Le soccer ce n'est pas de la physique nucléaire. Il n'y a qu'une seule manière de gagner. Il faut marquer plus de buts que son adversaire. Ça peut se faire de deux façons. Un club peur essayer de limiter les buts de l'adversaire ou bien un club peut ouvrir la machine et tenter de marquer le plus possible. Généralement les clubs tentent d'équilibrer les deux pour trouver un point qui convient au style qui est le leur. Tout ça peut sembler caricatural, mais ça reste vrai.

Où se situe l'Impact dans tout ça selon vous? Pour moi c'est clair que dans son histoire récente l'Impact a souvent privilégié le côté défensif plutôt que l'offensive. Il suffit de se rappeler l'équipe établie par Bob Lilley pour le prouver. Le quatuor défensif formé d'Adam Braz, Gabriel Gervais, Nevio Pizzolito et Mauricio Vincello a été pendant un bon bout de temps la colonne vertébrale de cette équipe. Par la suite ce fut au tour du gardien Matt Jordan de donner le ton au jeu de l'Impact.

Si on regarde du côté offensif, on trouve aussi des preuves qui montrent que lors des dix dernières années c'est la défensive qui était la priorité du club. Il faut d'abord regarder du côté des buteurs. On a fait grand cas l'an passé d'Eduardo Sebrango. Il est un excellent joueur. Pourtant mon souvenir c'est qu'il a souvent été blessé et qu'il a connu ses meilleures années à Vancouver. À part Eddy, comme attaquant je me rappelle d'Ali Gerba. L'international canadien avait beaucoup de talent et a connu quelques bons moments. Il en a aussi connu de moins bons. Puis comme Eddy, il a lui aussi été marquer ailleurs pendant un certain temps.

Une des façons de jauger l'attaque d'un club c'est de regarder si certains individus ont réussi a se démarquer en inscrivant un bon nombre de buts. Généralement on peut considérer que dix buts sont un exploit intéressant. Si on regarde l'Impact lors des dix dernières saisons, on ne retrouve que 4 marqueurs de dix buts répartis sur 3 saisons. La saison 2004 fut la meilleure à ce niveau pour l'Impact. Cette année-là Sebrango et Fred Commodore avaient tous les deux inscrit 10 buts. En 2007 le québécois Charles Gbeke a réédité l'exploit en inscrivant lui aussi 10 buts. Finalement en 2010, dans ce qui est probablement une des meilleures performances individuelles du club, Ali Gerba a réussi 13 filets en 17 matchs.

Tout ça nous amène au présent. L'an passé dans une saison de transition, la toute première en MLS, le milieu Patrice Bernier est passé à un but d'accomplir l'exploit de marquer 10 buts. Ses 9 buts lui ont permis de terminer ex aequo au 14e rang des buteurs de la ligue. Pourtant, à partir de la mi-saison, les espoirs reposaient beaucoup plus sur les épaules de Marco DiVaio. L'an passé je crois que c'était un peu injuste de se fier sur lui pour tirer l'attaque montréalaise. Il fallait lui laisser le temps de s'intégrer à l'équipe et de trouver son rythme. Il fallait aussi tenir compte du fait qu'une fois rendu en septembre il avait derrière lui 12 mois de soccer. C'était beaucoup demandé pour un joueur passé 35 ans.

Cette saison les choses devraient être différentes. L'attaquant italien sera toujours le focus principal de l'attaque. Le jeune américain Andrew Wenger sera appelé à l'appuyer. En plus Sanna Nyassi et Andres Romero devraient eux aussi avoir un rôle à jouer. En regardant tout ça, on est en droit de se poser quelques questions. Pour commencer est-ce que Marco DiVaio est encore capable d'être productif? L'an passé il a connu une bonne séquence de 6 matchs. Par la suite il a été beaucoup plus effacé. Il faut dire qu'en même temps le milieu de terrain derrière lui n'était pas aussi efficace. Par contre c'est en partie à lui de s'assurer de quand même leur donner une option et s'il n'est pas capable de le faire les milieux peuvent difficilement le trouver. Derrière lui est-ce qu'Andrew Wenger est réellement l'homme de la situation? Le jeune n'a jamais connu une saison complète. L'an passé aura été pour lui, avec la fin de ses études et son rôle de remplaçant, une bonne année pour faire la transition entre la courte saison universitaire et l'exigeante saison professionnelle. Maintenant il devra hausser son jeu d'un cran et chauffer Marco DiVaio. Techniquement il est son dauphin. Il faut qu'il montre qu'il est prêt à le remplacer.

