Pendant que nos adversaires se préparent à se battre pour les précieuses places en Coupe de monde, le Canada a les yeux sur un autre objectif, la Gold Cup de cet été. Les Rouges sont présentement au Qatar en vue de deux matchs amicaux contre le Japon et le Bélarus. Mais avec l’élimination crève-cœur de l’an passé, le Canada se présente pour ces matchs avec un club en pleine transition.

Le premier point à noter est que le Canada se retrouve au Qatar sans entraîneur. Stephen Hart est parti et son remplaçant n’a toujours pas été nommé. Après avoir donné les rennes du club au sélectionneur du FC Edmonton Colin Miller pour le camp hivernal du mois de janvier, le directeur technique Tony Fonseca à choisi de lui même prendre la responsabilité de mener le groupe pour les deux matchs du Canada. C’est très intéressant de voir que l’ACS ne se presse pas pour remplacer l’ancien sélectionneur. L’équipe a un grand besoin d’un homme de qualité pour pouvoir replacer le train sur les rails. Il faut un homme avec de l’expérience et du leadership. Trouver ce genre d’homme prend du temps et s’il faut en attendant confier l’équipe à d’autres personnes c’est un moindre mal.

Du côté de l’effectif choisi pour ces deux matchs on trouve un mélange de jeunes et de vétérans qui jouent pour la plupart en Europe. Encore une fois le milieu de terrain Atiba Hutchinson sera un des leaders de l’équipe. Le défenseur droit du PSV Eindhoven qui a 62 sélections vient tout juste d’avoir 30 ans. Il a les outils pour être un mentor vis-à-vis des jeunes du club en vue des qualifications pour la Coupe du Monde de 2018. À ses côtés on retrouvera Julian DeGuzman qui aura 32 ans le 25 mars. Sa sélection me laisse un peu perplexe. Il était un joueur de qualité, mais son séjour en MLS n’a pas été fructueux et on peut se demander s’il est vraiment quelqu'un sur qui on veut miser pour le futur.

Du côté des plus verts, il faut noter la présence du gardien Tomer Chencinski. Le portier du Macccabi Tel-Aviv n’a jamais été sélectionné auparavant. Il a un parcours plutôt atypique avec en début de carrière un passage au TFC, suivi d’un séjour en Moldavie puis un détour par la Finlande et la Suède. Il aura aussi avec lui le jeune attaquant de 21 ans Stefan Cebara. Cebara est né en série et a émigré au Canada à l’âge de 6 ans. Il a été formé en partie en Serbie et a commencé sa carrière professionnelle en Hongrie. Cette année il évolue avec le club de Celje en Slovénie.Au total 9 joueurs sur 21 ont moins de 10 sélections avec l’équipe nationale.

Du coté des Québécois on retrouve deux joueurs, Samuel Piette qui vient de signer avec le Fortuna Dusseldorf en Allemagne et André Hainault qui vient de signer avec Ross County en Écosse. Les deux joueurs vivent avec leurs clubs respectifs des destins à l’opposé. Piette est sur une lancée présentement. Signé alors qu’il n’avait que 17 ans et qu’il n’avait pas le droit de jouer en matchs officiels, Piette a vraiment franchi plusieurs étapes depuis qu’il a eu 18 ans en novembre dernier. Il a commencé par jouer son tout premier match avec les U19 en décembre dernier avant de graduer la semaine passée avec l’équipe de réserve qui évolue dans la division Ouest de la Regionalliga Allemande (4e division).

Hainault, de son côté, a plus de misère. Après avoir perdu la faveur de Dominic Kinnear à Houston, il visait un nouveau départ en Écosse. Malheureusement la guigne l’a suivi jusque là-bas. Des délais dans l’obtention de la paperasse requise pour officialiser son transfert lui ont mis des bâtons dans les roues. Au retour de la pause hivernale, Ross County était un des pires clubs d’Écosse. Par contre entre le moment où Hainault est arrivé avec le club et celui où il a été disponible pour jouer, son club s’est replacé et Hainault n’a pas eu la chance de réellement compétitionner pour un poste. Depuis son arrivée à la fin janvier, il n’a joué que 4 minutes avec la première équipe.

À la base on pourrait croire que ces matchs ne sont pas vraiment utiles pour le Canada. La sélection a des besoins pressants, besoin d’un coach, besoin d’un plan, besoin d’une vision… Ces matchs ne remplissent aucun des ces besoins. Par contre il ne faut pas oublier qu’il y a des joueurs qui forment cette équipe et qu’ils ont besoin de jouer de temps à autre. Surtout qu’il y en a un bon paquet qui sont plutôt jeunes et pour qui l’expérience à ce niveau n’a pas de prix. Il ne faut pas négliger non plus la Gold Cup. Cette compétition souffre d’un grave problème de crédibilité pour toute sorte de raison, malgré tout ça reste très important pour le Canada. De jouer autant de matchs en peu de temps ne peut qu’être bénéfique pour nos plus jeunes joueurs. Ce sera aussi l’occasion pour l’éventuel successeur de Stephan Hart de vraiment commencer son travail avec la sélection. Ce n’est pas tous les jours que tu peux avoir les joueurs ensemble pendant deux à trois semaines. Espérons simplement que ce successeur sera nommé d’ici là…

Le Canada affrontera le Japon le vendredi 22 mars, le match sera disponible sur le site Internet de Sportsnet. Par la suite le Canada jouera contre le Bélarus le lundi 25 mars.

CANADA

GK- Milan Borjan | TUR / Sivasspor
GK- Tomer Chencinski | ISR / Maccabi Tel Aviv
CB- David Edgar | ENG / Burnley FC
CB- André Hainault | SCO / Ross Country FC
CB- Dejan Jaković | USA / D.C. United 
CB- Adam Straith | GER / FC Saarbrücken
FB- Marcel de Jong | GER / FC Augsburg
FB- Ashtone Morgan | CAN / Toronto FC
M- Kyle Bekker | CAN / Toronto FC
M- Samuel Piette | GER / Fortuna Düsseldorf
M - Julian de Guzman | GER / SSV Jahn Regensburg
M- Atiba Hutchinson | NED / PSV Eindhoven
M- Will Johnson | USA / Portland Timbers FC
M- Nik Ledgerwood | SWE / Hammarby Fotboll
M- Pedro Pacheco | POR / CD Santa Clara
M- Issey Nakajima-Farran | CYP / AEK Larnaca FC
F- Stefan Cebara | SVN / Nogometni Klub Celje
F- Randy Edwini-Bonsu | GER / Eintracht Braunschweig
F- Marcus Haber | ENG / Stevenage FC
F- Simeon Jackson | ENG / Norwich City FC
F- Tosaint Ricketts | NOR / Sandnes Ulf

 
 


Je suis canadien. Seulement canadien. Pas français, ni brésilien. Pas italien, ni japonais. Uniquement canadien. Mon premier réel souvenir d'une Coupe du Monde de soccer remonte à 1994. Celle aux États-Unis. Probablement parce que comme ce n'était qu'à quelques kilomètres au sud ça a reçu un peu plus de couverture médiatique que les éditions précédentes. Évidemment depuis 1994 le Canada n'a jamais participé à une Coupe du Monde. Ce qui veut donc dire que je n'ai aucun souvenir du Canada en Coupe du Monde.

Par contre je me rappelle très bien du Canada en Coupe du Monde U20. Mon intérêt pour le soccer est réellement né en 2004. Par conséquent je me souviens très bien de la Coupe du Monde U20 de 2005. Je me rappelle de la bévue du gardien Josh Waagenar qui s'était perdu en dehors de sa surface offrant ainsi un but à la Syrie qui a coûté deux points et une place en ronde des 16 au Canada. Je me rappelle aussi de Jonathan Beaulieu Bourgault qui prend la place du gardien Asmir Begovic sur la pelouse du BMO Field à Toronto en 2007 suite à un carton rouge. Depuis ce temps-là il n'y a plus rien à se souvenir. Après avoir été humilié lors de sa Coupe du Monde à la maison, le Canada n'a jamais réussi à se qualifier de nouveau. Lors des qualifications pour la Coupe du Monde 2011, les Rouges avaient terminé au second rang de leur groupe et c'était incliné 3-0 contre le Mexique.

Le Canada n'a pas eu que des mauvais résultats à cette compétition. En 1997 les Rouges se sont qualifiés pour la ronde des 16. À cette occasion ils ont perdu 2-0 contre l'Espagne. Cette année-là l'équipe canadienne comptait sur Paul Stalteri, Dwayne DeRosario, Richard Hastings et Jason Bent. En 2003 c'est encore l'Espagne avec Andres Iniesta qui a éliminé le Canada, cette fois en quart de finale. Auparavant les Rouges avaient battu le Burkina Faso en ronde des 16. Cette équipe comptait plusieurs noms connus dans ses rangs. Il y avait le défenseur David Edgar, les milieux Nik Ledgerwood, Josh Simpson, Iain Hume et Atiba Hutchinson. Il y avait aussi quelques joueurs de l'Impact, Andres Arango et Jason DiTullio. Tout ça pour dire que le Canada a déjà connu du succès par le passé à ce tournoi.

Encore une fois, avec les seniors éliminés pour la prochaine Coupe du Monde, il ne reste que nos jeunes pour nous contenter du côté des hommes. Pour les U20 c'est maintenant que ça se joue. C'est cette semaine que commence le camp de préparation pour les joueurs choisis par Nick Dasovic. Ce camp sera suivi par le tournoi de qualification qui attribuera les 4 places disponibles pour la Turquie. Parmi les joueurs présents, il y a sept Québécois dont trois membres de l'Académie de l'Impact, Maxime Crépeau, Anthony Jackson Hamel et Zak Messoudi. Ils seront accompagnés de deux anciens de l'Académie (Marco Lapenna qui évolue en Allemagne et Alessandro Riggi qui joue au Portugal) en plus d'un jeune du FC Edmonton (Allan Zebie) et de Samuel Piette (qui évolue lui aussi en Allemagne).

