Montréal et Vancouver n’ont pu faire de maître mercredi dernier lors du premier match de la finale du Championnat canadien Amway. L’Impact n’a jamais pu passer à travers le dispositif défensif des Whitecaps et ceux-ci peuvent être satisfaits alors qu’ils retournent à la maison avec un score encore vierge entre les deux clubs. Malgré les deux tiers de la possession, la troupe de Marco Schallibaum n’a jamais vraiment testé le gardien des Caps. C’est plutôt Evan Bush qui a été le plus occupé des deux gardiens alors qu’il a dû sortir quelques beaux arrêts, sans compter que Justin Mapp a aussi arrêté un ballon sur la ligne en première mi-temps.
Si on regarde de près les statistiques du match, on ne peut qu’être étonné du niveau de la domination de l’Impact sur ce match. Au niveau de la possession Montréal a eu le ballon 66% du temps contre 33 pour Vancouver. Au niveau des passes Montréal en a réussi 527 avec un pourcentage de réussite de 81% alors que Vancouver en a réussi 263 avec un pourcentage de réussite de 64%. Montréal a réussi à centrer le ballon 17 fois contre 9 pour Vancouver. Pourtant toute cette domination fut stérile puisqu’au niveau des tirs au but c’est Vancouver qui a eu le dessus avec 10, dont 3 cadrés pour 9 tirs dont 2 cadrés pour Montréal.
Si on continue de regarder les statistiques du match, on peut voir aussi une autre tendance. Les deux défenseurs latéraux, Jeb Brovsky et Denis Iapichino ont été beaucoup plus utilisés. Hier notre défenseur gauche, Iapichino a réussi 67 passes, soit le second total du club pour ce match. De son côté Brovsky en a réussi 54. Pour comparer, lors du match contre Chicago qui a eu un profil similaire au niveau de la domination montréalaise, nos défenseurs latéraux ont fait respectivement 55 et 46 passes. On peut donc conclure que Montréal a fait l’effort de passer par les côtés un peu plus qu’à l’habitude. Le problème c’est que devant eux Justin Mapp et Andres Romero n’ont pas eu un grand match.
En même temps il y a une autre tendance qu’on peut noter. Sur les quatre joueurs qui ont tenté plus de 50 passes, il y a nos quatre défenseurs. Comme quoi oui, Vancouver nous a laissé le ballon, mais l’Impact en a profité surtout derrière. Difficile de marquer quand on s’échange surtout le ballon dans notre zone. Jamais l’Impact n’a réussi à se défaire de ce casse-tête.
Si on lâche les chiffres un peu, je trouve que sans être parfait Iapichino a tout de même connu un bien meilleur match que celui contre les Red Bull. Évidemment on ne parle pas du même calibre d’équipe, mais il reste qu’il a bien mieux fait ce mercredi. C’était probablement de son meilleur match depuis sa venue avec l’équipe. Défensivement il était très impliqué et il était rapide pour amener le ballon en attaque. Ça aurait été encore mieux si Romero devant lui avait eu un match décent.
Romero a eu un match plus qu’ordinaire de son côté. Il avait l’air crevé après cinq minutes. Il faut dire qu’il a beaucoup couru récemment. Mercredi, il a payé le prix pour le fait que la rotation sur les ailes a été infréquentée. La blessure de Pisanu et les performances en dents de scie de Sanna Nyassi ont fait qu’il a débuté tous les matchs depuis le 16 mars à l’exception du match aller contre Toronto. Pour un gars qui avait peu joué lors des deux dernières saisons au Brésil, c’est beaucoup. Le congé du week-end lui fera le plus grand bien.
Après cette semaine sans match, Montréal aura une autre séquence bien occupée. Sur une période de 8 jours, l’Impact jouera trois fois. Les deux parties en MLS sont d’abord contre Philly à la maison et ensuite contre Kansas City sur la route. Au milieu de tout ça, il y aura le déplacement à Vancouver pour le match retour du championnat canadien. Ce sont trois rencontres importantes. Philadelphie nous suit et voudra nous enlever trois points pour pouvoir avoir une meilleure chance de faire les séries tandis que l’Impact doit être capable d’accrocher le Sporting KC s’ils veulent être un candidat sérieux dans l’est. Sans compter que je n’ai pas besoin de parler de l’importance du match à Vancouver. Ce sera une semaine pas mal occupé pour l’Impact au retour de la pause. En espérant que le club aura du renfort des joueurs présentement à l’infirmerie.
Mon haïku du match parce qu’il faut bien rester zen:
6 buts contre Toronto, 6 fractures pour Brovsky Ne manque que 6 hors jeu pour DiVaio
C'est ce mercredi que commence la finale du championnat canadien Amway. Le gagnant de cette série en deux matchs aura le privilège de soulever la Coupe des Voyageurs, l'emblématique trophée remis au meilleur club canadien au terme de la compétition. Surtout le gagnant aura la tâche de représenter le pays en Ligue des Champions de la CONCACAF.
On clame souvent à Montréal que le grand rival de l'Impact c'est le TFC. La géographie fait que ces confrontations Québec Ontario sont souvent bien piquantes. Par contre sur le terrain ça manque encore de matchs où il y avait vraiment un enjeu important. Mercredi contre les Caps il y aura indéniablement un enjeu et ce ne sera pas la première fois que les deux clubs se disputeront une série sans lendemain.
La dernière fois que les deux clubs se sont rencontrés dans un tel contexte, c'est en 2011 dans le cadre de la demi-finale du championnat canadien. Les Caps étaient à leur première saison en MLS et l'Impact a leur dernière en D2. Les deux clubs avaient des débuts de saison difficile, mais voulaient se servir de cette compétition pour montrer qu'ils pouvaient être compétitifs. Montréal en particulier voulait montrer qu'ils n'étaient pas lions du niveau de la MLS.
