminatoires, mais c'est aussi le début officiel de la saison des bilans. J'ai déjà pondu deux chroniques qui s'approchaient de ce thème, la première à propos des restants du repêchage d'expansion ( http://www.optimum-soccer.com/1/post/2012/10/les-restants-du-repchage-dexpansion.html) et la seconde à propos des récompenses que je distribuerais chez l'Impact ( http://www.optimum-soccer.com/1/post/2012/10/pour-qui-les-trophes-chez-limpact.html). Pour continuer sur ce thème je vous propose aujourd'hui un bilan croisé des quatre clubs professionnels de soccer canadien, les Whitecaps de Vancouver, l'Impact de Montréal, le Toronto FC et le FC Edmonton. Pour chaque club j'ai sélectionné un représentant des médias et je leur ai tous posé les 5 mêmes questions. Pour Vancouver les réponses sont de Peter Schaad, pour Montréal les réponses sont celle de Matthias Van Halst, pour Toronto les réponses sont celles de Ben Rycroft et pour Edmonton les réponses sont celle de Steven Sandor. Optimum Soccer: Au départ de la saison qu'elles étaient les attentes envers l'équipe et dans quelles mesures ses attentes ont elles été comblées?Peter Schaad: Après une saison inaugurale difficile, les attentes envers les Whitecaps n'allaient pas être élevées, malgré tout le club voulait être en position de lutter pour les séries et être plus difficile à vaincre. Je crois que les attentes ont été dépassées et si ça n'avait pas été d'un passage à vide au milieu de l'été les Caps seraient bien plus haut au classement de la division ouest. Matthias Van Halst: Pour sa première saison, Montréal devait être compétitif et offrir un jeu digne de la plupart des autres clubs de MLS, sans réelle obligation de classement. L’équipe a bousculé certains ténors, a régulièrement enthousiasmé ses supporters au stade Saputo et rares furent les rencontres où elle ne fut pas dans le coup. Sa place dans le ventre mou du classement atteste d’un bon bilan chiffré quand on le compare à ceux des clubs arrivés en MLS depuis 2007. Ben Rycroft: Mes attentes pour le TFC étaient qu'ils soient en mesure de se battre pour une place en séries d'après saisons. Je m'attendais aussi a ce qu'ils ne congédient pas l'entraîneur Aron Winter avant de voir s'ils réussiraient a atteindre ce but ou nom. Évidemment dans les deux cas ce n'était même pas proche. Steven Sandor: Des quatre équipes professionnelles canadiennes, le FC Edmonton a probablement vécu la saison la plus décevante, encore plus décevante que le TFC. En dehors des partisans les plus fidèles, personne ne voyait vraiment le TFC en série éliminatoire. Alors leur échec, même s'il est décevant, n'est pas surprenant. Par contre on s'attendait à ce que FCE soit dans le top 3 de la NASL. L'équipe avait attiré des joueurs coûteux du Chili et de France pour élever un contingent de joueur local de qualité. Puis il y a aussi Matt Lam qui rentrait au bercail suite a un prêt à une bonne équipe du Japon. Malheureusement l'équipe s’est écroulée et a terminé au tout dernier rang. Optimum Soccer: Quel a été le point tournant de la saison qui a fait de celle-ci un échec ou une réussite?Peter Schaad: En réalité le point tournant est arrivé en août 2011 quand le club a signé Martin Rennie qui entraînait à ce moment les Railhawks de la Caroline. Il était près de signer avec Montréal, mais Vancouver a finalement réussi à l'attirer. Il a été un ajout fantastique pour le club et il a beaucoup appris à sa première saison en MLS. Puis les choses ont bien tourné pour l'Impact aussi puisque Jesse Marsch a été tout aussi bon à sa première saison en MLS. Matthias Van Halst: Le tournant de la saison a été, sans le moindre doute, le match à Colorado où Jesse Marsch a fait jouer Warner, Bernier et Felipe de concert après avoir essayé, sans succès, toutes les combinaisons à deux entre eux. Alors que jusque-là, même en dominant, l’équipe était surtout efficace en contre-attaque, elle a ensuite