Comme on l'a effleuré lors du sujet sur l'effectif, un club de la MLS ne peut offrir pour un joueur plus de 335 000$ à partir de son budget salarial. C'est un des principaux moyens de contrôle des dépenses que la ligue a mis en place pour s'assurer d'éviter les escalades salariales. Il reste tout de même que comme la plupart des règles il y a des exceptions. Ce sont ces deux exceptions que nous verrons aujourd'hui.

La première façon de dépasser le maximum salarial est de faire baisser la part du salaire du joueur sur le budget du club en utilisant le fond d'allocation. Et qu'est ce que ça mange en hiver un fond d'allocation? C'est un montant d'argent que chaque club a à sa disposition et qu'il peut utiliser pour différentes choses. Dans le cas qui nous concerne, le fond d'allocation pourrait faire baisser un salaire de 350 000$ à 335 000$ afin qu'il respecte les règles. Le fond d'allocation du club concerné serait alors amputé de la différence, soit 15 000$ dans ce cas-ci.

Ce n'est pas tout, le fonds d'allocation peut aussi être utilisé afin de faire l'achat de joueur à l'étranger. De plus comme ce montant d'argent peut être échangé il peut aussi servir à acquérir des joueurs qui évoluent déjà en MLS.

Ce fond d'allocation ne vient pas du néant. Il est permis par la ligue qui décide du montant pour chacune des équipes. Le principal facteur qui détermine ce montant est les performances. Plus particulièrement le fait de ne pas accéder aux séries éliminatoires et le fait de se qualifier pour la Ligue des Champions de la CONCACAF font augmenter le montant possible du fond d'allocation. L'Impact, en tant qu'équipe d'expansion, pourra aussi bénéficier d'un bonus sur son fond d'allocation. Il est aussi possible pour un club d'utiliser un effectif réduit de 28 joueurs ce qui permet d'ajouter 35 000$ pour chaque trou dans l'effectif. Finalement l'autre moyen de faire augmenter le montant du fond d'allocation est de vendre un joueur à l'étranger. Une partie de l'argent de cette vente est appliqué sur le fond.

L'autre moyen pour un joueur de gagner plus que le maximum permis est de recevoir le statut de joueur désigné. Avec ce statut le joueur ne voit pas de limite au contrat qui lui est permis et le club doit déduire de son budget salarial le maximum permis, soit 335 000$. Chaque club peut avoir deux joueurs désignés. Il est par la suite possible d'acheter une troisième place pour un joueur désigné en payant un montant de 250 000$ qui est réparti également entre les clubs qui n'ont pas de 3e joueur désigne.

La règle du JD est bonifiée pour la prochaine saison. Si un club le veut, il peut signer un joueur désigné de 20 ans ou moins. Dans ce cas le budget salarial du club ne sera amputé que de 150 000$ plutôt que de 335 000$. Si le joueur a entre 21 et 23 ans, le budget sera alors amputé de 200 000$. De plus si le jeune est le 3e joueur désigné du club il n'y aura pas de pénalité à payer. Tout ça afin de permettre au club de diversifier le type de joueurs désignes qui se joindront a eux.

Personnellement je crois que la MLS fait du bon boulot pour gérer les salaires de ses joueurs et éviter que les propriétaires et les dirigeants de clubs perdent le contrôle. La règle du joueur désigné permet, tout en gardant le contrôle des finances du club, de donner un peu de lustre à une ligue qui autrement serait bien terne. Le réel défi représenté par cette règle se trouve plutôt dans le vestiaire. Il ne doit pas être évident pour un entraineur de gérer des joueurs qui gagnent 50 000$ en même temps que d'autres qui gagnent 10 fois plus. 

Pour lire les deux précédents billets de la série:

#1 http://optimumsoccer.weebly.com/1/post/2011/11/la-mls-ca-mange-quoi-en-hiver-1la-composition-de-leffectif.html

#2 http://optimumsoccer.weebly.com/1/post/2011/11/la-mls-ca-mange-quoi-en-hiver-2les-joueurs-locaux-et-la-gnration-adidas.html

 
 
Depuis que RDS  nous a appris que notre coach Jesse Marsch a discuté avec Nicolas Anelka et son agent lors de son séjour à Londres les spéculations vont bon train afin de savoir qui sera notre joueur désigné. J'ai lu plein de noms, entre autres celui de Didier Drogba. Chacun d'entre eux a un profil identique. Il s'agit la plupart du temps d'un joueur qu'on connait bien grâce à la télé, soit parce qu'il a joué en Angleterre (un championnat qu'on a beaucoup vu ici) soit son club a connu un bon parcours en Ligue des Champions (encore une fois quelque chose qu'on peut voir facilement ici) ou soit son équipe nationale a eu du succès en Coupe du Monde ou a l'Euro (merci a la télé!). Personnellement, je crois que c'est un peu réducteur. Je suis pas mal certain que les critères qui motiveront notre staff technique sont bien différents.