Au final c'est Vancouver qui avait eu le meilleur. Ils avaient remporté le premier match sur le terrain du Stade Saputo par la marque de 1-0 grâce à un filet de Terry Dunfield. Lors du match retour Montréal montra qu'il avait ce qu'il fallait pour lutter grâce à un but d'Ali Gerba sur un tir de pénalité. À égalité parfaite après 180 minutes la série se retrouva en prolongation. Vancouver prit les devants grâce à un but de Mouloud Akloul. Montréal tenta tant bien que mal de répliquer. Ali Gerba passa à quelques millimètres de marquer son second but d'une tête qui effleura l'extérieur du poteau. Vancouver remporta la série 2-1.
Deux ans auparavant c'est alors que les deux clubs étaient en seconde division qu'il y eut affrontement au sommet. Pour la finale des séries éliminatoires de la saison 2009 l'Impact commença en gagnant le match aller sur la pelouse des Whitecaps. Remporté par la marque de 3-2 cette rencontre obligea les Whitecaps à rattraper un gros retard pour le match retour. Finalement la défensive de Vancouver ne put pas résister. Le défenseur des Caps Dan Pejic reçut un carton rouge et Montréal menait déjà 3-1, 6-3 au total, après les premières 45 minutes de jeu. L'Impact remportait ainsi son troisième et dernier championnat de D2.
En 2008 c'était les Whitecaps qui allaient dominer l'Impact. En plein milieu de son aventure en Ligue des Champions de la CONCACAF, l'Impact jouait la demi-finale de la seconde division contre son rival canadien. Montréal avait bien réussi a prendre les devants dans la série en gagnant le match aller 1-0 suite à un but d'Antonio Ribeiro mais la fatigue des semaines précédentes était sur le point de les rattraper. Au match retour joué quelques jours plus tard les Montréalais donnèrent deux buts en première mi-temps et ne furent jamais en mesure de réellement menacer les Caps par la suite. Vancouver remporta la série et la Coupe une semaine plus tard.
Les deux clubs s’étaient aussi rencontrés lors des séries de 2006. Ce qu'il y avait de particulier pour cette série c'est qu'elle mettait aux prises du côté de Vancouver l'ancien entraîneur de l'Impact Bob Lilley et du coté de Montréal son remplaçant, ancien capitaine et assistant entraîneur Nick DeSantis. Le premier match de la demi-finale se jouait à Montréal. Pour l'occasion personne ne put s'imposer. Lors du match retour Montréal continua d'avoir des problèmes avec l'offensive et ne pût s'inscrire au pointage. Par chance Vancouver ne put faire mieux et après 180 minutes de jeu c'était toujours 0-0. La prolongation allait finalement profiter à Vancouver alors qu'Eddy Sebrango et Tony Donatelli allaient donner la victoire à Vancouver qui allait ensuite remporter la finale.
Quand je regarde ces matchs, il y a deux choses que je remarque. Tout d'abord, à part le match retour de la finale de 2009, on parle de parties qui sont très serrés. Les deux clubs ont longtemps été très compétitifs et chaque match entre les deux était chaudement disputé. Souvent les parties Montréal Vancouver étaient importantes pour le classement et on ne se faisait pas de quartier.
La seconde chose que je remarque c'est le nombre très élevé de joueurs qui ont porté les deux uniformes. En plus de Lilley qui a entraîné les deux clubs, il y a les deux buteurs de 2006, Sebrango et Donatelli. À eux, on peut entre autres ajouter les noms de Martin Nash, de David Testo, de Charles Gbeke et de Joey Gjertsen. Ces échanges fréquents ajoutaient une autre dimension aux matchs entre les Caps et l'Impact. Tout le monde connaissait très bien au moins deux ou trois joueurs de l'équipe adverse. Souvent ces joueurs voulaient prouver des choses à leur ancienne équipe. Ça ajoutait un degré d'implication supplémentaire qui haussait le niveau des matchs.
Aujourd'hui les choses ont changé. On ne rencontre presque plus les Caps, la faute au calendrier de la MLS. Puis il n'y a qu'un seul joueur qui a joué pour les deux clubs, Jeb Brovsky. Ces rencontres ne sont plus les mêmes, elles n'ont plus la même saveur. Il reste que pour les deux clubs c'est important. Autant l'Impact que les Whitecaps ont fait un pas de géant en accédant à la MLS. Les deux clubs auront l'occasion à partir de ce soir de remporter un titre important, de donner une raison de célébrer à leurs partisans. Pour les deux équipes, ce n'est pas arrivé depuis l'entrée en MLS, ça serait donc bienvenu. Les deux rencontres devraient être bien intéressantes. En espérant que ce duel au sommet se répétera plus souvent.
Après un match aller terne pour l’Impact qui les as vu se retrouver en déficit de deux buts, la troupe de Marco Schallibaum a réagi de la meilleure façon possible, en annihilant son adversaire. En marquant trois fois dans chacune des demis l’Impact a terrassé sa bête Noire et a résolument assaini l’atmosphère. Par contre cette victoire a un prix, après avoir perdu samedi dernier Andrea Pisanu et Alessandro Nesta, c’était au tour de Daniele Paponi de tomber au combat.
Devant une poignée de fans torontois, le TFC est sorti avec l’intention de fermer le débat rapidement. L’attaque du club ontarien a profité d’une ligne défensive montréalaise inédite pour frapper le poteau dès la seconde minute. Pendant un moment on a cru que la soirée allait être longue, mais ça n’a pas duré.Le milieu de terrain a pris ses responsabilités et l’allure du match a changé de tout en tout. Avec un quatuor formé de Justin Mapp, Patrice Bernier, Davy Arnaud et Andres Romero, on a eu droit à un jeu beaucoup moins décousu et approximatif qu’à l’aller. Comme quoi faire jouer des réguliers fait toute la différence.
Mapp, entre autres, a connu son meilleur match depuis qu’il porte l’uniforme bleu de l’Impact. Il a fait du bon boulot. À chaque fois qu’il avait le ballon, il créait quelque chose de dangereux. IL a beau ne finir le match qu’avec un but et une passe décisive, il reste que deux autres fois c’est sur ses tirs repoussés que les buts sont inscrits. Il reçoit régulièrement beaucoup de critiques, mais cette fois il a répondu présent. Ça mérite tout notre respect.