été capable de marquer en posant le jeu et à être dangereuse dans l’axe grâce à ce trio, aussi capable d’accélérer ses attaques. Ajoutez-y l’intégration de Di Vaio et une succession de rencontres au stade Saputo, et vous obtiendrez les ingrédients d’un bel été footballistique. Ben Rycroft: Le congédiement d'Aron Winter a envoyé comme signal, encore une fois, que les Torontois devaient se contenter d'une autre saison perdue. C'était pourtant en prévision de faire un pas en avant en 2012, de s'approcher enfin des séries, que le club avait été construit. Tout ça a été gaspillé avec l'affreux départ d'aucune victoire et neuf défaites en MLS. Steven Sandor: Je crois que c'est quand l'entraîneur Harry Sinkgraven qui a perdu son poste à la fin de la saison a fait savoir publiquement qu'il suspendait Shaun Saiko. Saiko était le meneur au niveau des buts à ce moment-là et Harry a décidé non seulement de le laisser sur le banc, mais de lui interdire l'accès au Clarke Stadium pour un match clé contre le Minnesota. Ça a montré au public qu'il y avait réellement des problèmes en dehors du terrain avec cette équipe ce qui a été confirmé quand Lam a été suspendu pour toute la fin de la saison quelques semaines plus tard. Ça a montré que FCE n'était pas un club très uni. Optimum Soccer: Quelle est la principale chose qui a manqué à l'équipe cette année?Peter Schaad: C'est difficile pour tous les clubs d'être en mesure de gagner sur la route, mais les Whitecaps aurait vraiment eu besoin de 2 ou 3 victoires de plus à l'extérieur du BC Place. C'est encore plus difficile quand on est dans le nord-ouest à cause des voyages, mais une chose que Martin Rennie souhaite faire durant l'entre-saison c'est d'étudier les performances de l'équipe à l'extérieur et d'essayer de trouver une façon d'avoir plus de succès loin de Vancouver. Matthias Van Halst: Ce qui a manqué? Tout dépend de quand dans l’année… Là est peut-être la réponse à la question : une saison relativement stable derrière soi pour avoir certaines bases sur le terrain. Il y a donc eu beaucoup d’ajustements en cours d’année et dans l’ensemble, ils ont permis une amélioration. Mais il a longtemps manqué un projet de jeu offensif clair. Et sur l’ensemble de la saison, on voit clairement que les faiblesses, tant offensive que défensive (même si là, il y a eu progrès) se situent sur les côtés, de même que sur les phases arrêtées, cruciales en MLS. Ben Rycroft: Ça doit commencer par une paire de défenseurs centraux qui sont capables d'être constants. Par la suite il faut que la direction du club use de constance dans ses décisions. Pour le moment ils sont toujours en train de réagir, et ce de façon improvisée. Il leur faut repenser au complet comment ils gèrent les opérations soccer. Steven Sandor: FCE est l'équipe qui a marqué le moins de buts en NASL. Le club a besoin de trouver un marqueur fiable au niveau de la NASL, pas un joueur étranger ou un projet. Il faut trouver un joueur qui n'a plus de contrat, qui a historiquement marqué des buts à ce niveau et le signer. Optimum Soccer: Qu'elle doit être la priorité de la direction pour l'an prochain?Peter Schaad: Les Caps doivent continuer de s'améliorer cet hiver, et ce à toutes les positions. Ils ont fait du bon travail pour cette saison en amenant YP Lee, Martin Bonjour, Andy O'Brian, Kenny Miller, Barry Robson et Dane Richards. Maintenant ils doivent continuer de trouver des meilleurs talents afin d'avoir encore plus de profondeur à toutes les positions. Matthias Van Halst: Pour 2013, il faut conserver ce qui a fonctionné cette année (on en parle peu, mais il ne faut rien tenir pour acquis) et améliorer le reste. C’est-à-dire trouver des joueurs capables d’amener le danger depuis les flancs, avoir un projet de jeu offensif et des solutions de rechange. Le banc aussi sera important, notamment au milieu en cas d’indisponibilité de Bernier, Warner ou Felipe. Il