La saison de la MLS prendra fin ce samedi avec la présentation du match pour l'obtention de la Coupe de la MLS. Pour me mettre dans l'ambiance je vous présente aujourd'hui l'équipe visiteuse pour cette joute, le Dynamo de Houston.

Histoire: Le Dynamo est apparu en MLS en 2005. Originalement AEG qui est en partie propriétaire du club était propriétaire des Earthquakes de San Jose (et de biens d’autres clubs aussi). Suite à l'impossibilité de construire un nouveau stade pour le club, les proprios ont décidé de mettre la clé dans la porte du club de Californie et de déménager leurs pénates au Texas. Le club devait originalement s'appeler le Houston 1836 qui est la date de fondation de la ville. Le nom fut finalement rejeté suite à la controverse créée par la population latino de la région qui associait cette date à la guerre d'indépendance du Texas face au Mexique.

Sur la pelouse il n'y a pas eu de controverse. Avec un effectif basé sur celui des Earthquakes qui était a ce moment un des meilleurs de la ligue, le Dynamo réussit son entré dans la ligue de belle façon en gagnant la MLS Cup deux fois de suite à ses deux premières saisons. Après deux années où leur parcours s'arrêtèrent en finale de conférence et une où ils ne firent pas les séries, le Dynamo retourna en finale l'an passé. Ils y affrontèrent le LA Galaxy qui gagna ce qui fut un match plutôt terne par le score de 1-0.

Parcours 2012: Après un début de saison complexe où le Dynamo a joué ses 7 premières parties de la saison à l'extérieur pour laisser le temps de compléter son nouveau domicile, le BBVA Compass Stadium. Le club texan n'a par la suite perdu aucun match à la maison leur permettant de se qualifier pour les séries avec une fiche de 14-9-11 bonne pour la 5e place dans l'est un point devant le Crew de Columbus.

En plus de ça le Dynamo a du composer avec sa qualification pour la ligue des champions de la CONCACAF en fin de saison. Grâce à sa participation en finale l'an passé Houston s’est retrouvé dans un groupe de 3 avec Olimpia (Honduras) et FAS (El Salvador). En 4 matchs face a ces deux adversaires Houston a maintenu une fiche de 2-0-2 pour mettre la main sur la 1ère place qui permet au club de jouer une série quart de finale a la fin de l'hiver prochain. 

En série le Dynamo a tout d'abord pris la mesure du Fire de Chicago dans un match suicide avant d'éliminer dans deux séries aller-retour le Sporting Kansas City, champion de l'est et le DC United. 

À surveiller: Le Dynamo est caractérisé par une attaque diversifiée. Les Texans peuvent compter sur l'attaquant Will Bruin comme menace pour les défenses adverses. Il est appuyé de belle manière par le spécialiste des coups francs Brad Davis ainsi que par le remuant joueur désigné Oscar Boniek Garcia.

Malgré cette belle attaque, c'est surtout la défense de Houston qu'il faudra surveiller. Avec un adversaire puissant devant eux les arrières du Dynamo, Bobby Boswell en tête, devront élever leur jeu d'un cran pour ne pas mettre le gardien Tally Hall en difficulté. 

En réalité une bonne part des succès du Dynamo repose sur les épaules d'un seul homme, l'entraîneur Dominic Kinnear. Année après année il réussit a prendre un groupe de joueur honnête et d'en faire des champions. Encore une fois cette saison le Dynamo a élevé son jeu d'un et même de deux crans une fois les séries commencées. Il reste à voir si cette fois ce sera assez pour soulever le précieux trophée.

 
 

C'est finalement, réellement et complètement officiel, l'Impact ne fera pas les séries en cette saison inaugurale. Ce match nul à Houston représente le dernier clou dans les espoirs du club montréalais. Je ne parle pas des espoirs du club pour rien, il n'y a que le club qui y croyait encore. Du moins c'est ce qui était véhiculé dans les communications de l'organisation. La réalité était probablement tout autre.

