Le soccer au Québec est en pleine ébullition. Si on regarde autour de nous, on peut voir de belles histoires, comme André Hainault qui a joué a l'automne passé la finale de la MLS Cup ou comme Olivier Occéan qui vient de voir son club promu en Bundesliga. On peut aussi voir l'Impact qui a fait un pas de géant en intégrant les rangs de la MLS et la fédération qui vient de faire un geste audacieux en lançant une ligue semi-pro, la Première Ligue de Soccer du Québec. Malgré tout on ne peut pas regarder directement la situation du soccer québécois sans voir que tout n'est pas si rose. Si on commence dans notre cour on voit qu'il n'y a qu'un québécois chez l'Impact alors qu'en 2005 il y en avait 13, même chose en dehors du Québec alors qu'il y a pour le moment que 4 Québécois qui jouent chez les pros en Europe alors qu'à un certain moment il y en avait 8. Ce qu'on a pu observer récemment c'est la retraite d'une génération de footballeurs québécois talentueux et un certain vide qui s'est créé derrière faute de relève. Pour un joueur la force de l'âge se situe entre 25 et 30 ans et on peur voir qu'il n'y a qu'André Hainault comme joueur pro québécois dans cette catégorie d'âge. Même plus jeune, avec 5 joueurs seulement de moins de 25 ans on ne peut pas dire que la récolte est si bonne. Je me demande depuis un bon bout de temps ce qui s’est passé pour que cette situation se produise et j'ai décidé d'en parler avec 4 personnes. Évidemment aucun d'entre eux ne peut répondre directement à une question aussi complexe. Mais chacun d'entre eux apporte un point de vue différent de par son expérience et son opinion sur un problème complexe. Tout d'abord j'ai discuté avec un de ces jeunes qui tentent présentement de faire sa place à l'étranger, Julien Latendresse Lévesque. J'ai aussi posé quelques questions à un jeune qui a vu le rêve de jouer professionnellement lui glisser entre les mains, Vincent Cournoyer. En plus j'ai eu la chance d'échanger avec l'ancien joueur de l'Impact qui est maintenant avec la Fédération de Soccer du Québec, Rudy Doliscat. Pour terminer j'ai aussi parlé avec Jean Russo qui est l'agent de plusieurs jeunes Québécois. Chacun d'entre eux parle de leur expérience du soccer d'ici et amène des points et des pistes intéressantes. Bonne lecture! Julien Latendresse Lévesque, le futur droit devant luiVincent Cournoyer, joueur, entraîneur et philanthropeRudy Doliscat, un leader sur et hors du terrainJean Russo, promouvoir les jeunes d'ici
4 mars 2012, Cottbus, Allemagne, Julien Latendresse Lévesque est dans les buts pour la réserve de son club, Energie Cottbus. Il s'agit de son premier match depuis le mois d'août à cause d'une blessure à un poignet. Ce fut pour lui une épreuve importante dans un parcours professionnel qui a commencé avec l'Impact en 2008. À ce moment-là, le club comptait sur Matt Jordan et Andrew Weber comme gardien. De plus l'Académie n'était pas encore mise sur pied. Malgré tout le jeune Latendresse Lévesque avait eu la chance de vivre le camp d'entraînement et de se frotter à des professionnels: "J’ai participé au camp d’entraînement de l’Impact de Montréal un an avant la création de l’Académie, j'ai eu la chance de vivre une expérience inoubliable en côtoyant un environnement professionnel pour la première fois de ma carrière. En plus d’avoir pris part au camp d’entraînement à Montréal, j’ai eu droit à une expérience extraordinaire en voyageant avec l’équipe au Portugal." "Après avoir passé tout près de trois mois d’entraînement avec l’Impact de Montréal, j’ai reçu une offre de contrat sérieuse des Whitecaps de Vancouver. J’ai informé l’Impact de Montréal de l’offre afin de voir leur intention envers moi. Après quelques discussions, les dirigeants de l’Impact m’on fait comprendre que de partir à Vancouver était la meilleure décision à prendre pour mon développement." C'est ainsi qu'un des plus beaux talents du Québec a dû s'exporter à l'autre bout du pays pour poursuivre le cheminement vers une carrière professionnelle. C'est le bas qu'il a eu la chance de se faire remarquer par le club ou évolue présentement, Energie Cottbus. Thomas Niendorf est l'homme qui lui a donné cette chance: "Notre entraîneur au niveau de l’équipe réserve à Vancouver était Allemand et avait plusieurs contacts en Allemagne avec beaucoup de clubs dont le FC Energie Cottbus." Les Whitecaps ont donc pu grâce à ces contacts organiser une tournée pour leurs jeunes joueurs en Allemagne. C'est à ce moment que le jeune québécois a pu se faire remarquer: "J’ai eu la chance de participer à un match durant lequel nous avions battu le FC Energie Cottbus U-19. Quelque mois plus tard, les dirigeants du FC Energie Cottbus m’offraient une opportunité en m’offrant un essai de quelques semaines. Le tout s’est soldé avec une signature de contrat." Une fois là-bas un étranger, jeune de surcroît, doit faire face à plus d'une difficulté. La première étant probablement de faire sa place dans l'équipe: "tous les joueurs étrangers doivent surpasser, et ce à tout les niveaux, les joueurs locaux sinon les Allemands sont toujours préféré aux étrangers." L'adaptation est aussi difficile en dehors du terrain. Un jeune doit apprendre rapidement à se débrouiller par lui même et se retrouve à devoir se frotter à une nouvelle langue et a une nouvelle culture. "C’est certain que les premières années ont été difficiles. La culture et la mentalité des gens sont si différentes de ce à quoi on est habitué en Amérique. Je pense m’être adapté assez rapidement, les performances sur le terrain aident grandement à cette adaptation en te permettant de recevoir le respect des gens d’ici. Au niveau du terrain, peu importe la nationalité des gens ou de quoi que ce soit, le soccer reste le soccer." Avant de joindre l'Impact pour un camp d'entraînement Julien Latendresse Lévesque n'était pas un inconnu dans le monde du soccer. Il a eu la chance de jouer contre les meilleurs du pays avec les équipes de la fédération. Du fait de son expérience en Allemagne il est un observateur