Pour ce qui est des critiques de la semaine passée, on peut maintenant oublier ça. Pour ce match le coach a fait tourner l’effectif comme il se doit, c’est à dire de façon plus posée. De ce fait les joueurs moins habitués tels Tissot et Lefèvre étaient bien mieux entourés et les erreurs ont été réduites. Maintenant il reste à voir comment on gérera les trois prochains matchs. Avec un match à San José, puis à New York avant de recevoir le Real Salt Lake les rotations d’effectifs seront un casse-tête pour l’Impact. À un moment donné, il faudra bien reposer Camara et Brovsky qui sont indispensables pour le moment.
Il faudra aussi que les joueurs retombent de leur nuage un peu. D’un côté une telle victoire peut te motiver et devenir une façon de se pousser, de l’autre il est aussi possible qu’elle te laisse avec la tête un peu dans les nuages. Avec un match à l’autre bout du continent contre un adversaire qui n’est pas au sommet de sa forme, mais qui reste dangereux, il faudra que l’Impact soit vraiment prêt à relever le défi.
Mon haïku du match parce qu’il faut bien rester zen:
Passion et implication Fierté et réaction Destruction et célébration
Après que l'alignement expérimental du Toronto FC ait fait mal paraître le onze à saveur de réserviste de l'Impact la semaine passée, les deux clubs se retrouvent ce mercredi pour finir ce qui a été commencé. D'un côté les Torontois et leur avance de deux buts à zéro seront confiants et n'auront qu'à fermer le jeu pour avoir la chance de continuer leur chemin. De l'autre l'Impact devra pagayer fort pour remonter le courant. D'un côté comme de l'autre l'objectif à atteindre est claire, mais la façon de le faire un peu moins.
Pour les Torontois le défi sera de tenter d'éviter le fléau qui les coule en MLS, les erreurs défensives, particulièrement celle en fin de match. Encore une fois ce week-end le TFC a échappé des points en laissant une chance à Tim Cahill d'inscrire le but de la victoire pour les Red Bulls à la 89e minute.
Pour les rouges, le plus gros ennemi pour ce match ce n'est pas nécessairement l'Impact. Le doute est plutôt ce qui pourrait faire mal à la troupe de Ryan Nelsen. Après autant de matchs se terminant par des erreurs coûteuses les défenseurs du TFC semblent jouer de plus en plus sur les talons à mesure que le match avance.
La personne qui pourrait être capable de renverser cette tendance est le gardien Stefan Frei. Substitut suite à ses problèmes de blessure, il a le talent pour être le premier gardien dans bien des clubs. Il a l'expérience et la présence requise pour pouvoir changer les autres. Le TFC comptera sur lui pour bien diriger la défense et pour inspirer ses coéquipiers. S'il connaît un bon match, l'Impact a peu de chance de l'emporter.
Pour les bleus la situation est plus embrouillée. L'objectif est simple, inscrire deux, et idéalement trois buts, tout en restant parfait en défense. La première partie du casse-tête c'est de s'assurer d'avoir une défense qui va tenir le coup. Avec Alessandro Nesta, Nelson Rivas et Matteo Ferrari non disponible, l'Impact n'aura pas le choix que d'y aller avec des substituts. Wandrille Lefèvre, avec un bon match samedi dernier pourrait bien avoir droit à une chance.
Ensuite la situation se complique quand on regarde les attaquants et les milieux. La première question est mathématique, 4-4-2 ou 4-1-4-1? De jouer avec cinq milieux est toujours une possibilité, surtout que la clé de ce système, Patrice Bernier, n'était pas partant lors du dernier match. Par contre il faut lui trouver des partenaires plus efficaces que Collen Warner et Callum Mallace pour pouvoir faire avancer le ballon vers le but.
L'autre question en est une de planification. Si on décide de jouer en 4-4-2 alors on doit se demander qui on fera jouer. Est-ce qu'Andres Romero peut faire un autre match sur l'aile ou est-ce qu'on revient avec Sanna Nyassi? Est-ce qu'on recommence avec le duo de Marco DiVaio et de Daniele Paponi ou bien si on insère Andrew Wenger? Difficile de savoir exactement comment Marco Schällibaum va jouer ses cartes.
Tout ça pourquoi? Pour avoir une chance de gagner ce satané championnat canadien qui nous échappe depuis 2008. On parle d'un petit championnat tout riquiqui qui semble facile à remporter, mais c'est une illusion. Avec quatre clubs en lice il n'y a que 25% des chances d'être le vainqueur. En plus avec seulement quatre matchs, les erreurs ont beaucoup plus de conséquences.
Tout ça si on compare avec l'objectif avoué du club, faire les séries de la MLS. Des séries où s'affrontent 10 des 19 clubs de la ligue (52,6%), et où la compétition étalée sur 34 matchs pardonne. En plus on y a le privilège d'affronter le TFC, un club qui renie tout ça et nous rend la vie plus facile en visant vers le bas. Ouaip, faire les séries c'est à la portée de quasiment tous les clubs, mais être champion national c'est un peu plus compliqué.
Après une petite pause, le onze montréalais reprenait le collier hier alors qu'il affrontait le Toronto FC dans le cadre du championnat canadien. D'entrée de jeu, et ce malgré de belles paroles, les deux clubs ont fait un pied de nez aux amateurs en alignant des onze à de départ très loin de leur formation optimale. Au bout du compte c'est Montréal qui a payé le prix de cette stratégie en étant battu par la marque de 2-0.
Si on regarde le onze partant de l'Impact on retrouve un total de cinq joueurs qui en étaient à leur premier départ avec le club cette année. Si on avait été au premier match de l'année, ça aurait été normal de voir un onze aussi vert. Par contre à ce stade-ci de la saison c'est surprenant. Un alignement aussi expérimental peut difficilement se faire valoir, même si c'était pareil de l'autre côté.