Le tournoi de cette année est un peu particulier. Chaque club est dans un groupe de trois pays et doit jouer une fois contre chacun de ses adversaires. Le Canada est avec Cuba et le Nicaragua dans le groupe B. techniquement cette étape ne devrait pas trop jouer de tour aux jeunes canadiens. Par la suite les petits Rouges se frotteront en quart de finale à un club du groupe A. Ça sera soit Haïti, le Costa Rica ou les États-Unis. Le gagnant de ce match suicide passera en demi-finale et sera un des quatre clubs qualifiés pour la Coupe du Monde de Turquie. Pour le Canada ça veut quasiment dire que la qualification se jouera sur un seul match. Les matchs de groupes ne devraient pas causer de problèmes à nos jeunes et ils retrouveront probablement les États-Unis ou le Costa Rica à l'étape suivante. On parle ici de deux équipes de qualités qui peuvent elles aussi viser la qualification. Ce match sera crève-cœur pour un des pays impliqués. En théorie le Canada doit être vu comme étant un des favoris. Quasiment la moitié de cette équipe a participé à la dernière Coupe du Monde U17. De plus la formation canadienne a fait une préparation impeccable au cours de la dernière année avec plusieurs camps d'évaluations autant en Amérique du Nord qu'en Europe. Lors de ces camps, le Canada en a d'ailleurs profité pour battre ses deux plus dangereux adversaires, les américains et les costaricains. 

Sur le terrain la clé pour la formation canadienne sera le milieu de terrain. C'est à cette position que les joueurs les plus talentueux se trouvent. Si Samuel Piette, Keven Aleman (ancien de l'Académie du TFC maintenant en Espagne) et Bryce Alderson ( Whitecaps de Vancouver) réussissent à s'imposer au milieu de terrain le Canada sera en bonne position. Du côté défensif il faudra surveiller le travail de Doneil Henry (Toronto FC) et du gardien Maxime Crépeau. Finalement Caleb Clark (Whitecaps de Vancouver) devrait être un maillon important de l'offensive du club. 

Pour le Canada la compétition commence le 18 février avec le match contre Cuba avant de se continuer le 22 février face au Nicaragua. L'autre match du groupe entre Cuba et le Nicaragua se jouera le 20 février. Les quarts de finale auront lieu les 26 et 27 février. Tous les matchs devraient être disponibles sur internet via le site internet de la CONCACAF. Pour le moment il semble que les demies finales et la finale seront télévisées sur le réseau Sportsnet. 

 
 
Mardi matin au camp d’entraînement de l’Impact le milieu Patrice Bernier n’a pas voulu se mouiller à prédire le score du match entre les USA et le Canada, il a toutefois souhaité espérer ne pas voir son pays se faire humilier. Parce qu’une humiliation était vraiment possible, d’un coté les USA qui sont , résultats à l’appui, bien meilleur que nous, de l’autre une formation canadienne qui ne ressemble à rien de ce qu’on a vu auparavant. Sauf que des fois la logique prend simplement une tangente qu’on n’avait pas prévu. C’est comme ça que le Canada a réussi à contenir les efforts maladroits des USA pour récolter un autre match nul de 0-0 face à nos voisins du sud.

Honnêtement j’espère que vous n’avez pas regardé ce match. Il y avait là de quoi vous faire haïr le soccer. C’était le match typique du mois de janvier entre deux équipes qui sont hors saison. On n’a pas vu de construction, pas vu de beau jeu, on a vu beaucoup d’approximations. Au final les vertes recrues canadiennes n’ont pas en trop de misères devant des Américains qui ont fait une parfaite démonstration de ce qu’est la possession stérile. Être un citoyen américain je me poserais de sérieuses questions sur mon club.

Du coté canadien la paire de Dejan Jakovic et Nana Attakora Gyan a bien fait. Ils ont été comme le bambou, ils ont plié un peu, mais n’ont pas cassé. Le seul québécois du club, Jonathan Beaulieu Bourgault a été correct lui aussi. Il évoluait à la position de milieu défensif et je ne me rappelle pas avoir entendu son nom de la soirée. Ça doit vouloir dire qu’il n’a pas fait d’erreur. Par contre du côté offensif on n’a rien vu, ni de sa part ni de la part des autres. De Rosario a bien eu une chance en début de partie, mais c’est à peu près tout.

Ce qui sera réellement intéressant à suivre c’est de voir quelle trajectoire prendront les joueurs canadiens suite à ce camp. D’un côté il y a les joueurs qui sont sans club, Beaulieu Bourgault, le gardien Simon Thomas, et le milieu Evan James. Ont-ils réussi, avec ce camp, à attirer l’attention d’un club? Puis il faudra aussi surveiller Mason Trafford qui a un essai avec les Sounders de prévu à son horaire et Nana Attakora Gyan qui est aussi en négociation avec la MLS pour la saison 2013. Il sera aussi intéressant de voir si certains des joueurs présents la semaine dernière sont du match contre le Japon en mars prochain et avec quel entraîneur ils se retrouveront. En attendant, le Canada peut maintenant se tourner vers les choses plus sérieuses telles les qualifications pour la coupe du monde U20 de cet été.

Mon haïku pour le match d’hier parce qu’il faut bien rester zen:

Les moutons? c’est terminé,
À l’avenir pour m’endormir,
Je compte les Américains et les Canadiens

 
 


C'est samedi dernier, en Arizona, que le Canada jouait son premier match amical de 2013. L'adversaire pour l'occasion était le Danemark. Comme il fallait s'y attendre, la sélection canadienne, dirigée par l'entraîneur par intérim Colin Miller et formée de plusieurs joueurs avec peu d'expérience au niveau international n'a pas réussi à contenir les ardeurs du Danemark et c'est incliné par le score de 4-0. Le joueur danois Andreas Cornelius a inscrit un triplé pour les vainqueurs alors que six joueurs canadiens ont effectué leur première présence pour les Rouges, soit Kyle Bekker du TFC et Philippe Davies des Kickers de Richmond ainsi que Simon Thomas, Kyle Porter, Mason Trafford et Evan James qui sont sans club.

Pour que vous puissiez vous faire une idée du fossé qui sépare les deux nations, j'ai compilé quelques données à propos du soccer dans les deux pays. Première chose à considérer, le Danemark est un petit pays. On y retrouvait selon les données de 2005 un peu plus de 5,5 millions d'habitants. Le Québec à lui tout seul est plus peuplé. Au niveau soccer on peut observer au Danenark une ligue de première division qui compte 12 clubs. Parmi ces 12 clubs, on dénombre un grand total de 224 joueurs Danois. Il faut aussi noter que parmi les entraîneurs de ses 12 clubs seulement 3 sont étrangers. Les 9 autres sont originaires du Danemark.

En comparaison le Canada c'est le tiers monde. Pour notre population qui est plus du quintuple du Danemark, on ne trouve ici que quatre clubs professionnels, l'Impact de Montréal, le Toronto FC, le FC Edmonton et les Whitecaps de Vancouver. Pour le moment il y a 2 Canadiens à Montréal, 6 au TFC, 3 à Vancouver (en excluant Alain Rochat qui est Suisse) et 12 au FC Edmonton. Le grand total est donc pour le moment de 23 joueurs professionnels au Canada. De plus un seul des entraîneurs est d'origine canadienne.

J'aime bien voir, par les temps qui courent, le Canada se faire brasser un peu au niveau international. Ça permet de faire une remise en question. Pas que nous étions meilleurs avant, c'est juste qu'aujourd'hui, avec 3 clubs de MLS répartis d'un océan à l'autre, les problèmes de notre soccer ont plus de visibilité. Pour moi cette visibilité, associé aux succès récents du volet féminin, met de la pression sur l'ACS afin de régler le problème. Je ne crois pas que ce soit nécessaire de regarder derrière. Il faut aller de l'avant sans tarder. L'ACS doit aussi arrêter de chercher un remède miracle. À l'étape où on est, n'importe quelle solution qui fait bouger les choses un peu est meilleure que le statu quo. De toute façon il ne faut pas non plus exagérer. On a beau avoir eu droit à une raclée au Honduras, il ne faut pas grand-chose pour nous ramener à leur niveau. Avec un peu de direction au sommet de la pyramide il serait possible de remettre le train sur les rails assez rapidement. Est ce que ça serait assez pour atteindre la Coupe du Monde en 2018? Pas nécessairement, mais l'objectif doit être a la mesure du défi. Si on pouvait commencer par être compétitif, ça serait déjà ça.

Pour ce qui est du match en tant que tel, il n'y a pas grand-chose a dire. Le Canada a paru désorganisé tout au long de la partie. C'est quelque chose de normal pour un club qui est composé au trois quarts de joueurs qui n'ont jamais réellement joué à ce niveau avec un coach qui n'est là que de façon temporaire. Il reste qu'on a vu une défense lente à réagir et une attaque sans réelle créativité. Ce sont là tous les ingrédients pour avoir droit à un autre match difficile contre les États-Unis mardi. Éventuellement le Canada mettra un plan en place pour redresser la situation, mais en attendant pour le fan du sport au Canada c'est difficile. Que voulez-vous, on ne peut pas faire d'omelettes sans casser des œufs.

Mon haïku du match, parce qu'il faut bien rester zen:

Le Canada a trébuché en pleine course
Ça ne donne rien de courir en sandale
Pour l'heure il faut se relever et marcher

 
 


L'équipe nationale senior s'apprête à jouer ses deux premiers matchs depuis la cuisante défaite de 8-1 subie au Honduras. Peu de temps a passé depuis ce match, mais si on regarde le portrait que nous présente la sélection nationale on peut voir quelque chose de complètement différent. On verra contre le Danemark et les États-Unis le début de la formation de notre nouvelle équipe nationale. 

Tout commence a la tête du programme. L'ACS a nommé, à la fin de l'automne dernier, un tout nouveau directeur technique. Il s'agit de Tony Fonseca. Monsieur Fonseca est à l'emploi de l'ACS depuis plusieurs années. Il était, le printemps dernier, à la tête de l'équipe nationale U23 qui a failli se qualifier pour les Jeux olympiques de 2012. Il a aussi été adjoint au niveau senior. Avant de rejoindre l'ACS, il a dirigé les 86ers de Vancouver au début des années 2000. Avant de se retrouver sur les lignes de côtés, il a joué pour plusieurs clubs au Portugal, dont le Benfica, il a terminé sa carrière en 2001 comme membre des 86ers. Le poste de directeur technique avec l'équipe nationale est crucial. Il a comme tache d'implémenter une vision a tout les niveaux au Canada, autant au niveau des entraîneurs et de leur formation, du développement des jeunes, de l'encadrement de l'élite, en gros il est en charge de pas mal tout ce qui est soccer au Canada. Un petit boulot tranquille quoi.