Par la suite on se tourne vers Sanna Nyassi. Il est évident que le rapide Gambien ne sera pas un attaquant numéro un. Pour moi il est beaucoup plus efficace comme milieu de terrain. À la limite, avec sa vitesse et son énergie, il peut dépanner devant en fin de match. Par contre s'il est partant à ce poste c'est parce qu'il y a un grave problème.

À la fin il ne reste qu'un seul joueur, l'Argentin Andres Romero. À première vue c'est difficile de réellement juger cette signature. On parle d'un joueur qu'on ne connaît pas et qu'on a pas réellement vu en action. Il faut commencer par voir à quel poste il sera utilisé. Une chose est sûre, si on se fie à sa fiche avec ses clubs précédant il ne faut pas trop compter sur lui pour mettre le ballon dans le but. Derrière Romero il reste deux joueurs qui n'ont pas de contrat. Le premier est Mircea Ilcu. On entend peu parler de lui lors de ce camp et ce n'est pas un bon signe pour lui. L'autre est l'allemand Hakan Ilhan qui a été choisi lors du repêchage supplémentaire. Il n'a pas été invité au camp, mais ça ne veut pas dire que l'Impact ne regardera pas vers lui plus tard au courant de la saison.

Quand on regarde on voit que l'attaque montréalaise version 2013 repose sur beaucoup d'inconnue. Du côté de DiVaio, l'âge est un facteur de risque. Du côté de Wenger c'est plutôt l'inexpérience qui est un facteur de risque. Après ces deux-là, j'ai aussi l'impression que la profondeur pourrait devenir un problème. La clé du succès reste la performance du joueur le mieux payé du club. Marco DiVaio a connu dix saisons d'au moins dix buts au cours de sa carrière. S'il réussit à récidiver ici on pourra dire que sa signature aura été un bon coup. Sinon il faudra se questionner à propos de la pertinence de signer ce genre de vétéran en fin de carrière. Il reste que je souhaite de tout cœur que ça fonctionne. Après des années à regarder des matchs où nos favoris se concentrent d'abord sur la protection de leur filet il serait rafraîchissant de voir à Montréal un attaquant qui s'éclate et qui nous fait lever de notre siège. Il me semble qu'on le mérite. Vous ne trouvez pas?

Pour lire mon billet sur les milieux de terrains: http://tinyurl.com/bas8obv

Pour lire mon billet sur les défenseurs: http://tinyurl.com/by9zhpa

Pour lire mon billet sur les gardiens et la direction: http://tinyurl.com/apq56b8
 
 


Les joueurs de l’Impact ont profité de la chaleur digne d’une canicule du mois de juillet pour montrer qu’ils sont toujours l’équipe la plus hot de la MLS. Dans un Stade Saputo plein à craquer qui avait des allures de fournaises, la troupe de Jesse Marsch a bien réussi à tuer la menace venant de la capitale américaine avant de s’imposer au compte de 3-0. Patrice Bernier, le joueur du match, fut le principal acteur de ce festival offensif, même si selon moi le match s’est joué ailleurs.

Dès le début du match, le DC United a pris possession du ballon et ne l’a quasiment jamais laissé à Montréal. Pratiquement toute la première mi-temps, c’est passé dans la zone de Montréal. Pourtant jamais DC n’a vraiment eu d’actions dangereuses. La défense, menée de main de maître par Alessandro Nesta et Troy Perkins fut tout simplement magistrale. Ces deux joueurs furent réellement la clé de ce match. Ils ont réussi à museler chacune des attaques du club de la capitale américaine et permis à l’Impact qui n’arrivait pas à imposer son jeu de rester dans le match.

