Ça fait maintenant plus de 5 mois que la saison inaugurale de l'Impact en MLS est commencée et on peut dire que nous ne sommes plus des novices au niveau de la ligue. En ces 5 mois, on a tous remarqué un paquet de choses. Voici 5 des choses que nous avons tous appris à propos de la ligue où évolue maintenant l'Impact. 

1-L'arbitrage n'est pas de niveau.

Je ne sais pas comment ça se fait que je m'attendais a ce que les arbitres de MLS soit meilleurs que ceux de la seconde division. J'aurais dû savoir que comparer à ce qu'on voit en Europe tous les arbitres de la CONCACAF est mauvais. Comme la MLS est dans la CONCACAF alors il fallait s'attendre à la médiocrité des hommes aux sifflets. Par contre jamais je n'aurais cru penser que finalement les arbitres de la seconde division n'étaient pas si mauvais. J'en suis presque à m'ennuyer de voir Carol Anne Chenard sur le terrain. C'est pas peu dire.

D'où vient ce problème avec les arbitres? Pour moi c'est en bonne partie le nombre de matchs de haut niveau qui fait que les arbitres américains et canadiens n'ont pas de réelle compétition entre eux. Dans un week-end chargé aux USA il y a 9 matchs de MLS, 3 de NASL et 4 de USL Pro. Au total ça fait 16 matchs. Si on prend juste les quatre premières divisions anglaises, on parle de quoi? Pas loin de 50 matchs de haut niveau? C'est le triple ça. Mettons que ça aide à instaurer une compétition pour les places plus prestigieuses et ça donne aussi des matchs de qualités pour ceux qui seront les meilleurs de leur profession plus tard. 

2-Tout peut s'échanger.

L'an passé Dwayne DeRosario a fait partie de trois clubs dans la même saison. Il a remporté le titre de joueur le plus utile du circuit. Cette saison on a vu des capitaines (tel Davy Arnaud), des joueurs désignés (tel Julianne DeGuzman) et de jeunes vedettes pleines de potentiel (tel Juan Agudelo) changer d'adresse. Évidement la pression de gagner est grande et explique en partie tous ces mouvements. Mais il faut aussi regarder du côté du plafond salarial. Avec cette limite du côté des dépenses salariale, la patience des dirigeants est encore plus courte qu'elle le serait normalement. Personne ne peut se permettre un gros salarié qui ne fait pas le travail.

Je ne suis pas étonné de voir des joueurs de talents changer d'adresse. C'est on ne peut plus normal. De la même façon quand je vois les clubs se débarrasser de choix aux repêchages, de places d'étranger ou des droits sur des joueurs qui ne sont pas dans la ligue je comprends très bien. Les organisations utilisent tout ce qu'ils ont pour être plus compétitifs. Par contre quand je vois l'Impact qui se débarrasse coup sur coup de Justin Braun qui était probablement notre joueur le moins talentueux, de Tyson Wahl qui n'était plus très utile et de Donovan Ricketts qui n'était pas le gardien dont on avait besoin je me dis que tout, mais alors vraiment tout, peut servir de monnaie d'échange.

3-Tout le monde peut battre tout le monde.

La première victoire de l'Impact à l'étranger, vous vous en souvenez? C'était contre le Sporting de Kansas City. Ils étaient à ce moment-là premier dans l'est avec 7 victoires de suite. Après ce match ils ont eu plus de difficultés, mais ils sont toujours au sommet de la division. L'an passé c'est le Galaxy de Los Angeles qui a remporté les grands honneurs. Cette saison ils ont eu un départ plus que pitoyable. Inversement Les Earthquakes de San Jose n'ont récolté que 38 points l'an passé. Cette année ils sont imbattables (ou presque) avec déjà 47 points après 25 matchs. Pourquoi c'est comme ça? C'est à cause de ce concept tellement a la mode dans le sport Nord américain, la parité.