Sa première tache a ce niveau fut de trouver quelqu'un pour remplacer Stephen Hart qui a démissionné après la débâcle au Honduras. Il a choisi quelqu'un qui a déjà occupé ce poste, Colin Miller. Miller est un Canadien d'origine écossaise qui a joué une bonne partie de sa carrière comme défenseur en Écosse avec Hamilton Academical et Dumferline. Il a aussi passé deux saisons avec les Rangers et a joué dans la défunte Canadian Soccer League avec Hamilton et Toronto. Au niveau international il a représenté le Canada plus de 60 fois. Comme entraîneur il a dirigé Hamilton Academical tout en étant sur le terrain en fin de carrière. Il a aussi été assistant avec Derby County. Il a eu le rôle d'assistant avec l'équipe nationale et a dirigé la sélection de façon intérimaire suite au congédiement de Holger Osiek. Par la suite il a occupé différents postes chez les Whitecaps de Vancouver, dont celui d'entraîneur des U23 en PDL. Plus récemment il a été nommé entraîneur du FC Edmonton en NASL.

J'avoue que j'aime bien cette nomination. Tout d'abord Fonseca a engagé quelqu'un qui ne faisait plus partie de l'ACS depuis un bout. Ça permet d'amener une vision extérieure. Par contre Miller est très impliqué au niveau du soccer canadien. Il connaît déjà le portrait qu'il a devant lui et est capable de prendre la place rapidement. Comme un des impératifs est de rajeunir l'équipe Miller est un candidat idéal étant donné son expérience avec l'équipe U 23 des Whitecaps. Le seul bémol c'est que Colin Miller venait tout juste d'être nommé entraîneur du FC Edmonton et que par le fait mène il ne sera à la barre de l'équipe que pour le présent camp et les deux matchs au calendrier. Le Canada rejouera un autre match mars, cette fois au Qatar contre le Japon et Fonseca devra trouver quelqu'un d'autre pour diriger l'équipe a ce moment-là.

Du côté de l'effectif on a droit à un paquet de joueurs qui commencent leur carrière qui sont appuyés par quelques vétérans. Du coté des joueurs québécois les élus sont Philipe Davies qui jouait l'an passé avec les Kickers de Richmond ainsi que Jonathan Beaulieu Biurgault qui est toujours à la recherche d'un club. Sinon il faut noter l'inclusion des vétérans Lars Hirschfeld (34 ans), Dwayne DeRosario (34 ans), Terry Dunfield (30 ans), Tosaint Ricketts (25 ans) et Nik Ledgerwood (28ans). Il faut aussi noter que 11 joueurs en seront a leur première sélection s'ils foulent le terrain, il s'agit des gardiens Simon Thomas et Roberto Stillo, des défenseurs Andres Fresenga et Mason Traford, des milieux Kyle Bekker, Philippe Davies, Manny Gomez et Matt Stinson et des attaquants Frank Jonke, Evan James et Kyle Porter.

La première chose qu'on constate c'est que c'est un groupe qui a très peu d'expérience. En plus des 11 recrues, il y a 5 joueurs qui ont joué moins de 10 fois en sélection. C'est un mal nécessaire. Avec l'élimination du Canada de la course pour Coupe du Monde 2014 il faut procéder à un renouveau de l'effectif avec en tête la Coupe du Monde 2018. Dans cette optique tout joueur qui a aujourd'hui plus de 30 ans est un peu inutile. C'est pourquoi je ne suis pas tout à fait d'accord avec les choix de Dwayne DeRosario, de Lars Hirschfeld et de Terry Dunfield. Certains diront que d'avoir des vétérans pour encadrer les jeunes c'est bien, mais moi je crois plutôt que d'avoir ces vétérans sur place empêche une nouvelle génération de leader de prendre sa place.

Ce camp aurait été l'occasion idéale de laisser des joueurs tels Nik Ledgerwood, Dejan Jakovic et Tossaint Ricketts prendre le devant de la scène, leur donner plus de responsabilités. À la place on a fait, selon moi, les choses à moitié en laissant l'équipe sous l'influence des mêmes vétérans qui échouent coup sur coup depuis dix ans. Sans compter que je ne suis pas certain que l'influence d'un joueur tel DeRosario, malgré tout son talent, soit si positive que ça. On a entendu beaucoup de rumeurs à propos de son attitude avec le TFC, comme quoi il n’était pas trop dérangé par la défaite, puis il y a aussi tout son chialage à propos de son salaire. Pour moi le principal problème avec DeRosario c’est que c’est un de nos meilleurs joueurs et qu’il est encore en MLS. Nos meilleurs joueurs doivent avoir l’ambition de jouer ailleurs, ils doivent trouver une façon de se placer dans un contexte où ils seront en compétition pas juste avec les autres clubs, mais aussi avec leur propre coéquipier. Nos meilleurs doivent bosser à briller dans un environnement plus compétitif que la MLS.

Une autre chose qu'on remarque tout de suite c'est la présence de 3 joueurs qui sont sans clubs, Evan James, Jonathan Beaulieu Bourgault et Simon Thomas en plus de 2 autres qui sont a la recherche d'un nouveau contrat, soit Mason Trafford et Kyle Porter. Pour bien des gens, cette situation est inacceptable. Ils se disent qu'un joueur qui n'est pas capable de se trouver un club ne devrait pas jouer en équipe nationale. De mon côté je pense un peu le contraire. Il faut comprendre que les débouchés sont rares pour les clubs canadiens et que s'ils ne réussissent pas à l'étranger ils n'ont pas beaucoup d'opportunités au niveau local. Dans cette optique un match en équipe nationale représente une excellente occasion de montrer son savoir-faire. Par exemple un joueur comme Jonathan Beaulieu Bourgault pourrait attirer l'attention d'un club danois ou américain s'il fait de bonnes performances à ce camp. C'est le genre de chose qui pourrait lui valoir un essai quelque part. Pour un joueur comme lui, c'est une belle occasion.

La dernière chose que je remarque à ce camp c'est le fait qu'aucun joueur du FC Edmonton n'a eu d'invitation. Il y a bien Porter, mais comme je l'ai dit il est sans contrat et s'il trouve mieux il ne retournera pas avec le club. Pour moi il manque à ce club Shaun Saiko au milieu de terrain. Il aurait facilement pu prendre la place d’un DeRosario. Il n’est pas aussi talentueux, mais il pourrait être utile à la sélection bien plus longtemps que DeRosario. Les défenseurs Paul Hamilton et Antonio Rago auraient aussi pu être appelés. Le premier a fait partie de l’équipe d’étoile de la NASL l’an passé et le second a aussi connu une excellente saison. Disons que si j’étais paranoïaque je dirais qu’il y a là de quoi faire une belle théorie du complot. Le nouveau coach du FC Edmonton ne sélectionne aucun de ses joueurs, méritants, pour un camp de l’équipe nationale? Est-ce qu’il préfère les avoir frais et dispo pour son camp qui commence tout juste après? Est-ce qu’il préfère ne pas trop les montrer pour garder leur valeur à son plus bas? Peut être que j’exagère, mais il reste que je trouve ça bizare.

Au bout du compte il reste que je suis très content de voir ces deux matchs pour le Canada. Ça sera l’occasion de combler votre fix de soccer plus local étant donné qu’il sera possible de voir les deux matchs. Le premier entre le Danemark et le Canada sera disponible en streaming sur le site Internet de Sportsnet. Il sera joué samedi à 15h. Le second contre les USA sera disponible à la télé sur un des réseaux de Sportsnet. Ce match sera joué en direct du BBVA Compass Stadium de Houston en direct`mardi soir à 21h. Ce ne sera pas l’Impact, mais ça devrait combler mon besoin de soccer local d’ici au premier match de l’Impact.

Les joueurs:

CANADA

1- GK- Lars Hirschfeld | NOR / Vålerenga Fotball
2- M- Nik Ledgerwood | SWE / Hammarby Fotboll
3- FB- Ashtone Morgan | CAN / Toronto FC
4- CB- Nana Attakora | FIN / FC Haka
5- CB- Dejan Jaković | USA / D.C. United
6- M- Philippe Davies | USA / Richmond Kickers
7- M - Terry Dunfield | CAN / Toronto FC
8- CM- Kyle Bekker | CAN / Toronto FC
9- F- Tosaint Ricketts | NOR / Sandnes Ulf
10- F- Frank Jonke | FIN / FF Jaro
11- M - Russell Teibert | CAN / Vancouver Whitecaps FC
12- M- Jonathan Beaulieu-Bourgault |
13- CB- Doneil Henry | CAN / Toronto FC
14- M/F- Dwayne De Rosario | USA / D.C. United
15- M- Emmanuel Gomez | ARG / Club Atletico Griffa
16- M - Matt Stinson | CAN / Toronto FC
17- F- Kyle Porter | CAN / FC Edmonton
18- GK- Roberto Stillo | ITA / Genoa CFC
19- M- Evan James | 
20- D- Mason Trafford | FIN / IFK Mariehamn
21- FB- Andrés Fresenga | URU / Racing Club de Montevideo
22- GK- Simon Thomas |