La première question qui se pose c'est combien la famille Saputo est prête à payer pour un tel joueur. Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais plusieurs indices dans les déclarations du staff et dans les agissements du club nous donnent tout un paquet d'indices qui nous donne un début de réponse. En partant, le club parlait de ne pas avoir de joueur désigné du tout. Finalement au cours de l'été il y a eu une certaine ouverture à ce sujet, mais en disant bien qu'ils préféraient trois joueurs a un million plutôt qu'un seul a trois millions. De plus les agissements de la famille Saputo nous donnent aussi de bons indices. Ils ne voulaient pas payer le gros prix pour un club d'expansion et ont attendu l'implication du gouvernement avant de se lancer dans l'aventure. Ils ont préféré refaire leurs plans pour l'agrandissement du Stade Saputo quitte a créer un retard dans les délais de constructions plutôt que de payer plus cher que ce qu'ils avaient prévu. Quand je regarde tout ça mis ensemble je les vois mal payer 4 ou 5 millions pour un joueur de la trempe d'Anelka ou de Drogba. Il faut regarder ailleurs où les joueurs vont être moins chers.

Personnellement j'ai une petite théorie au niveau d’où je chercherais un joueur désigné. Tout ce que je vais écrire pour la suite de l'article est de la pure spéculation, mais pour moi ça fait un certain sens. L'Europe est aux prises avec de graves problèmes économiques, un peu partout dans les ligues inférieures des joueurs ont de la misère à être payé. C'était le cas de Felipe Pastel avant qu'il se joigne à l'Impact il y a deux ans. C'est aussi arrivé a au Canadien Mike Klukowski qui jouait en Turquie en ce moment là. Ces difficultés créent un climat malsain même dans les clubs des divisions premières de ces pays. Ne serait ce que pour ça, certains des joueurs de ces clubs pourraient préférer quitter des ligues où ils sont dans l'incertitude pour joindre des clubs plus solides. J'ai identifié trois pays où le climat économique est incertain, trois clubs qui ont des difficultés et qui n'ont pas nécessairement un super début de saison et trois joueurs dont le contrat se termine en juin 2012 qui pourraient être tenté par l'aventure de la MLS pour un million ou moins.

Le premier pays est l'Espagne qui connait un taux de chômage au dessus de 20% et dont les difficultés économiques sont profondes. Il y a dans le club de Real Zaragoza un gardien qui plairait surement à Jesse Marsch. Il s'agit de l'Argentin de 34 ans Leo Franco. Entre 1999 et 2009, il a joué 301 matchs en première division espagnole avec Mallorca et l'Athlético Madrid. Il a par la suite fait un séjour en Turquie avec Galatasaray avant de revenir en Espagne. Il a aussi gardé les buts de sa sélection senior (4 fois) et U20 (6 fois). Voilà qui réglerait notre position de gardien de façon magistrale selon moi.Il a un pedigree qui se compare avec celui de Frank Rost du New York Red Bulls qui gagne un peu plus de 500 000$ par saison. Je crois sérieusement que ça serait parfait pour nous.

Le second endroit où j'irais voir c'est le Portugal. Je regarderais dans le club du C.D. Nacional où j'essayerais d'attirer le milieu offensif brésilien Thiago Gentil. Il est âgé de 31 ans et a roulé sa bosse au Brésil, au Portugal, en Arabie Saoudite en Grèce et en Corée du Sud. C'est un milieu à caractère offensif qui peut jouer au centre du terrain ou à gauche, il peut aussi jouer derrière l'attaquant de pointe. Il est surtout reconnu pour avoir bon un jeu balle au pied et un tir qui courbe beaucoup, même s'il n'est pas très précis avec. Il serait excellent pour s'assurer un peu de créativité en milieu de terrain.

Le dernier pays, et non le moindre, c'est l'endroit où les troubles économiques sont les plus graves, la Grèce. J'y ai déniché dans le club de Ergotelis un attaquant qui serait surement capable de performer en MLS. Il s'agit de l'Urugayen Sergio Leal. Sergio a roulé sa bosse un peu partout en Amérique du Sud avant de se rendre en Grèce pour la saison 09-10. Il a connu des succès surtout en première division Péruvienne, Urugayenne et Grecque. Son séjour en Argentine a été moins prolifique. Depuis son arrivée à Ergotelis il a connu une saison de 7 buts en 26 matchs et de 6 buts en 22 matchs. Il a connu ses meilleurs moments avec le club de Sporting Cristal au Pérou ou il a inscrit 11 buts en 39 matchs en 2005-2006.

