Montréal et Vancouver n’ont pu faire de maître mercredi dernier lors du premier match de la finale du Championnat canadien Amway. L’Impact n’a jamais pu passer à travers le dispositif défensif des Whitecaps et ceux-ci peuvent être satisfaits alors qu’ils retournent à la maison avec un score encore vierge entre les deux clubs. Malgré les deux tiers de la possession, la troupe de Marco Schallibaum n’a jamais vraiment testé le gardien des Caps. C’est plutôt Evan Bush qui a été le plus occupé des deux gardiens alors qu’il a dû sortir quelques beaux arrêts, sans compter que Justin Mapp a aussi arrêté un ballon sur la ligne en première mi-temps.
Si on regarde de près les statistiques du match, on ne peut qu’être étonné du niveau de la domination de l’Impact sur ce match. Au niveau de la possession Montréal a eu le ballon 66% du temps contre 33 pour Vancouver. Au niveau des passes Montréal en a réussi 527 avec un pourcentage de réussite de 81% alors que Vancouver en a réussi 263 avec un pourcentage de réussite de 64%. Montréal a réussi à centrer le ballon 17 fois contre 9 pour Vancouver. Pourtant toute cette domination fut stérile puisqu’au niveau des tirs au but c’est Vancouver qui a eu le dessus avec 10, dont 3 cadrés pour 9 tirs dont 2 cadrés pour Montréal.
Si on continue de regarder les statistiques du match, on peut voir aussi une autre tendance. Les deux défenseurs latéraux, Jeb Brovsky et Denis Iapichino ont été beaucoup plus utilisés. Hier notre défenseur gauche, Iapichino a réussi 67 passes, soit le second total du club pour ce match. De son côté Brovsky en a réussi 54. Pour comparer, lors du match contre Chicago qui a eu un profil similaire au niveau de la domination montréalaise, nos défenseurs latéraux ont fait respectivement 55 et 46 passes. On peut donc conclure que Montréal a fait l’effort de passer par les côtés un peu plus qu’à l’habitude. Le problème c’est que devant eux Justin Mapp et Andres Romero n’ont pas eu un grand match.
En même temps il y a une autre tendance qu’on peut noter. Sur les quatre joueurs qui ont tenté plus de 50 passes, il y a nos quatre défenseurs. Comme quoi oui, Vancouver nous a laissé le ballon, mais l’Impact en a profité surtout derrière. Difficile de marquer quand on s’échange surtout le ballon dans notre zone. Jamais l’Impact n’a réussi à se défaire de ce casse-tête.
Si on lâche les chiffres un peu, je trouve que sans être parfait Iapichino a tout de même connu un bien meilleur match que celui contre les Red Bull. Évidemment on ne parle pas du même calibre d’équipe, mais il reste qu’il a bien mieux fait ce mercredi. C’était probablement de son meilleur match depuis sa venue avec l’équipe. Défensivement il était très impliqué et il était rapide pour amener le ballon en attaque. Ça aurait été encore mieux si Romero devant lui avait eu un match décent.
Romero a eu un match plus qu’ordinaire de son côté. Il avait l’air crevé après cinq minutes. Il faut dire qu’il a beaucoup couru récemment. Mercredi, il a payé le prix pour le fait que la rotation sur les ailes a été infréquentée. La blessure de Pisanu et les performances en dents de scie de Sanna Nyassi ont fait qu’il a débuté tous les matchs depuis le 16 mars à l’exception du match aller contre Toronto. Pour un gars qui avait peu joué lors des deux dernières saisons au Brésil, c’est beaucoup. Le congé du week-end lui fera le plus grand bien.