CANADA A-Z

Attakora, Nana | 1989 | Brampton, ON, CAN & Orangeville, ON, CAN | Brampton SC
Beaulieu-Bourgault, Jonathan | 1988 | Île Bizard, QC, CAN | Lac St-Louis
Bekker, Kyle | 1990 | Oakville, ON, CAN | Oakville SC
Davies, Philippe | 1990 | Longueuil, QC, CAN | St-Hubert
De Rosario, Dwayne | 1978 | Scarborough, ON, CAN | Scarborough Blizzard
Dunfield, Terry | 1982 | Vancouver, BC, CAN | Point Grey
Fresenga, Andrés | 1992 | Toronto, ON, CAN | Toronto Argentina
Gomez, Emmanuel | 1987 | Victoria, BC, CAN |
Henry, Doneil | 1993 | Brampton, ON, CAN | Ontario Youth Soccer
Hirschfeld, Lars | 1978 | Edmonton, AB, CAN |
Jaković, Dejan | 1985 | Etobicoke, ON, CAN |
James, Evan | 1990 | Mississauga, ON, CAN | Mississauga SC
Jonke, Frank | 1985 | Pickering, ON, CAN |
Ledgerwood, Nik | 1985 | Lethbridge, AB, CAN | Lethbridge Cosmos
Morgan, Ashtone | 1991 | Toronto, ON, CAN | West End United
Porter, Kyle | 1990 | Mississauga, ON, CAN | North Mississauga SC
Ricketts, Tosaint | 1987 | Edmonton, AB, CAN | Edmonton Juventus
Stillo, Roberto | 1991 | Mississauga, ON, CAN | Erin Mills SC
Stinson, Matt | 1992 | Toronto, ON, CAN | Armour Heights SA
Teibert, Russell | 1992 | Niagara Falls, ON, CAN | Niagara Falls SC
Thomas, Simon | 1990 | Victoria, BC, CAN | Bays United SC
Trafford, Mason | 1986 | North Vancouver, BC, CAN |


 
 


L’Impact est un club de MLS, évidemment il est soumis aux règles de la MLS. Par contre comme c’est un club canadien il est aussi soumis aux règles de l’Association canadienne de Soccer. À cause de cela l’Impact se doit d’avoir parmi ses joueurs sous contrat un minimum de 3 joueurs canadiens. L’an passé le club avait au départ 4 joueurs du Canada, soit Patrice Bernier, Greg Sutton, Eduardo Sebrango et Evan James. Le jeune Karl Ouimette s’est ajouté au quatuor en cours de route. Avec les départs de Sutton et de Sebrango à la retraite et le non-renouvellement du contrat de James, l’Impact doit maintenant trouver un nouveau joueur canadien. À l’aube du Superdraft, observons qui pourraient être les candidats pour ce poste de 3e Canadien avec l’Impact de Montréal.

La première option pour l’Impact serait de simplement repêcher un Canadien au Superdraft. Avec 4 choix dans les deux rondes, ça ne devrait pas être trop complexe. La ligue organise toujours des sessions tout juste avant le repêchage où les joueurs peuvent montrer ce qu’ils peuvent faire aux équipes de la ligue. On appelle ça le Combine. Cette année il y a trois joueurs nés au Canada au Combine, Kyle Bekker, Emery Welshman et Drew Beckie. À cela il faut ajouter 2 joueurs qui ont le statut de résidents canadien, Ashton Bennett et Kofe Opare. Bekker et Welshman sont les deux joueurs les mieux cotés. Bekker en particulier pourrait bien ne plus être disponible au moment où l’Impact repêchera au 8e rang. Welshman lui est un attaquant et pourrait sûrement intéresser l’Impact. Beckie de son côté pourrait facilement être disponible en seconde ronde. Par contre je ne suis pas certain qu’il intéresse l’Impact étant donné qu’il est défenseur.

Ce genre de repêchage est toujours un peu aléatoire et il est toujours possible que l’Imact ne trouve pas de candidat canadien à son goût. Dans ce cas le club montréalais pourra toujours essayer de trouver des candidats lors du Supplemental draft. Cet autre repêchage de 4 rondes permet aux clubs d’avoir des joueurs de plus lors de leur camp d’entraînement. Il arrive que ceux-ci réussissent à se tailler une place dans l’équipe. L’an passé l’Impact avait 4 choix lors de ce repêchage et deux d’entre eux étaient canadiens. Cette année l’Impact a 5 choix. Évidemment si un des Canadiens qui sont au Combine n’est pas repêché il est toujours possible de le prendre à ce moment. De plus l’Impact semble avoir envoyé l’ancien entraîneur Denis Hamlett faire du dépistage lors d’un Combine organisé par le groupe Infosport. Il y avait une bonne dizaine de Canadiens là-bas.

C’est bien beau les repêchages, mais ça ne donne pas automatiquement des joueurs intéressants et si en plus on cherche des joueurs canadiens ça serait un peu bizarre de ne se fier que là-dessus. L’Impact, s’il est vraiment bien préparé, a sûrement invité des joueurs canadiens en essai pour son camp d’entraînement. Évidemment il serait très étonnant que l’Impact y invite Ali Gerba ou Reda Agouram. Par contre il y a bien quelques joueurs canadiens qui pourraient valoir le coup. La position de gardien pourrait par exemple être idéale pour ce genre de joueur. Le FC Edmonton a libéré à l’automne le gardien de l’équipe nationale U23, Michal Misiewicz. Il n’est sûrement pas prêt à être un des deux premiers gardiens, mais avec un bon encadrement il pourrait faire l’affaire. Au poste de gardien il y a aussi un joueur québécois qui pourraient être intéressant, Julien Latendresse Lévesque est à sa dernière année de contrat avec Energie Cottbus en Allemagne et ne semble pas faire partie des plans futurs. Je suis certain qu’il pourrait, s’il est intéressé, s’essayer avec l’Impact.

Dans les joueurs de position si j’étais Nick DeSantis je regarderais à coup sûr du côté de Jonathan Beaulieu Bourgault. L’ancien membre du Preussen Munster en 3e division allemande est libre depuis juin et cadrerait bien avec le club en tant que milieu défensif. Sinon l’ancien des Whitecaps Philippe Davies mériterait sûrement qu’on s’intéresse à lui, tout comme les anciens du FC Edmonton, Kyle Porter, Matt Lam et Fabrice Lassonde.

Finalement il reste les joueurs de l’Académie. Cinq d’entre eux ont accompagné l’équipe en Italie à l’automne et ont pu démontrer leur savoir-faire, Wandrille Lefevre, Mircea Ilcu, Maxime Crépeau, Maxim Tissot et Zakaria Messoudi. Fort d’une excellente saison avec l’équipe U21 en CSL ils auront sûrement la chance de prouver qu’ils sont prêts à relever le défi de la MLS. Je crois qu’Ilcu et Lefèvre ont une longueur d’avance sur les autres, ils sont un peu plus âgés et ont joué en NASL il y a deux ans. Maxime Crépeau est aussi un candidat intéressant étant donné le besoin pour un troisième gardien. Par contre le fait qu’il ait été blessé toute l’année l’an passé pourrait lui nuire, surtout que son remplaçant, Jason Beaulieu, a bien fait.

Quand on regarde ça, on voit que l’Impact a pas mal de choix devant lui pour ce poste de 3e joueur canadien. Tellement que je ne serais pas étonné de nous voir avec 4 ou même 5 joueurs d’ici pour la saison. Évidemment ceux-ci n’auront pas nécessairement un grand rôle à jouer dans l’équipe, mais ce sera à eux de forcer la main de l’entraîneur et de l’obliger à les considérer. J’ai bien hâte de voir comment tout ça va se passer.

 
 
La fin de l'année approche, la neige commence à faire son apparition et le sapin décore beaucoup de nos salons. Ce temps de rencontre et de réjouissance est le temps idéal pour s'arrêter un peu et prendre le temps de faire le point. Ce qu'on souhaite c'est de regarder derrière nous afin d'avoir une idée de ce qu'il y a devant nous. Il faudra pour ce faire regarder de quoi avait l'air le soccer au Canada avant le 1er janvier dernier, regarder ce que 2012 nous a apporté pour finalement tenter de voir ce que 2013 nous promet. 

Ce bilan se fera donc en trois parties distinctes. Dans la première partie (http://tinyurl.com/bw8rg5w), on a abordé en détail le portrait qu'on avait devant nous il y a un an. Dans la seconde (http://tinyurl.com/d6k4ebv) on a regardé ce que l'année 2012 nous a amené. Dans celle d'aujourd'hui, on tentera de voir vers où 2013 peut nous amener.

On commence encore une fois avec la sélection nationale. Avec l'élimination des seniors pour la Coupe du Monde de 2014 toute l'attention sera portée vers la génération de jeune qui s’est qualifié pour la dernière Coupe du Monde U17. Le même noyau de jeune commence 2013 avec un moment crucial, le tournoi de qualification pour la Coupe du Monde U20 qui sera disputé en Turquie cet été. On connaît déjà les modalités de qualifications. Le Canada est dans un groupe avec le Nicaragua et Cuba. Les deux premiers de chaque groupe iront en quart de finale. Si le Canada termine premier de son groupe, il jouera contre le deuxième du groupe A qui est composé des États-Unis, du Costa Rica et de Haïti. S'il termine second, il jouera contre le premier du groupe A. Les matchs de groupes auront lieu les 18 et 22 février pour le Canada.

Peu importe qui il affrontera s'il se rend en quart de finale, le Canada ne l'aura pas facile. La troupe de Nick Dasovic a battu le Costa Rica et les États-Unis lors de ses camps automnaux, mais en compétition officielle pour une place en Coupe du Monde c'est différent. Les jeunes devront composer avec beaucoup de pression. Surtout si on ajoute que cette génération de joueurs est celle sur laquelle tous les espoirs du pays reposent. Déjà des observateurs du soccer canadien proposent de faire de ces jeunes des membres de l'équipe nationale, de les couver et de les préparer pour qu'ils soient le noyau de la sélection senior lors des qualifications pour la Coupe du Monde de 2018.

Je crois qu'ils réussiront à se qualifier pour le tournoi. Je crois même qu'ils auront la chance de jouer la finale. Si c'est le cas, ce sera une première depuis 2007. Maintenant pour ce qui est de la Coupe du Monde en tant que telle mieux vaut ne pas se faire trop d'idées. Les rouges ont rarement pu se démarquer dans ce genre de tournoi. Pour moi le simple fait d'y retourner après avoir raté les éditions 2009 et 2011 serait déjà tout un exploit.