Pour ce petit voyage au Texas il y a deux choses qui m'ont frappé au départ. Tout d'abord la taille du terrain. Cet état américain est très grand alors je ne comprends pas pourquoi leurs terrains de soccer sont aussi petits. Ce n’est pas comme si c'était une première non plus. Il suffit de se rappeler du terrain des Aztex d’Austin en USL où la surface de jeu était plus proche de celle d'un terrain de basket que de soccer. Rendu là c'est quasiment une tendance.

Mais la taille ce n'est qu'une partie du problème. La surface de jeu au BBBBBBVA Compass Stadium avait la taille d'une table de billard, mais pas la surface douce et régulière. Mais je n'en veux pas au Dynamo pour ça. En réalité c'était un hommage. Ils se sont dit que comme on célébrait, le lundi suivant le match, l'Action de grâce, il serait intéressant de labourer le terrain avant la rencontre. Après tout on parle d'une fête qui est foncièrement agricole, une célébration des récoltes. Le labour est donc particulièrement approprié.

Parlons un peu du match maintenant. Jesse Marsch a finalement tranché et sacrifié le schéma tactique qui lui a valu une bonne part de ses succès en alignant Marco DiVaio et Andrew Wenger. Il faut dire qu'il n'a pas eu le choix. La blessure qui a empêché Felipe de suivre le club au Texas lui a forcé la main. Patrice Bernier a donc du évolué avec un tout nouveau partenaire, Callum Mallace. On avait donc sur le terrain nos deux choix du dernier Superdraft en même temps pour une première fois.

Je me pose une question à propos des choix du Superdraft. Si on regarde la saison 2012, on peut dire que nous n'avons, avec 32 matchs de jouer, pas encore réellement intégré ses joueurs à notre formation. Mallace en était à son second match seulement alors que Wenger est surtout utilisé comme remplaçant. Si on considère que pour la saison prochaine nous aurons trois choix lors de ce repêchage, les deux nôtres plus celui obtenu en retour de Brian Ching, est-ce que ça ne fait pas un peu trop? Si on compte les deux choix de cette année et les trois de l'an prochain, qu'on y ajoute Evan James qu'on a signé suite au supplemental draft, puis Karl W Ouimette qu'on a signé de notre Académie, et éventuellement un autre jeune de nos U21 qui devrait graduer (Mircea Ilcu ou Wandrille Lefèvre), ça nous fait 8 jeunes joueurs inexpérimentés sur 30. Ça commence à faire beaucoup. Il serait peut-être pertinent de tenter d'échanger un ou peut-être même deux de ces choix aux repêchages pour combler certaines de nos lacunes.

J'ai mentionné dans le dernier paragraphe l'échange de Brian Ching. Ça tombe bien parce que je veux vous parler de quelque chose que j'ai entendu à ce sujet cette semaine. Pour commencer, on va juste récapituler un peu toute cette histoire. Brian Ching est capitaine du Dynamo de Houston lors de la saison 2011. Il est laissé sans protection pour le repêchage d'expansion. Il dit à des journalistes qu'il prendra sa retraite plutôt que de quitter Houston. Évidemment l'Impact le repêche et il n'est pas content, ni les gens de Houston d'ailleurs. Il finit par se présenter à Montréal à reculons. Il est finalement renvoyé à Houston après une renégociation à la baisse de son contrat assorti à une promesse d'emploi dans l'organisation à sa retraite. L'Impact obtient en compensation un choix conditionnel au nombre de matchs que Ching va jouer (ça sera un choix de 1ère ronde finalement).

Au bout du compte on peut dire qu'il y a eu beaucoup de bruit pour rien. Mais là j'ai entendu cette semaine quelque chose qui m'a titillé l'esprit un peu. Assez pour que je partage le tout avec vous. Lors du Podcast anglophone March of the Match un des intervenants a émis l'opinion que toute cette histoire était arrangée, que l'Impact et le Dynamo avaient prévu toute l'affaire (édition de la semaine passée autour de la 23e minute). Au départ je me suis dit qu'il poussait pas mal, mais après y avoir réfléchi un peu je suis moins certain.