faut également des garanties de stabilité en défense. Enfin, des joueurs capables de mieux exploiter les phases arrêtées. Ben Rycroft: Ce qu'il faut prioriser c'est la constance. Il faut aussi rebâtir la relation de confiance avec les fans. Ces deux choses manquent vraiment beaucoup. Steven Sandor: Bien, ça ne peut pas être autre chose qu'un nouvel entraîneur. Avec Sinkgraven et Aron Winter (Toronto FC) partis, on voit la fin de la mode néerlandaise au Canada, parce que oui c'était une mode. FCE a besoin d'un entraîneur avec une vision qui pourra faire progresser les jeunes joueurs canadiens et bâtir un vrai programme. Optimum Soccer: Quelle équipe canadienne risque d'être la plus dangereuse pour le championnat canadien l'an prochain?Peter Schaad: Je ne peux plus prédire que les Whitecaps vont gagner le Championnat canadien Amway. C'est tout simplement une compétition qu'ils trouvent toujours le moyen de perdre. La clé c'était de finir devant Montréal cette année afin d'éviter un voyage sur la côte est en milieu de semaine au milieu d'un mois de mai très occupé. Matthias Van Halst: Dans l’état actuel des choses, Montréal est favori pour remporter la coupe du Canada en 2013. Si on se fie à la deuxième moitié de saison des trois équipes de MLS, le calcul est vite fait et l’écart est trop grand avec Edmonton pour que ce dernier puisse rêver de s’imposer. Mais en MLS plus qu’ailleurs, les choses peuvent changer très rapidement, dans tous les sens, d’une saison à l’autre. Les modifications apportées durant la période des transferts et l’adaptation de chacune des équipes à la nouvelle donne redistribueront, plus ou moins, les cartes. Ben Rycroft: C'est encore impossible à prédire puisqu'il va y avoir encore beaucoup de mouvement de personnel d'ici le début de la prochaine saison. Par contre si ça se jouait aujourd'hui, avec tous les joueurs en santé, je crois que Vancouver l'emporterait sur Montréal en finale. Steven Sandor: Ça ne peut pas être un autre club que Toronto. Le TFC, peut importe a quel point ils sont mauvais en dehors de cette compétition, semble avoir une emprise mystique sur ce tournoi. Ça part avec des buts chanceux, des retours de l'arrière étrange et même des matchs annulés pour cause de météo et s’a tous les ans. Alors on va laisser les Red Patch Boys (supporters torontois) sacrifier une autre chèvre et le TFC va être prêt à reprendre l'action. Optimum Soccer: J'aimerais remercier chacun des intervenants d'avoir pris de son temps pour répondre à mes questions.
Il y toujours plusieurs façons de juger une performance. Dans le cas qui nous concerne, c’est a dire le match aller du Championnat Canadien entre le TFC et l’Impact j’ai deux façons de voir le tout. D’un côté je suis satisfait, très satisfait même. De l’autre je suis déçu, très déçu même. Ça semble contradictoire, mais c’est très simple. Je vous explique tout ça.
Ma satisfaction me vient d’une crainte que j’avais depuis le milieu de l’été passé. J’avais sérieusement peur que l’Impact ne prenne pas au sérieux cette compétition. Deux raisons principalement me faisaient douter de la volonté du club de donner de l’importance à la conquête de la Coupe des Voyageurs. Ça commence avec l’entrée en MLS et le coût qui y est relié. Dans le raisonnement que je faisais si Jœy Saputo dépensait 40 millions de dollars pour joindre une ligue il était évident que cette ligue allait être la priorité absolue du club. L’autre facteur qui me poussait à croire que le championnat national serait mis de côté c’est le pedigree de notre coach. Jesse Marsch est une création de la MLS. Il y a joué tous ses matchs, on parle de plus de 300 matchs pour plus de 10 ans. J’avais de la misère à croire qu’il mettrait réellement de l’importance sur autre chose. Finalement je m’en suis fait pour rien. Je croyais qu’on aurait droit à l’équipe B, mais ce ne fut pas le cas. De ce côté-là, je suis plus que satisfait.