privilégié de ce qui se fait de l'autre côté de l'Atlantique: "Pour être honnête, c’est probablement similaire au niveau des jeunes de 10 à 14 ans. Selon moi, la structure de la ligue, qui est tellement compétitive, dans laquelle les jeunes Allemands évoluent, l’environnement professionnel dans lequel ceux-ci se retrouvent et le staff technique composé d'anciens joueurs pros qui entoure ces jeunes sont les principales raisons des succès et de la progression des Européens à partir de l’âge de 14 a 16 ans." "Ce que j’admire le plus ici, ce sont la mentalité gagnante que ce soit des dirigeants du club, du staff, des joueurs ou des fans. C’est génial en tant que compétiteur de te retrouver dans un environnement comme celui-là. Ca t’aides à progresser plus rapidement et de te pousser à performer à ton meilleur à toute les fois que tu mets les pieds sur le terrain." Quand on regarde ça d'ici on ne peut que saluer la maturité d'un jeune comme Julien Latendresse Lévesque. Être capable de se retrouver dans un pays étranger puis devoir performer contre les meilleurs ce n'est déjà pas une chose simple. Quand en plus tu dois apprendre pour ce faire une 3e langue et tout ça alors que tu es à peine un adulte ça relève du tour de force. Il faut une force de caractère exemplaire, un talent exceptionnel et beaucoup de chance pour pouvoir faire face à toutes ces difficultés. Vincent Cournoyer, joueur, entraineur et philanthropeRudy Doliscat, un leader sur et hors du terrainJean Russo, promouvoir les jeunes d'ici
Photo gracieuseté de Cephas L'histoire commence à St-Hyacinthe, fait un saut en France et se poursuit en Belgique. Puis c'est le retour au Québec avec une pige à Montréal, un séjour a Trois-Rivières et un atterrissage dans la Vieille Capitale. Bienvenu dans le parcours de Vincent Cournoyer! Gardien à partir de l'âge de 9 ans le jeune Cournoyer n'a pas vraiment de modèle a imité. Le soccer professionnel n'avait a ce moment la pas le rayonnement qu'il avait aujourd'hui: "Il n'y avait pas vraiment de visibilité pour l'Impact dans ces années-là, mon premier modèle fut étranger. C'est Fabien Barthez l'ancien gardien de l'équipe de France." Au niveau local il peut aussi compter sur un entraîneur qui a une certaine expérience de joueur: "Mon premier entraîneur des gardiens avait remporté le championnat canadien avec le Vert et Or de l'université de Sherbrooke. Il jouait aussi senior AAA. C'est très important de pouvoir compter sur des entraîneurs qui ont un vécu de joueur. Le soccer est jeune au Canada il y a donc peu de gens qui sont éduqués dans ce sport. C'est aussi important de voir des modèles locaux ça ouvre les horizons des jeunes et la montée de l'Impact en MLS s'inscrit bien dans ce sens la." "C'est une des choses qui m'ont poussé vers le coaching, les anciens joueurs on est les meilleurs modèles pour les jeunes. Ça permet aussi de donner une option de plus à ceux qui persévèrent. Il y a de plus en plus d'anciens joueurs qui font le saut en dehors des terrains et tu peux maintenant gagner ta vie avec ça. Tu peux juste être gagnant si tu engages à l'année longue les gens les plus compétents possible pour vraiment bien structurer le sport." En 2005 le jeune maskoutain va tenter sa chance en France. Il commence par suivre un camp pour gardien avec Jean Michel Larqué. Celui-ci aime ce qu'il voit et lui obtient des essais à Bordeaux et a St-Étienne. Malheureusement les deux clubs ne peuvent se permettre d'engager un étranger. L'année suivante autre saut outre Atlantique, vers la Belgique cette fois ou Coyrnoyer rejoint une connaissance avec le Royal Excelsior Moucrons: "Au niveau de l'adaptation j'ai été chanceux, il y avait un autre québécois, Kevin Courcelles, qui était déjà avec le club. Malheureusement il est parti à cause d'une blessure après 6 mois. C'est sur que pour un joueur étranger l'adaptation ça joue beaucoup sur le mental. T'habituer a un nouveau pays c'est pas simple et même si j'étais a un endroit francophone j'étais entouré de Flamand, ce n’est pas une langue facile." "En plus j'étais seul je devais me faire a mangé, faire le ménage et le lavage tout ça a 19 ans alors que c'est la première fois que je suis loin de la maison, c'est des choses auxquelles j'ai du l'habituer. Malgré tout j'ai eu la chance d'avoir un club très compréhensif qui envoyait une femme qui faisait mon épicerie et mes repas. Le club voulait que je n'aie qu'à m'occuper du soccer et rien d'autre. Ça m'a aidé beaucoup." Il reste que malgré toute la bonne volonté du monde le parcours du jeune gardien s’est arrêté bien rapidement pour des raisons qui n'ont pas grand-chose avec le sport. "Au départ j'avais un contrat pour deux ans, mais j'ai eu des problèmes pour avoir un visa de travail. Le club devait donner des garanties financières, mais avait des problèmes d'argent. Mon contrat a été invalidé et les 4 derniers mois je ne pouvais plus jouer même avec la réserve." "J'étais payé, mais en même temps on me faisait toutes sortes de promesse en l'air. Cette saison la on a aussi eu trois ou quatre entraîneurs et le dernier a eu des problèmes avec la justice, il était soupçonné de corruption. Le club était sous enquête et pratiquement en faillite. Avec tous ces obstacles devant moi j'ai décidé de revenir au Québec" De retour ici la providence lui offre une chance inouïe de continuer sa carrière. Des son retour il est contacté par l'Impact de Montréal qui a besoin de renfort. "Greg Sutton était le gardien de l'équipe et il venait de se blesser, Andrew Weber était le second, mais il était malade, si je me rappelle bien il avait une pneumonie. J'ai fait une partie de l'année avec Montréal et par la suite on m'a envoyé à Trois Rivières avec la réserve." "À ce moment-là, j'aurais pu retourner en Belgique. J'avais des contacts avec des agents le bas qui voulaient m'offrir des choses, mais j'avais déjà vécu une bonne expérience et je voulais me tourner vers les études. J'avais aussi une copine ici alors j'ai décidé de rester." Quand on parle étude et