En partant, il est normal que les clubs d'expansion fassent des ententes de toute sorte. Ça arrive dans tous les sports qui font ce genre de repêchage. Il faut aussi regarder les individus impliqués. Je ne connais pas vraiment Dominic Kinnear et la direction de Houston, par contre je connais très bien celle de Montréal. On parle d'un club qui, il y a sept à huit ans, avait l'habitude d'envoyer son bois mort au Lynx de Toronto en retour de joueurs qui pouvait aider l'équipe pour la fin de saison. Plus proche de nous on parle d'une équipe qui a pris un joueur de Portland en prêt (Ryan Pore) et qui s’est entendu pour ne pas y piger de joueurs en retour. Alors est-ce que cette équipe aurait pu arranger toute cette histoire avec Brian Ching? Selon moi ce n’est pas impossible.

Par contre il faut regarder pourquoi ils le feraient. Du côté de Houston, c'est assez évident. Le club Texan est ainsi capable de garder tous ses joueurs et de profiter, à rabais, de la dernière saison de son capitaine. Du côté montréalais c'est un peu moins évident. J'ai beau chercher, je ne vois pas de gros avantage. L'Impact a bien mis la main sur un choix de première ronde, mais c'est au prix de beaucoup d'air de déplacé. Puis il faut aussi tenir compte du fait qu'en agissant ainsi l'Impact se privait d'un joueur (Ching ou un autre) qui aurait pu lui être utile. J'imagine que pour Jesse Marsch un choix au repêchage doit valoir un peu plus que pour moi. Puis tout cet air déplacé peut aussi avoir eu un côté positif pour Montréal étant donné qu'il n'y a rien de mieux qu'une bonne controverse pour faire parler de toi, c'est le genre de chose qui peut être intéressant pour une nouvelle organisation. Mais de la a organiser toute cette histoire? Au final je ne dirais pas à 100% que c'est impossible, mais je n'y crois pas plus que ça non plus. Ça semble trop gros pour être vrai. Remarquez par contre que si un club est capable de faire ça c'est bien l'Impact.

Mon haïku du match parce qu'il faut bien rester zen:

On n’a pas gagné
On n’a pas perdu
Mais c'était loin d'être un match nul

 
 
L’Impact continue son chemin de croix à l’extérieur avec une autre défaite hors de Montréal. Encore une fois on a vu les mêmes ingrédients que dans nos autres défaites. Ca ressemble à ça: Un brin de manque de concentration en défense, un gardien des fois très mauvais, des fois très bon un milieu de terrain qui ne s’impose pas et un attaquant bien payé qui ne réussit pas. Enfourner tout ça 45 minutes, laisser reposer le tout un peu plus de 10 minutes puis réenfourner pour un autre 45 minutes en prenant bien soin de brasser la mixture 3 fois. Voilà, vous avez un beau gâteau de pain perdu…

Si on fait un retour en arrière, avant même que Jesse Marsch ne soit engagé, Matt Jordan et Nick DeSantis avaient fait connaître leur plan pour la première saison du club. Il y avait deux choses qui étaient ressorties. Nos dirigeants voulaient bâtir autour de l’axe central. Par cela ils voulaient dire qu’ils priorisaient tout d’abord de mettre la main sur un bon gardien, de bons défenseurs centraux, de bons milieux de terrains et de bons attaquants. L’autre partie du plan c’était de suivre le modèle du Real Salt Lake en ne se laissant pas séduire par l’idée d’engager un joueur désigné.

Si on regarde du côté de l’axe central, on ne peut pas dire que c’est tout à fait réussi. Du côté positif on peut noter la performance des défenseurs centraux. Pour moi c’est surprenant parce que ce secteur obtient un bon bilan même si notre toute première signature, Nelson Rivas, s’avère être pour le moment un flop monumental. Le genre qui utilise tellement sa carte d’assurance maladie qu’il pourrait bien être responsable pour une hausse des impôts de toute la province. En contrepartie, Matteo Ferrari, qui a été engagé à la dernière minute a été excellent, même si lui aussi a été blessé. Surtout le jeu d’Hassoun Camara et de Shavar Thomas a permis à sauver ce qui aurait pu n’être qu’une catastrophe. C’est bon signe, ça veut dire qu’à cette position on a de la profondeur. Il reste à voir si la venue d’Alessandro Nesta réussira à faire relever d’un autre cran la performance de nos défenseurs centraux. 