Du coté de la déception, c’est bien évident que notre équipe, A ou B aurait du gagner ce match-là. Le TFC est venu ici pour faire du camping dans sa zone. On aurait dit une bande de louveteaux qui suivait son guide, le gardien Milan Kocic. Chaque petit jouer en rouge et blanc avait son petit travail défensif a faire et quand ça sentait le roussi un peu Kocic sortait un bel arrêt pour tuer la menace de Montréal. En même temps l’Impact est responsable de son sort. On a bien mis de la pression sur eux, mais dans un cas comme celui-là il faut plus que juste pousser pour marquer. Il faut réellement créer des occasions, être imaginatif, avoir une petite touche de génie. Le problème c’est qu’on n’a pas d’artiste du côté offensif dans notre club. Quand au début de saison Jeb Brovsky disait qu’on avait une équipe de col bleu, il ne se trompait pas. On en a eu une belle démonstration hier.
Sur les ailes on avait Arnaud et Neagle. Le premier est avant tout un grand travailleur avec du leadership et le second peut faire des centres incroyables, mais il a besoin d’avoir du temps. Au milieu il y a un autre travailleur, Warner et Felipe qui est un joueur plus physique qui joue trop lentement et qui est incapable de tirer sur le but. Finalement devant Nyassi n’est pas vraiment un attaquant et autant lui que Corradi se retrouvent trop souvent a jouer dans les plates-bandes des milieux de terrains parce que ceux-ci ne leurs donnent pas des ballons qui leur permettrait d’être dangereux.
Au moins notre défense a été irréprochable. Ricketts a été rassurant quand il a été sollicité, Brovsky et Wahl ont fait du beau boulot, Thomas a bien commis un petit impair sur un ballon vers Ricketts, mais ce n’était rien de grave et Ferrari porte vraiment bien son nom, c’est un défenseur de grand luxe. Mine de rien après 8 matchs où l’Impact a abandonné un but, le club a maintenant une séquence de 2 jeux blancs de suite pour 198 minutes. Hier ils n’avaient pas beaucoup de mérite, mais ça compte quand même.
Maintenant il faudra élever notre jeu d’un cran mercredi prochain. Il faut absolument marquer chez eux. Il faut aussi oublier ce que le TFC nous a montré hier. Le club qu’on verra au BMO Field sera certainement plus entreprenant et plus offensif. Avec en plus un duel contre la meilleure équipe de la MLS samedi l’Impact aura beaucoup de boulot à abattre lors des 7 prochains jours. Ça ne sera pas simple.
Mon haïku pour le match d’hier:
pas d’artiste pour le TFC pas d’artiste pour l’Impact c’est plus créatif derrière le but
Enfin une première victoire et contre nos bons amis du TFC en plus voilà qui fait oublier tous les matchs depuis le début de la saison pour les partisans de l’Impact. Il reste que si on regarde le match objectivement, à part la seconde mi-temps à New York, le match du week-end dernier n’était pas ni vastement supérieur, ni vastement inférieur aux autres. Comme quoi la victoire tient à peu de choses.
La prémisse de départ quand on regarde le dernier match c’est de parler de l’alignement partant de Marsch qui comptait 4 changements par rapport au match en milieu de semaine. Avec Justin Mapp, Patrice Bernier et Davy Arnaud sur le banc on parle de changements majeurs. Pour moi c’est quelque chose de positif. Ça permet de voir que l’Impact ce n’est pas que l’équipe de 11 joueurs. Un peu de profondeur ça ne fait pas de tort.
Regardons maintenant ce qu’il y a à tirer du dernier match position par position, en commençant par le gardien de but, Donovan Ricketts. Il est très bon pour arrêter les tirs, personne ne va dire le contraire, par contre il est très stressant sur les ballons aériens, surtout s’ils viennent des ailes. Il semble toujours hésiter et réagit parfois avec du retard. J’ose espérer que ce n’est qu’une question de s’habituer aux joueurs devant lui.