Dans de telles circonstances tout repose sur deux facteurs, éviter les erreurs et être opportuniste. C'est ce que l'Impact n'a pas fait. Avec une défense composée de deux joueurs inexpérimentés et de deux autres qui, sans rien leur enlever, ne sont pas les plus rassurants et jouent hors position, les erreurs sont quasiment inévitables. Du côté de l'opportunisme, il ne faut pas trop en demander non plus à ces joueurs. Même notre onze partant optimum n'est pas très opportunistes de puis quelques matchs. Ça augure très mal pour le match retour où il faudra marquer trois fois pour l'emporter.
En tant qu'observateur on est en droit de se demander si de mettre sur le terrain ces ondes joueurs était réellement nécessaire. Oui l'Impact commençait avec ce match une période occupée, mais le mot clé dans tout ça c'est commençait. Avec un seul match de joué en 23 jours je vois mal comment c'est pertinent de reposer des joueurs. Oui l'Impact a six matchs en 18 jours à jouer, sauf que de commencer à Toronto un mercredi puis revenir à Montréal pour jouer samedi et rejouer mercredi devrait être à la portée de tout joueur sérieux, même a 38 ans. Surtout après avoir joué une seule fois, à domicile, en trois semaines. Par la suite le quatrième match est un voyage à San Jose. C'est ce match-là où on aurait dû voir l'équipe B et je crois que tous auraient bien pris la chose. Premièrement ce n'est pas contre notre rival supposément numéro un, ensuite ce n'est pas contre un club de notre conférence non plus. Il me semble que ça aurait eu bien plus de sens.
Mine de rien, avec ce match, même s'il ne compte pas pour la MLS, l'Impact est sur une séquence de trois matchs sans victoire avec un seul but inscrit contre cinq accordés. Il faudra rapidement y voir parce que ce n'est pas des plus rassurant. Avec un onze de départ plus proche de ce qu'on a d'habitude l'occasion était belle de s'assurer de ne pas créer ce doute. À la place on a tenté une expérience et ça n'avait rien de concluant. C'était un risque que l'Impact a très mal calculé. Si les prochains matchs de ligue tournent mal, on verra ce match aller comme une occasion ratée de remettre le train sur les rails. Je ne le souhaite pas, mais ça pourrait être le cas.
Avec cette défaite l'Impact a déçu bon nombre de ses partisans. Pour moi tout ça est une question d'image et de perception. Dans le cas de l'Impact, ils tentent de projeter une image positive de ce championnat particulier en disant que c'est important. Le problème c'est qu'en regardant l'alignement proposé, la perception que les gens ont est bien différente. On dit que la rivalité avec Toronto est féroce et primordiale, pourtant ce qu'on voit au bout du compte c'est que c'est pris avec un grain de sel. Je n'ai rien contre le fait que l'Impact mise sur une compétition plutôt qu'une autre. C'est le genre de chose qui arrive. Par contre il faut être franc du côté de la direction et ne pas faire miroiter le contraire. Personne ne gagne à jouer ce jeu. Le club ternit son image, ternit l'image de son sport et de la compétition et se met à dos une partie des amateurs pour qui c'est important, plus important que les séries de la MLS. J'aurais bien cru que l'Impact avait compris ça il y a quelques années, mais on dirait bien que non.
Mon haïku du match, parce qu'il faut bien rester zen:
Je me souviens 18 juin 2009 Certains n'ont pas appris
L'Impact est arrivé mardi au pied de la tour du CN. Sauf que le club montréalais a laissé à l'ombre du Stade Olympique quelques éléments importants de son dispositif. Pas de Marco DiVaio, ni d'Alessandro Nesta et pas de Troy Perkins non plus. Tout nous permet de croire qu'on aura droit à quelques surprises cette année pour cette compétition particulière qu'est le Championnat Canadien Amway.
-Première question, quel sera le onze partant? Avec Daniele Paponi qui a signé à la dernière minute il serait étonnant de le voir comme partant. Andrew Wenger devrait donc être le titulaire à l'attaque au début du match. Selon moi ça lui fera du bien, beaucoup de bien. Il a eu du mal à trouver son rythme dans le peu de minutes qu'il a eu. Par contre l'an passé il a eu quelques départs avant d'être blessé et avait été efficace. J'espère revoir ce Wenger là.
Pour le reste on sait déjà que Bush sera le gardien partant. On peut s'attendre à une charnière centrale Ouimette-Camara et a Jeb Brovsky sur le côté. Après vos choix sont aussi bons que les miens, mais j'aimerais voir Tissot, puis je reposerais un de Arnaud ou de Bernier. Par contre je garderais Felipe sur le terrain. C'est en jouant qu'il va pouvoir retrouver la petite touche de génie qui lui manque depuis l'an passé.
-Deuxième question, est-ce que le championnat canadien est important? Selon moi tout dépend pour qui. Pour le club oui, mais pas au point de jouer un match de MLS à la maison avec des remplaçants, surtout si c'est le premier du club à la télé nationale américaine. L'image du club dans le reste de la ligue est importante et ça implique de se présenter à son meilleur pour l'occasion.
Je m'attends à ce que l'Impact tente de limiter les dégâts à Toronto et, si tout se passe bien, mette l'accent sur le match de samedi et le match retour. La saison en MLS est jeune, mais l'Association Est est compétitive. Le club a déjà dit qu'il veut faire les séries et ce n'est pas des paroles en l'air. Dans ces circonstances il faut aller chercher le plus de points samedi contre Chicago, quitte à négliger le match aller contre un club qui ne fait pas très bien cette saison.
Pour les joueurs tous les matchs sont importants et ils veulent tous les gagner, mais certains ont plus à gagner que d'autres. Ça sera le cas pour Wenger. Même chose pour ceux qui seront choisis pour jouer sur les ailes. Personne ne s’est vraiment démarqué sur les côtés du milieu cette saison et une bonne performance d'un Sanna Nyassi dans ce contexte pourrait lui valoir plus de confiance de l'entraîneur.