Au milieu de terrain on a aussi des points positifs. L’Impact a fait signer en grande pompe un contrat au milieu local, Patrice Bernier. Ce dernier, quand l’entraîneur lui a fait confiance, a répondu présent. Un peu plus tard Montréal a mis sous contrat le milieu brésilien Felipe Martins. J’avoue avoir été un peu sceptique au vu du palmarès de ce dernier, mais finalement on peut dire que c’est une bonne signature. Quand il est aligné dans un rôle plus offensif, il réussit de belles choses. Par contre s’il joue plus défensif il est plus effacé. Ensuite le trio est complété par l’américain Collen Warner. Ce dernier fait un travail honnête comme milieu défensif, mais sans plus. Le réel problème à cette position c’est le manque de profondeur. À chaque fois qu’un de ces trois joueurs s’est retrouvé écarté, il a été remplacé par quelqu’un de moins efficace. Que ce soit Justin Mapp, Sinisa Ubiparipovic ou Davy Arnaud. Une partie du problème vient peut-être du fait qu’Hassoun Camara n’a pas pu prendre place comme milieu défensif. Sinon il faut pointer du doigt les joueurs américains qui ne font pas tout à fait le boulot.

Parlons maintenant des points négatifs. Dans les buts l’Impact a mis la main sur un gardien d’expérience qui avait auparavant connu du succès, Donovann Ricketts. Le grand Jamaïcain s’est rapidement mis à ressembler à un flop. Il est capable du meilleur, mais il est surtout capable du pire. En tant qu’équipe d’expansion, Montréal devait, pour assurer une stabilité au niveau de sa défense, miser sur un roc entre les poteaux. Il fallait dans les buts un portier avec assez de présence pour mettre ses coéquipiers en pleine confiance. C’est quelque chose que Ricketts est incapable de faire. Il n’inspire pas confiance du tout, au contraire même. Il est loin d’être maître de sa surface et même si ses réflexes sont relativement bons il est souvent mal positionné.

Plus en avant la situation n’est pas mieux. Ça a commencé avec Justin Braun, on a aussi eu droit à Sanna Nyassi et Davy Arnaud, avec ça il faut ajouter Miguel Montano et Eddy Sebrango. Dans tous les cas ils n’ont pas convaincu, autant dans un système à deux attaquants que dans un système avec un seul. Les seuls qui ont montré de belles choses ce sont Bernardo Corradi qui est blessé pour le reste de la saison et notre premier choix au dernier repêchage, Andrew Wenger. Malheureusement blessé depuis quelques semaines, il avait inscrit deux buts à ses trois derniers matchs et semblait en voie d’éclore avant son pépin physique.

J’ai gardé le cas Marco DiVaio pour la fin parce qu’en tant que joueur désigné il est aussi impliqué dans le deuxième point. À un moment donné la direction de l’Impact à fait volte-face et c’est mis a dire que oui ils seraient ouverts à l’idée de signer un joueur désigné si les conditions étaient favorables. Depuis ce temps les rumeurs ont envoyé tous pleins de joueurs à Montréal. L’élu fut finalement l’attaquant Marco DiVaio. On ne peut pas dire que l’expérience est concluante pour le moment. On voit bien qu’il est talentueux et meilleur techniquement que les autres joueurs qu’on a eus à l’avant. Par contre au final il n’a toujours pas marqué de buts. En plus on voit une certaine frustration de sa part sur le terrain. Dans son cas il serait impératif qu’il commence à produire parce que pour le moment ce qu’on entend à son sujet est de moins en moins flatteur. C’est à se demander si le staff technique a bien fait de retourner sa veste à ce niveau.