Pourquoi y a t'il cette parité dans la ligue? D'abord c'est à cause de toutes ces règles qui entourent les salaires et le pouvoir de dépenser d'un club. Ça coupe de beaucoup les élans des plus riches et ça permet aux plus pauvres de jouer à armes égales. L'autre facteur qui égalise le niveau de jeu entre les clubs c'est la longueur et la difficulté des déplacements. Un joueur qui est habitué de jouer en Angleterre, ou en Italie, ne peut qu'être déstabilisé par les distances a parcourir entre les matchs. Le plus long déplacement en Italie ce n'est rien comparer au plus long en MLS. Si en plus on ajoute que souvent il n'y a pas de vols directs, on doit aussi tenir compte de l'attente, puis des possibilités de retard et des contraintes au niveau familial et personnel. Tout ça donne un gros avantage au club qui a passé toute la semaine à s'entraîner à la maison. D'ailleurs si on regarde le classement seulement 4 clubs sur 19 jouent pour .500 ou plus sur les terrains adverses. 

4-L'Amérique du Nord est de plus en plus une option.

On l'a vu beaucoup avec l'Impact depuis l'automne, les joueurs européens sont réellement intéressés à venir jouer de ce côté-ci de l'Atlantique. Il n'y a pas eu une semaine sans qu'on entende des noms d'Européens associés aux différents clubs de la ligue. Puis dans ces noms il n'y a pas que des joueurs de deuxième ordre. Certaines grosses vedettes sont intéressées et visent les places de joueurs désignés alors que d'autres accordent moins d'importance au salaire.

Qu'est ce que ça veut dire pour la ligue? Que même si la MLS n'a pas le prestige des ligues en Europe les joueurs et les agents sont de plus en plus au courant de ce qui s’y passe. Bien sûr la ligue a une image de semi-maison de retraite pour vedette qui veut terminer leur carrière relax. En même temps la ligue faite aussi de plus en plus de place a des joueurs tels Hassoun Camara à Montréal ou Aurélien Collin a Kansas City qui a, pour toute sorte de raisons, arrêté de progresser outre Atlantique. Ils viennent en Amérique du Nord et trouvent un milieu qui, bien souvent, leur permet de mieux exprimer leur talent. 

5-Deux clés du succès, profondeur et polyvalence.

Dans un championnat éreintant qui aligne constamment des matchs physiquement intenses et des voyages épuisants, les blessures jouent un rôle encore plus important qu'ailleurs. Si on y ajoute des arbitres qui distribuent des cartons rouges aussi généreusement que des personnages louches distribuent des bonbons dans une cour d'école on se retrouve avec tout un paquet de joueurs qui finissent par manquer des matchs. Quand en plus on ajoute les restrictions au niveau des salaires et de l'effectif, on a tout un casse-tête.

Dans ces circonstances on voit la vraie qualité d'un club quand on regarde les joueurs qui ne devraient pas être sur le terrain en temps normal. Plus les réservistes sont talentueux moins les clubs sont affectés par les aléas de la compétition. Puis quand en plus un seul de ces joueurs peut en remplacer plusieurs en ayant la possibilité de jouer à plus d'une position il devient alors un élément clé de son club. La polyvalence devient une arme de plus pour l'entraîneur.

6-Le TFC est vraiment, mais vraiment mauvais.

Oui, je sais, j'ai parlé de 5 choses, mais je ne pouvais pas résister. Je me devais de parler du doyen des clubs canadiens en MLS. Premièrement il faut dire qu'on savait déjà qu'ils étaient mauvais. Je n'apprends rien à personne avec cette affirmation. C'est aussi évident comme constat que de dire que les moufettes sa sent mauvais. Par contre ça me fait bien rire d'y penser alors on va en jaser un peu. La meilleure saison du TFC? 10 victoires en 2009 pour un total de 39 points. L'Impact de son côté a déjà amassé 11 victoires et 36 points en seulement 27 matchs. Puis au chapitre des débuts on a pu voir l'Impact remporter son 10e match le 12 août dernier contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, ça a pris 155 jours avant d'atteindre ce chiffre. Le TFC lui? Ils ont récolté la 10e victoire de leur existence en MLS le 31 mai 2008 soit après 419 jours. Mauvais le TFC? Oui et pas juste un peu. Maintenant il faudrait peut-être que quelqu'un les batte en Championnat canadien parce que ça fait dur de ce côté-là.