Après cette semaine sans match, Montréal aura une autre séquence bien occupée. Sur une période de 8 jours, l’Impact jouera trois fois. Les deux parties en MLS sont d’abord contre Philly à la maison et ensuite contre Kansas City sur la route. Au milieu de tout ça, il y aura le déplacement à Vancouver pour le match retour du championnat canadien. Ce sont trois rencontres importantes. Philadelphie nous suit et voudra nous enlever trois points pour pouvoir avoir une meilleure chance de faire les séries tandis que l’Impact doit être capable d’accrocher le Sporting KC s’ils veulent être un candidat sérieux dans l’est. Sans compter que je n’ai pas besoin de parler de l’importance du match à Vancouver. Ce sera une semaine pas mal occupé pour l’Impact au retour de la pause. En espérant que le club aura du renfort des joueurs présentement à l’infirmerie.
Mon haïku du match parce qu’il faut bien rester zen:
6 buts contre Toronto, 6 fractures pour Brovsky Ne manque que 6 hors jeu pour DiVaio
C'est ce mercredi que commence la finale du championnat canadien Amway. Le gagnant de cette série en deux matchs aura le privilège de soulever la Coupe des Voyageurs, l'emblématique trophée remis au meilleur club canadien au terme de la compétition. Surtout le gagnant aura la tâche de représenter le pays en Ligue des Champions de la CONCACAF.
On clame souvent à Montréal que le grand rival de l'Impact c'est le TFC. La géographie fait que ces confrontations Québec Ontario sont souvent bien piquantes. Par contre sur le terrain ça manque encore de matchs où il y avait vraiment un enjeu important. Mercredi contre les Caps il y aura indéniablement un enjeu et ce ne sera pas la première fois que les deux clubs se disputeront une série sans lendemain.
La dernière fois que les deux clubs se sont rencontrés dans un tel contexte, c'est en 2011 dans le cadre de la demi-finale du championnat canadien. Les Caps étaient à leur première saison en MLS et l'Impact a leur dernière en D2. Les deux clubs avaient des débuts de saison difficile, mais voulaient se servir de cette compétition pour montrer qu'ils pouvaient être compétitifs. Montréal en particulier voulait montrer qu'ils n'étaient pas lions du niveau de la MLS.
Au final c'est Vancouver qui avait eu le meilleur. Ils avaient remporté le premier match sur le terrain du Stade Saputo par la marque de 1-0 grâce à un filet de Terry Dunfield. Lors du match retour Montréal montra qu'il avait ce qu'il fallait pour lutter grâce à un but d'Ali Gerba sur un tir de pénalité. À égalité parfaite après 180 minutes la série se retrouva en prolongation. Vancouver prit les devants grâce à un but de Mouloud Akloul. Montréal tenta tant bien que mal de répliquer. Ali Gerba passa à quelques millimètres de marquer son second but d'une tête qui effleura l'extérieur du poteau. Vancouver remporta la série 2-1.
Deux ans auparavant c'est alors que les deux clubs étaient en seconde division qu'il y eut affrontement au sommet. Pour la finale des séries éliminatoires de la saison 2009 l'Impact commença en gagnant le match aller sur la pelouse des Whitecaps. Remporté par la marque de 3-2 cette rencontre obligea les Whitecaps à rattraper un gros retard pour le match retour. Finalement la défensive de Vancouver ne put pas résister. Le défenseur des Caps Dan Pejic reçut un carton rouge et Montréal menait déjà 3-1, 6-3 au total, après les premières 45 minutes de jeu. L'Impact remportait ainsi son troisième et dernier championnat de D2.
En 2008 c'était les Whitecaps qui allaient dominer l'Impact. En plein milieu de son aventure en Ligue des Champions de la CONCACAF, l'Impact jouait la demi-finale de la seconde division contre son rival canadien. Montréal avait bien réussi a prendre les devants dans la série en gagnant le match aller 1-0 suite à un but d'Antonio Ribeiro mais la fatigue des semaines précédentes était sur le point de les rattraper. Au match retour joué quelques jours plus tard les Montréalais donnèrent deux buts en première mi-temps et ne furent jamais en mesure de réellement menacer les Caps par la suite. Vancouver remporta la série et la Coupe une semaine plus tard.