Avec tout ça Montréal est maintenant pas mal loin des séries. Septième dans l’est, avec plus de matchs que tous les autres clubs, l’Impact voit ses chances de réussir rapetisser de plus en plus. Pire encore, le Toronto FC qui a commencé la saison avec un gros paquet de défaites se rapproche rapidement avec 5 points seulement de retard et 3 matchs en mains. Il faudra vraiment que Montréal profite des matchs qui lui restent pour faire le plein de points afin de ne pas terminer sa première saison en queue de poisson.

Mon haïku du match, parce qu’il faut rester zen:

Régulièrement irrégulier,
La solution est simple,
Faut manger plus de fibres
 
 
Une semaine après avoir empli les filets du tout nouveau Stade Saputo de buts, l'Impact a réitéré sa performance en touchant la cible à quatre reprise. Encore une fois ce sont quatre joueurs différents qui ont mis le ballon au fond du filet. Sanna Nyassi a ouvert les vannes à la 4e minute, Patrice Bernier et Davy Arnaud ont aussi augmenté leur total de buts alors qu'Hassoun Camara a inscrit son tout premier, le premier sur corner en MLS pour l'Impact. Le défenseur devient notre 10e marqueur différent cette saison.

Encore une fois ce match a été marqué par l'excellent travail de nos 5 milieux de terrains. Patrice Bernier et Felipe ont été les bougies d'allumage de notre attaque et Collen Warner a été fiable pour couvrir les arrières. Sur les côtés Davy Arnaud a fait un travail remarquable. Il faut dire qu'il semble très bien s'entendre avec Zarek Valentin qui joue derrière lui. De l'autre côté Justin Mapp a lui aussi été très bon même s'il ne combine pas très bien avec Jeb Brovsky.

Du côté des défenseurs, Hassoun Camara a été impérial. Il a fait sentir sa présence en défensive et a inscrit le but gagnant. Tout pour faire oublier Matteo Ferrari qui est blessé. L'autre moitié du duo au centre de la défense, Nelson Rivas, a eu un match moins concluant. Il est directement responsable du second but du Dynamo suite à une crampe au cerveau à la 45e minute. Sorti sur blessure à la 62e minute, son remplaçant Shavar Thomas a été efficace. Du côté des latéraux autant Valentin que Brovsky ont joué de solides matchs du côté défensif. Par contre Valentin a été plus efficace du côté offensif même si Brovsky est passé bien près d'inscrire son premier but.

À l'avant Sanna Nyassi a fait un excellent travail lui aussi. Sa vitesse lui a permis d'inscrire le premier but et par la suite les défenseurs texans ont joué tout le match sur les talons. J'avoue que j'étais sceptique quand j'ai vu qu'il jouait comme seul attaquant, mais il m'a convaincu rapidement. J'ai aussi été content de voir que c'est Eduardo Sebrango qui l'a remplacé à la 8xe minute. Le Cubain favori des Montréalais est le second joueur à fouler la pelouse du centre Claude Robillard, de la première mouture du stade Saputo, du Stade Olympique et de la nouvelle version du stade Saputo. Patrice Bernier fut le premier a le faire, mais Sebrango est le seul a avoir fait cela dans l'uniforme de l'Impact dans les quatre stades. 

La seule chose qui reste à aborder c'est la foule. Je n'étais pas nécessairement déçu au match d'ouverture, mais hier je l'étais. La foule d'hier était plus petite que celle du 24 juillet 2005 contre les Lynx de Toronto (12885 spectateurs). On parle quand même d’un match au centre Claude Robillard, contre une équipe risible en plus. Pour moi une bonne part du problème est en trois temps et en est un de marketing. Ça commence avec la campagne ratée pour les billets de saisons (vous vous rappelez les annonces avec les gros billets qui cachaient le produit qu’on essayait de nous vendre). Celle-là était maladroite et n’a pas fonctionné. L’Impact a par la suite dû être très agressif pour la vente des billets individuels. À cause de la date incertaine de l’ouverture du Stade Saputo, le club a du scinder en deux sa campagne de vente de billet. Pour la première série de vente au stade Olympique le club a été très agressif et a réussi à vendre une bonne quantité de billets. Par contre pour la seconde série de vente de billet je n’ai personnellement rien vu. Le club s’est assis sur ses lauriers alors qu’il aurait dû être encore plus agressif que la première fois.