Même éliminé des qualifications pour la Coupe du Monde les seniors seront tout de même occupé cette année. Malgré l'absence d'entraîneur, l'ACS a organisé un camp hivernal en Arizona. En plus le Canada en profitera pour jouer deux matchs amicaux, le premier contre le Danemark et le second contre les États-Unis. Par la suite les Rouges devront aussi se réunir pour participer à la Gold Cup au mois de juillet.

On est en droit d'être sceptique quand on regarde la situation canadienne. Le club n'a même pas d'entraîneur, pas même par intérim. De plus bien des gens seraient surpris de revoir les joueurs qui se sont écrasés au Honduras l'automne dernier. Avec l'échéance pour la Coupe du Monde repoussé a dans 6 ans tous les joueurs de plus de 28 ans sont des candidats suspects pour la suite des choses. Le problème c'est qu'avec le gros manque de profondeur de l'équipe canadienne il sera difficile de former un club dont le noyau est au début de la vingtaine.

Pour cette raison et parce que la génération montante du Canada sera déjà occupée en Turquie pour la Coupe du Monde U20, je ne serais pas surpris de voir le retour de plusieurs joueurs qui ont joué cet automne, et ce même s'ils ne seront plus dans le portrait pour 2018. D'habitude les Gold Cups qui se déroulent en même temps que la phase finale de qualification pour la Coupe du Monde sont un peu moins compétitives. Dans cette optique ça serait la dernière chance de cette génération qu'on croyait très bonne de laisser une bonne impression. Malheureusement je n'y crois pas trop. Peu importe qui sera l'entraîneur et qui portera le maillot, il faudra un miracle pour que les rouges sortent de leur groupe cette année. Il y a trop de négatifs autour de ce club pour qu'il en soit autrement.

Du côté des clubs professionnel, le portrait est plus intéressant. Si on commence avec Vancouver, on a déjà vu le club se pourvoir de quelques joueurs pour amener de la profondeur. De plus le retour de YP Lee en défense leur enlève une grosse épine du pied. Deux défis se trouvent devant Martin Rennie pour 2013. Le premier se trouve au niveau des gardiens. Autant le vétéran Joe Cannon que l'ancien des Railhawks de la Caroline Brad Knighton espèrent avoir le poste de numéro 1. Les deux ont fait savoir qu'ils préféreraient partir plutôt que de jouer les seconds violons. Rennie devra trancher et faire un malheureux.

L'autre défi sera de rentabiliser l'investissement que représentent les joueurs désignés Barry Robson et Kenny Miller. Les deux Écossais n'ont pas montré grand-chose durant les quatre mois ou ils ont joué l'an passé et les deux ont une lourde pente à remonter. Personnellement je crois que cette année ils feront mentir leur détracteur. De se retrouver jeté dans la mêlée au milieu de la saison alors que tu dois normalement te retrouver en vacance n'est pas une chose facile à gérer. Très peu de joueurs en provenance d'Europe réussit a avoir un impact immédiat. Avec leur aide je vois bien les Caps remporter le championnat canadien cette saison et retourner en série en MLS.

En deuxième division le FC Edmonton a fait le ménage à la fin de 2012 et changé de stratégie en vue de la saison 2013. Pour la première fois, le club a décidé de se tourner vers des joueurs qui ont fait leurs preuves dans la ligue pour le recrutement. Les signatures de Neil Hlavaty, Edson Edwards et Lance Laing vont les aider en défense. La troupe de Colin Miller devra par contre s'occuper d'éliminer ses faiblesses du côté offensif. Je ne crois pas que ça va arriver cette année, mais un joueur comme Ali Gerba aurait été idéal pour eux l'an passé.

L'autre facteur qui pourrait handicaper le FC Edmonton c'est la tangente que prendra l'équipe nationale canadienne. Si la sélection nationale décide de faire table rase du passé tout en épargnant ses U20 qui ont une année chargé, alors le FC Edmonton pourrait bien perdre quelques joueurs importants au cours de l'été. Des joueurs comme Shaun Saiko et Paul Hamilton sont relativement jeunes et ont du talent. Ils pourraient bien se retrouver en équipe nationale si l'ACS décide de faire une équipe de transition pour la Gold Cup. En dehors de ça s'ils réussissent à trouver un marqueur le FC Edmonton sera un excellent club. Par contre s'ils se contentent des renforts qu'ils ont eus en défense et au milieu la troupe de Colin Miller réussira à faire les séries, mais dans le bas du tableau seulement.

Du côté du Toronto FC je peux tout de suite vous prédire qu'ils seront meilleurs que l'an passé. De toute façon pourraient ils réellement faite pire qu'en 2012? Le club semble quand même parti dans la bonne direction. La venue de Danny Califf en défense devrait beaucoup aider le club. Puis s'ils sont aussi chanceux au repêchage que l'an dernier alors qu'ils ont signé un excellent joueur en Luis Silva et qu'ils mettent la main avec leurs deux choix en première ronde sur des joueurs qui peuvent les aider tout de suite, ils peuvent s'améliorer.

La vraie question c'est a quel point ils peuvent le faire. Parce qu'il y a quelques points d'interrogation dans ce club. On peut se demander ce que donneront les retours de blessures de Stefan Frei et de Danny Koevermans. On peut aussi se demander si Éric Hassli est réellement l'homme de la situation pour le TFC. Il est spectaculaire, mais il est peu constant. Ensuite il ne faut pas oublier que le milieu de terrain repose sur les épaules de Torsten Frings qui, à 36 ans, n'est plus aussi en forme qu'a son arrivée avec le club. Finalement il faut se demander si Paul Mariner est réellement l'homme de la situation chez le TFC. Avec une fin de saison quasiment pire que le début qui a coûté son poste à Aron Winter, on peut penser que sa marge de manoeuvre sera très courte. Alors le TFC, mieux que l'an passé? Oui, mais jamais en série.

C'est au tour de l'Impact de Montréal maintenant. Je dois avouer que le club dirigé par Nick DeSantis me laisse perplexe. Autant on ne peut que louer le bon travail effectué l'an passé, autant depuis le départ de Jesse Marsch, pour des raisons de philosophie discordante, je ne sais plus trop quoi penser. Pour le moment, sans entraîneur, l'Impact semble amputé de la capacité d'avancer. Pendant que dans les autres clubs canadiens on semble savoir où on s'en va, autant chez l'Impact rien ne transparaît. L'impression que ça laisse pour les observateurs extérieurs est franchement désagréable. Au moins on nous a dit que le processus était en marche, mais il reste que pour le moment on attend. Pour ces raisons je ne serais pas surpris, si la situation ne change pas un peu, de voir l'Impact faire du surplace. 

On aura une bonne idée de ce que l'équipe veut faire au début de 2013. Comme De Santis et Joey Saputo semblent vouloir miser sur les joueurs européens, on est en droit de s'attendre a un peu d'action une fois la période de transfert international ouvert. Déjà on dirait bien que le club compte mettre sous contrat l'italien Andrea Pisanu qui a fait un essai avec le club lors du camp en Italie. Pour moi si l'Impact signe un joueur étranger avant de signer un nouvel entraîneur ça viendra confirmer que le patron de ce club c'est bel et bien Nick DeSantis et que toutes les belles paroles à propos de décision prises en collégialité ne sont que ça, des paroles.

Sur le terrain je crois que cette année sera une année charnière pour Montréal. Étant donné l'âge des cadres du club il faudra gagner et gagner tout de suite. Avec les Alessandro Nesta, Marco DiVaio, Patrice Bernier, Matteo Ferrari, Davy Arnaud qui ont tous au-dessus de 30 ans, on ne peut pas dire que ce club est bâti en pensant à long terme. Si la saison commence du mauvais pied, on parlera rapidement de reconstruction. Sauf qu'à l'Impact la philosophie c'est le recyclage. On reconstruit avec les pièces usagées des autres. Ça vaut ce que ça vaut.

Si on tourne maintenant notre attention du côté de l'Europe, on doit regarder vers l'Allemagne. C'est là qu'évolue l'attaquant Olivier Occéan. Auteur d'un seul but lors de la première moitié de saison on peut croire qu'il sera plus efficace en 2013. Il n'aura pas la distraction de jouer avec l'équipe nationale et il aura eu le temps de guérir ses petits bobos avec la pause. Toujours en Allemagne il faudra surveiller attentivement le développement des jeunes Québécois qui évoluent là bas. Julien Latendresse Lévesque devrait terminer son contrat avec Cottbus et il serait étonnant qu'il signe un autre pacte. Les plus jeunes tels Samuel Piette, Marco Lapenna, Shadrack Mmunga et Ismæl Benomar tenteront de faire leur preuve et de trouver du temps de jeu dans un environnement très compétitif.

Deux dossiers seront intéressants à suivre du côté des joueurs québécois en 2013. Il faudra d'abord surveiller où ira André Hainault. Annoncé l'an passé à Bordeaux, il serait maintenant étonnant qu'il joigne un club de ce niveau. Si j'avais à deviner, je regarderais du côté du Danemark. Les joueurs nord-américains y ont très bonne réputation. L’autre dossier a surveiller sera de voir si le nom de Jonathan Beaulieu Bourgault ressortira quelque part. J'ose espérer que oui. Après un 6 mois loin des terrains on est en droit de croire que s'il ne trouve rien en janvier l'Amérique du Nord puisse être une destination pour lui.

En Amérique du Nord, il faudra surveiller où iront l'attaquant Ali Gerba et le milieu de terrain Philippe Davies. Dans le cas de ce dernier, après avoir joué une demi-saison à Richmond en USL Pro, je ne serais pas surpris de le voir en NASL pour 2013. Il faut dire qu'il avait bien fait dans ce circuit avec les Whitecaps en 2010. Deux destinations pourraient s'offrir à lui. Tout d'abord San Antonio où plusieurs de ses anciens coéquipiers lors de la saison inaugurale des Caps en MLS se sont établis après avoir été libérés. Ensuite il serait aussi possible de le voir à Edmonton, il pourrait y rejoindre Colin Miller pour qui il a joué à Vancouver.