Si on regarde la défense, il y a le cas de l’arrière droit qui me chicote. Autant Jeb Brovsky que Zarek Valentin ne sont pas vraiment les plus fiables. Comme ils ne sont tous les deux qu’à leur seconde saison dans la ligue on peut bien leur laisser une chance, mais il faudra voir éventuellement de l’amélioration. Au centre Matteo Ferrari est excellent, pas parfait, mais rien qui ne serait bien grave s’il avait un partenaire avec autant de talent que lui. À ses côtés autant Tyson Wahl que Shavar Thomas sont suspects¸. Peut-être qu’avec Nelson Rivas un peu plus tard cette année on verra quelque chose de plus stable, sinon j’ose espérer que Jesse Marsch donnera une chance à Hassoun Camara qui est pratiquement prêt à revenir au jeu. Finalement à gauche avec Tyson Wahl et Josh Gardner c’est «blanc bonnet, bonnet blanc» deux défenseurs potables, mais loin d’être exceptionnel.
Au milieu de terrain Jesse Marsch a beaucoup d’options, il y avait sur le terrain contre le TFC 3 joueurs qui n’avaient pas joué lors des 4 premiers matchs de la saison. Le premier, Collen Warner n’a pas connu un aussi bon match contre le TFC que contre Salt Lake, mais mériterait certainement de fouler le terrain contre Dallas. Le second, Lamar Neagle a relativement bien fait sur le flanc gauche. Malgré tout je ne le vois pas, pour le moment subtiliser la place de Justin Mapp. Le troisième, Sinisa Ubiparipovic, a profité de son premier match cette année pour inscrire son premier but en MLS depuis le 2 juin 2010. Malgré tout il n’a pesé plus qu’il faut sur le match, l’action c’est surtout passé de l’autre coté du terrain tout au long des 90 minutes. Finalement il reste le jeune Brésilien Felipe. Il a bien commencé la saison, mais il est de plus en plus effacé. Il se porte peu à l’attaque et est le seul joueur du club (avec Ricketts et Ferrari) à avoir joué tous les matchs. Il est mûr pour un repos.
À l’attaque on a eu droit au duo Sanna Nyassi-Bernardo Corradi. Je continue de croire que Nyassi serait plus efficace comme milieu droit que comme attaquant, sa vitesse y serait plus utile. Le cas de Corradi est plus spécial. En réalité Corradi est un bon joueur, mais pas tout à fait ce qu’on a besoin et comme il prend une place d'étranger et que son contrat n’est bon que jusqu'en juillet il devra faire vite pour prouver sa valeur. Il nous manque un vrai attaquant de pointe. Corradi fait ce qu’il peut, mais se retrouve la plupart du temps hors jeu. À part ça il y a Braun qu’on tente d’utiliser comme un attaquant de pointe, mais qui n’en est pas un et Andrew Wenger qui a montré, encore une fois de belles choses. Son but était un excellent exemple de force physique, de vitesse et de réalisme. Je crois qu’une fois qu’il sera ici à plein temps il fera partie de la solution.
Maintenant que la première victoire est acquise, il reste à aller chercher les premiers points à l’étranger. C’est quelque chose qui ne sera pas simple. L’Impact aura deux occasions dans la même semaine avec tout d’abord un match à Dallas et ensuite un match au DC United. Deux clubs qui ont des débuts de saisons moyens mais contre qui il ne sera pas simple de performer. Il faudra une grande performance de la défense pour être capable d’accrocher un des deux. D’ailleurs on est dû pour un premier blanchissage. Je prendrais bien un petit 0-0, ou même deux.
Depuis plusieurs années déjà le soccer canadien est dominé par trois villes, Montréal, Toronto et Vancouver. Avec l'Impact qui rejoint ses deux rivaux en MLS peut-être verrons-nous le retour d'une tradition qui s’est un peu perdue depuis la naissance du TFC, le transfert de joueurs entre équipes canadiennes. Traditionnellement le tout se passait entre l'Impact les Whitecaps et le Lynx de Toronto. Les Lynx et l'Impact ont été très actifs sur ce front, Ali Gerba a séjourné avec les Lynx à deux reprises dans sa carrière et avec l'Impact trois fois. À un certain moment de son histoire, les Lynx se faisaient une spécialité d'envoyer des joueurs vers Montréal qui cherchait à se renforcer en vue des séries. C'est de cette façon que Charles Gbeke a joint l'Impact pour la première fois.