Les deux clubs s’étaient aussi rencontrés lors des séries de 2006. Ce qu'il y avait de particulier pour cette série c'est qu'elle mettait aux prises du côté de Vancouver l'ancien entraîneur de l'Impact Bob Lilley et du coté de Montréal son remplaçant, ancien capitaine et assistant entraîneur Nick DeSantis. Le premier match de la demi-finale se jouait à Montréal. Pour l'occasion personne ne put s'imposer. Lors du match retour Montréal continua d'avoir des problèmes avec l'offensive et ne pût s'inscrire au pointage. Par chance Vancouver ne put faire mieux et après 180 minutes de jeu c'était toujours 0-0. La prolongation allait finalement profiter à Vancouver alors qu'Eddy Sebrango et Tony Donatelli allaient donner la victoire à Vancouver qui allait ensuite remporter la finale.
Quand je regarde ces matchs, il y a deux choses que je remarque. Tout d'abord, à part le match retour de la finale de 2009, on parle de parties qui sont très serrés. Les deux clubs ont longtemps été très compétitifs et chaque match entre les deux était chaudement disputé. Souvent les parties Montréal Vancouver étaient importantes pour le classement et on ne se faisait pas de quartier.
La seconde chose que je remarque c'est le nombre très élevé de joueurs qui ont porté les deux uniformes. En plus de Lilley qui a entraîné les deux clubs, il y a les deux buteurs de 2006, Sebrango et Donatelli. À eux, on peut entre autres ajouter les noms de Martin Nash, de David Testo, de Charles Gbeke et de Joey Gjertsen. Ces échanges fréquents ajoutaient une autre dimension aux matchs entre les Caps et l'Impact. Tout le monde connaissait très bien au moins deux ou trois joueurs de l'équipe adverse. Souvent ces joueurs voulaient prouver des choses à leur ancienne équipe. Ça ajoutait un degré d'implication supplémentaire qui haussait le niveau des matchs.
Aujourd'hui les choses ont changé. On ne rencontre presque plus les Caps, la faute au calendrier de la MLS. Puis il n'y a qu'un seul joueur qui a joué pour les deux clubs, Jeb Brovsky. Ces rencontres ne sont plus les mêmes, elles n'ont plus la même saveur. Il reste que pour les deux clubs c'est important. Autant l'Impact que les Whitecaps ont fait un pas de géant en accédant à la MLS. Les deux clubs auront l'occasion à partir de ce soir de remporter un titre important, de donner une raison de célébrer à leurs partisans. Pour les deux équipes, ce n'est pas arrivé depuis l'entrée en MLS, ça serait donc bienvenu. Les deux rencontres devraient être bien intéressantes. En espérant que ce duel au sommet se répétera plus souvent.
L'Impact est arrivé mardi au pied de la tour du CN. Sauf que le club montréalais a laissé à l'ombre du Stade Olympique quelques éléments importants de son dispositif. Pas de Marco DiVaio, ni d'Alessandro Nesta et pas de Troy Perkins non plus. Tout nous permet de croire qu'on aura droit à quelques surprises cette année pour cette compétition particulière qu'est le Championnat Canadien Amway.
-Première question, quel sera le onze partant? Avec Daniele Paponi qui a signé à la dernière minute il serait étonnant de le voir comme partant. Andrew Wenger devrait donc être le titulaire à l'attaque au début du match. Selon moi ça lui fera du bien, beaucoup de bien. Il a eu du mal à trouver son rythme dans le peu de minutes qu'il a eu. Par contre l'an passé il a eu quelques départs avant d'être blessé et avait été efficace. J'espère revoir ce Wenger là.
Pour le reste on sait déjà que Bush sera le gardien partant. On peut s'attendre à une charnière centrale Ouimette-Camara et a Jeb Brovsky sur le côté. Après vos choix sont aussi bons que les miens, mais j'aimerais voir Tissot, puis je reposerais un de Arnaud ou de Bernier. Par contre je garderais Felipe sur le terrain. C'est en jouant qu'il va pouvoir retrouver la petite touche de génie qui lui manque depuis l'an passé.