Qu’auraient ils bien pu faire pour améliorer tout ça? Il fallait être plus présent, surtout à la télé. Avez-vous vu des annonces pour la vente de billets de l’Impact à TVA? À la SRC? Ou à V? Je n’ai même pas vu d’annonce télé faite par le club à RDS ou à TVA Sport. Puis alors que RDS nous montre l’Euro pourquoi est-ce que l’Impact n’a pas tenté d’être présent en y allant de publicités durant le tournoi? Je sais bien qu’ils ont décidé de miser plutôt sur les réseaux sociaux et sur les pubs dans le Journal de Montréal, mais je crois que c’est une erreur. Du côté des réseaux sociaux, je veux bien croire que c’est l’avenir, mais ce n’est pas le présent. Qui est-ce que le club rejoint de cette façon selon vous? Selon moi ils rejoignent les gens avec qui ils n’ont pas besoin de faire la promotion du club pour vendre des billets, ils rejoignent les irréductibles qui achètent déjà des billets, soit à peu près 13000 personnes.

Du côté des publicités dans le Journal de Montréal je dois avouer que je suis extrêmement sceptique. La section des sports de Québécor est essentiellement une section hockey parsemée d’autres sports pour boucher les trous quand la créativité pour parler de hockey a atteint ses limites. De ce fait elle s’adresse d’abord et avant tout aux maniaques de hockey, a ceux qui sont vraiment mordus et qui en mangent. On parle généralement de gens pour qui le soccer n’est pas digne d’intérêt. À la limite ils s’intéressent aux Alouettes parce qu’il y a des cheerleaders et de la violence, mais c’est tout. Pour une bonne partie d’entre eux le soccer c’est un sport où il n’y a pas de buts et où les joueurs passent leur temps à se rouler par terre alors qu’ils n’ont pas été accrochés. Évidemment je généralise, mais il reste que ce genre d’amateur de sport est majoritaire parmi les lecteurs du Journal de Montréal.

Au bout du compte ce qu’on a vu de l’Impact ce week-end est en deux temps. Sur le terrain on a vu des guerriers qui ont du caractère et qui ont remonté la pente après un moment difficile. J’espère que dans les bureaux on verra le même caractère et que des ajustements seront apportés parce que ce n’est pas digne de ce qu’on nous présente comme étant la meilleure ligue de soccer d’Amérique du Nord. Messieurs relevez vos manches et revoyez votre plan de match, il reste encore une grosse mi-temps à jouer.

 
 
La saison de la MLS commence dans à peine trois jours pour l’Impact. Pour bien des gens, on parle de MLS et il y a un gros point d’interrogation qui se lit dans leur visage. Aujourd’hui je vais commencer une série d’articles qui vous présenteront les différents clubs de la ligue. Je vais vous les présenter dans l’ordre que le calendrier de l’Impact nous les amène, on verra aujourd’hui 
le Chivas USA, le Dynamo de Houston, l'Union de Philadelphie, le Revolution de la Nouvelle-Angleterre et les Earthquakes de San Jose.

1ere partie
2e partie
3e partie


Chivas USA dirigé par Robin Fraser
Fiche 2011 8 victoires 14 défaites 12 nulles


À surveiller: Pas facile de jouer les seconds violons derrière le Galaxy de Los Angeles. La seconde équipe de la métropole californienne comptera cette saison sur le vieillissant Juan Pablo Angel (36 ans) pour réussir a marquer des buts. La clé pour le Chivas USA reste cependant la défense. Le gardien Dan Kennedy a eu une saison difficile l'an passé et cette année il devra se racheter. Devant lui il aura comme nouveau coéquipier pour l'aider l'ancien des Sounders James Riley et John Valencia, fraîchement arrivé d'Atletico Junior en Colombie (la MLS et les joueurs colombiens c'est l'amour fou!). Ca sera pas simple dans une conférence ouest hyper compétitive.