Du côté offensif Marco DiVaio semble de moins en moins surpayé. Bien sûr il fut souvent victime de hors-jeu, mais comme l’attaquant d’expérience qu’il est il a profité d’une bonne chance dans un bon moment et a su concrétiser. Alors que l’Impact subissait le jeu de DC, le but de l’attaquant italien a permis à l’Impact de rester patient et a obligé le DC United à redoubler d’ardeur. Avec la température extrême qu’on avait samedi cela a fait qu’on a vu dans les 15 dernières minutes du match un club américain qui n’avait plus d’essence dans le réservoir. C’est là que Bernier en a profité pour réussir son second but.

Parlons-en de Patrice Bernier, j’ai finalement acheté son maillot hier, mettant ainsi fin au dilemme qui me turlupinait (http://www.optimum-soccer.com/1/post/2012/08/un-gars-douze-maillots.html). Hier on a vu un joueur en pleine confiance. Son sang froid sur les tirs de pénalités est beau à voir puis l’effort individuel pour le deuxième but était vraiment exceptionnel. Je crois que ça ne pourrait pas arriver à une meilleure personne. Pour l’Impact il est un ambassadeur incroyable en cette première saison. Il est toujours ouvert, disponible et généreux, que ce soit avec les fans avec qui il échange sans complexe sur Twitter ou bien avec les journalistes. Pour une organisation comme la nôtre, un joueur comme lui était essentiel, puis le fait qu’il présente les plus belles statistiques du club lui donne une crédibilité encore plus grande. Quand on analysera les bons coups de DeSantis, Marsch et compagnie a la fin de la saison, la signature de Bernier devrait se retrouver en tête de liste.

Mon haïku du match parce qu’il faut bien rester zen:

Dur labeur au printemps,
Ça pousse durant l’été,
À l’automne on récolte les séries

 
 
L’Impact continue son chemin de croix à l’extérieur avec une autre défaite hors de Montréal. Encore une fois on a vu les mêmes ingrédients que dans nos autres défaites. Ca ressemble à ça: Un brin de manque de concentration en défense, un gardien des fois très mauvais, des fois très bon un milieu de terrain qui ne s’impose pas et un attaquant bien payé qui ne réussit pas. Enfourner tout ça 45 minutes, laisser reposer le tout un peu plus de 10 minutes puis réenfourner pour un autre 45 minutes en prenant bien soin de brasser la mixture 3 fois. Voilà, vous avez un beau gâteau de pain perdu…

Si on fait un retour en arrière, avant même que Jesse Marsch ne soit engagé, Matt Jordan et Nick DeSantis avaient fait connaître leur plan pour la première saison du club. Il y avait deux choses qui étaient ressorties. Nos dirigeants voulaient bâtir autour de l’axe central. Par cela ils voulaient dire qu’ils priorisaient tout d’abord de mettre la main sur un bon gardien, de bons défenseurs centraux, de bons milieux de terrains et de bons attaquants. L’autre partie du plan c’était de suivre le modèle du Real Salt Lake en ne se laissant pas séduire par l’idée d’engager un joueur désigné.

Si on regarde du côté de l’axe central, on ne peut pas dire que c’est tout à fait réussi. Du côté positif on peut noter la performance des défenseurs centraux. Pour moi c’est surprenant parce que ce secteur obtient un bon bilan même si notre toute première signature, Nelson Rivas, s’avère être pour le moment un flop monumental. Le genre qui utilise tellement sa carte d’assurance maladie qu’il pourrait bien être responsable pour une hausse des impôts de toute la province. En contrepartie, Matteo Ferrari, qui a été engagé à la dernière minute a été excellent, même si lui aussi a été blessé. Surtout le jeu d’Hassoun Camara et de Shavar Thomas a permis à sauver ce qui aurait pu n’être qu’une catastrophe. C’est bon signe, ça veut dire qu’à cette position on a de la profondeur. Il reste à voir si la venue d’Alessandro Nesta réussira à faire relever d’un autre cran la performance de nos défenseurs centraux. 

