Il y a eu beaucoup de mouvement de personnel chez l’Impact récemment. Il y a eu quatre joueurs qui sont partis, Justin Braun, Tyson Wahl, Bryan Arguez et Miguel Montano. Il y a aussi eu des arrivées, Marco DiVaio, Alessandro Nesta et Dennis Iapichino. On peut voir un pattern dans ces mouvements. Les départs sont, pour la plupart Américains et les arrivées sont européennes. D’un certain côté, ça ne m’étonne pas du tout. Je dirais même que ça s’inscrit dans un retour à l’identité de l’Impact de Montréal que je connais depuis longtemps.
Juste comme ça pouvez-vous me nommer dans les joueurs qui ont marqués l’histoire de l’Impact deux qui étaient américains? En nommer un c’est assez simple, Matt Jordan est exactement ce genre de joueur. Par contre en 19 ans pouvez-vous en nommer un deuxième qui a marqué l’équipe, qui a été bon, et pas juste une année? Personnellement je ne peux pas. On a bien des candidats dans les années récentes, des gars comme David Testo, Jœy Gjertsen ou Tony Donatelli, mais dans tous les cas ils ont été bons une saison ou deux mais ne se sont pas vraiment imposés comme étant des joueurs vraiment marquants.
Si on regarde plus loin en arrière j’ai beau chercher, je ne vois pas vraiment personne qui entre dans ce moule. On a bien eu deux internationaux américains en Jean Harbor et Steve Trittschuh mais dans les deux cas ils n’ont été ici qu’une saison. Après ça il faut se tourner vers Bill Sedgewick qui a joué 50 matchs à Montréal, mais c’était un joueur fiable et utile, sans plus. La réalité c’est que depuis le tout début de son histoire l’Impact a toujours été un melting pot de joueurs locaux avec des sud américains et des Européens. Puis le joueur américain dominant, Matt Jordan est une exception, d’ailleurs ce n’est pas un hasard de constater qu'il s'agit d'un gardien de but.
Alors aujourd’hui qu’est-ce qu’on a à Montréal? Dans les joueurs d’Impact, je parle. Il y a un local, Patrice Bernier, des Européens, que ça soit Matteo Ferrari, DiVaio ou Nesta, puis un sud américain, Felipe. Le reste, les Camaras, Ricketts, Brovsky, Thomas, Nyassi, Mapp Arnaud… Des joueurs de soutiens surtout., des Américains en bonne quantité aussi. Puis si on regarde comme il faut même nos Américains ne sont pas vraiment des Américains. Tu as Thomas et Ricketts qui sont d’abord Jamaicain, Nyassi qui est Gambien, Ubiparipovic qui est de Bosnie puis Callum Mallace qui est Écossais.
Au bout du compte qu’est ce que ça veut dire tout ça? On pourrait parler de style de jeu, de philosophie sur le terrain, mais pour moi c’est plus que ça. C’est une question d’identité du club. Ça ne s’est pas nécessairement fait de façon intentionnelle, mais tout au long des années avec l’Impact les joueurs américains ont joué le second rôle. Cette saison avec le repêchage d’expansion et le fait qu’on se joignait à la meilleure ligue des USA nous nous sommes retrouvés avec un paquet de joueurs du sud de la frontière, mais à l’image des Kirk Wilson, Lars Lyssand et Andrew Weber, le résultat est en demi-teinte. Il y a bien des joueurs utiles comme Brovsky ou avec du potentiel comme Valentin ou Wenger, mais ceux qui auraient dû être nos leaders, tels Arnauds ou Mapp me laissent sur mon appétit.
Normalement je n’aurais rien à redire sur cette situation, je n’ai pas nécessairement beaucoup de confiance vis-à-vis les joueurs des États Unis. Trop souvent j’ai été déçu par ceux qui mettaient l’uniforme de l’Impact. Par contre dans le contexte où on a peu de joueurs locaux et où on ne peut pas habiller 20 étrangers, nous n’aurons pas le choix. Il nous faudra de bons joueurs américains pour pouvoir avoir du succès. Pour moi le réel défi de l’Impact pour les prochaines années c’est là qu’il est.
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