soccer, on pense automatiquement aux universités américaines. La NCAA reste le chemin privilégié par les jeunes au sud de la frontière qui veulent jouer professionnellement. Ce cheminement a aussi été celui de bien des jeunes d'ici et Vincent y a pensé sérieusement: "Au départ ça faisait partie de mon plan. Je ne parlais pas anglais, mais je me suis inscrit au collège Champlain dans le but d'apprendre la langue. Avant de partir pour la Belgique j'avais des offres concrètes sur la table dont une de la Caroline du Nord et une autre du Connecticut. À ce moment-là, j'ai préféré l'Europe." En évoluant avec l'Attack de Trois-Rivières Vincent a pu jouer en CSL, la ligue où évolue aujourd'hui l'Académie de l'Impact. Beaucoup de gens remettent en cause la qualité du soccer dans cette ligue, surtout dans le contexte où la fédération lance cette année sa propre ligue semi-pro. "Je sais que la CSL s’est beaucoup améliorée depuis que j'y ai joué. Mais il reste que c'est une ligue ontarienne. Ce qui serait bien ce serait de retrouver un équivalent au Québec. Le problème ici c'est que les jeunes de 14 ans qui atteignent le plus haut niveau jouent pratiquement jusqu'à 18 ans contre les mêmes clubs et les mêmes joueurs. À 17 ans tu te retrouves alors avec seulement seulement 6 ou 7 clubs alors qu'a 14 ans il y en avait une vingtaine. Si le jeune a 16 ou 17 ans à l'objectif d'atteindre le semi-pro et de faire un peu d'argent. Ça va permettre de garder nos meilleurs éléments actifs au Québec." "Avec ça la fédération travaille sur un projet de refonte du soccer mineur. Présentement a 13 ans on demande beaucoup aux jeunes, ils doivent gérer à la fois la montée en AAA et les sélections régionales pour les jeux du Québec. À l'avenir les jeunes vont rester dans le AA plus longtemps. Présentement ça sert a quoi au jeune de 14 ans de jouer AAA? Le haut de la pyramide, il y a peu de personne qui la voyait au Québec. En réformant le système, on pourra rendre tout ça plus intéressant pour les jeunes." "L'important c'est de donner un objectif aux jeunes. Si tu n'as pas ce minimum, toutes les structures ne servent à rien. L'Académie de l'Impact va dans le même sens. Tu y vas a 14 ans et tu as un objectif concret devant toi, intégrer l'équipe première. C'est sûr que ça a enlevé des joueurs au Centre National de Haute Performance, mais en même temps avant il n'y avait qu'une quinzaine de joueurs qui s'entraînait de façon sérieuse et il y en a maintenant le double. Pour moi plus les bases du soccer élite vont être grande plus on aura de joueurs de qualité en haut." En plus de jouer avec l'université Laval tout en étudiant et en étant l'adjoint au directeur technique à St-Hyacinthe Vincent trouve aussi le temps de s'impliquer dans la communauté. Il organise chaque saison le Défi Futsal. Il s'agit d'un tournoi de soccer intérieur qui ramasse des fonds pour les jeunes défavorisés. Pour sa 4e édition, le tournoi a permis d'amasser 6000$. Des équipements seront remis aux jeunes dans le besoin et des stages de formation avec le Rouge et Or, avec l'Impact et avec Marc Dos Santos seront organisé dans le courant de l'année. Julien Latendresse Lévesque, le futur droit devant luiRudy Doliscat, un leader sur et hors du terrainJean Russo, promouvoir les jeunes d'ici
L'ancien défenseur droit de l'Impact est toujours en première ligne, et ce même s'il n'est plus sur le terrain. Celui qui a porté avec fierté le maillot bleu et blanc du club continue de donner tout ce qu'il a pour son sport. En tant qu'adjoint au directeur technique a la Fédération de Soccer du Québec il a un poste idéal pour avoir une vue d'ensemble de la situation des jeunes Québécois. Si on regarde la situation présentement on peut voir un petit creux de vague. Il y a de bons jeunes qui s'en viennent, mais en terme de joueur établi il y a un petit manque. Sans jeter de blâme on peut dire que l'Impact a un certain rôle là-dedans, même si le développement des jeunes d'ici ne dépend pas que d'un seul club professionnel: "L'Impact n'avait pas vraiment de plan de développement il y a 7-8 ans et a peut être été un peu frileux avec les jeunes, ils préféraient se tourner vers des joueurs plus expérimentés. Les plus jeunes qui ont intégré l'équipe n'ont pas toujours eu droit à beaucoup de patience. L'Impact avait les moyens de recruter et ne voyait pas chez les jeunes ce qu'ils recherchaient. Au bout du compte si on regarde il en est passé beaucoup des joueurs dans ce club. C'était plus facile d'aller chercher un joueur d'expérience que de donner une place à un jeune qui aurait pu faire des erreurs." Il reste que pour lui qui voit ces jeunes régulièrement, la situation s'améliore. Si on regarde en Europe des jeunes comme Justin Maheu, Julien Latendresse Lévesque, Jonathan Beaulieu Bourgault et Samuel Piette sont des preuves de ce succès. Malgré tout il y a encore des choses à améliorer. La principale défaillance du système est structurelle: "En terme de compétition on a peut être un peu de difficulté a sortir des garçons qui ont un assez bon niveau même s'il y a quelques jeunes joueurs qui font bien en Europe présentement. On a pas encore réussi à adresser la tranche d'âge 18-23. À cet âge ils n'ont pas un niveau de compétition assez élevé qui leur permettrait éventuellement de devenir des joueurs pros." "Ce qui fait qu'un jeune peut devenir un grand pro c'est souvent la compétition a laquelle il fait face. Si la compétition est médiocre il ne faut pas s'attendre a ce que le jeune soit poussé et bousculé et a ce qu'il acquiert les qualités requises pour devenir un bon pro. Si on regarde les sélections de jeunes, on a encore beaucoup de jeunes choisis à 15-16-17 ans. On en a un petit peu moins à 20 ans, au moment où les jeunes n'ont pas accès à un niveau de compétition assez haut." Pour toute une génération de joueur, ce niveau de compétition plus élevé se trouvait à l'extérieur du Québec. Certains, comme Rocco Placentino ou Sandro Grande sont allé jour en Europe. D'autres comme Patrick Leduc ou Olivier Occéan ont