Troisième question, Maxim Tissot ou Denis Iapichino? Les deux sont à Toronto. Avec l'absence de Nesta, il est quasiment certain qu'Hassoun Camara sera dans l'axe avec Karl Ouimette. Jeb Brovsky devrait donc être du côté droit. Tout ça laisse la place aux deux joueurs mentionnés plus haut. Difficile de dire lequel des deux aura la chance de se faire valoir. Tissot a été meilleur au camp, mais a du laisser sa place suite à une blessure. Iapichino de son côté n'a jamais réellement impressionné dans le peu de chance qu'il a eue depuis son arrivée avec l'Impact. Les deux devraient avoir un peu de temps de jeu dans les prochaines semaines, mais le Suisse devra montrer qu'il peut être utile, car la place d'étranger qu'il prend le désavantage par rapport à Tissot.
-Quatrième question, avec l'arrivée de Paponi est-ce que Schällibaum va vouloir passer en 4-4-2? Voilà qui sera intéressant de voir dans les prochaines semaines. Avec une offensive axée quasiment uniquement sur Marco DiVaio, l'Impact est plutôt prévisible. Comme l'Italien ne peut pas tout faire tout seul, notre attaque tire un peu de la patte. De lui permettre d'avoir un partenaire devant pourrait arranger les choses. Je ne crois pas que ça va arriver ce mercredi, mais si ça ne tourne pas rond lors des deux ou trois prochains matchs ça pourrait arriver plus vite qu'on le pense.
-Cinquième question, qu'est ce qu'on fait si Bush marche sur les eaux lors des matchs du championnat canadien? Evan Bush a quasiment sauvé à lui tout seul la saison 2011 de l'Impact. Depuis il est sur le banc. Oui Perkins a vraiment augmenté le niveau de l'Impact dans les buts et oui il a un bon début de saison. Par contre il a quand même des défauts. Ça ne paraît pas sur son jeu défensif à lui, mais ses relances très mauvaises n'aident pas l'équipe. Ca complique beaucoup la construction puisqu'on part de beaucoup plus loin derrière. Bush peut se servir de ces matchs pour mettre de la pression sur le staff technique. J'ai bien hâte de voir comment tout ça va se dérouler.
-Sixième question, alors ce championnat canadien, est-ce que c'est vraiment important? Pour le club j'ai dit oui, mais pas toujours plus que les matchs de ligue. Pour les joueurs oui, mais plus pour certain que d'autres. Alors pour qui est-ce vraiment important? C'est important pour moi, c'est important pour les partisans les plus fidèles du club. Par contre pour les partisans occasionnels je ne suis pas certain que ça soit vraiment plus important.
Il suffit de voir les assistances pour les matchs de ligue par rapport au match qui permettent de gagner la Coupe des Voyageurs. C'est généralement meilleur en ligue. Même chose pour les matchs de la phase de groupe de Ligue des Champions de la CONCACAF par rapport aux matchs de ligue, autant à Montréal qu'à Toronto. L'exception c'est les matchs de quarts de finale et de demi-finale.
Pour moi un des problèmes c'est le manque de crédibilité. On a commencé avec un championnat canadien à trois clubs, il y en a maintenant quatre. Déja un championnat où tu as 33% des chances de gagner c'est n'importe quoi, on pourrait se réjouir maintenant que c'est 25% mais ca ne fait pas sérieux. En plus ce n'est plu vraiment un championnat, c'est une coupe. La différence c'est qu'un championnat c'est quand tous les clubs jouent l'un contre l'autre dans une ligue. Une coupe c'est une compétition à élimination directe. La plupart des pays ont les deux, mais pas nous.
Alors comment peut-on qualifier notre championnat (qui est une coupe)? On est loin de la FA Cup qui avait cette saison 758 clubs participants. Évidemment vous me direz que je compare des pommes et des oranges et vous avez raison. Pour voir un peu plus proche de notre compétition, on peut aller en Nouvelle-Zélande. Il y a là-bas 124 clubs qui ont participé à la compétition de coupe nationale. Vraiment plus proche on retrouve la Singapore Cup. Il y avait en 2012 16 clubs impliqués (dont 5 clubs étrangers).
Toutes ces coupes ont une chose en commun, comparativement à la nôtre aucune d'entre elles ne donne de place en ligue des champions de sa confédération. Pour autant que je sache, depuis la réforme des compétitions, il n'y a pas de pays qui envoient les gagnants de leur coupe nationale en Ligue des champions. Donc il n'y a pas de gagnant de Coupe nationale qui peut se qualifier pour la Coupe du Monde des clubs de la FIFA. À part le Canada et dans une moindre mesure, les USA.
Déjà qu'une coupe à quatre c'est ridicule, même Andorre a plus de participants à sa Coupe nationale. Le fait que celle-ci donne accès à la ligue des champions est aussi une aberration dans le monde du soccer. Il y a un exemple de pays comme nous, le Liechtenstein. Les clubs du pays jouent en championnat de Suisse. Ils ont aussi une coupe nationale. Par contre l'UEFA ne leur alloue aucune place en Ligue des Champions. C'est le seul membre de cette confédération qui n'y a pas accès. On peut se compter chanceux que la CONCACAF nous laisse une place.
Une chose qu'on entend aussi dans les médias à propos du championnat canadien c'est que c'est important parce que ça donne accès à la Ligue des Champions et que celle-ci donne de la visibilité et de la crédibilité au club à l'international. Désolé de péter votre baloune, mais c'est n'importe quoi. En partant CONCACAF et crédibilité ça ne rime pas vraiment. On parle quand même d'une confédération qui était dirigée par Jack Warner, un monsieur dont le nom est entaché de plusieurs controverses et allégations de corruption. Ensuite pour ce qui est de la visibilité, peut-être un peu chez les initiés, mais si peu. Juste comme ça, si je vous dis Séwé Sport, est-ce que ça vous dit quelque chose? Non? C'est pourtant le Champion 2012 de la Côte-D'Ivoire qui joue la Ligue des Champions d'Afrique 2013. Oui, d'y participer c'est une carte de visite pour l'Impact, par contre il ne faut pas croire que Marco DiVaio suivait la Ligue des Champions de la CONCACAF en 2008-09 et qu'il c'est dit que jouer pour de club un jour ça serait cool, pas plus que vous suivez la compétition de cette année en Afrique.