Montréal et Vancouver ont aussi été actifs du côté des transactions entre les deux clubs. Gbeke a d'ailleurs fait partie d'une de ces transactions, ce qui fait de lui un des joueurs qui ont joué dans les trois marchés canadiens. Parmi les autres qui sont passés à la fois par Vancouver et Montréal on peut voir si on remonte loin Nick Dasovic et Martin Nash. Eduardo Sebrango qui a signé avec l'Impact pour la saison 2012 en MLS est aussi un ancien de Vancouver où il a effectué deux séjours. Joey Gjertsen des Earthquakes de San Jose est un autre qui a effectué des séjours avec Vancouver et Montréal. Il avait rejoint l'Impact en même temps que David Testo alors que Vancouver avait mis la main sur Zé Roberto et Alan Marcina.
À date j'ai beaucoup parlé des Lynx de Toronto, mais très peu du Toronto FC. Arrivée sur la scène en 2007 le TFC comptait dans ses rangs pour la saison inaugurale deux anciens de l'Impact, soit Adam Braz et Greg Sutton. Par la suite plusieurs joueurs ont fait l'aller-retour entre Toronto et les deux autres clubs canadiens. D'ailleurs c'est à Toronto qu'on retrouve le seul joueur de la MLS qui a joué dans les trois grands centres. Il s'agit du défenseur central Adrian Cann. Il a porté les couleurs de l'Impact lors des saisons 2004 et 2005, par la suite il est allé chez les Whitecaps de 2006 à 2008, avant de joindre le TFC en 2010. Vancouver n'est pas en reste non plus, évidemment avec une seule saison de MLS derrière la cravate il n'y a pas eu beaucoup de mouvement de joueurs avec les autres clubs du Canada du coté de Vancouver. Ils ont tout de même trouvé le moyen d'envoyer leur seul joueur local d'importance, Terry Dunfield, à Toronto en plein milieu de saison. Un autre joueur a porté les couleurs de deux clubs en MLS, Kevin Harmse, il a joué à Toronto en 2008 et 2009 ainsi qu'à Vancouver l'an passé. À cela il faut ajouter le nom de Jeb Brovsky qui a été repêché par Montréal lors de l'expansion.
Si on regarde le tout, il n'y a pas encore aucun joueur qui a joué avec les trois clubs canadiens en MLS, mais ça ne saurait tarder. La rareté des joueurs canadiens et l'obligation d'en avoir trois dans l'effectif ne font que renforcer cette possibilité. D'ailleurs je crois qu'on pourra de plus en plus compter sur un 4e joueur dans cette petite danse, le FC Edmonton. Bien que jouant dans une autre ligue le club de l'Alberta a déjà utilisé quelques anciens des Whitecaps et de l'Impact et il n’est pas loin le jour où on pourra dire d'un joueur qu'il a joué dans tous les clubs professionnels canadiens, A Mari usque ad Mare.
Supporter l'Impact n'a jamais été chose facile. Je me rappelle toujours mon premier match. C'était en déplacement à Toronto,pour voir les incroyables Lynx. Avec les Ultras Montréal on avait loué 3 véhicules et avions fait l'aller-retour dans la même journée. Douze heures de route pour voir un match de soccer de seconde division dans un stade miteux perdu dans une banlieue torontoise. Une belle expérience. Maintenant que les deux villes ont joint un circuit plus sérieux et ont plus de moyens on serait en droit de s'attendre à ce que les deux organisations soient plus sérieuses. Pourtant ce n'est pas tout à fait comme ça que sa cette passe. Quand on regarde comment L'Impact et le TFC gèrent le cas des supporters adverses, on peut voir que le portrait n’est pas le même des deux côtés.