-Deuxième question, est-ce que le championnat canadien est important? Selon moi tout dépend pour qui. Pour le club oui, mais pas au point de jouer un match de MLS à la maison avec des remplaçants, surtout si c'est le premier du club à la télé nationale américaine. L'image du club dans le reste de la ligue est importante et ça implique de se présenter à son meilleur pour l'occasion.
Je m'attends à ce que l'Impact tente de limiter les dégâts à Toronto et, si tout se passe bien, mette l'accent sur le match de samedi et le match retour. La saison en MLS est jeune, mais l'Association Est est compétitive. Le club a déjà dit qu'il veut faire les séries et ce n'est pas des paroles en l'air. Dans ces circonstances il faut aller chercher le plus de points samedi contre Chicago, quitte à négliger le match aller contre un club qui ne fait pas très bien cette saison.
Pour les joueurs tous les matchs sont importants et ils veulent tous les gagner, mais certains ont plus à gagner que d'autres. Ça sera le cas pour Wenger. Même chose pour ceux qui seront choisis pour jouer sur les ailes. Personne ne s’est vraiment démarqué sur les côtés du milieu cette saison et une bonne performance d'un Sanna Nyassi dans ce contexte pourrait lui valoir plus de confiance de l'entraîneur.
Troisième question, Maxim Tissot ou Denis Iapichino? Les deux sont à Toronto. Avec l'absence de Nesta, il est quasiment certain qu'Hassoun Camara sera dans l'axe avec Karl Ouimette. Jeb Brovsky devrait donc être du côté droit. Tout ça laisse la place aux deux joueurs mentionnés plus haut. Difficile de dire lequel des deux aura la chance de se faire valoir. Tissot a été meilleur au camp, mais a du laisser sa place suite à une blessure. Iapichino de son côté n'a jamais réellement impressionné dans le peu de chance qu'il a eue depuis son arrivée avec l'Impact. Les deux devraient avoir un peu de temps de jeu dans les prochaines semaines, mais le Suisse devra montrer qu'il peut être utile, car la place d'étranger qu'il prend le désavantage par rapport à Tissot.
-Quatrième question, avec l'arrivée de Paponi est-ce que Schällibaum va vouloir passer en 4-4-2? Voilà qui sera intéressant de voir dans les prochaines semaines. Avec une offensive axée quasiment uniquement sur Marco DiVaio, l'Impact est plutôt prévisible. Comme l'Italien ne peut pas tout faire tout seul, notre attaque tire un peu de la patte. De lui permettre d'avoir un partenaire devant pourrait arranger les choses. Je ne crois pas que ça va arriver ce mercredi, mais si ça ne tourne pas rond lors des deux ou trois prochains matchs ça pourrait arriver plus vite qu'on le pense.
-Cinquième question, qu'est ce qu'on fait si Bush marche sur les eaux lors des matchs du championnat canadien? Evan Bush a quasiment sauvé à lui tout seul la saison 2011 de l'Impact. Depuis il est sur le banc. Oui Perkins a vraiment augmenté le niveau de l'Impact dans les buts et oui il a un bon début de saison. Par contre il a quand même des défauts. Ça ne paraît pas sur son jeu défensif à lui, mais ses relances très mauvaises n'aident pas l'équipe. Ca complique beaucoup la construction puisqu'on part de beaucoup plus loin derrière. Bush peut se servir de ces matchs pour mettre de la pression sur le staff technique. J'ai bien hâte de voir comment tout ça va se dérouler.
-Sixième question, alors ce championnat canadien, est-ce que c'est vraiment important? Pour le club j'ai dit oui, mais pas toujours plus que les matchs de ligue. Pour les joueurs oui, mais plus pour certain que d'autres. Alors pour qui est-ce vraiment important? C'est important pour moi, c'est important pour les partisans les plus fidèles du club. Par contre pour les partisans occasionnels je ne suis pas certain que ça soit vraiment plus important.
Il suffit de voir les assistances pour les matchs de ligue par rapport au match qui permettent de gagner la Coupe des Voyageurs. C'est généralement meilleur en ligue. Même chose pour les matchs de la phase de groupe de Ligue des Champions de la CONCACAF par rapport aux matchs de ligue, autant à Montréal qu'à Toronto. L'exception c'est les matchs de quarts de finale et de demi-finale.