Alors en gros le championnat canadien, est-ce que c'est vraiment, réellement, important? C'est sur que c'est important. On a 25% de chance de gagner un trophée qui nous donne un accès à une compétition exotique et amusante. C'est sur que c'est important. Par contre ça n’empêche pas que c'est n'importe quoi et que ça nuit beaucoup a ce que ça soit réellement pris au sérieux et a ce que ça devienne une vraie priorité.
Depuis des années que lors de la période des fêtes Télé Québec gâte les jeunes et les moins jeunes en leur offrant des classiques. Parmi ceux-ci le petit gaulois moustachu, Astérix, prend beaucoup de place. Pour moi les 12 travaux d’Astérix est un incontournable. Ce concept des 12 travaux s’applique bien à la tâche qu’attend le nouvel entraîneur de l’Impact, Marco Schällibaum. Il n’est pas moustachu, ni petit, mais le Québec c’est un peu la Gaule version Astérix et comme le diminutif héros notre entraîneur Suisse mènera le combat. Alors de quoi auront l'air les défis qui attendent Marco Schällibaum par rapport à ceux d'Astérix?
1 Battre Mérinos à la course: Pour son premier défi, Astérix doit courir vite. Schällibaum aussi devra être rapide. Si l’Impact commence rapidement les critiques se feront entendre tout de suite étant donné la façon dont les choses se sont passées. Disons que de commencer comme Jesse Marsch, avec 5 matchs sans victoire, ne serait vraiment pas une bonne idée.
2 Lancer le javelot plus loin que Kermès le Perse: Pas de javelot à lancer pour notre entraîneur, non, Schällibaum lui devra plutôt lancer une carrière. Laquelle? On ne le sait pas encore, mais il devra lancer un des jeunes de l’Académie dans la gueule du loup. Ca sera tout un défi parce que d’intégrer une recrue dans un club comme l’Impact ce n’est pas facile.
3 Vaincre Cylindric le Germain lors d'un combat: Le combat pour Mr Schällibaum ne se fera pas sur un ring, mais plutôt sur un terrain de soccer canadien. Le TFC n’est pas invincible, on les a battus l’an passé pour la première fois. Par contre jamais on ne les a battus en championnat canadien et notre entraîneur devra réussir ça s’il veut avoir la chance d’ajouter la Ligue des Champions de la CONCACAF à ses participations à la défunte Coupe UEFA.
4 Affronter les prêtresses de l'Île du plaisir: Pas de prêtresse de l’île du plaisir pour Marco Schällibaum. Le nouveau coach aura devant lui un affrontement d’un tout autre ordre. Il devra affronter, sans perdre patience, les incompétents arbitres de la MLS. Dans certains médias on disait que Schällibaum avait un caractère bouillant, et bien son séjour en MLS sera l’occasion idéale de prouver au monde que son séjour en Asie pour la FIFA l’a rendu plus zen.
5 Soutenir l'insoutenable regard d'Iris, le magicien venu d'Égypte: L’Impact, c’est connu, est dirigé par une tête forte, Jœy Saputo. S’il ne veut pas perdre sa crédibilité, Marco Schällibaum devra être capable de lui tenir tête. Tu ne veux pas avoir l’air d’une marionnette devant tes joueurs.
6 Manger le repas préparé par Mannekenpix le Belge, le cuisinier des Titans: Pas de repas belge pour notre coach, par contre il devra d’ici au début de la saison manger du soccer de la MLS. Il devra s’asseoir et regarder des matchs de la ligue. Il devra regarder ce que l’Impact a fait, mais il devra aussi regarder ce que les autres équipes font.
7 Pénétrer dans l'antre de la Bête: La bête noire de l’Impact l’an passé c’était l’antre de nos adversaires, c’est-à-dire leur stade. Schällibaum devra trouver le moyen d’aller glaner au moins une dizaine de points de plus à l’extérieur que l’an passé. La fiche de l’Impact à l’extérieur en 2012 était de 2 victoires, 13 défaites et 3 matchs nuls pour 5 points. Si 3 de ces défaites avaient été des victoires, l’Impact aurait terminé avec 51 points. Le club aurait été à un cheveu des séries.
8 Obtenir le laissez-passer A-38 dans la Maison qui rend fou: la maison qui rend fou? C’est la MLS ça! Mr Schällibaum devra apprivoiser toutes les règles qui entourent la gestion de l’effectif dans la ligue. Évidemment on s’attend à ce que ce soit Nick deSantis qui se charge de tout ça, malgré tout c’est important que le coach sache ce qu’est le fond d’allocation.
9 Traverser un ravin sur un fil invisible, au-dessus des crocodiles du Nil: Le fil invisible, tout un défi. Pour Marco Schällibaum c’est plutôt une ligne invisible entre les différents types de joueurs à sa disposition. Il doit trouver le moyen d’avoir le respect à la fois des vétérans européens et à la fois des joueurs américains. On parle de deux types de joueurs complètement différents. Schällibaum devra naviguer au milieu de tout ça, un vrai travail d’acrobate.
10 Escalader la plus haute montagne et répondre à l'énigme du Vénérable du Sommet: Il n’y a pas une, mais bien deux énigmes à résoudre pour Marco Scällibaum. La première, l’Impact doit faire beaucoup mieux sur les actions arrêtées, autant offensives que défensives. La seconde, les fins de match. Les Montréalais doivent terminer leurs matchs en force et éviter les erreurs coûteuses dans les 15 dernières minutes.
11 Dormir sur la plaine des Trépassés: Dormir sur la plaine des trépassés c’est quoi selon vous? Pour moi c’est s’adapter à un nouvel environnement. On entend toujours que les entraîneurs étrangers ne réussissent pas en MLS, Schällibaum devra les faire mentir. Il devra entre autres comprendre qu’ici l’enjeu est différent. Pas de promotion ou de relégation. Ici le but c’est de faire le top 5 dans sa division. C’est une façon différente de voir le soccer. Un club ne peut pas se contenter en fin de saison de simplement garder sa place en 1ere division. Le combat est différent ici.