Tout commence avec le nombre de places disponibles. Pour les fans du TFC en vue du match du 7 avril au Stade Olympique il y a plus de 2000 places disponibles. De l'autre côté pour les fans de l'Impact qui voudraient se rendre à Toronto il y avait au départ 115 places de disponibles. Après quelques négociations le chiffre a été haussé à 150 places. Évidemment le fait de jouer dans un Stade de 50000 a Montréal explique en partie que les fans torontois ont plus de sièges pour eux ici à Montréal. Mais il reste que si on regarde les proportions ça fait un ratio de plus de 5 pour 1. À cela il faut ajouter le prix pour les billets. Pour le match de Championnat Canadien du 9 mai pas de problème, le coût est de 24$ pour un billet à Toronto. À Montréal pour le match du 7 avril le billet est à 23$. Le problème se présente plutôt pour le match du 20 octobre où le prix du billet sera de 39$. Juste pour donner un comparatif, à DC United le prix du billet pour le supporter adverse est de 22,50$ et à Philadelphie et à New York c'est 20$. C'est bien beau d'être dans les ligues majeures, mais des fois c'est n'importe quoi quand même. Ceci dit, ne vous attendez pas trop à un déplacement organisé pour le 20 octobre, si vous voulez allez à Toronto voir l'Impact cette saison optez plutôt pour le match du 9 mai (OnTour@UltrasMontreal).
Il y a un aspect où supporter a toujours été chose facile, c'est quand on regarde nos joueurs. Quand on voit cette semaine que Nevio Pizzolitto et Simon Gatti ne feront pas partie du club cette saison ça ramène à l'avant-plan les qualités de ces deux hommes là. Du côté de Nevio, je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois qu'il y avait un coup de pied de coin, ou un coup franc menaçant près du but, c'est lui que je surveillais. Il n'a pas marqué si souvent que ça, mais sa présence physique et son côté fonceur le rendait quand même toujours menaçant. Du côté de Simon Gatti, il y avait beaucoup de choses qui le rendait sympathique. Il avait une attitude exemplaire, ce n’est vraiment pas évident de toujours être le négligé et sa polyvalence en a quasiment fait un bouche-trou. Pourtant ce gars-là a toujours joué avec le sourire et ne s'est jamais plaint. D'ailleurs une des meilleures preuves de cette attitude incroyable c'est de se rendre compte que le soir de l’annonce de sa retraite Simon Gatti en a profité pour aller jouer au soccer. Il s’est aligné avec les Ultras Montréal qui ont une équipe de soccer à 7 dans une ligue amateur amicale. Il n'y a pas de meilleures façons pour un athlète de dire merci à ses fans.
L'autre joueur qui est facile à supporter c'est Eduardo Sebrango. D'apprendre qu'à bientôt 39 ans il a réussi à faire le club c'est quasiment irréel. Eddy n'a pas eu que des bonnes saisons avec l’Impact, particulièrement à son premier séjour. Il a aussi souvent été blessé, mais il reste tout de même une icône du soccer montréalais. Ce que je me rappelle le plus de lui c'est le respect qu'il a pour son sport. Un exemple frappant de ce respect m'est venu en tête cette semaine alors que je collaborais au top 10 des Ultras Montréal à propos du Stade Saputo, je me rappelle qu'en première mi-temps, Eddy Sebrango, qui jouait avec Vancouver a ce moment-là, a envoyé un boulet de canon dans la foule. Ce faisant il a aussi arraché une motte de terre qui devait bien faire une dizaine de cm. Sur le coup de pied de but subséquent, Eddy avait un genou au sol et replaçait tranquillement la motte déplacée plus tôt. Il traitait ce terrain avec le même respect qu'un golfeur peut le faire. En plein match de soccer, faut le faire quand même.
Finalement tous le long de mon billet je vous aie parlé de supporter et je voudrais terminer en vous parlant d'une cause qu'il faut supporter. Le week-end du 3 et 4 mars prochain aura lieu à St-Hyacinthe le défi Futsal (www.DéfiFutsal.com). Il s'agit d'un tournoi de Futsal qui compte parmi ses organisateurs un ancien membre de l'organisation de l'Impact, Vincent Cournoyer. Tout cela se fait en vue d'aider de jeunes joueurs de soccer défavorisés, soit en subventionnant leur inscription à différentes activités ou soit par la remise d'équipement. D'autres anciens de l'Impact y participeront, entre autres mes deux derniers interviewés, soit Kevin Cossette et Jocelyn Roy. Il y a aussi un volet féminin à l'évènement et au moins deux joueuses de l'Amiral de Québec devraient y être, soit Marie-Pier Bilodeau et Andréanne Gagné. Le tout se déroulera dans deux établissements scolaires de St-Hyacinthe, soit le Collège Antoine Girouard et l'école secondaire St-Joseph.
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