Au milieu de terrain on a aussi des points positifs. L’Impact a fait signer en grande pompe un contrat au milieu local, Patrice Bernier. Ce dernier, quand l’entraîneur lui a fait confiance, a répondu présent. Un peu plus tard Montréal a mis sous contrat le milieu brésilien Felipe Martins. J’avoue avoir été un peu sceptique au vu du palmarès de ce dernier, mais finalement on peut dire que c’est une bonne signature. Quand il est aligné dans un rôle plus offensif, il réussit de belles choses. Par contre s’il joue plus défensif il est plus effacé. Ensuite le trio est complété par l’américain Collen Warner. Ce dernier fait un travail honnête comme milieu défensif, mais sans plus. Le réel problème à cette position c’est le manque de profondeur. À chaque fois qu’un de ces trois joueurs s’est retrouvé écarté, il a été remplacé par quelqu’un de moins efficace. Que ce soit Justin Mapp, Sinisa Ubiparipovic ou Davy Arnaud. Une partie du problème vient peut-être du fait qu’Hassoun Camara n’a pas pu prendre place comme milieu défensif. Sinon il faut pointer du doigt les joueurs américains qui ne font pas tout à fait le boulot.

Parlons maintenant des points négatifs. Dans les buts l’Impact a mis la main sur un gardien d’expérience qui avait auparavant connu du succès, Donovann Ricketts. Le grand Jamaïcain s’est rapidement mis à ressembler à un flop. Il est capable du meilleur, mais il est surtout capable du pire. En tant qu’équipe d’expansion, Montréal devait, pour assurer une stabilité au niveau de sa défense, miser sur un roc entre les poteaux. Il fallait dans les buts un portier avec assez de présence pour mettre ses coéquipiers en pleine confiance. C’est quelque chose que Ricketts est incapable de faire. Il n’inspire pas confiance du tout, au contraire même. Il est loin d’être maître de sa surface et même si ses réflexes sont relativement bons il est souvent mal positionné.

Plus en avant la situation n’est pas mieux. Ça a commencé avec Justin Braun, on a aussi eu droit à Sanna Nyassi et Davy Arnaud, avec ça il faut ajouter Miguel Montano et Eddy Sebrango. Dans tous les cas ils n’ont pas convaincu, autant dans un système à deux attaquants que dans un système avec un seul. Les seuls qui ont montré de belles choses ce sont Bernardo Corradi qui est blessé pour le reste de la saison et notre premier choix au dernier repêchage, Andrew Wenger. Malheureusement blessé depuis quelques semaines, il avait inscrit deux buts à ses trois derniers matchs et semblait en voie d’éclore avant son pépin physique.

J’ai gardé le cas Marco DiVaio pour la fin parce qu’en tant que joueur désigné il est aussi impliqué dans le deuxième point. À un moment donné la direction de l’Impact à fait volte-face et c’est mis a dire que oui ils seraient ouverts à l’idée de signer un joueur désigné si les conditions étaient favorables. Depuis ce temps les rumeurs ont envoyé tous pleins de joueurs à Montréal. L’élu fut finalement l’attaquant Marco DiVaio. On ne peut pas dire que l’expérience est concluante pour le moment. On voit bien qu’il est talentueux et meilleur techniquement que les autres joueurs qu’on a eus à l’avant. Par contre au final il n’a toujours pas marqué de buts. En plus on voit une certaine frustration de sa part sur le terrain. Dans son cas il serait impératif qu’il commence à produire parce que pour le moment ce qu’on entend à son sujet est de moins en moins flatteur. C’est à se demander si le staff technique a bien fait de retourner sa veste à ce niveau.

Avec tout ça Montréal est maintenant pas mal loin des séries. Septième dans l’est, avec plus de matchs que tous les autres clubs, l’Impact voit ses chances de réussir rapetisser de plus en plus. Pire encore, le Toronto FC qui a commencé la saison avec un gros paquet de défaites se rapproche rapidement avec 5 points seulement de retard et 3 matchs en mains. Il faudra vraiment que Montréal profite des matchs qui lui restent pour faire le plein de points afin de ne pas terminer sa première saison en queue de poisson.

