Ça a pris 22h de plus que prévu, mais l’Impact a finalement pu jouer son match au grand plaisir des spectateurs présents. Dans une rencontre où il y a eu beaucoup plus de brouillon que de réel produit fini, l’Impact récolte un match nul qui sent mauvais. Avec un peu plus de réalisme devant le but, avec un peu plus de chance en défense ou avec des arbitres qui savent appeler les hors-jeu, Montréal aurait récolté les trois points ce samedi après-midi.

Un joueur qu’on ne peut pas trop blâmer pour les problèmes de l’attaque montréalaise, c’est Justin Mapp. Comme les autres (à part Marco DiVaio). Oui il a raté ses quelques tirs au but et oui il a bien raté un centre ou deux, par contre depuis le début de la saison le match de samedi est celui où l’attaque m’a semblé la plus variée. Exit le Montréal prévisible qui ne passe que par le centre du terrain. Montréal samedi dernier a centré 14 fois, 5 fois de plus que contre Toronto et 10 fois de plus que contre New York. Une bonne part de ça vient de l’apport de Mapp autant à droite qu’à gauche.

Cette diversité qui a mis les défenseurs de Columbus un peu sur les talons a manqué à l’Impact dans une autre facette du jeu. Je regarde depuis quelques matchs la distribution des ballons par notre gardien. Lors du dernier match, Troy Perkins n’a pas envoyé un seul ballon au-delà de la moitié du terrain. Il a joué toutes ses relances près de lui. En comparaison le gardien de Columbus Andy Gruenebaum en a envoyé 20 dans la zone de l’Impact. Ce que ça fait c’est que les joueurs adverses savent exactement ce qui va se passer et peuvent jouer bien plus haut quand Perkins fait une relance. En jouant plus haut ils ont beaucoup plus de facilité à mettre de la pression. Cette pression plus présente coupe les opportunités de relancer l’attaque pour un Patrice Bernier par exemple.

Cette pression fait aussi que nos joueurs sont plus sujets à faire des erreurs. On en a vu un bon exemple quand Higuain a eu une chance seul devant Perkins alors que Ouimette a tentée de récupérer un ballon envoyé nulle part au centre du terrain par Hassoun Camara. J’aime bien Perkins pour son travail avec les défenseurs, son positionnement, sa présence et son jeu assuré entre les poteaux, par contre cette incapacité de jouer des longs ballons devient vraiment nuisible. J’ai bien hâte de voir Evan Bush lors du championnat canadien pour pouvoir comparer.

L’autre chose que j’ai remarquée lors de ce match, c’est comment Romero n’a pas été un facteur du côté droit. En réalité je crois que quasiment toutes ses bonnes actions ont été alors qu’il repiquait au centre du terrain. À un tel point que je me demandais s’il ne serait pas plus efficace comme milieu axial. Avec Felipe qui a de la misère à se démarquer cette saison, il serait peut-être intéressant de tenter cette expérience au cours des prochains matchs. Surtout que le calendrier sera pas mal occupé au retour de la pause avec six matchs entre le 27 avril et le 11 mai. Tout ça sans compter que si Montréal élimine le Toronto FC il faudra en ajouter deux autres le 15 et le 29 mai.

Mon Haiku du match parce qu’il faut bien rester zen:

Un québécois c’est très bien.
Puis deux c’est encore mieux,
Mais je préfère trois mousquetaires.

 
 


Après une pause obligatoire le week-end passé, l'Impact est prêt à reprendre le collier ce samedi alors que le Crew de Columbus sera sur la pelouse du Stade Saputo. Dans ce qui devrait être des conditions difficiles, l'Impact tentera de faire oublier sa performance peu étincelante d'il y a deux semaines à Kansas City. De l'autre côté, le Crew tentera de trouver une bonne vitesse de croisière, eux qui ont un début de saison en dent de scie.

Il sera intéressant de voir comment l'Impact de Montréal réagira suite à la défaite de la semaine passée. Privé de leur entraîneur pour le match les hommes en bleu tenteront ils de contrôler la rencontre ou bien miseront ils sur la contre-attaque? À moins que monsieur Schällibaum n'ait préparé une surprise et décide d'utiliser un 4-4-2?

Une chose est certaine tout le monde doit faire mieux que lors du dernier déplacement. Déjà avec le retour probable d'Alessandro Nesta la défense devrait être prête à affronter les éléments offensifs du Crew. Federico Higuain, en particulier, devra être surveillé attentivement. Après avoir bien performé à son arrivée en MLS l'an passé, on pourrait dire qu'il a, à date cette année, confirmé son importance pour le Crew.