12 Participer aux jeux du cirque Maxime: Le cirque? Si on regarde la situation des entraîneurs de l’Impact ces dernières années ça ressemble effectivement à un cirque. Les coachs ne durent pas très longtemps ici. Schallibaum devra participer à ça et faire les séries dès sa première année pour avoir la chance de continuer l’an prochain. Disons que la barre est haute. Bonne chance monsieur Schällibaum.
La fin de l'année approche, la neige commence à faire son apparition et le sapin décore beaucoup de nos salons. Ce temps de rencontre et de réjouissance est le temps idéal pour s'arrêter un peu et prendre le temps de faire le point. Ce qu'on souhaite c'est de regarder derrière nous afin d'avoir une idée de ce qu'il y a devant nous. Il faudra pour ce faire regarder de quoi avait l'air le soccer au Canada avant le 1er janvier dernier, regarder ce que 2012 nous a apporté pour finalement tenter de voir ce que 2013 nous promet.
Ce bilan se fera donc en trois parties distinctes. Dans la première, celle d'aujourd'hui, on abordera en détail le portrait qu'on avait devant nous il y a un an. Dans la seconde on regardera ce que l'année 2012 nous a amené. Puis dans la dernière on tentera de voir vers où 2013 peut nous amener.
Si on commence au niveau de l'équipe nationale on constate qu'au début de l'année 2012 l'optimisme était de mise. Après une année 2010 marquée par une élimination hâtive et crève-coeur du tournoi de la Gold Cup, l'équipe senior masculine semblait aller mieux. Malgré un classement qui l'obligeait à jouer une ronde de qualification supplémentaire en vue de la Coupe du Monde de 2014, des jours meilleurs semblaient venir. D'abord l'ACS prenait au sérieux son programme masculin. Puis ces matchs de qualification en surplus contre Porto Rico, Sainte-Lucie et St-Kitts et Nevis semblaient être idéaux pour permettre à nos internationaux de combler un des problèmes récurrents auxquels ils étaient confrontés, le manque de matchs en sélection. Au final les Rouges, avec Stephen Hart aux commandes, sans être dominants ont passé cette étape sans trop de problèmes et étaient prêts à affronter le Honduras, le Panama et Cuba dans la ronde suivante en 2012.
Au niveau des clubs on avait droit en 2011 en plus du Toronto FC, à la première saison des Whitecaps en MLS, à la première saison du FC Edmonton et à la dernière saison en seconde division pour l'Impact de Montréal. Du côté des Caps, le club semblait bien bâti sur papier et jouait en début de saison un soccer intéressant à regarder. Pourtant la direction du club n'était pas satisfaite et congédia rapidement l'entraîneur Teitur Thordarson. La spirale descendante continua et Vancouver termina tout en bas du classement de la ligue.
Au Fc Edmonton la saison inaugurale semblait bien partie. L'équipe formée principalement de jeunes joueurs locaux commença de belle manière avant de ralentir au point de quasiment rater les séries à la fin de la saison. La troupe du néerlandais Harry Sinkgraven semblait tout de même sur la bonne voie pour permettre à plusieurs jeunes joueurs de vivre l'expérience de jouer professionnellement.
À Toronto l'année 2011 fut une autre année difficile. Malgré une énième victoire en championnat canadien, les choses étaient plus dures en MLS. Toutefois le club de la ville reine réussit à convaincre en fin de saison avec une belle série de matchs autant en ligue des champions où ils réussirent à se qualifier pour les quarts de finale en 2012, qu'en MLS où la troupe d'Aron Winter semblait tranquillement en mesure de faire sa place.
Finalement à Montréal la saison 2011 devait en être une de transition. L'année fut marquée par un certain renouveau de l'effectif où le club tentait de trouver du côté de la France des joueurs à faire graduer en MLS. Sur le terrain cette recette ne fonctionna pas du tout. Tellement qu'à la mi-saison deux des joueurs recrutés de cette façon étaient partis et le club avait de la difficulté à s'imposer. L'entraîneur Marc Dos Santos qui ne croyait pas avoir la confiance de la direction décida lui aussi de partir et fut remplacé de façon intérimaire par Nick De Santis. Fort d'une nouvelle vague de recrutement l'Impact se replaça un peu, mais ce fut trop peu trop tard et le club rata les séries éliminatoires.
L'Impact profita aussi de la saison 2011 pour entamer sa montée vers la MLS. Dès le mois d'août, le nouveau logo fut présenté. Un peu plus tard l'ancien assistant de l'équipe nationale américaine, Jesse Marsch, fut nommé premier entraîneur du club. Puis l'ancien défenseur de l'Inter Milan, Nelson Rivas fut le premier recrutement de l'Impact. Il fut rejoint par quelques transfuges du club de seconde division, entre autres Evan Bush et Hassoun Camara. Par contre quelques figures populaires du club de D2 furent mises de côté par le staff technique. Ce fut le cas de Philippe Billy, d'Antonio Ribeiro et d'Ali Gerba.
Au mois de novembre, l'Impact prit réellement forme en sélectionnant 10 joueurs lors du repêchage d'expansion. Parmi ces choix celui de Brian Ching attira particulièrement l'attention. L'attaquant hawaïen était une figure importante du Dynamo de Houston et avait clairement laissé entendre qu'il préférait prendre sa retraite plutôt que de changer de club. Après avoir présenté son nouveau maillot, l'Impact annonça deux autres signatures, la première fut beaucoup de bruit puisqu'elle permit au milieu de terrain Patrice Bernier de rentrer au bercail après presque dix ans en Europe. La seconde passa quasiment inaperçue, il s'agissait d'un jeune milieu de terrain brésilien issu de la D2 Suisse, Felipe Martins.
Au niveau des Québécois à l'extérieur de la province en 2011 on voyait déjà que c'était plus difficile. Olivier Occéan complétait au début de l'année sa première saison avec Offenbach Kickers en 3e division. Ses performances furent remarquées et il fut transféré au club de Greuther Furth en Bundesliga 2 en vue de la saison 2011-12. Dès l'automne il s'imposa comme étant un des meilleurs de son club en inscrivant plusieurs buts importants et en aidant le club dans sa lutte pour la promotion.