opté pour les universités américaines. Aujourd'hui c'est quelque chose qu'on voit moins: "À un certain moment, les jeunes d'ici ont arrêté d'aller en NCAA. Difficile de dire pourquoi, peut être question de langue. Il y a eu une vague de jeunes qui sont allés et sont revenus. Je pense que les Québécois sont peut-être un petit peu plus frileux que les autres. On aime bien notre petit chez nous, les autres canadiens sont plus prêts à s'exporter." À la fédération on est bien au courant qu'il y a un problème et beaucoup de travail est fait pour arranger les choses et pour permettre aux jeunes québécois de devenir plus compétitifs. La création de la Premiere Ligue de Soccer du Québec est un pas dans ce sens: "La fédération essaie d'améliorer les choses, cette année il va y avoir la PLSQ qui va commencer ses activités et on devrait y voir des jeunes de 18 a 20 ans. Ce niveau de compétition là devrait les rapprocher du niveau professionnel. Je pense que la PLSQ pourra offrir un débouché intéressant pour les jeunes qui ne réussissent pas à faire carrière avec l'Impact, parce qu'il faut comprendre que seulement une minorité des joueurs de l'Académie réussiront à atteindre la MLS. Éventuellement c'est le genre de chose qui va aider à relever le niveau de l'élite au Québec et ça va offrir une possibilité pour les jeunes de continuer. Les efforts de l'Academie et de la fédération par la PLSQ ont été faits pour mieux former les jeunes. Évidemment le succès va dépendre de tout un tas de facteurs." Julien Latendresse Lévesque, le futur droit devant luiVincent Cournoyer, joueur, entraineur et philanthropeJean Russo, promouvoir les jeunes d'ici
Au départ Jean Russo n'était pas un agent, seulement quelqu'un qui voulait aider un ami. Aujourd'hui il a 20 clients, ce sont des joueurs et des entraîneurs, ce sont des Français et des Québécois. Les plus connus sont Hassoun Camara de l'Impact et Marc Dos Santos qui travaille maintenant au Brésil. Il a aussi beaucoup de jeunes Québécois, dont Fabrice Lassonde, au FC Edmonton ainsi que Maxime Crépeau avec l'Académie de l'Impact. La présence de ces jeunes joueurs dans son écurie lui permet d'avoir un portrait intéressant des difficultés auxquelles font face les jeunes d'ici qui veulent jouer professionnellement. Avec autour de lui des joueurs français et des joueurs québécois Jean Russo est a même de constater que pour les clubs nord-américains la provenance des joueurs a peu d'importance. Ce n'est pas parce que la France est une nation de soccer et que le Québec est moins reconnu à ce niveau que nos joueurs sont désavantagés: "Il n'y a vraiment pas de problème à placer les Québécois. Qu'ils soient québécois ou chinois, ça ne change rien. Tout se passe sur le terrain." Malgré tout le fait qu'il y ait peu de clubs professionnels au Canada rend les choses plus difficiles pour les joueurs d'ici. Prendre une place d'étranger étant toujours plus complexe que de prendre une place de joueur local: "Ma mission c'est de donner la chance au plus de québécois possible. Le problème c'est qu'il n'y a que l'Impact ici dans les parages, alors une fois qu'ils ne sont pas pris par le club ils arrêtent. Une autre franchise professionnelle au Québec ça serait bien, en 2014 il y aura probablement un club à Ottawa, ça va faire un second club pas loin d'ici, ça va donner une autre option aux jeunes." Dans l'optique où les clubs américains misent peu sur un système d'Académie et font principalement leur recrutement dans les universités l'agent croit que les Québécois devraient inclure cette avenue dans leur plan de carrière: "Les jeunes d'ici qui voudraient aller dans les universités américaines n'auraient pas tort de le faire. En même temps les universités ne sont pas la seule solution, les joueurs là-bas jouent peu. Le modèle des Académies commence à porter ses fruits. Le TFC en est un bon exemple, de plus en plus de leurs joueurs réussissent a passer pro." Dans notre société on entend de temps à autre des récriminations sur les jeunes et leur manque d'ardeur au travail et leur absence d'ambition. Quand on voit qu'il y a peu de jeunes joueurs québécois, on pourrait être tenté de se poser des questions à ce niveau. Selon Russo ce n'est pas un facteur: "Je peux juste parler pour mes joueurs, ils ont tous envie d'aller loin. La plupart voient le soccer d'ici comme une étape et aimeraient aller en Europe." On a vu avec Julien Latendresse Lévesque et Vincent Cournoyer que de s'adapter à la vue d'un nouveau pays n'est pas simple pour un jeune joueur de soccer. Pour un jeune qui souhaite intégrer un club nord-américain, le défi est différent. Le soccer reste en Amérique du Nord un sport de second ordre et les salaires sont loin d'être ceux des autres sports professionnels. Les clubs doivent donc aider les joueurs étrangers afin qu'ils intègrent adéquatement leur nouvel environnement: "La plupart des clubs essaient d'accommoder les étrangers. Ils ne paient pas beaucoup, mais ils tentent toujours d'arranger quelque chose pour la voiture et le logement, ils essaient aussi de te trouver un a coté pour ajouter au salaire." Au bout du compte Jean Russo est plutôt optimiste pour les jeunes Québécois. Il y a du talent et les opportunités sont là. De plus en plus de jeunes d'ici auront la chance de profiter de ces chances. Julien Latendresse Lévesque, le futur droit devant luiVincent Cournoyer, joueur, entraineur et philanthropeRudy Doliscat, un leader sur et hors du terrain
Des victoires? Aucunes, des nulles? Pas plus, des buts accordés? 12, des buts marqués? 3 seulement, des défaites? 5 en 5 matchs. Pas facile pour un club d’expansion de jouer à l’étranger. Pour l’instant il reste qu’il n’y a pas, selon moi, lieu de s’inquiéter. Juste comme ça Vancouver a eu sa première victoire en MLS cette saison seulement. Ca veut dire qu’il nous reste encore 11 matchs pour faire mieux et même si nous avons perdu ce week-end il reste que tout comme à Salt Lake, Columbus et Vancouver nous n’avons pas été dominé par plus fort que nous à Dallas.