Du côté d'Ali Gerba la situation est beaucoup plus trouble. Quand un jeune au début de la vingtaine rate une saison, il y a toujours moyen pour lui de reprendre le collier. Par contre dans le cas d'un joueur comme Gerba, qui est dans la trentaine, c'est plus complexe. S'entraîner en solitaire c'est une chose, jouer un match à un haut niveau d'intensité c'en est une autre. Dans son cas j'espère qu'il pourra reprendre du service quelque part, mais je n'ai pas trop d'attentes. 

Pour les autres québécois qui pourraient aboutir quelque part en Amérique du Nord il faudra regarder du côté de Reda Agouram. Après avoir échoué dans sa tentative de signer en Europe le jeune attaquant devrait être capable de se faire une place sur le continent nord-américain. Après lui tout québécois qui se retrouvera chez les pros sera une belle surprise. 

Finalement il reste à voir ce qui adviendra de la PLSQ. Lors du dernier Podcast Soccer Plus Philippe Germain mentionnait que des clubs pourraient quitter la ligue et que rien n'était certain pour 2013. Je crois sincèrement qu'il faut que cette ligue continue. D'ailleurs j'aurais bien aimé voir l'Impact appuyer le projet en y mettant son Académie. Ça serait selon moi préférable de les faites jouer au Québec plutôt qu'en Ontario. J'ai bien de la misère a comprendre ce que cette ligue a de si bon pour que sa vaille la peine de faire voyager des jeunes pendant une quinzaine d'heures pour qu'ils puissent jouer deux matchs dans le même week-end.

Voilà qui conclut mon tour d’horizon du soccer québécois et canadien en cette fin de 2012. L’année qui vient de se terminer a connu des hauts et des bas. S’il y a une chose que je peux prédire absolument pour 2013 c’est que cette année sera aussi faite de haut et de bas. Il faut juste souhaiter que les bas restent à Toronto… 

 
 


La fin de l'année approche, la neige commence à faire son apparition et le sapin décore beaucoup de nos salons. Ce temps de rencontre et de réjouissance est le temps idéal pour s'arrêter un peu et prendre le temps de faire le point. Ce qu'on souhaite c'est de regarder derrière nous afin d'avoir une idée de ce qu'il y a devant nous. Il faudra pour ce faire regarder de quoi avait l'air le soccer au Canada avant le 1er janvier dernier, regarder ce que 2012 nous a apporté pour finalement tenter de voir ce que 2013 nous promet. 

Ce bilan se fera donc en trois parties distinctes. Dans la première http://tinyurl.com/bw8rg5w on a regardé de plus près le portrait qu'on avait devant nous il y a un an. Dans la seconde partie, on regardera aujourd'hui ce que l'année 2012 nous a amené. Puis dans la dernière on tentera de voir vers où 2013 peut nous amener. 

Côté sélection nationale il faut commencer par regarder du côté de l'équipe U23 qui jouait dans le tournoi de qualification pour les Jeux olympiques de Londres. Menés par celui qui allait plus tard devenir directeur technique de l'ACS, Tony Fonseca, nos jeunes ont échoué à la dernière étape en perdant en demi-finale contre le Mexique. Leur parcours avait pourtant été bon, réussissant même à prendre la mesure des É.-U.. Par contre des points perdus en fin de match contre Cuba leur a compliqué la tâche en les envoyant au second rang du groupe. En terminant premiers, les Rouges auraient eu sur leur chemin le Honduras qui semblait un adversaire plus accessible que le Mexique.

Chez les U20 l'automne a été très occupé. L'ACS a organisé plusieurs camps en vue des qualifications pour la coupe du monde de 2015. Lors de ces qualifications, le Canada fera partie d'un des huit groupes de trois pays. Le gagnant de chacun de ces groupes participera aux quarts de finale et les 4 gagnants de cette étape seront qualifiés pour la phase finale. On attend beaucoup de ces jeunes qui formaient le noyau du groupe qui s’est qualifié pour la dernière coupe du monde U17. 

Chez les seniors l'année a commencé par une défaite. En match amical sur l'île de Chypre, dans des conditions exécrables, l'Arménie a défait le Canada 3-1 au mois de février dernier. En juin les Rouges jouaient un autre match amical. Cette fois ils affrontaient à Toronto les États-Unis pour commémorer les 100 ans de l'ACS. Ce match servait aussi de préparation pour les premiers matchs de la 3e étape de qualification pour le mondial de 2014 au Brésil. Le Canada en a profité pour jouer un excellent match au niveau défensif et s'en tirer avec un match nul de 0-0.

Les résultats récents du Canada permettaient chez les supporters de la sélection un certain optimisme. Par le passé un des principaux problèmes de l'équipe était la préparation. Cette fois cet élément n'entrait pas en compte. Les Rouges allaient aussi rassurer en remportant leur premier match sur un terrain affreux à Cuba par le score de 1-0. Malheureusement quelques jours plus tard un nul de 0-0 sur le terrain du BMO Field allait gâcher quelque peu la fête.

Après une victoire en match amical contre Trinidad et Tobago au mois d'août, le Canada reprenait le processus de qualification en septembre en jouant deux matchs clés contre le Panama. Lors de la première rencontre jouée à Toronto, la troupe de Stephen Hart continua son bon travail défensif en battant la nation de l'Amérique Centrale 1-0. Lors de la seconde partie, le Canada montra ses limites suite à la perte de Dwayne DeRosario en s'inclinant par le score de 2-0.

Avec deux matchs à jouer en octobre le Canada était en bonne position pour se qualifier pour la ronde finale. La clé était de gagner le match restant à la maison contre Cuba et d'aller chercher un point sur le terrain du Honduras. La première partie ne fut qu'une formalité avec une formation réduite à cause de défections et de blessures les Cubains ne furent pas de taille et le Canada gagna le match 3-0. Ce fut une tout autre histoire au Honduras. Dans un stade hostile, les joueurs canadiens se sont écrasés comme un soufflé sortit du four beaucoup trop tôt, perdant le match par le score humiliant de 8-1.

Ce résultat qui a choqué le milieu du soccer canadien a mené à la démission de Stephen Hart. Toutes sortes de raisons ont été évoquées pour expliquer cet échec, que ce soit au niveau des joueurs ou de la structure du soccer canadien. Il reste que ce moment qui nous amène à remettre en question aurait pu être évité si les joueurs canadiens avaient marqué un but le 12 juin dernier face au Honduras à Toronto.

Du côté des clubs on a pu voir de bons et de moins bons moments. Si on regarde à Vancouver, on pouvait voir un visage familier derrière le banc, l'ex-entraîneur des Railhawks de la Caroline, Martin Rennie. Les Caps commençaient la saison 2012 avec de belles additions en défense, soit l'Argentin Martin Bonjour et le coréen YP Lee. Ces deux joueurs aidèrent les Caps à commencer la saison en alignant quatre jeux blancs. Par la suite les Caps prirent la mesure du Fc Edmonton en première ronde du championnat canadien avant de s'incliner en finale contre le Toronto FC.

Avec un club qui faisait bien, la direction de Vancouver décida tout de même de faire des changements à la mi-saison. Sébastien LeToux, Davude Chiumiento et Éric Hassli furent envoyés sous d'autres cieux pour faire de la place à Dane Richards et à deux joueurs désignés écossais, Kenny Miller et Barry Robson.

C'est à partir de ce moment que les choses commencèrent à aller moins bien. Une série de six défaites en sept matchs de la fin juillet au mois de septembre faillit faire dérailler la saison des Whitecaps. Malgré tout ils réussirent à se ressaisir en récoltant une fiche d’une victoire, une défaite et trois nulles en fin de saison. Ce fut assez pour terminer au 5e rang dans l'ouest. Ce fut surtout suffisant pour devenir la toute première équipe canadienne a se qualifier pour les séries d'après saison. Malheureusement ces séries ne durèrent qu'un match, les Caps s'inclinant par le score de 2-1 face aux éventuels champions, le Galaxy de Los Angeles.

Un peu plus à l'est, le Fc Edmonton entamait sa seconde saison en NASL. D'entrée de jeu la troupe du néerlandais Harry Sinkgraven était éliminée du championnat canadien par Vancouver. En NASL la saison prit une tournure similaire. Malgré la signature de plusieurs joueurs qui avaient de l'expérience en Europe le club albertain termina dernier de la ligue.

Le club connu des problèmes de discipline, le meilleur joueur Shaun Saiko fut suspendu au milieu de la saison alors qu'un autre joueur, Matt Lam fut tout simplement congédié. À la fin de l'année, le propriétaire du club décida de faire le ménage. Les joueurs européens furent libérés et le staff d'entraîneur congédié. Le club mit la main sur quelques joueurs qui étaient des valeurs sûres dans la ligue et embaucha Colin Miller comme entraîneur.

En Ontario le Toronto FC commença son année de belle façon. En quart de finale de la ligue des champions de la CONCACAF la troupe d'Aron Winter affrontait le LA Galaxy. En gagnant le match retour 2-1 le TFC remporta la série et obtint le privilège d'affronter le club mexicain Santos Laguna en demi-finale. Comme on pouvait s'y attendre, le club de la MLS ne fit pas le poids et se fit éliminer suite à une défaite de 7-3 au total des buts.

En MLS le début de saison était beaucoup plus difficile. Le club de la ville reine encaissa neuf défaites consécutives pour débuter la saison. Malgré tout le TFC réussit à remporter le championnat canadien en défaisant Montréal et Vancouver. Avec la pire défense de la ligue et une des pires offensives Aron Winter fut relevée de ses fonctions et fut remplacée par Paul Mariner. Avec la saison perdue en MLS, les supporters torontois avaient l'occasion de se reprendre en ligue des champions. Le sort leur joua un mauvais tour en les mettant dans le même groupe que Santos Laguna. Toronto termina la compétition au second rang sur trois avec une fiche de deux victoires et deux défaites. En MLS le club termina bon dernier avec seulement 23 points.

Après la saison le club décida de ramener le prix des billets de saison au niveau de la première année. En plus le club nomma un président. L'ancien de DC United, Kevin Payne, fut nommé avec comme mission de remettre le train sur les rails.