En Allemagne on pouvait aussi voir le jeune gardien Julien Latendresse Lévesque qui continuait sa progression avec Energie Cottbus. Une blessure sérieuse à un poignet vint contrecarrer ses plans au milieu de l'année et il dut être opéré ce qui le laissa sur la touche pour pratiquement toute la saison 2011-12. Toujours en Allemagne le milieu Jonathan Beaulieu Bourgault continuait sa progression avec Preussen Munster en 3e division.
Au Danemark le milieu de terrain Patrice Bernier continuait de donner un solide coup de main à Nordsjaelland avant de subir une blessure au genou. Comme il était en fin de contrat, cette embûche tombait bien mal. Avec l'Impact qui lui faisait les yeux doux, Bernier signa avec Lyngby un contrat peu contraignant pour retrouver la forme en Europe avant de décider s'il reviendrait à la maison.
En Amérique du Nord, l'année 2011 fut excellente pour le défenseur André Hainault du Dynamo de Houston. Il était un titulaire indiscutable pour un club qui termina son beau parcours en série éliminatoire en finale de la Coupe de la MLS. À Vancouver on retrouvait aussi un québécois, le milieu de terrain Philippe Davies. Malheureusement il n'eut jamais l'occasion de se faire valoir sur le terrain et il fut libéré à la fin de la saison. Le jeune Alex Surprenant connut un sort similaire après une fin de saison difficile avec le Fc Edmonton.
Finalement au niveau local la Fédération de soccer du Québec annonça ses plans pour une toute nouvelle ligue semi-pro. Le but était d'avoir, dans ce qui devait être la fierté du soccer québécois, autour de 8 clubs. Plusieurs tractations eurent lieu en coulisse à ce niveau et pour beaucoup de gens le scepticisme était de mise à l'aube de l'année 2012.
Voilà pour le portrait avant l'année 2012. Ce qu'on voit à la grandeur du Canada c'est un soccer en pleine période d'adolescence. Un soccer qui lorgne la cour des grands, mais qui n'est pas encore prêt à passer à l'âge adulte. Un soccer qui tente de grandir, mais qui n'est pas encore complètement développé.
Il y toujours plusieurs façons de juger une performance. Dans le cas qui nous concerne, c’est a dire le match aller du Championnat Canadien entre le TFC et l’Impact j’ai deux façons de voir le tout. D’un côté je suis satisfait, très satisfait même. De l’autre je suis déçu, très déçu même. Ça semble contradictoire, mais c’est très simple. Je vous explique tout ça.
Ma satisfaction me vient d’une crainte que j’avais depuis le milieu de l’été passé. J’avais sérieusement peur que l’Impact ne prenne pas au sérieux cette compétition. Deux raisons principalement me faisaient douter de la volonté du club de donner de l’importance à la conquête de la Coupe des Voyageurs. Ça commence avec l’entrée en MLS et le coût qui y est relié. Dans le raisonnement que je faisais si Jœy Saputo dépensait 40 millions de dollars pour joindre une ligue il était évident que cette ligue allait être la priorité absolue du club. L’autre facteur qui me poussait à croire que le championnat national serait mis de côté c’est le pedigree de notre coach. Jesse Marsch est une création de la MLS. Il y a joué tous ses matchs, on parle de plus de 300 matchs pour plus de 10 ans. J’avais de la misère à croire qu’il mettrait réellement de l’importance sur autre chose. Finalement je m’en suis fait pour rien. Je croyais qu’on aurait droit à l’équipe B, mais ce ne fut pas le cas. De ce côté-là, je suis plus que satisfait.
Du coté de la déception, c’est bien évident que notre équipe, A ou B aurait du gagner ce match-là. Le TFC est venu ici pour faire du camping dans sa zone. On aurait dit une bande de louveteaux qui suivait son guide, le gardien Milan Kocic. Chaque petit jouer en rouge et blanc avait son petit travail défensif a faire et quand ça sentait le roussi un peu Kocic sortait un bel arrêt pour tuer la menace de Montréal. En même temps l’Impact est responsable de son sort. On a bien mis de la pression sur eux, mais dans un cas comme celui-là il faut plus que juste pousser pour marquer. Il faut réellement créer des occasions, être imaginatif, avoir une petite touche de génie. Le problème c’est qu’on n’a pas d’artiste du côté offensif dans notre club. Quand au début de saison Jeb Brovsky disait qu’on avait une équipe de col bleu, il ne se trompait pas. On en a eu une belle démonstration hier.
Sur les ailes on avait Arnaud et Neagle. Le premier est avant tout un grand travailleur avec du leadership et le second peut faire des centres incroyables, mais il a besoin d’avoir du temps. Au milieu il y a un autre travailleur, Warner et Felipe qui est un joueur plus physique qui joue trop lentement et qui est incapable de tirer sur le but. Finalement devant Nyassi n’est pas vraiment un attaquant et autant lui que Corradi se retrouvent trop souvent a jouer dans les plates-bandes des milieux de terrains parce que ceux-ci ne leurs donnent pas des ballons qui leur permettrait d’être dangereux.
Au moins notre défense a été irréprochable. Ricketts a été rassurant quand il a été sollicité, Brovsky et Wahl ont fait du beau boulot, Thomas a bien commis un petit impair sur un ballon vers Ricketts, mais ce n’était rien de grave et Ferrari porte vraiment bien son nom, c’est un défenseur de grand luxe. Mine de rien après 8 matchs où l’Impact a abandonné un but, le club a maintenant une séquence de 2 jeux blancs de suite pour 198 minutes. Hier ils n’avaient pas beaucoup de mérite, mais ça compte quand même.
Maintenant il faudra élever notre jeu d’un cran mercredi prochain. Il faut absolument marquer chez eux. Il faut aussi oublier ce que le TFC nous a montré hier. Le club qu’on verra au BMO Field sera certainement plus entreprenant et plus offensif. Avec en plus un duel contre la meilleure équipe de la MLS samedi l’Impact aura beaucoup de boulot à abattre lors des 7 prochains jours. Ça ne sera pas simple.
Mon haïku pour le match d’hier:
pas d’artiste pour le TFC pas d’artiste pour l’Impact c’est plus créatif derrière le but
|