Mon haïku du match, parce qu’il faut rester zen:

Régulièrement irrégulier,
La solution est simple,
Faut manger plus de fibres
 
 


C’est l’équipe d’expansion qu’on a vu mercredi au Stade Saputo alors qu’on aurait aimé voir contre nos rivaux du TFC l’équipe qui défend sa forteresse. Au bout du compte la fatigue et les blessures nous ont finalement rejoints et chaque petite erreur que l’Impact a faite en seconde mi-temps s’est transformée en or pour le TFC qui n’avait pas l’air de la pire équipe de la ligue dans cette défaite de 3-0 de l’Impact. Parce que oui le club de l’Ontario a gagné, mais dans ce cas-ci c’est surtout l’Impact qui a perdu.

La réaction facile pour cette défaite c’est de blâmer le gardien Donovan Ricketts. C’est vrai qu’il a été mauvais en seconde mi-temps, mais il est loin d’être le seul. Ce qu’on a vu dans le second 45 minutes de ce match ce n’est que la suite logique de ce que L’Impact a fait dans le premier 45 minutes. Montréal est sorti en contrôle et en poussant vers le filet torontois pendant les 15 premières minutes, mais s’est rapidement découragé et le TFC a réussi tranquillement à calmer et contrôler le jeu. En seconde on sentait que l’Impact n’était pas vraiment concentré sur son objectif. Montréal jouait sur les talons et ça a donné ce qu’on a vu au final. Tous les joueurs sont à blâmer là-dedans, même si Ricketts aurait du arrêter le coup franc de Frings qui a inscrit le premier but.

Pour terminer, j’aimerais parler de Marco DiVaio. Malheureusement on a bien vu qu’il aura besoin d’une petite période d’adaptation, question de s’habituer à ses partenaires. Les automatismes ne se sont pas créés encore et c’est tout à fait normal. J’ai d’ailleurs l’impression que si nous n’avions pas eu autant de blessés à l’attaque (Wenger et Corradi) il n’aurait pas commencé le match hier. Dans les circonstances il n’a pas été mauvais, mais il n’a pas eu les conditions idéales non plus. C’est comme le reste avec Montréal, ça viendra. En attendant, les bleus auront tout un défi à relever en jouant samedi contre DC United qui a vraiment pris son envol depuis qu’on est allé chercher un point là-bas le 18 avril dernier.

 
 
L'Impact a finalement officialisé ce dont tous se doutaient depuis au moins 6 mois, en annonçant la mise sous contrat de l'attaquant italien Marco DiVaio. Le club met ainsi fin à des mois de supputations de la part des fans. Avec un attaquant de talent qui pourra rejoindre le club dans un peu plus d'un mois peut-être aurons-nous enfin droit à un secteur offensif un peu plus impliqué dans l'action.

Personnellement je suis toujours prudent avec les joueurs désignés (et même avec les joueurs européens en général). Trop d'entre eux sont arrivés en MLS avec pleins de bonnes intentions et sont repartis a la vitesse d'un Ben Johnson version Séoul. Ça ne veut pas dire que je crois que DiVaio va se planter, au contraire, mais il ne sera pas un sauveur non plus.

Malgré tout ça je suis très content de voir l'Italien débarquer ici, car voyez-vous, lui et moi on a eu un petit rendez-vous manqué il y a quelques années. Si vous me lisez, vous devez bien vous douter que le soccer est une de mes passions. Peut-être vous doutez vous aussi que le voyage est une autre de mes passions. Il se trouve que mon goût du voyage est plus ancien que mon amour pour le ballon rond et que bien que je sois allé en Europe à plusieurs reprises au début des années 2000, ce n'est que lors de mon récent périple à Amsterdam avec mon fils et ma conjointe que j'ai pu voir mon premier match de soccer dans un stade européen.