À Montréal les partisans avaient enfin droit à du soccer de première division. La saison commença à Vancouver par une défaite de 2-0. La semaine suivante plus de 58000 spectateurs s'entassaient dans le Stade Olympique pour assister à un match nul de 1-1 contre le Fire de Chicago. La première victoire vint au 6e match de la saison face au Toronto FC.

Après avoir joué ses 5 premiers matchs locaux au Stade Olympique et battu le vieux record d'assistance du Manic lors de la visite du Galaxy de Los Angeles, l'Impact retrouva finalement le Stade Saputo au milieu du mois de juin. Au départ les foules étaient décevantes. À deux occasions le nombre de spectateurs était en bas de 13000. Le club dut modifier sa structure de prix pour redresser une situation qui devenait embarrassante. 

Sur le terrain l'Impact se débrouillait bien. Malgré tout la direction décida de se renforcer en faisant de l'attaquant italien Marco DiVaio son premier joueur désigné. Il fut rapidement rejoint par un autre ancien de la squadra azzura, Alessandro Nesta. L'Impact réussit aussi un coup de génie en refilant le très inconstant gardien Donovan Ricketts pour un portier plus efficace, Troy Perkins. Ces changements permirent à l'Impact de remporter 5 matchs consécutifs en août. Cette performance leur permit même de rêver aux séries éliminatoires. Le mois d'août fut aussi celui de Patrice Bernier. Il fut choisi joueur du mois par la ligue.

Malgré un calendrier allégé en fin de saison l'Impact ne put continuer sur sa lancée. L'incapacité du club montréalais à s'imposer sur la route sonna le glas des espérances de séries éliminatoires. Au terme d'une saison de 12 victoires 16 défaites et 6 nulles, l'entraîneur Jesse Marsch quitta le club à cause d'un différent au niveau de la philosophie. Deux anciens joueurs marquants du club annoncèrent leur départ à la retraite, l'attaquant Eddy Sebrango et le gardien Greg Sutton.

Au niveau des joueurs québécois qui évoluent à l'étranger, l'année 2012 fut celle de l'attaquant Olivier Occéan. Il commença l'année avec Furth en Bundesliga 2 où il poursuivit le bon travail entamé à l'automne. Il termina la saison 2011-12 avec 17 buts et Furth fut promu en Bundesliga. Occéan changea tout de même de club, son 3e depuis son départ de Norvège, et se retrouva avec un autre club promu, l'Eintracht Frankfurt, pour un montant de transfert de plus d’un million d’Euros. En 3e division le milieu de terrain Jonathan Beaulieu Bourgault termina en milieu de peloton avec Munster. Il fut libéré en juin et ne se retrouva pas de club. De son côté le gardien Julien Latendresse Lévesque ne joue pas a Energie Cottbus.

En Amérique du Nord, le défenseur André Hainault aida le Dynamo de Houston à retourner en finale de la coupe de la MLS. Contrairement à la saison précédente, il ne participa pas au match. Son contrat est venu à échéance et il est maintenant libre. En NASL le défenseur Fabrice Lassonde commença la saison avec le FC Edmonton. Ralenti par une blessure il fut libéré en cours de saison. Finalement l'ancien milieu de terrain des Whitecaps de Vancouver, Philippe Davies, signa en juillet un contrat avec les Kickers de Richmond de la USL Pro. Il joua là-bas un peu moins qu'une dizaine de matchs.

Au niveau local la PLSQ se mît en branle avec seulement cinq clubs, Brossard, St-Léonard, Boisbriand, Blainville et L'Assomption. Plusieurs noms connus se sont joints à la ligue, surtout des anciens de l'Impact tels Simon Gatti ou Antonio Ribeiro. St-Léonard a remporté les grands honneurs lors de cette première année qui doit être considérée comme un succès par le simple fait qu'elle ait eu lieu. Pour l'an prochain, on parle déjà d'expansion, entre autres dans l'Outaouais où un club s’est désisté à la dernière minute.

Voilà pour le récapitulatif de l'année 2012. On peut dire que ce fut une année chargé durant laquelle le soccer canadien, malgré tout ses troubles et ses défauts a continué d'avancer lentement mais sûrement. Il reste à voir vers où il avance. 

 
 
La fin de l'année approche, la neige commence à faire son apparition et le sapin décore beaucoup de nos salons. Ce temps de rencontre et de réjouissance est le temps idéal pour s'arrêter un peu et prendre le temps de faire le point. Ce qu'on souhaite c'est de regarder derrière nous afin d'avoir une idée de ce qu'il y a devant nous. Il faudra pour ce faire regarder de quoi avait l'air le soccer au Canada avant le 1er janvier dernier, regarder ce que 2012 nous a apporté pour finalement tenter de voir ce que 2013 nous promet. 

Ce bilan se fera donc en trois parties distinctes. Dans la première, celle d'aujourd'hui, on abordera en détail le portrait qu'on avait devant nous il y a un an. Dans la seconde on regardera ce que l'année 2012 nous a amené. Puis dans la dernière on tentera de voir vers où 2013 peut nous amener. 

Si on commence au niveau de l'équipe nationale on constate qu'au début de l'année 2012 l'optimisme était de mise. Après une année 2010 marquée par une élimination hâtive et crève-coeur du tournoi de la Gold Cup, l'équipe senior masculine semblait aller mieux. Malgré un classement qui l'obligeait à jouer une ronde de qualification supplémentaire en vue de la Coupe du Monde de 2014, des jours meilleurs semblaient venir. D'abord l'ACS prenait au sérieux son programme masculin. Puis ces matchs de qualification en surplus contre Porto Rico, Sainte-Lucie et St-Kitts et Nevis semblaient être idéaux pour permettre à nos internationaux de combler un des problèmes récurrents auxquels ils étaient confrontés, le manque de matchs en sélection. Au final les Rouges, avec Stephen Hart aux commandes, sans être dominants ont passé cette étape sans trop de problèmes et étaient prêts à affronter le Honduras, le Panama et Cuba dans la ronde suivante en 2012.

Au niveau des clubs on avait droit en 2011 en plus du Toronto FC, à la première saison des Whitecaps en MLS, à la première saison du FC Edmonton et à la dernière saison en seconde division pour l'Impact de Montréal. Du côté des Caps, le club semblait bien bâti sur papier et jouait en début de saison un soccer intéressant à regarder. Pourtant la direction du club n'était pas satisfaite et congédia rapidement l'entraîneur Teitur Thordarson. La spirale descendante continua et Vancouver termina tout en bas du classement de la ligue. 

Au Fc Edmonton la saison inaugurale semblait bien partie. L'équipe formée principalement de jeunes joueurs locaux commença de belle manière avant de ralentir au point de quasiment rater les séries à la fin de la saison. La troupe du néerlandais Harry Sinkgraven semblait tout de même sur la bonne voie pour permettre à plusieurs jeunes joueurs de vivre l'expérience de jouer professionnellement. 

À Toronto l'année 2011 fut une autre année difficile. Malgré une énième victoire en championnat canadien, les choses étaient plus dures en MLS. Toutefois le club de la ville reine réussit à convaincre en fin de saison avec une belle série de matchs autant en ligue des champions où ils réussirent à se qualifier pour les quarts de finale en 2012, qu'en MLS où la troupe d'Aron Winter semblait tranquillement en mesure de faire sa place.

Finalement à Montréal la saison 2011 devait en être une de transition. L'année fut marquée par un certain renouveau de l'effectif où le club tentait de trouver du côté de la France des joueurs à faire graduer en MLS. Sur le terrain cette recette ne fonctionna pas du tout. Tellement qu'à la mi-saison deux des joueurs recrutés de cette façon étaient partis et le club avait de la difficulté à s'imposer. L'entraîneur Marc Dos Santos qui ne croyait pas avoir la confiance de la direction décida lui aussi de partir et fut remplacé de façon intérimaire par Nick De Santis. Fort d'une nouvelle vague de recrutement l'Impact se replaça un peu, mais ce fut trop peu trop tard et le club rata les séries éliminatoires.

L'Impact profita aussi de la saison 2011 pour entamer sa montée vers la MLS. Dès le mois d'août, le nouveau logo fut présenté. Un peu plus tard l'ancien assistant de l'équipe nationale américaine, Jesse Marsch, fut nommé premier entraîneur du club. Puis l'ancien défenseur de l'Inter Milan, Nelson Rivas fut le premier recrutement de l'Impact. Il fut rejoint par quelques transfuges du club de seconde division, entre autres Evan Bush et Hassoun Camara. Par contre quelques figures populaires du club de D2 furent mises de côté par le staff technique. Ce fut le cas de Philippe Billy, d'Antonio Ribeiro et d'Ali Gerba.

Au mois de novembre, l'Impact prit réellement forme en sélectionnant 10 joueurs lors du repêchage d'expansion. Parmi ces choix celui de Brian Ching attira particulièrement l'attention. L'attaquant hawaïen était une figure importante du Dynamo de Houston et avait clairement laissé entendre qu'il préférait prendre sa retraite plutôt que de changer de club. Après avoir présenté son nouveau maillot, l'Impact annonça deux autres signatures, la première fut beaucoup de bruit puisqu'elle permit au milieu de terrain Patrice Bernier de rentrer au bercail après presque dix ans en Europe. La seconde passa quasiment inaperçue, il s'agissait d'un jeune milieu de terrain brésilien issu de la D2 Suisse, Felipe Martins.

Au niveau des Québécois à l'extérieur de la province en 2011 on voyait déjà que c'était plus difficile. Olivier Occéan complétait au début de l'année sa première saison avec Offenbach Kickers en 3e division. Ses performances furent remarquées et il fut transféré au club de Greuther Furth en Bundesliga 2 en vue de la saison 2011-12. Dès l'automne il s'imposa comme étant un des meilleurs de son club en inscrivant plusieurs buts importants et en aidant le club dans sa lutte pour la promotion.

En Allemagne on pouvait aussi voir le jeune gardien Julien Latendresse Lévesque qui continuait sa progression avec Energie Cottbus. Une blessure sérieuse à un poignet vint contrecarrer ses plans au milieu de l'année et il dut être opéré ce qui le laissa sur la touche pour pratiquement toute la saison 2011-12. Toujours en Allemagne le milieu Jonathan Beaulieu Bourgault continuait sa progression avec Preussen Munster en 3e division. 