Malgré cet élan de positivisme, il y a des choses que le staff montréalais doit regarder pour que le club puisse continuer d’avancer. Si on commence par en avant on peut remarquer que, même s’il a inscrit son premier filet de la saison, Bernardo Corradi n’a pas été très efficace. Si on compare sa performance avec celle tant décriée de Justin Braun contre le Real Salt Lake on peut voir que c’est très semblable. Dans les deux cas ils n’ont pratiquement pas touché le ballon une seule fois dans la surface (a l’exception du tir de pénalité pour l’Italien), dans les deux cas ils ont perdu ou donné le ballon plus souvent qu’ils ont réussi a le garder ou a le passer a un coéquipier. Corrradi ne soulève pas autant l’ire des fans et il a un capital de sympathie plus grand, mais pour moi c’est quatre trente sous pour une piastre…
Dans tout ça ce que je me dis c’est que le vrai problème c’est peut être derrière les attaquants qu’il se trouve. Felipe Martins a eu un excellent match à Montréal et c’est probablement cette journée-là que Justin Braun fut le plus dangereux de toute la saison. Avec les 7 matchs au complet à son compteur il serait vraiment temps de lui donner un repos et de voir ce que cette profondeur en milieu de terrain peut nous donner. J’ai deux noms en tête qui pourrait assurément faire ce travail. Il y a tout d’abord Patrice Bernier. On le connaît plus comme milieu défensif, mais en réalité autant au début de sa carrière qu’en Europe Bernier a aussi beaucoup jouée comme milieu offensif. Il fait de bonnes passes et a une bonne vision du jeu. En plus il n’a pas peur de garder et contrôler le ballon. Dans son cas il reste à voir si Collen Warner va céder sa place comme milieu défensif ou non. Sinon l’autre candidat cc’est Sinisa Ubiparipovic. Milieu offensif c’est sa position naturelle après tout.
Si on continue le tour du terrain, on peut voir qu’en défense il y a beaucoup de questions qui sont sans réponse. D’abord du côté gauche on a pu voir qu’en fin de match Tyson Wahl c’est fait manger tout rond par Fabian Castillo. Puis après une excellent première mi-temps Shavar Thomas a eu beaucoup plus de difficultés au retour des vestiaires. Même le très aimé Matteo Ferrari a connu des difficultés samedi dernier. Dans le cas de la défense centrale, il y a deux retours de blessures qui vont sûrement changer la donne très bientôt. D’abord il y a Hassoun Camara qui devrait être prêt à fouler un terrain de MLS sous peu. Je souhaite ardemment qu’il soit de l’alignement contre DC United mercredi. Il ne peut pas faire pire que Wahl ou Thomas. Ensuite il y a l’énigme Nelson Rivas dont on saura bientôt si elle vaut la peine ou pas. J’espère que oui parce que personnellement de ne pas avoir vu un seul jeu blanc de la part de l’Impact cette saison est probablement le point qui me chicote le plus. Après ça il restera qu’à envoyer notre recruteur en chef nous trouver un arrière gauche. Vous dites quoi? On n’a pas d’équipe de recrutement? Est ce que ça veut dire qu’il faudra demander à Matteo Ferrari s’il ne connaît pas quelqu’un qui pourrait nous dépanner?
Le dernier point que je voudrais aborder c’est celui de Jesse Marsch et de la gestion de son effectif. On a tous vu qu’à 1-0 avec une vingtaine de minutes à faire il a fait deux substitutions offensives. Sur le coup ça m’a laissé perplexe et au final on peut raisonnablement questionner son idée. Par contre je ne crois pas qu’on soit en mesure de critiquer directement. J’y vois plus l’erreur mentale d’un coach débutant que d’autre chose. Pour moi Marsch devait avoir deux choses en tête lorsqu’il a fait ces changements. Il devait tout d’abord penser au match contre New York où notre défense s’est effondrée au moment où elle s’est mise a jouer sur les talons en second mi-temps. Il devait craindre, en faisant des substitutions défensives de voir ses joueurs adopter la même attitude. Il a aussi dû la pensée au match contre le TFC où, avec une avance de 1-0, ses substitutions offensives ont permis au club bleu et blanc de garder le contrôle de la rencontre et d’inscrire ce qui fut au final le but gagnant. Tout ça pour dire que même si j’avais fait des choix différents des siens on peut difficilement le critiquer. Ce qu’on a vu du club ne nous permet pas de croire que le résultat aurait été différent si on avait par exemple fait entrer Josh Gardner et Patrice Bernier. Des fois la meilleure défense c’est l’attaque.