Ce n'est pas que je n'avais pas essayé auparavant. À la fin 2006 moi et ma conjointe étions prêts à retraverser l'Atlantique après une pause voyage suite à l'achat de notre première maison. Chacun d'entre nous avait des objectifs différents pour cette escapade. Ma copine voulait aller en Suisse et voulait visiter sa cousine qui vivait dans le coin de Lyon. De mon côté je voulais voir un match de soccer et tant qu'à aller en Suisse je voulais avoir la chance de faire du ski alpin dans les Alpes.

Il y avait tout de même un problème de mon côté. La date où je pouvais prendre des vacances au printemps 2007 était trop tardive pour voir un match de première division, que ce soit en France ou en Italie. Par contre cette année-là la seconde division italienne se terminait une semaine plus tard. Ça me donnait heureusement la chance d'aller voir un match en Italie. Nous avions planifié arriver dans le sud de la France, pour ensuite suivre la cote jusqu'à Gênes, avant de traverser les Alpes par le col du Grand St-Bernard pour aller en Suisse et ensuite faire un tour du côté de Lyon.

C'était un très beau plan qui permettait de faire exactement tout ce qu'on a avait prévu (à part le ski qui dépend toujours de Dame Nature). Du côté du soccer, le match à Gênes s'annonçait prometteur. L'adversaire était Napoli et déjà en décembre on pouvait prévoir que le dernier match de la saison allait être important étant donné que les deux clubs luttaient avec la Juventus pour le championnat de la Seria B. Cette saison-là la vedette du club génois était Marco DiVaio.

Sauf que ce voyage n'a jamais dépassé l'étape du plan. Heureusement d'ailleurs, car ce qui s’est passé c'est qu'un peu avant qu'on concrétise le tout ma conjointe est tombée enceinte. Au bout du compte j'ai échangé Marco DiVaio pour un ti-gars qui a maintenant 4 ans. L'argent prévu pour ce périple a finalement servi à acheter des couches. Je trouvais déjà que j'avais gagné au change dans toute l'opération, mais maintenant que DiVaio va porter les couleurs de l'Impact la boucle est bouclée.
 
 

L’Impact joue plus tard aujourd’hui contre le Toronto FC. Pendant que là-bas on rumine le dossier de 8 défaites en 8 matchs en MLS et qu’on spécule sur l’avenir du coach Aron Winter, ici on spécule sur la venue du joueur désigné Marco DiVaio et on s’ébahit de notre série de 4 matchs sans défaites. Personnellement c’est le joueur désigné qui m’intéresse aujourd’hui. Pour plusieurs, joueurs désignés égalent automatiquement une plus value pour le club. Pourtant le club à l’autre bout de la 401 devrait être l’exemple parfait pour nous apprendre qu’il faut être prudent avec ces bibites-là. Ils sont la preuve même que mettre beaucoup d’argent dans les mains d’un, deux ou même trois joueurs ne règle pas tous les problèmes d’un club.

Aujourd’hui je vais vous présenter mon top 3 des joueurs désignés en MLS, d’abord les 3 meilleurs et ensuite les 3 pires. Évidemment tout ça est totalement subjectif, c’est basé uniquement sur les performances des joueurs dans la ligue, sur les performances de leurs clubs respectifs et sur l’impact qu’ils ont eu sur le soccer américain.

Les meilleurs:

3-David Beckham: J’ai longtemps hésité avant de mettre David Beckham dans ma liste. Pas qu’il ne soit pas bon, loin de là. Mais il gagne dix fois le salaire d’un joueur normal de MLS et il n’est pas dix fois meilleur. En plus au début de son séjour avec Los Angeles il ne semblait pas très concentré sur ce qui se passait à Los Angeles. Milan et l’équipe nationale d’Angleterre prenant beaucoup de place. En plus le Galaxy, malgré tout son fric ne réussissait pas a gagner la MLS Cup. Par chance ça a changé l’an passé. On ne peut pas non plus mettre de côté l’impact qu’il a eu pour la ligue au niveau marketing.