Au Danemark le milieu de terrain Patrice Bernier continuait de donner un solide coup de main à Nordsjaelland avant de subir une blessure au genou. Comme il était en fin de contrat, cette embûche tombait bien mal. Avec l'Impact qui lui faisait les yeux doux, Bernier signa avec Lyngby un contrat peu contraignant pour retrouver la forme en Europe avant de décider s'il reviendrait à la maison.

En Amérique du Nord, l'année 2011 fut excellente pour le défenseur André Hainault du Dynamo de Houston. Il était un titulaire indiscutable pour un club qui termina son beau parcours en série éliminatoire en finale de la Coupe de la MLS. À Vancouver on retrouvait aussi un québécois, le milieu de terrain Philippe Davies. Malheureusement il n'eut jamais l'occasion de se faire valoir sur le terrain et il fut libéré à la fin de la saison. Le jeune Alex Surprenant connut un sort similaire après une fin de saison difficile avec le Fc Edmonton.

Finalement au niveau local la Fédération de soccer du Québec annonça ses plans pour une toute nouvelle ligue semi-pro. Le but était d'avoir, dans ce qui devait être la fierté du soccer québécois, autour de 8 clubs. Plusieurs tractations eurent lieu en coulisse à ce niveau et pour beaucoup de gens le scepticisme était de mise à l'aube de l'année 2012.

Voilà pour le portrait avant l'année 2012. Ce qu'on voit à la grandeur du Canada c'est un soccer en pleine période d'adolescence. Un soccer qui lorgne la cour des grands, mais qui n'est pas encore prêt à passer à l'âge adulte. Un soccer qui tente de grandir, mais qui n'est pas encore complètement développé.

 
 


Avec l'élimination spectaculaire du Canada il est de normal de prendre un peu de recul et de faire le point sur la situation. Stephan Hart a été le premier à se questionner et il a remis sa démission quelques jours seulement après la débandade des rouges. De ce côté la balle est maintenant dans le camp de l'ACS. Ils ont indiqué qu'ils étaient sur le point d'annoncer la nomination d'un directeur technique. Par la suite le choix d'un entraîneur devrait se faire. Il est fort probable que l'ACS commence par annoncer quelqu'un pour prendre le poste de façon intérimaire d'ici là.

Une fois que la poussière retombera, les joueurs devront eux aussi se regarder dans le miroir. Une bonne part du noyau de l'équipe est âgé de plus de 30 ans. Ils se retrouvent maintenant avec la perspective de se qualifier pour la coupe du monde 2018. Il est fort probable que toute une génération de joueurs décide de quitter le navire. Des cadres de l'équipe comme Kevin McKenna ou Julian DeGuzman ne sont plus jeunes et si on y ajoute 6 ans ont peut être certain qu'ils ne seront plus là en 2018.

Normalement on devrait donc assister a un changement de garde au niveau de l'équipe nationale. Le problème c'est que la relève est pas mal mince. Les mésaventures de nos récentes équipes de jeunes donnent une bonne idée de la situation. Bien évidemment nos plus récents U17 ont réussi à se qualifier pour la dernière coupe du monde, mais c'était une première depuis les années 90. On est en droit de croire que ces jeunes issus des académies des trois clubs pros seront un jour sur les rangs pour représenter le Canada au niveau senior. En même temps il faut se rendre compte que dans le groupe qui a participé au tournoi U17 dans les années 90 un seul joueur a fait une véritable carrière professionnelle, Patrice Bernier. Le contexte est différent aujourd'hui, mais il reste que même dans des pays où le soccer fait partie de la culture une participation à une compétition prestigieuse n'est pas un gage de succès pour un jeune de 17 ans. Il ne faut pas croire que ça va être différent ici.

Si on regarde les U 20 maintenant le portrait est pas mal sombre là aussi. La dernière participation à la Coupe du Monde remonte à 2007. C'est celle où le Canada n'a pas eu à se qualifier puisqu'il était le pays hôte. C'est le genre de compétition dont on préférerait ne pas se rappeler. Le bilan n'était pas reluisant du tout, trois matchs, trois défaites et zéro but. Tout ça devant nos propres spectateurs. Si on avait vraiment eu le soccer à coeur au Canada c'est le genre de chose qui aurait du créer un tollé comme celui qu'on voit suite à la dernière défaite de nos seniors. Malheureusement l'ACS était trop occupé à compter les billets vendus pour s’en rendre compte. Le Canada a aussi participé à la Coupe du monde U20 en 2005. Encore une fois la performance ne fut pas incroyable. Les rouges avaient bien récolté quelques points, mais n'avaient pas pu passer à la phase de groupe.

En observant ces deux clubs ont voit un portrait réaliste de ce a quoi ressemblera le soccer canadien pour les prochaines années. Sur les 37 joueurs qui ont porté le maillot du Canada pour ces compétitions, il y en a 7 qui ont joué lors des derniers matchs de qualifications du Canada, David Edgar, Will Johnson, Simeon Jackson, Tosaint Ricketts, Nik Ledgerwood, André Hainault et Marcel DeJong.

Parmi les autres joueurs il y Marcus Haber qui a joué en équipe nationale récemment. Il y a aussi Jonathan Beaulieu Bourgault qui était un choix régulier de Stephen Hart avant de se retrouver sans club en juillet dernier. Jaime Peters a aussi eu sa chance à un moment donné, mais il est lui aussi à la recherche d'un club. L'ancien du Toronto FC Nana Attakora Gyan est maintenant en première division de Finlande, tout comme Riley O'Neil. Finalement il y a le gardien Asmir Begovic qui a opté pour la Bosnie plutôt que le Canada.

Si on regarde ça froidement on doit avouer que pour former la colonne vertébrale d'une sélection nationale ça fait pas mal mince. On a bien quelques talents potables avec lesquels construire, mais des 37 joueurs qui sont les derniers à avoir joué au plus haut niveau chez les U20. Un bon paquet n'ont jamais foulé un terrain de soccer en tant que professionnel.

C'est vraiment là qu'on voit un des manques les plus criants au niveau de notre soccer. Dans toute nation où le sport est pris le moindrement au sérieux, il y a une ligue nationale ou on retrouve au minimum une dizaine de clubs en première division. À cela il faut ajouter tous les autres clubs des niveaux inférieurs. Là bas un jeune qui est formé dans une académie et qui n'est pas considéré pour les équipes nationales chez les jeunes continue son parcours. Ça ne veut pas dire qu'il ne fera pas une belle carrière et ça ne veut pas dire non plus qu'il ne sera pas capable d'intégrer l'équipe nationale plus tard.

Chez nous, avant 2008 c'était différent. Les jeunes étaient formés dans les clubs mineurs avec de temps à autre le soutien de l'association provinciale par le biais des CNHP. Si un jeune à 18 ans n'avait pas réussi à attirer l'attention, il pouvait quasiment déjà faire une croix sur sa carrière. Si ça avait fonctionné et qu'il avait réussi à se faire remarquer par l'équipe nationale il devait, pour pouvoir continuer sa carrière, soit s'exiler en Europe, soit se tourner vers une université américaine. Cette façon de faire démontre bien la racine du problème de profondeur auquel fait face notre équipe nationale.

Aujourd'hui la situation a évolué un peu avec le système d'académie mis en place par les clubs pros. Les jeunes joueurs vont être pris en charge professionnellement beaucoup plus tôt. Il vont être encadrés dans un environnement propice a la formation. Malgré tout il est utopique de croire que, sur les 30 a 40 jeunes qui vont sortir de ces académies au début de la vingtaine a chaque année, il va y avoir plus de 3 jeunes par année a joindre la MLS. Puis sur ces 3 jeunes par année ce n’est pas dit qu'ils vont tous réussir à s'imposer. Les trois académies n'ont pas réellement réglé le problème, on pourrait dire qu'elles ont permis de repousser l'échéance un peu.

Malgré tout il y a un paquet de ces jeunes qui ne réussiront pas en MLS tout de suite qui auraient le talent pour continuer à jouer au soccer professionnellement et même, s'ils continuaient à se développer, à aider nos équipes nationales. Le problème c'est que la grande majorité des joueurs qui vont sortir de ces académies vont simplement accrocher leur crampon ou continuer à jouer dans un contexte qui ne leur permettra pas de continuer à progresser. La vraie solution à notre problème de profondeur elle est là. Il faut plus de clubs, plus de structures incluant des académies et plus de joueurs qui continuent une fois entrées dans la vingtaine. Sans ça le Canada continuera à vivre ce qu'il vit pour le moment, c'est-à-dire se faire un club en grattant les fonds de tiroir.

La sélection canadienne a la coupe du monde U20 de 2007:
1 Asmir BEGOVIC
2 Nana ATTAKORA-GYAN
3 Kent O CONNOR
4 David EDGAR 
5 Marcus HABER
6 Jonathan BEAULIEU-BOURGAULT 
7 Jaime PETERS
8 Keegan AYRE
9 Andrea LOMBARDO
10 Will JOHNSON
11 Simeon JACKSON
12 Olivier LACOSTE-LEBUIS
13 Stephen LUMLEY
14 Tosaint RICKETTS
15 Cristian NUNEZ
16 Alex ELLIOTT
17 Gabriel GALA
18 Kennedy OWUSU-ANSAH
19 Michael D'AGOSTINO
20 David MONSALVE
21 Zach KALTHOFF

La sélection canadienne a la coupe du monde U20 de 2005:
1 Josh WAGENAAR
2 Graham RAMALHO
3 Nik LEDGERWOOD
4 Andre HAINAULT
5 Brad PEETOOM
6 Carlo SCHIAVONI
7 Jaime PETERS
8 Tyler ROSENLUND
9 Ryan GYAKI
10 Will JOHNSON
11 Marcel DE JONG
12 Riley O NEILL
13 Jonathan BEAULIEU-BOURGAULT
14 David EDGAR
15 Vince STEWART
16 Franco LALLI
17 Andrea LOMBARDO
18 Tomek CHAROWSKI
19 Asmir BEGOVIC
20 Rob GIACOMI
21 Simon KASSAYE