Comme je disais plus haut, tout ça c'est du vent. Malgré tout je crois que le climat économique qui prévaut dans ces pays pourrait nous permettre d'aller chercher des joueurs qui pourraient apporter un plus au club tout en ne coutant pas les yeux de la tête. En plus aucun d'entre eux n'aurait à s'inquiéter à savoir s'ils allaient bel et bien être payés ou pas à la fin de la semaine. Pas d'inquiétude non plus a propos de faillites ou de disparition du club. En plus ils sont tous d'Amérique du Sud, se retrouver au Canada les rapproche un peu de la maison. Être dans le staff de l'Impact je ne me gênerais pas pour jaser avec leurs agents respectifs. Ça serait plus réaliste que Nicolas Anelka.
 
 
La MLS est une ligue communiste. Sans blague, la ligue est l'employeur des joueurs, pas les clubs. De plus l'imposition d'un plafond salarial est un recours évident à l'encontre des forces du marché. En 2007 la ligue a tout de même eu le courage de créer une brèche dans sa façade socialiste. La création de la règle du joueur désigné permettait au Galaxy de Los Angeles de donner beaucoup de bacon à David Beckham tout en respectant le plafond. Depuis un total de 35 joueurs a vu leur salaire excéder la limite permise grâce à la règle du joueur désigné. Voyons ce qui en est exactement.

Pour commencer il faut dire qu'il y a plusieurs approches possibles vis-à-vis de la signature des DP, comme on dit pour faire simple. Il y a tout d'abord la philosophie marketing, il y a ensuite celle du joueur honnête et finalement celle du joueur plein de potentiel. Chaque équipe à sa propre façon de voir les choses.

La philosophie marketing est celle qui a amené Beckham en Amérique du Nord. On parle ici tout d'abord d'un nom, un nom qui doit bien évidemment performer mais qui doit aussi vendre à lui seul des billets et des chandails. Ce joueur doit faire monter la visibilité du club dans son marché et même dans certaines occasions à l'extérieur. C'est la philosophie prônée par Los Angeles et par Red Bull New York. Les joueurs n'ont évidement pas tous la même valeur, certains sont plus vendeurs que d'autres et bien évidemment cela se reflète dans leur salaire. Il ne faut pas non plus négliger le côté sportif, sinon la lune de miel ne durera pas longtemps.

Les joueurs honnêtes forment le groupe le plus nombreux dans les DP de la MLS. Eric Hassli de Vancouver et Branko Boskovic sont deux exemples de cette approche. Les deux ont joué pour des clubs qui sans être des ténors du monde du soccer sont de bons, et même de très bons clubs. Par contre ils ne sont pas le genre de joueurs qui vont attirer des amateurs supplémentaires dans les stades. Ils ne sont pas très sexy. Payés moins cher que les joueurs de premiers plans ils doivent tout de même offrir de très bonnes performances sur le terrain. Il reste quand même qu'ils sont payé autour de 6 fois le salaire de certains de leurs coéquipiers.

Finalement il y a les joueurs où le potentiel prime au moment de la signature. C'était le cas de Freddy Montero à son arrivée à Seattle, il est maintenant une des vedettes de la ligue. C'est toujours le cas de Fabian Castillo, 19 ans, avec le FC Dallas. Dans ce cas les équipes prennent un risque, ils signent un joueur avec l'espoir que celui soit un diamant caché. Il y a aussi la possibilité de revendre le joueur à un club plus puissant et de faire un beau petit profit. Cette approche est relativement rare car il est difficile de trouver une vraie perle et l'échec serait probablement plus souvent au rendez-vous qu'autre chose.

Il reste aussi l'option de ne pas signer de joueur désigné du tout. Avec la Nouvelle-Angleterre qui vient tout juste de signer un DP il ne reste que le Chicago Fire, le Philadelphia Union, le CD Chivas USA, le Colorado Rapids et le San Jose Earthquakes qui sont dans cette situation. On peut voir dans cette liste que même sans DP les équipes peuvent connaitre du succès, Philadelphie est deuxième dans l'est alors que Colorado est 4e dans une très compétitive division ouest. Par contre le Fire est une des pires équipes de la ligue.

Que fera l'Impact maintenant? Au départ le staff technique semblait indiquer qu'on ne ferait pas appel au service d'un DP. Plus récemment le club semble être moins catégorique à ce sujet. Personnellement je crois que ça serait une bonne idée de signer quelqu'un mais qu'il faut être très prudent. Il faut un joueur d'équipe qui ne se tiendra pas à part des autres, il faut quelqu'un qui va aussi être capable de s'adapter à un championnat différent et à une culture différente en dehors du terrain. Finalement il faut aussi un joueur capable de performer sur le terrain. Il faudra aussi que les fans soient patients. Même si on signe un DP l'Impact restera une équipe d'expansion et la saison sera surement difficile. De plus comme tout joueur étranger un éventuel DP devra s'acclimater à son nouvel environnement. Alors, un joueur désigné pour la première saison de l'Impact en MLS? je dis oui mais prudemment.