Mon haïku du match, parce qu’il faut bien rester zen:
Total des déceptions élevées, Otimisme difficile, Difficultés proportionnelles à la distance
Je vous avertis tout de suite que je pars en vacance à partir de vendredi le 20 et qu’à un moment donné cette semaine mon blogue sera silencieux jusqu’au 2 mai minimum.
Notre club favori affronte ce samedi un de ces clubs de MLS qu'on connaît peu, le FC Dallas. Anciennement le Burn de Dallas ce club a changé son identité en 2005 (Il y avait tant de jeu de mots a faire avec ce nom ridicule...). Il reste que même avec ce nouveau nom plus au goût du jour le FC Dallas ne compte pas vraiment sur beaucoup de noms reconnaissables pour le commun des mortels.
Il y a bien dans ce club le joueur désigné Colombien David Ferreira, mais comme il a raté la saison dernière quasiment au complet sur blessure, on va se garder une petite gêne. De toute façon ce n'est pas de lui que je désire vous parler aujourd'hui. Je préfère vous donner l'occasion de faire connaissance avec Blas Perez.
Perez est un attaquant originaire du Panama qui a pas mal roulé sa bosse, une sorte d'Ali Gerba d'Amérique Centrale si vous voulez. Il commence sa carrière chez lui au Panama ou il marque 37 fois en 92 matchs sur une période de 4 ans. C'est a partir de ce moment qu'il commence son parcours de globe-trotter. L'Uruguay vient en premier en 2002. Il y joue pour Nacional sans succès. L'année suivante cap vers le nord, il se fait une niche en Colombie avec Envigado en 2003 puis avec Centauros en 2004. C'est avec ce dernier club qu'il connaît sa meilleure saison avec un total de 29 buts en 37 matchs.
C'est le genre de performance qui permet d'attirer l'attention et il quitte son club pour se joindre au Deportivo Cali, un des ténors du championnat de Colombie. Il continue d'être efficace même si son rythme baisse un peu en marquant 20 buts en 54 matchs. Après deux ans il se retrouve avec le Cucuta Deportivo, toujours en Colombie. Il attire de nouveau l'attention entre autres grâce à sa fiche de 8 buts en Copa Libertadores.
C'est à ce moment que Perez reprend son baluchon. Il commence par un court séjour avec Hercules en seconde division espagnole. Il y reste une seule saison avant de se retrouver au Mexique avec Tigres qui vont l'envoyer en prêt à 5 reprises. Tout d'abord il se retrouve avec Pachuca en première division mexicaine. Par la suite il va jouer quelques mois avec Al Wasl aux Émirats Arabes Unis, en 2010 il revient au Mexique avec San Luis, puis Club Léon et finalement Indios. Cette période d'instabilité Blas Perez a tenté d'y mettre fin en traversant au nord du Rio Grande et en s'installant à Dallas qui sera son 15e club en 15 ans.
Il faut que je vous avoue que dès que je me suis renseigné sur Blas Perez je l'ai tout de suite aimé. Ce n'est pas parce qu'il peut marquer des buts, ni parce que c'est un grand voyageur, ce qui m'a attiré c'est son surnom: Super Ratón. Mon espagnol est rudimentaire et je croyais que Ratón c'était pour raton laveur. Tout de suite je me suis dit que ça serait honteux de ne pas le laisser jouer avec un petit masque noir autour des yeux, et pourquoi pas aussi avec une queue touffue et rayée. Il serait idéal si jamais la CBC voudra relancer le dessin animé The Raccons. Après vérification je me suis rendu compte qu'en réalité Super Ratón c'est la traduction de Mighty Mouse. Une chose est sûre, moi je l'adopte. Une super souris c'est idéal pour compléter la ménagerie que ma blonde aime avoir à la maison.
Je me sens un peu mal à l’aise, je me sens comme si j’allais commettre un crime de lèse-majesté. Pourtant je ne peux pas croire que je suis le seul qui a l’opinion que je vais partager avec vous. À un moment donné, il doit bien y avoir d’autres fans de l’Impact qui pense comme moi. Ce que je pense? C’est simple, je me fous totalement de savoir si on aura ou non un joueur désigné. Voilà, c’est dit.
Pour commencer, je crois que c’est assez clair que oui, on aura un joueur désigné, Jœy Saputo nous l’a affirmé à plusieurs reprises et comme il a aussi affirmé que plusieurs joueurs étaient dans la mire du club il est normal de penser ainsi. Par contre je regarde notre équipe et je regarde la ligue et je ne crois pas que le joueur désigné, surtout celui qu’on semble viser, c'est-à-dire le joueur a caractère offensif européen certe talentueux mais aussi dont la carrière est en bonne partie derrière lui, ne soit la vraie solution a nos problèmes.
La première chose qui me fait hésiter ce sont tous les facteurs qui peuvent faire que malgré tout le talent du monde cette expérience soit un échec. Il y a tout d’abord l’éloignement et l’environment différent. C’est bien beau être bon sur le terrain, mais les matchs c’est une journée par semaine et il faut que ce joueur soit en mesure de s’adapter à la vie ici et a son statut d’expatrié. Ce n’est pas une chose simple et tout le talent et l’argent du monde ne règlent pas ce problème.
Il y a aussi les motivations du joueur qui doivent être les bonnes. Si notre éventuel joueur désigné ne vient ici que pour encaisser son chèque, ça ne donne pas grand-chose. Même chose si pour lui tout ce qui compte c’est de venir découvrir un autre mode de vie sans trop se soucier du soccer. Il faut trouver un joueur qui sera ici pour compétitionner d’abord et avant tout. Ça peut sembler simple au départ, mais ce n’est aussi facile que ça à détecter. Il n’y a pas un individu qui va dire a un président de club qui est prêt a lui donner quelques millions que ça tombe bien, c’est la seule chose qui l’intéresse, pas plus qu’il va lui dire que sa motivation c’est d’explorer tout les bars et les clubs de la ville.