Au côté d'Higuain il sera intéressant de surveiller le jeune milieu latéral du Crew, Ben Speas. Capable de jouer autant à droite qu'à gauche Speas connaît cette saison un bon départ. Il a récolté un but et une passe décisive en quatre matchs. Formé au club puis envoyé à l'université d'Akron et de Caroline du Nord, le jeune milieu représente l'avenir du club de l'Ohio. Dans les rangs collégiaux, il a toujours connu du succès, il a d'ailleurs remporté à deux reprises la NCAA College Cup.

Du côté de l'Impact il faudra surveiller qui patrouillera les couloirs au milieu de terrain. Andrea Pisanu n'était pas en uniforme lors du dernier match. On a peu entendu parler de lui durant la pause, il sera intéressant de voir s'il retrouvera le couloir gauche ou bien si Justin Mapp ou même Sanna Nyassi auront cette chance. D'ailleurs au vu des performances lors des cinq premiers matchs on est en droit de se demander qui sont les réels titulaires autant à gauche qu'à droite. Andres Romero à droite et Pisanu à gauche ont eu droit à la plupart des départs, mais les deux ont connus de bons et de moins bons moments.

Ce match contre le Crew est exactement le genre de match que l'Impact doit remporter pour pouvoir faire les séries à la fin de la saison. Columbus est un sérieux candidat pour participer au tournoi automnal dans l'est et en prenant des points contre un tel club l'Impact s'assure qu'un rival direct n'en prend pas. Des rencontres comme celle de samedi peuvent rapidement devenir des points tournants dans une saison qui, bien que longue, reste chaudement disputée. Sur sa pelouse, contre un club de sa division qu'il a l'ambition de devancer, l'Impact doit passer son message et s'imposer. 

 
 

Ça aura pris trois défaites consécutives avant d'y arriver, mais dimanche l'Impact a finalement réussi à savourer sa 6e victoire de la saison. Après avoir été mené, 1-0 suite à un autre but sur un coup de pied arrêté, les bleus et blancs ont fait preuve d'une grande force de caractère. Le défenseur Zarek Valentin, qui semblait moins porté a monté à l'attaque étant donné la suspension de son partenaire habituel, a inscrit son premier but en tant que professionnel. Par la suite les astres se sont alignés et l'arbitre a accordé un tir de pénalité en fin de match à Patrice Bernier. Avec le sang froid qu'on lui connaît, le québécois a fait ce qu'on attendait de lui et a semé l'hystérie chez des Ultras qui étaient déjà très bruyants (et brillants) en inscrivant le but de la victoire. Tout cela devant un stade qui me semblait plus plein que les 15 milles et quelques spectateurs annoncés.

Pour commencer, je me dois de souligner les 10 ans des Ultras Montréal. En tant que participant depuis 2005 aux activités du groupe je peux vous affirmer que le chemin parcouru est phénoménal. Je me souviens de matchs ou, avec à peine une dizaine de voix et un tambour nous étions les seuls à éviter une ambiance de salon mortuaire au Centre Claude Robillard. Les temps ont bien changé et aujourd'hui avec un nombre grandissant de participants le groupe est un incontournable dans le paysage nord-américain.

De par leur attitude, leur puissance vocale et surtout par le fait qu'ils ne lâchent jamais malgré les moments difficiles, les Ultras Montréal font depuis dix ans partie du portrait du soccer d'ici et ils resteront pertinents encore longtemps. Je tiens d'ailleurs à m'incliner bien bas devant tous ceux qui ont un jour tenu un pinceau, un drapeau, une baguette de tambour ou un mégaphone pour le groupe. Sans la participation de tous ces gens, il y aurait bien moins de cordes vocales usées à la fin des matchs. Je veux terminer en ajoutant que jamais, alors que j'étais assis, en 2005, dans une minivan louée couverte de moutarde et de ketchup, à la recherche d'un lave-auto dans une banlieue de Toronto, je n’aurais pu prévoir l'ampleur que le groupe allait prendre. Je suis bien content de voir comment les choses ont tourné.

Parlons du match maintenant, parce que sans celui-ci il n'y a rien en tribune. Pour commencer, je m'en voudrais de ne pas souligner l'apport offensif indéniable de Patrice Bernier. Il en est maintenant à 5 buts cette saison. C'est la meilleure saison de sa carrière au niveau professionnel. On pourrait penser que la différence vient du fait qu'il ne prenait pas les tirs de pénalités en Europe, mais il m'a lui-même confirmé qu'il le faisait avec Tromso en Norvège.