Dynamo de Houston dirigé par Greg Kinnear
Fiche 2011 12 victoires 9 défaites 13 nulles


À surveiller: Après avoir atteint la finale de la MLS Cup l'équipe du Texas voudra profiter de 2012 pour faire un pas supplémentaire. Malgré le retour de tous ses partants régulier ça ne sera pas simple. Pour se faire, ils devront survivre a un calendrier qui commence avec 7 matchs a l'étranger. Sur le terrain la défense, avec Geoff Cameron et le québécois André Hainault, sera le principal atout du Dynamo. Du côté de l'attaque, Brian Ching sera finalement avec l'équipe, mais devra trimer dur, car il n'a pas de partenaire vraiment établi. Si un joueur comme Macoumba Kandji acquis du Colorado en retour d'un choix au repêchage réussi à contribuer offensivement le Dynamo sera difficile à arrêter

Union de Philadelphie dirigé par Peter Nowak
Fiche 2011 11 victoires 8 défaites 15 nulles


À surveiller: Deux très gros noms ont quitté Philly cette entre-saison, l'attaquant Sébastien LeToux a été échangé a Vancouver et le gardien Faryd Mondragon est retourné avec son premier club, le Depotivo Cali. Le premier choix au repêchage de 2010, l'attaquant Danny Mwanga devra maintenant montrer qu'il est prêt a briller en remplaçant LeToux. Du côté de la position de gardien but c'est Zac McMath qui sera dans le filet, au total il a 8 matchs d'expérience dans la ligue. Si on ajoute que le club de Pennsylvanie est très jeune et que beaucoup de ces jeunes devraient rater plusieurs matchs pour les Jeux olympiques, on peut croire que la saison 2012 sera tout un défi pour cette organisation.
Revolution de la Nouvelle-Angleterre dirigé par Jay Heaps
Fiche de 5 victoires 16 défaites 13 nulles


À surveiller: Voilà un club qui est loin de ses belles années. Les succès du milieu des années 2000 ne sont même plus dans le rétroviseur. Le problème c'est que si on regarde vers l'avenir ce n'est pas bien plus rose. La défense est suspecte et l'attaque a peu d'expérience en MLS. Seuls les milieux de terrains sont de qualité. Benny Feilhaber et Shalrie Joseph sont les deux leaders du club, ils devront porter le reste de leur équipe sur leurs épaules. En plus il devront conseiller le jeune Kelvin Rowe qui en est a sa première saison dans la ligue et qui démontre un grand potentiel. Pour ajouter a tout cela il faut aussi savoir que le Revolution est la seconde équipe de Robert Kraft qui est tour d'abord propriétaire des Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Le soccer est loin d'être sa priorité et ça se reflète sur le terrain.

Earthquakes de San Jose dirigé par Frank Yallop
Fiche de 8 victoires 14 défaites 12 nulles


À surveiller: À San Jose tout tourne autour de Chris Wondolowski. Ça tombe bien, car il est probablement le meilleur attaquant de la ligue. Ça tombe bien aussi, car il n'a pas eu de blessure vraiment sérieuse depuis longtemps. Malheureusement il ne peut pas faire tout le travail tout seul. On dirait bien que cette année il aura un peu d'aide. Le Colombien Tressor Moreno devrait enlever un peu de pression sur les épaules de Wondolowski, même chose pour les retours de Steven Lenhart et Simon Dawkins. Par contre tout ça ne servira à rien si la défense ne suit pas. On verra si l'arrivée de Victor Bernardez, un ancien d'Anderlecht en Belgique, peut permettre de relever un des moins bons secteurs défensifs de la ligue.


On terminera vendredi le tour d'horizon de la ligue avec un portrait de l'Impact de Montréal et mes prévisions pour les classements de la saison.