Finalement l’autre facteur qui fait que je suis totalement indifférent a la question du joueur désigné, c’est qu’eux, en Europe, ils jouent au football et que nous en Amérique du Nord, on joue au soccer. La différence réelle entre ces deux termes ne se trouve pas qu’au niveau linguistique. La différence elle est aussi au niveau du sport et des conditions dans lesquelles il est joué. Le joueur qui est habitué d’être entouré de coéquipiers dont le talent est proche du sien verra qu’ici il est moins bien entouré sur le terrain. Celui qui s’attend à trouver des arbitres de qualités sera aussi très surpris, mais pas nécessairement dans le bon sens. Le joueur qui s’attend à voir du football tactique et technique de haut niveau ne sera pas nécessairement dans son élément quand viendra le temps de fouler le terrain de soccer ou se joue un jeu plus physique et athlétique. Puis quand en plus il se verra critiquer dans la presse alors qu’il est venu ici pour se la couler douce il aura droit à un autre choc, surtout si pour lui le problème c’est les autres.
De toute façon, si vous remarquez les noms qui circulent depuis trois mois vous verrez que ce ne sont que des joueurs offensifs. Si je regarde ce que l’Impact nous a offert ces dernières semaines et que je regarde la MLS en général je ne suis pas certain que ça soit vraiment la solution a notre problème. Juste comme ça combien de vrais bons défenseurs latéraux avez-vous vu dans cette ligue, et pensez-vous sérieusement que les nôtres sont de qualité? Puis Donovan Ricketts, il est acrobatique et spectaculaire, mais moi il ne me semble pas très fiable, vous est-ce qu’il vous rassure réellement dans les buts? Aussi avec Matteo Ferrari on semble être bien tombé, mais est-ce que Nelson Rivas va vraiment être un bon complément? Personnellement notre réel problème c’est bien plus derrière qu’il se trouve et aucun des noms avancés ne nous seraient d’aucune utilité dans cette facette du jeu.
Alors si vous me dites Marco di Vaio, Alessandro del Pierro, Adrian Mutu ou Nikolas Anelka, le mieux que je peux vous répondre c’est on verra. Parce que malgré tout le talent du monde il n’y a aucune façon de vraiment savoir si coup de dés fonctionnera ou non. Il y a trop de facteurs qui peuvent influencer le résultat de toute cette expérience pour que le nom de la personne en particulier soit vraiment important. En réalité, peu importe qui Jœy Saputo nous présentera, ça ressemble beaucoup trop a du pile ou face. Ce qui compte vraiment pour moi c’est de se concentrer sur le présent et de penser en fonction du prochain match. Puis le joueur désigné on en parlera quand il aura l’uniforme sur le dos et quelques minutes de jouées, seulement là pourrons-nous réellement juger, avant ça c’est une perte de temps. Pour moi les spéculations de noms de joueurs désignés c’est à peu près aussi pertinent que les dernières frasques de Brittney Spears.
Enfin une première victoire et contre nos bons amis du TFC en plus voilà qui fait oublier tous les matchs depuis le début de la saison pour les partisans de l’Impact. Il reste que si on regarde le match objectivement, à part la seconde mi-temps à New York, le match du week-end dernier n’était pas ni vastement supérieur, ni vastement inférieur aux autres. Comme quoi la victoire tient à peu de choses.
La prémisse de départ quand on regarde le dernier match c’est de parler de l’alignement partant de Marsch qui comptait 4 changements par rapport au match en milieu de semaine. Avec Justin Mapp, Patrice Bernier et Davy Arnaud sur le banc on parle de changements majeurs. Pour moi c’est quelque chose de positif. Ça permet de voir que l’Impact ce n’est pas que l’équipe de 11 joueurs. Un peu de profondeur ça ne fait pas de tort.
Regardons maintenant ce qu’il y a à tirer du dernier match position par position, en commençant par le gardien de but, Donovan Ricketts. Il est très bon pour arrêter les tirs, personne ne va dire le contraire, par contre il est très stressant sur les ballons aériens, surtout s’ils viennent des ailes. Il semble toujours hésiter et réagit parfois avec du retard. J’ose espérer que ce n’est qu’une question de s’habituer aux joueurs devant lui.
Si on regarde la défense, il y a le cas de l’arrière droit qui me chicote. Autant Jeb Brovsky que Zarek Valentin ne sont pas vraiment les plus fiables. Comme ils ne sont tous les deux qu’à leur seconde saison dans la ligue on peut bien leur laisser une chance, mais il faudra voir éventuellement de l’amélioration. Au centre Matteo Ferrari est excellent, pas parfait, mais rien qui ne serait bien grave s’il avait un partenaire avec autant de talent que lui. À ses côtés autant Tyson Wahl que Shavar Thomas sont suspects¸. Peut-être qu’avec Nelson Rivas un peu plus tard cette année on verra quelque chose de plus stable, sinon j’ose espérer que Jesse Marsch donnera une chance à Hassoun Camara qui est pratiquement prêt à revenir au jeu. Finalement à gauche avec Tyson Wahl et Josh Gardner c’est «blanc bonnet, bonnet blanc» deux défenseurs potables, mais loin d’être exceptionnel.
Au milieu de terrain Jesse Marsch a beaucoup d’options, il y avait sur le terrain contre le TFC 3 joueurs qui n’avaient pas joué lors des 4 premiers matchs de la saison. Le premier, Collen Warner n’a pas connu un aussi bon match contre le TFC que contre Salt Lake, mais mériterait certainement de fouler le terrain contre Dallas. Le second, Lamar Neagle a relativement bien fait sur le flanc gauche. Malgré tout je ne le vois pas, pour le moment subtiliser la place de Justin Mapp. Le troisième, Sinisa Ubiparipovic, a profité de son premier match cette année pour inscrire son premier but en MLS depuis le 2 juin 2010. Malgré tout il n’a pesé plus qu’il faut sur le match, l’action c’est surtout passé de l’autre coté du terrain tout au long des 90 minutes. Finalement il reste le jeune Brésilien Felipe. Il a bien commencé la saison, mais il est de plus en plus effacé. Il se porte peu à l’attaque et est le seul joueur du club (avec Ricketts et Ferrari) à avoir joué tous les matchs. Il est mûr pour un repos.