Pour moi un des problèmes c'est le manque de crédibilité. On a commencé avec un championnat canadien à trois clubs, il y en a maintenant quatre. Déja un championnat où tu as 33% des chances de gagner c'est n'importe quoi, on pourrait se réjouir maintenant que c'est 25% mais ca ne fait pas sérieux. En plus ce n'est plu vraiment un championnat, c'est une coupe. La différence c'est qu'un championnat c'est quand tous les clubs jouent l'un contre l'autre dans une ligue. Une coupe c'est une compétition à élimination directe. La plupart des pays ont les deux, mais pas nous.
Alors comment peut-on qualifier notre championnat (qui est une coupe)? On est loin de la FA Cup qui avait cette saison 758 clubs participants. Évidemment vous me direz que je compare des pommes et des oranges et vous avez raison. Pour voir un peu plus proche de notre compétition, on peut aller en Nouvelle-Zélande. Il y a là-bas 124 clubs qui ont participé à la compétition de coupe nationale. Vraiment plus proche on retrouve la Singapore Cup. Il y avait en 2012 16 clubs impliqués (dont 5 clubs étrangers).
Toutes ces coupes ont une chose en commun, comparativement à la nôtre aucune d'entre elles ne donne de place en ligue des champions de sa confédération. Pour autant que je sache, depuis la réforme des compétitions, il n'y a pas de pays qui envoient les gagnants de leur coupe nationale en Ligue des champions. Donc il n'y a pas de gagnant de Coupe nationale qui peut se qualifier pour la Coupe du Monde des clubs de la FIFA. À part le Canada et dans une moindre mesure, les USA.
Déjà qu'une coupe à quatre c'est ridicule, même Andorre a plus de participants à sa Coupe nationale. Le fait que celle-ci donne accès à la ligue des champions est aussi une aberration dans le monde du soccer. Il y a un exemple de pays comme nous, le Liechtenstein. Les clubs du pays jouent en championnat de Suisse. Ils ont aussi une coupe nationale. Par contre l'UEFA ne leur alloue aucune place en Ligue des Champions. C'est le seul membre de cette confédération qui n'y a pas accès. On peut se compter chanceux que la CONCACAF nous laisse une place.
Une chose qu'on entend aussi dans les médias à propos du championnat canadien c'est que c'est important parce que ça donne accès à la Ligue des Champions et que celle-ci donne de la visibilité et de la crédibilité au club à l'international. Désolé de péter votre baloune, mais c'est n'importe quoi. En partant CONCACAF et crédibilité ça ne rime pas vraiment. On parle quand même d'une confédération qui était dirigée par Jack Warner, un monsieur dont le nom est entaché de plusieurs controverses et allégations de corruption. Ensuite pour ce qui est de la visibilité, peut-être un peu chez les initiés, mais si peu. Juste comme ça, si je vous dis Séwé Sport, est-ce que ça vous dit quelque chose? Non? C'est pourtant le Champion 2012 de la Côte-D'Ivoire qui joue la Ligue des Champions d'Afrique 2013. Oui, d'y participer c'est une carte de visite pour l'Impact, par contre il ne faut pas croire que Marco DiVaio suivait la Ligue des Champions de la CONCACAF en 2008-09 et qu'il c'est dit que jouer pour de club un jour ça serait cool, pas plus que vous suivez la compétition de cette année en Afrique.
Alors en gros le championnat canadien, est-ce que c'est vraiment, réellement, important? C'est sur que c'est important. On a 25% de chance de gagner un trophée qui nous donne un accès à une compétition exotique et amusante. C'est sur que c'est important. Par contre ça n’empêche pas que c'est n'importe quoi et que ça nuit beaucoup a ce que ça soit réellement pris au sérieux et a ce que ça devienne une vraie priorité.