2-Juan Pablo Angel: arrivé d’Aston Villa en Angleterre, il est le joueur désigné idéal. Pas facile pour un étranger d’arriver ici et de s’intégrer a une nouvelle société, pas simple non plus de s’adapter au soccer qui est joué ici. Angel a réussi tout ça avec brio. Avec ses 69 buts en 137 matchs, il s’impose comme étant le modèle à suivre pour les clubs qui cherchent un joueur étranger. Il ne lui reste qu’à se trouver une place avec un club gagnant.

1-Landon Donovan: c’est sans hésitation que j’ai mis celui qui est un des meilleurs joueurs américains de l’histoire. Joueur désigné depuis 2010 on parle d’un joueur qui avait déjà tout un palmarès dans la ligue. Avant même ce contrat, il avait déjà 3 MLS Cup et une US Open Cup. Il avait aussi trois places sur l’équipe de l’année, un championnat des marqueurs et un titre de joueur le plus utile. Depuis son contrat de Joueur désigné, le Galaxy a gagné deux championnats de saison régulière et une MLS Cup. Avec 117 buts en 263 matchs c’est lui, bien plus que Beckham l’âme du Galaxy.

Mentions honorables: Freddy Montero, Thiery Henry, Guillermo Barros Schelotto, Alvaro Saborio et Cuauhtémoc Blanco

Les pires:

3-Branko Boskovic: Red Star Belgrade, Paris St-Germain et Rapid Wien, on parle quand même de clubs qui sont performants et reconnus. Pourtant ce Monténégrin n’a pas réussi à vraiment s’imposer en MLS. La raison est simple. Depuis son arrivée en 2010 il n’a joué que 24 matchs. Son plus haut total pour une saison est de 13 matchs. En plus il n’a pas inscrit de but ni de passes décisives. Peut-être pourra-t-il renverser cette tendance cette saison.

2-Mustapha Jarju: j’ai un peu pitié du gars quand même. Il n’avait vraiment pas le profil dont on s’attend d’un joueur désigné. Ça ressemblait plus au profil de Felipe, si on veut comparer avec un joueur qu’on connaît. Il avait surtout connu du succès en 2e division belge. Une fois en MLS il était évident qu’il n’avait pas ce qu’il fallait pour réussir à se démarquer. Surtout si on y ajoute la pression qui vient avec le statut qui était le sien. Au total il a joué dix matchs avec Vancouver et n’a pas marqué.

1-Mista: On parle d’un attaquant qui a inscrit 40 buts en 144 matchs avec Valencia entre 2001 et 2006. Ce n’est quand même pas mauvais comme résultat. Le problème c’est qu’entre son départ de Valencia et son arrivée à Toronto en 2010 il n’a marqué que 5 fois. Une fois en MLS on a rapidement compris pourquoi. Il a joué 9 matchs en MLS et a ensuite dû prendre sa retraite. Il est l’exemple parfait de joueur en fin de carrière qu’il faut à tut pris éviter.

Mentions déshonorables: Claudio Reyna, Nery Castillo, Geovani, Jéferson.

Alors avec tout ça où se situera Marco DiVaio? Probablement quelque part entre les deux. Le problème c’est qu’il ne faut jamais oublier que s’il vient à Montréal il va arriver avec une saison complète de soccer dans le corps. Ça ne sera pas simple pour lui de se remettre en forme et d’être capable de suivre. Il faudra qu’il fasse très attention à l’aspect récupération de son entraînement. Il faudra aussi qu’il soit motivé, les attentes seront élevées pour lui et il aura aussi à négocier avec l’aspect voyagement qui était bien moindre en Italie qu’ici. Finalement il devra aussi s’adapter à un nouvel environnement pour sa vie de tous les jours. C’est le genre de facteur qui peut jouer énormément sur le niveau de concentration d’un joueur. Tout ça pour dire que malgré tout le talent du monde il y a tout un défi à affronter pour réussir ici. Juste être capable de marquer des buts en Europe ne peut pas être une garantie de réussite. Il devra se relever les manches pour réussir. En espérant que ca marche.