 
 
Comme on l'a effleuré lors du sujet sur l'effectif, un club de la MLS ne peut offrir pour un joueur plus de 335 000$ à partir de son budget salarial. C'est un des principaux moyens de contrôle des dépenses que la ligue a mis en place pour s'assurer d'éviter les escalades salariales. Il reste tout de même que comme la plupart des règles il y a des exceptions. Ce sont ces deux exceptions que nous verrons aujourd'hui.

La première façon de dépasser le maximum salarial est de faire baisser la part du salaire du joueur sur le budget du club en utilisant le fond d'allocation. Et qu'est ce que ça mange en hiver un fond d'allocation? C'est un montant d'argent que chaque club a à sa disposition et qu'il peut utiliser pour différentes choses. Dans le cas qui nous concerne, le fond d'allocation pourrait faire baisser un salaire de 350 000$ à 335 000$ afin qu'il respecte les règles. Le fond d'allocation du club concerné serait alors amputé de la différence, soit 15 000$ dans ce cas-ci.

Ce n'est pas tout, le fonds d'allocation peut aussi être utilisé afin de faire l'achat de joueur à l'étranger. De plus comme ce montant d'argent peut être échangé il peut aussi servir à acquérir des joueurs qui évoluent déjà en MLS.

Ce fond d'allocation ne vient pas du néant. Il est permis par la ligue qui décide du montant pour chacune des équipes. Le principal facteur qui détermine ce montant est les performances. Plus particulièrement le fait de ne pas accéder aux séries éliminatoires et le fait de se qualifier pour la Ligue des Champions de la CONCACAF font augmenter le montant possible du fond d'allocation. L'Impact, en tant qu'équipe d'expansion, pourra aussi bénéficier d'un bonus sur son fond d'allocation. Il est aussi possible pour un club d'utiliser un effectif réduit de 28 joueurs ce qui permet d'ajouter 35 000$ pour chaque trou dans l'effectif. Finalement l'autre moyen de faire augmenter le montant du fond d'allocation est de vendre un joueur à l'étranger. Une partie de l'argent de cette vente est appliqué sur le fond.

L'autre moyen pour un joueur de gagner plus que le maximum permis est de recevoir le statut de joueur désigné. Avec ce statut le joueur ne voit pas de limite au contrat qui lui est permis et le club doit déduire de son budget salarial le maximum permis, soit 335 000$. Chaque club peut avoir deux joueurs désignés. Il est par la suite possible d'acheter une troisième place pour un joueur désigné en payant un montant de 250 000$ qui est réparti également entre les clubs qui n'ont pas de 3e joueur désigne.

La règle du JD est bonifiée pour la prochaine saison. Si un club le veut, il peut signer un joueur désigné de 20 ans ou moins. Dans ce cas le budget salarial du club ne sera amputé que de 150 000$ plutôt que de 335 000$. Si le joueur a entre 21 et 23 ans, le budget sera alors amputé de 200 000$. De plus si le jeune est le 3e joueur désigné du club il n'y aura pas de pénalité à payer. Tout ça afin de permettre au club de diversifier le type de joueurs désignes qui se joindront a eux.

Personnellement je crois que la MLS fait du bon boulot pour gérer les salaires de ses joueurs et éviter que les propriétaires et les dirigeants de clubs perdent le contrôle. La règle du joueur désigné permet, tout en gardant le contrôle des finances du club, de donner un peu de lustre à une ligue qui autrement serait bien terne. Le réel défi représenté par cette règle se trouve plutôt dans le vestiaire. Il ne doit pas être évident pour un entraineur de gérer des joueurs qui gagnent 50 000$ en même temps que d'autres qui gagnent 10 fois plus. 

Pour lire les deux précédents billets de la série:

#1 http://optimumsoccer.weebly.com/1/post/2011/11/la-mls-ca-mange-quoi-en-hiver-1la-composition-de-leffectif.html

#2 http://optimumsoccer.weebly.com/1/post/2011/11/la-mls-ca-mange-quoi-en-hiver-2les-joueurs-locaux-et-la-gnration-adidas.html