Pour vous donner une idée, Bernier a inscrit 5 buts dans tout son séjour en Norvège. Ça représente 108 matchs (avec Tromso et le Moss FK). Au Danemark son compteur s’est arrêté à 5 buts en 88 matchs (Nordsjaelland et Lyngby). Il avait aussi inscrit 5 buts à son premier séjour avec l'Impact, tout ça en 73 matchs. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'il a eu les statistiques les plus reluisantes de sa carrière, en 2002 il a inscrit 4 buts et réussi 8 passes décisives.

En fouillant un peu sur internet j'ai bien réussi à trouver une saison où le milieu de terrain québécois a inscrit plus de 5 buts, mais comme ça remonte au temps où il jouait au hockey junior ça ne compte pas vraiment. Selon Patrice sa saison la plus prolifique remonte à sa carrière universitaire avec Syracuse. Je regarde ça et je me dis que le retour à la maison lui va très bien. J'espère juste que le sélectionneur de l'équipe nationale, Stephen Hart l'a remarqué lui aussi.

C'est bien beau parler de Patrice Bernier, mais l'Impact ne se résume pas qu'à un seul joueur. D'une façon le match d'hier ne nous a pas appris grand-chose. D'abord on ne sait pas défendre les coups de pied arrêtés. Sérieusement, ça commence à être ridicule comme situation. Si on avait pu permettre deux ou trois buts de moins sur ces situations cette année on aurait certainement quelques points de plus aux compteurs. Ce qui me frustre c'est qu'on voit bien qu'il y a un problème dans une phase de jeu qui devrait être de base. Pourtant je n'ai pas vu d'amélioration à ce niveau.

En dehors de ça, ce que j'ai vu sur le terrain dimanche soir c'est des joueurs d'équipe d'expansion. La plupart d'entre eux ont un certain talent, mais la plupart ont aussi leur limite. Sanna Nyassi en est l'exemple parfait. Il est rapide et contrôle bien le ballon, mais son sens du jeu et ses passes laissent parfois à désirer. Hier le milieu gambien a été plus que frustrant. Plus d'une fois, sa vitesse lui a permis de se retrouver dans une position dangereuse, mais toutes les fois il a manqué son coup quand est venu le temps de concrétiser le tout. Quand je regarde le club, je me dis qu'il ne manque pas grand-chose pour vraiment amener l'Impact à un haut niveau. Le club devra se pencher sur le cas des joueurs latéraux, autant au milieu qu'a la défense. Si des joueurs comme Nyassi, Mapp, Brovsky et même Arnaud peuvent se retrouver avec un statut de remplaçant alors l'Impact sera mieux servi et Marco DiVaio aussi. 

Puis tant qu'à changer, pourquoi ne pas trouver un vrai bon gardien avec ça. Ricketts n'a pas été mauvais hier, mais il reste qu'il est en général inconstant. Personnellement je ne me gênerais pas pour trouver un joueur désigné à cette position. Un bon gardien ne te fera pas gagner de matchs, mais il peut facilement t'éviter d'en perdre. Ça peut avoir l'air effronté après une victoire comme la dernière de dire que le club doive trouver des remplaçants pour certains joueurs, mais il faut voir la réalité en face. Pour jouer dans la cour des grands, il faut chercher à s'améliorer.

Malgré tout la dernière victoire est cruciale, car elle met fin à une glissade qui aurait pu devenir vraiment malsaine. La manière dont elle a été acquise la rend encore plus satisfaisante. Avec à peine un peu plus de la moitié de la saison de joué je dois avouer que je suis étonné et encouragé de voir l'Impact avec 6 victoires. Comme bien des gens, je voyais mal Montréal terminer la saison avec plus de 8 victoires. Maintenant il ne reste plus qu'à espérer que le club réussirait enfin à aligner une seconde victoire consécutive le week-end prochain contre Philadelphie.

Mon haïku du match, parce qu'il faut bien rester zen:

Une victoire de caratère
deux buts en fin de match
trois points précieux

J'ai aussi ressorti mon petit graphique qui montre la progression de Montréal par rapport aux deux clubs d'expansion de l'an passé et par rapport à la dernière saison de Toronto. D'ailleurs autant le TFC que Vancouver ont terminé leur saison avec un total de 6 victoires.