Comme candidat en ce milieu de semaine j'ai décidé de vous présenter Will Johnson. Si vous suivez le soccer canadien de près vous le connaissez assurément. Dans ce cas vous vous dites qu'il n'est sûrement pas si intéressant, il a dans son CV le parcours typique du jeune joueur de soccer nord-américain. C'est justement pour ça que je le présente, c'est l'exemple parfait de ce qui arrive aux jeunes d'ici qui ont du talent.

L'histoire du jeune Will Johnson commence d'abord avec celle de Mr et Mme Johnson. Il semblerait que ces deux Britanniques avaient la bougeotte. Ils ont eu la bonne idée de donner naissance à leur fils dans la charmante petite ville de Toronto (l'histoire ne dit pas s'il y a été conçu...). Par la suite le couple de voyageurs est retourné en Angleterre. Une dizaine d'années plus tard le couple a retraversé l'océan Atlantique et a atterri cette fois dans l'Illinois (pas sûr que c'était mieux que Toronto...). Tout ce voyagement n'a pas empêché l'adolescent qu'était devenu Will Johnson de se faire remarquer dans un des trois pays dans lequel il a passé du temps, la Grande-Bretagne. Il est donc allé parfaire son jeu dans les équipes du jeune du club anglais de Blackburn.

Âgé de 18 ans Johnson décide de revenir au bercail, c'est-à-dire aux États-Unis, et s'engage avec son club local, le Chicago Fire. Le milieu de terrain joue principalement avec la réserve, mais a aussi le temps de mettre les pieds sur le terrain avec l'équipe première a 6 occasions trouvant même le moyen d'inscrire un but. Après cette seule saison Will quitte le Fire en mauvais terme.

À peu près au même moment Le jeune Canado-Britanno-Américain fait preuve d'un grand réalisme. Voyant bien qu'il n'a pas ce qu'il faut pour représenter ni l'Oncle Sam ni la couronne Britanique au niveau international, il sort son vieux passeport canadien des boules à mites et se joint à la sélection canadienne pour les Coupes du Monde U20 de 2005 et de 2007. Il reçoit sa première chance avec l'équipe senior dès 2005, alors qu'il n'a que 18 ans, dans une victoire de 1-0 contre le puissant Luxembourg.

Armé de son statut de citoyen de Sa Majesté la reine Elizabeth II il décide de tenter sa chance en Europe. Il est recruté en 2006 par le club néerlandais de Heerenveen. Il a enfin l'occasion de prendre de l'expérience dans les coffee shop, mais non voyons, Johnson est un jeune homme sérieux qui travaille fort et qui a la chance de faire 14 apparitions en première division Néerlandaise a sa première année. L'année suivante il est envoyé en prêt avec en seconde division avec De Grafschaap. Encore une fois il joue un rôle de réserviste même s'il trouve le moyen de fouler le terrain a 26 occasions et que son club remporte le titre de champion de la D2.

Alors qu'il devait être de retour avec Heerenveen pour la saison 2008, Johnson décide de retourner en Amérique. Il se fait échanger de Chicago, où il ne voulait pas retourner, à Salt Lake City. C'est à cet endroit qu'il connaît enfin le succès. Titulaire indiscutable il gagne a sa première saison le prix pour le but de l'année. L'année suivante il participe au match des étoiles et remporte la finale de la MLS Cup. Il joue les 45 premières minutes du match en dépit d'un empoisonnement alimentaire (j'espère qu'il a évité le champagne après le match).

Alors pourquoi adopterais-je Will Johnson? On parle ici de quelqu'un de sérieux et de travaillant, d'un homme intelligent et à la forme physique exemplaire. Selon moi il serait le candidat idéal pour m'aider dans toutes les rénovations que j'ai à faire chez moi. Il pourrait même prendre ma place au travail si jamais l'envie d'aller jouer au golf avec le candidat de la semaine passée, Joel Lindpere, me prenait. Puis il est né à Toronto le pauvre, il faut bien lui donner un petit coup de main, vous ne trouvez pas?