À l’attaque on a eu droit au duo Sanna Nyassi-Bernardo Corradi. Je continue de croire que Nyassi serait plus efficace comme milieu droit que comme attaquant, sa vitesse y serait plus utile. Le cas de Corradi est plus spécial. En réalité Corradi est un bon joueur, mais pas tout à fait ce qu’on a besoin et comme il prend une place d'étranger et que son contrat n’est bon que jusqu'en juillet il devra faire vite pour prouver sa valeur. Il nous manque un vrai attaquant de pointe. Corradi fait ce qu’il peut, mais se retrouve la plupart du temps hors jeu. À part ça il y a Braun qu’on tente d’utiliser comme un attaquant de pointe, mais qui n’en est pas un et Andrew Wenger qui a montré, encore une fois de belles choses. Son but était un excellent exemple de force physique, de vitesse et de réalisme. Je crois qu’une fois qu’il sera ici à plein temps il fera partie de la solution.
Maintenant que la première victoire est acquise, il reste à aller chercher les premiers points à l’étranger. C’est quelque chose qui ne sera pas simple. L’Impact aura deux occasions dans la même semaine avec tout d’abord un match à Dallas et ensuite un match au DC United. Deux clubs qui ont des débuts de saisons moyens mais contre qui il ne sera pas simple de performer. Il faudra une grande performance de la défense pour être capable d’accrocher un des deux. D’ailleurs on est dû pour un premier blanchissage. Je prendrais bien un petit 0-0, ou même deux.
Étant donné que j'ai eu l'idée de cette chronique après trois semaines d'activité en MLS et qu'on va jouer encore souvent contre Toronto j'ai décidé de vous présenter le "Poster Boy" des Whitecaps de Vancouver (contre qui nous ne jouerons plus), le Britano-Colombien Terry Dunfield. Ce que je viens d'écrire là c'est probablement le scénario qu'avait l'international Canadien en tête quand il a quitté l'Angleterre pour se joindre aux Caps lors de leur dernière saison en D2. Le problème c'est qu'à mi-chemin durant la saison 2011 le club de Vancouver l'a échangé au Toronto FC. C'est un peu comme si l'Impact décidait de se départir de Patrice Bernier. Comme quoi des fois la vie a d'autres plans pour nous.
Dunfield était un jeune joueur de talent. En plus de ça il a eu la chance d'être dans un club qui a décidé d'aller jouer quelques matchs en Angleterre. C'est à ce moment-là qu'il fut remarqué par Manchester City qui décida de l'embaucher. Il eut tellement de succès avec les équipes de jeunes qu'il eut même droit au titre de capitaine. Sauf que Dunfield avait une mauvaise attitude hors du terrain. Il était reconnu comme étant un fêtard de premier ordre qui avait en plus un ego surdimensionné. Lors du dernier match de la saison 2000-01, il eut sa première chance en Premiership alors qu'il est entré sur le terrain à la 36e minute dans une défaite de 2-1 contre Chelsea.
Ce fut sa seule apparition à ce niveau. La saison suivante les Citizens étaient en seconde division et avaient un nouvel entraîneur. Dunfield a vu son club engager plusieurs milieux de terrains et il s’est retrouvé très loin dans les options du coach. Il fut à ce moment envoyé en prêt a Bury en 4e division. À la mi-saison 2002-2003, il fut vendu là-bas de façon permanente à sa demande. Il y fit sa place, mais le sort lui joua un mauvais tour. Alors qu'il restait 6 mois à son contrat, il fut victime d'une grave blessure au genou. Il se retrouva sans emploi et du quitter le soccer en attendant d'être guéri.
Après une opération au Canada il a réussi à retrouver les terrains pour la saison 2007-08 en s'alignant avec Macclesfield Town, toujours en 4e division. Il y est resté deux saisons et c'est par la suite engagé avec Shrewsbury Town en août 2009, toujours au 4e niveau du soccer Anglais. C'est le bas que sa carrière a pris une tangente différente. Tout a commencé quand le sélectionneur du Canada Stephen Hart aux prises avec plusieurs blessé l'a choisi pour affronter le Venezuela en mai 2010. À ce moment Terry s’est fait dire que s'il voulait continuer à représenter le Canada il devait se trouver un club dans une meilleure ligue. Dunfield a alors racheté la dernière année de son contrat et est allé faire des essais, d'abord en Allemagne puis en Écosse.
C'est à ce moment-là que Teitur Thordarsson le coach de Vancouver l'a convaincu de revenir à la maison et de se joindre aux Caps en D2 pour faire le saut en MLS. Au début ce fut le match parfait. Dunfield a même eu l'honneur d'inscrire le premier but de l'histoire des Whitecaps en MLS contre le TFC. Puis il fut de nouveau sélectionné pour représenter le Canada. Sauf que les contes de fées ça n'existe pas et le sien s'arrêta a ce moment-là. Il commença par se blesser alors qu'il portait les couleurs du Canada, puis Thordarsson qui était a l'origine de sa venue en Amérique du Nord fut congédié et finalement Dunfield fut échangé au TFC le 14 juillet dernier.
Alors pourquoi devriez-vous adopter un joueur du TFC? J'avoue que ce n’est pas l'idée du siècle. On parle en plus d'un gars qui ne prenait pas son sport au sérieux, a un moment donné il a dit a Kevin Keegan qui dirigeait Man City qu'il ne savait pas ce qu'il faisait parce qu'il ne le faisait pas jouer. On parle aussi d'un joueur fragile qui est souvent blessé. On parle aussi d'un gars qui n'est pas le plus loyal, il a quand même abandonné son club de Shrewsbury Town à la première occasion. Mais surtout on parle d'un joueur du TFC. Non, finalement on va laisser faire, au suivant!
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