Il y toujours plusieurs façons de juger une performance. Dans le cas qui nous concerne, c’est a dire le match aller du Championnat Canadien entre le TFC et l’Impact j’ai deux façons de voir le tout. D’un côté je suis satisfait, très satisfait même. De l’autre je suis déçu, très déçu même. Ça semble contradictoire, mais c’est très simple. Je vous explique tout ça.
Ma satisfaction me vient d’une crainte que j’avais depuis le milieu de l’été passé. J’avais sérieusement peur que l’Impact ne prenne pas au sérieux cette compétition. Deux raisons principalement me faisaient douter de la volonté du club de donner de l’importance à la conquête de la Coupe des Voyageurs. Ça commence avec l’entrée en MLS et le coût qui y est relié. Dans le raisonnement que je faisais si Jœy Saputo dépensait 40 millions de dollars pour joindre une ligue il était évident que cette ligue allait être la priorité absolue du club. L’autre facteur qui me poussait à croire que le championnat national serait mis de côté c’est le pedigree de notre coach. Jesse Marsch est une création de la MLS. Il y a joué tous ses matchs, on parle de plus de 300 matchs pour plus de 10 ans. J’avais de la misère à croire qu’il mettrait réellement de l’importance sur autre chose. Finalement je m’en suis fait pour rien. Je croyais qu’on aurait droit à l’équipe B, mais ce ne fut pas le cas. De ce côté-là, je suis plus que satisfait.
Du coté de la déception, c’est bien évident que notre équipe, A ou B aurait du gagner ce match-là. Le TFC est venu ici pour faire du camping dans sa zone. On aurait dit une bande de louveteaux qui suivait son guide, le gardien Milan Kocic. Chaque petit jouer en rouge et blanc avait son petit travail défensif a faire et quand ça sentait le roussi un peu Kocic sortait un bel arrêt pour tuer la menace de Montréal. En même temps l’Impact est responsable de son sort. On a bien mis de la pression sur eux, mais dans un cas comme celui-là il faut plus que juste pousser pour marquer. Il faut réellement créer des occasions, être imaginatif, avoir une petite touche de génie. Le problème c’est qu’on n’a pas d’artiste du côté offensif dans notre club. Quand au début de saison Jeb Brovsky disait qu’on avait une équipe de col bleu, il ne se trompait pas. On en a eu une belle démonstration hier.
Sur les ailes on avait Arnaud et Neagle. Le premier est avant tout un grand travailleur avec du leadership et le second peut faire des centres incroyables, mais il a besoin d’avoir du temps. Au milieu il y a un autre travailleur, Warner et Felipe qui est un joueur plus physique qui joue trop lentement et qui est incapable de tirer sur le but. Finalement devant Nyassi n’est pas vraiment un attaquant et autant lui que Corradi se retrouvent trop souvent a jouer dans les plates-bandes des milieux de terrains parce que ceux-ci ne leurs donnent pas des ballons qui leur permettrait d’être dangereux.
Au moins notre défense a été irréprochable. Ricketts a été rassurant quand il a été sollicité, Brovsky et Wahl ont fait du beau boulot, Thomas a bien commis un petit impair sur un ballon vers Ricketts, mais ce n’était rien de grave et Ferrari porte vraiment bien son nom, c’est un défenseur de grand luxe. Mine de rien après 8 matchs où l’Impact a abandonné un but, le club a maintenant une séquence de 2 jeux blancs de suite pour 198 minutes. Hier ils n’avaient pas beaucoup de mérite, mais ça compte quand même.
Maintenant il faudra élever notre jeu d’un cran mercredi prochain. Il faut absolument marquer chez eux. Il faut aussi oublier ce que le TFC nous a montré hier. Le club qu’on verra au BMO Field sera certainement plus entreprenant et plus offensif. Avec en plus un duel contre la meilleure équipe de la MLS samedi l’Impact aura beaucoup de boulot à abattre lors des 7 prochains jours. Ça ne sera pas simple.
Mon haïku pour le match d’hier:
pas d’artiste pour le TFC pas d’artiste pour l’Impact c’est plus créatif derrière le but
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